Ce mercredi 19 avril est sorti dans les salles le nouveau thriller polonais intitulé 11 Minutes. En remodelant le schéma narratif de son film, Jerzy Skolimowski prend le risque de laisser le spectateur… dubitatif !
Synopsis : Un mari jaloux hors de contrôle, une actrice sexy, un réalisateur carnassier, un vendeur de drogue incontrôlable, une jeune femme désorientée, un ex-taulard devenu vendeur de hot-dog, un laveur de vitres en pause 5 à 7, un peintre âgé, un étudiant qui a une mission secrète, une équipe d’auxiliaires médicaux sous pression et un groupe de nonnes affamées. 11 moments de vie de citadins contemporains qui vont s’entrecroiser et s’entrelacer.
Un exercice vain
Présenté à la sélection officielle du Mostra de Venise en 2015, 11 Minutes s’annonçait comme un drame d’un genre nouveau. Pourtant, nous nous retrouvons plongés pendant 1h20, au centre d’un scénario complètement éclaté. En jouant à déconstruire et reconstruire les classiques de la réalisation, Jerzy Skolimowski immerge son œuvre cinématographique dans un amas de confusions. À l’honneur, pas moins d’une dizaine de personnages se succédant, s’entremêlant et se déchainant dans un thriller quelque peu soporifique. Nous attendons impatiemment le dénouement, annoncé comme un twist final efficace, profond et surprenant. Pourtant, à l’arrivée de cette dernière séquence, le jugement reste le même : 11 Minutes est un puzzle qui s’emboite difficilement. Et si l’erreur de ce film se trouvait dans son originalité même ? Éternels retours en arrière, d’innombrables temporalités (accélérations, ralentis) ou encore de nombreux mouvements et angles de vues… Bref, en s’affranchissant des codes cinématographiques, Jerzy Skolimowski a étouffé son film par une accumulation d’exercices de style. Entre une mise en scène stéréotypée et des effets visuels et sonores artificieux, 11 Minutes se révèle n’être qu’un drame prétentieux et clinquant.
L’effet papillon
« On ne comprend que la vie est précieuse que lorsqu’on la perd. Alors faisons-en le meilleur usage possible tant que nous sommes vivants. » Jerzy Skolimowski
11 Minutes se présentait pourtant comme un drame alarmant. En construisant son scénario autour de la thématique de l’irréversibilité du temps, Jerzy Skolimowski semblait ancrer son œuvre dans le présent. En effet, nous vivons actuellement dans une société en éternel mouvement. Métro-boulot-dodo, cela est schématique mais pourtant notre quotidien se résume à ce cycle, parfaitement défini de manière innocente et futile. À travers son scénario démantelé, Jerzy Skolimowski souhaite nous faire prendre conscience de l’irrévocable sort de la vie… 11 minutes, 11 moments, 11 vies que tout oppose, ou presque. Même si 11 Minutes est loin d’être le thriller de l’année 2017, il a pourtant le mérite de réveiller en nous une question existentielle : Et si un seul élément déclencheur pouvait provoquer votre disparition ? Cette théorie de l’effet papillon, mis à l’honneur dans ce film, était-elle peut-être un sujet cinématographique déjà épuisé ?
Ce scénario schématisé autour d’un puzzle narratif n’aura pas eu l’effet escompté. 11 Minutes restera un thriller ambitieux, au goût de déjà vu.
11 Minutes : Bande Annonce
11 Minutes : Fiche Technique
Réalisation : Jerzy Skolimowski Scénario : Jerzy Skolimowski Interprétation:Richard Dormer, Paulina Chapko, Wojciech Mecwaldowski, Andrzej Chyra… Producteurs executifs : Jeremy Thomas, Ed Guiney, Andrew Lowe, Marek Zydowicz Producteurs: Jerzy Skolimowski, Ewa Piaskoska Directeurs de la Photo: Bernard Walsh, Mikolaj Lebkowski Son : Alan Scully Musique : Pawel Mykietyn Montage: Agnieszka Glinska Scénario : Jerzy Skolimowski Durée : 1hh21 Genre : Thriller Date de sortie : 19 avril 2017
Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
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Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
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Obnubilée par le cinéma indépendant, je passe la plupart de mon temps à rechercher de nouvelles pépites cinématographiques. De la psychose en passant par la tristesse pour arriver aux éclats de rire, tous les états d’âme sont bons pour apprécier à sa juste valeur un film… Si je devais n’en choisir qu’un ? Mr. Nobody de Jaco Van Dormael (2010).
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