Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.
Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.
Gore Verbinski convoque voyages dans le temps, IA malveillante et équipe de bras cassés pour radiographier notre addiction au numérique. "Good Luck, Have Fun, Don't Die" est un film généreux et inventif, hanté par l'ombre des Daniels, et qui bute, comme nous tous, sur l'incapacité à vraiment se déconnecter.
Après le thriller (Ne Le Dis à Personne, Blood Ties) et le film générationnel (Les Petits Mouchoirs), Guillaume Canet, après sa première réalisation Mon Idole, revient à la comédie avec Rock'N roll, où le spectateur est plongé au plus près de sa crise de la quarantaine. Film nombriliste ou farce réussie?
Alibi.com est finalement une comédie à l'humour gras mais bien rythmée, qui malgré une formule bien trop classique, connaît quelques séquences inspirées.
La peur de l'inconnu, d'être coupé du monde avec un père angoissant et le sentiment d'être suivi par le diable en personne, c'est la base de toutes les frayeurs enfantines. C'est aussi le point de départ du nouveau film de Gilles Marchand. Réussit-il à nous faire partager le trouble de ce jeune garçon ou livre-t-il un film trop abstrait pour marquer les esprits?
Noces a l'honnêteté de ne pas enjoliver son constat sur la condition féminine en suivant le destin de Zahira belgo-pakistanaise pour laquelle on prévoit un mariage arrangé et un retour à la case départ. Mais à qui le film s'adresse-t-il vraiment ? Et ne prêche-t-il pas que des convaincus ? Réponse dans notre critique et en salles dès le 22 février.
Les Derniers Parisiens est un film passionnant, au cœur de son sujet. Dans les rues de Pigalle, Hamé et Ekoué filment des gens avant tout, portés par les interprétations de Reda Kateb et Slimane Dazi.
Grâce à Claire Simon, mais sans pour autant être une oeuvre de propagande, l'envers du décor du concours le plus convoité de France, dans le monde de l'audiovisuel, nous est dévoilé. Au stress des étudiants se mêlent les prises de position des professeurs. Alors, ferez-vous parti des 3000 prochaines personnes à postuler au concours d'admission à la Fémis ou en serez vous dégouté ?
Avec le second opus cinématographique de la saga Fifty Shades adaptée du phénomène littéraire éponyme, l'intrigue bascule dans une dimension plus sombre et nous promet un film aussi érotique que sulfureux. Mais qu'en est-il véritablement ? Le réalisateur ose-t-il réellement la subversion ou reste-t-il dans le divertissement policé, voire carrément niais ?
Véritable testament cinématographique et religieux de la part du maître Martin Scorsese, Silence est une grande œuvre de cinéma, jamais facile et à la mise en scène impressionnante. Le cinéaste questionne le spectateur sur les tourments et les contradictions de la foi, traitée comme un sujet universel et pacifiste.
À travers un trait simple et des mots d’une précision désarmante, "La Garde" racontent un système de santé en tension permanente. Entre conquêtes passées et fragilités présentes, c’est toute une vision du soin qui se dévoile.
Dans les plis du temps, entre deux fractures intimes, "Jusqu’à la nuit tombée" explore les états d'âme d’un homme qui cherche à comprendre et à réparer, quitte à s’égarer.
Dans "Les Voyageurs de la Porte Dorée", paru aux éditions Delcourt, Flore Talamon et Bruno Loth inventent un dispositif narratif aussi simple qu’efficace : faire parler les objets pour redonner chair à l’histoire des migrations. Une traversée sensible, entre transmission et introspection, où le passé s’invite dans le présent avec une étonnante justesse.
Avec "l’Encyclopédie des patrimoines de l’Amérique française", le patrimoine est une matière vivante, mouvante, où se croisent mémoire, langue, paysages, techniques, rites, saveurs ou encore combats collectifs. Ce livre foisonnant, paru aux PUR, constitue surtout une manière très juste de rappeler qu’une civilisation se conçoit autant dans ses vieilles pierres que dans ses chansons, ses noms de lieux ou sa manière de faire lever une pâte et mûrir un fromage.