Rétro Stephen King : Les Vampires de Salem, un téléfilm de Tobe Hooper

Les vampires de Salem, le romancier fantastique Stephen King adapté par le grand cinéaste de l’horreur.

Synopsis : Ben Mears, un auteur revient à la petite ville du Maine, Salem Lot, où il a passé les premières années de sa vie, pour y écrire un livre. Un climat anxiogène s’installe alors que de mystérieuse disparitions touchent les habitants de cette petite ville.

Le berceau de l’effroi

Stephen King a plusieurs fois affirmé que son histoire favorite était celle écrite pour Salem, particulièrement pour ce qu’elle disait des petites villes. Salem est le diminutif de Jerusalem’s Lot, lieu unique du deuxième roman du maître du fantastique et le théâtre d’événements surnaturels dramatiques. C’est donc l’histoire d’un village perdu au milieu du Maine et de ses habitants horrifiés par les disparitions qui secouent soudainement leur ville. Ainsi qui mieux que le réalisateur de Poltergeist pour s’attaquer à son adaptation ? Tobe Hooper réalise en 1979 un téléfilm de près de trois heures intitulée Les Vampires de Salem.

À Jerusalem’s Lot, chacun a son opinion sur leur commune. »Toutes les petites villes ont leur maison hantée » dit l’un, « C’est comme ça que l’on réagit dans une petite ville » dit l’autre. Fidèle à la volonté de King, Salem’s Lot s’évertue à dépeindre le quotidien bouleversé d’une communauté par l’arrivée d’étrangers et d’événements surnaturels. Le policier, le prêtre, l’enseignant, l’agent immobilier, les gosses… tous les habitants sont concernés par les événements qui touchent leur petite société. Hooper ne sacrifie aucun personnage secondaire. Le scénario s’adapte donc parfaitement pour la télévision, avec une durée de près de trois heures, pour pouvoir brasser tout le spectre de cette petite ville.

S’il y a une patte Hooper indéniable, le format télé et une distribution de comédiens sans charisme (à l’exception notable de James Manson, plus mystérieux que jamais dans le rôle de l’étrange étranger) rendent le tout très insipide. Indéniablement aujourd’hui Les Vampires de Salem a très mal vieilli . Si le réalisateur a tenu à rester au plus près de l’histoire de King, l’excellente dramaturgie de ce roman de 600 pages ne transparaît pas dans cette adaptation. Dans le roman il faut bien attendre quelques centaines de pages pour que le mystère sur ces disparitions soient levées. Nul ne peut alors se douter à la lecture qu’il détient un livre de vampires dans les mains. Tobe Hooper ne peut pas cacher bien longtemps le mystère en ressortant l’imagerie vampirique dès la première disparition… Ainsi le suspect colis glacé qui apparaît dès la première heure n’a plus rien de mystérieux. Les traducteurs français ont fait plus fort en déflorant l’intrigue dès le titre : Les Vampires de Salem.

D’abord imaginée pour le cinéma, cette adaptation préféra le format de mini-série pour rester le plus fidèle au roman d’origine. Mais ce parti-pris se retourne contre lui car le roman, fort de ses 600 pages, nécessitait plus de deux épisodes de 90 minutes pour retranscrire sa dramaturgie, son suspense et toute son épouvante.

Les Vampires de Salem : Bande-annonce

Les Vampires de Salem : Fiche Technique

Réalisation : Tobe Hooper
Scénario : Paul Monash d’après le roman Salem de Stephen King
Interprétation : David Soul, James Manson, Lance Kerwin, Bonnie Bedelia
Photographie : Jules Brenner
Montage : Tom Pryor, Carroll Sax
Décors : Mort Rabinowitz
Musique : Harry Sukman
Production : Richard Kobritz
Distributeur : CBS
Durée : 184 minutes
Genre : Horreur
Date de sortie : 17 novembre 1979 /24 novembre 1979

États-Unis – 1979

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Jim Martin
Jim Martinhttps://www.lemagducine.fr/
Diplômé en Lettres, puis en Cinéma, je n'avais qu'une gageure. Celle de braver tous les pans de l'histoire du cinéma, du chef-d’œuvre intimiste au navet international, pour écrire et partager mes points de vue sur ce septième art qui, comme nul autre, nous ouvre au monde et à des expériences sensorielles inédites. Je vous engage dès lors à ne pas être d'accord avec moi. Réagissez, débattez et donnez ainsi sens à ce cinéma que l'on chérit tant !

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