Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

24 City, un film de Jia Zhang-ke : critique

Après Still Life, qui a obtenu le Lion d'or de Venise en 2006, et avant A touch of sin, Jia Zhang-ke continue son portrait de la Chine contemporaine dans une oeuvre inclassable qui abolit la frontière entre fiction et documentaire.

Aurore, un film de Blandine Lenoir : critique

Aurore, réalisé par Blandine Lenoir, est une plongée légère et militante dans le quotidien d'une femme de cinquante ans interprétée par une Agnès Jaoui impeccable. Cependant, en multipliant les discours militants sans véritable recul et en peinant à sortir du terre à terre quotidien de la vie d'une femme qui reprend peu à peu le chemin de la vie, Aurore aura certainement du mal à sortir des sentiers battus dans lesquels le film s'engouffre, à savoir convaincre finalement des déjà convaincus et laisser les autres sur le bord du chemin. Il était cependant nécessaire de voir une femme comme Aurore à l'écran, car elles ne sont que 8% de femmes de plus de 50 ans à avoir été représentées en fiction en 2015 en France.

La Morsure des Dieux de Cheyenne Carron : Critique

Ce mercredi 26 avril est sorti La Morsure des Dieux, la dernière réalisation en solitaire de Cheyenne Carron. Ce film aborde avec sincérité, la douloureuse problématique autour du suicide en milieu agricole. Retour sur un drame social bouleversant et alarmant.

Sous le même toit, un film de Dominique Farrugia : Critique

Après avoir exprimé sa mélancolie dans Bis, Dominique Farrugia s'amuse à déconstruire le couple d'Yvan et Delphine qu'il avait imaginé 20 ans plus tôt. Sa comédie se voudrait amère mais manque cruellement de mordant. La meilleure idée est peut-être celle, uniquement présente dans l'affiche, de voir la maison séparée en deux par un ruban adhésif. Il y a t-il tout de même de quoi s'amuser dans le film lui-même?

Life : Origine inconnue, un film de Daniel Espinosa : Critique

Daniel Espinosa (Enfant 44, Sécurité Rapproché) et le tandem Paul Wernick & Rhett Reese (Deadpool) sont à la baguette de ce Life, grossier mélange d'Alien, Gravity et The Thing, qui à défaut d'étonner demeure une série B horrifique de haute volée.

11 Minutes, un film de Jerzy Skolimowski : Critique

Ce mercredi 19 avril est sorti dans les salles 11 Minutes, le nouveau thriller de Jerzy Skolimowski. Perdu au milieu d'une accumulation de styles, ce drame polonais déçoit autant par son scénario trop ambitieux, que par sa mise en scène clinquante. Retour sur un puzzle narratif, non accompli.

Gold, un film de Stephen Gaghan : Critique

En faisant prendre quelques kilos à Matthew McConaughey, Stephen Gaghan espère transformer le plomb en or. Sa réalisation et son scénario peu inspirés risquent toutefois d'empêcher au film de prétendre à la moindre statuette dorée.

Les initiés, un film de John Trengove : critique

Dans Les initiés, le Sud Africain John Trengove balance sa vision d'une love story homosexuelle secrète au milieu de rites africains machistes et archaïques. Le résultat : un drame poignant où éclate le talent de Nakhané Touré.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.