Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Sous couvert du film mâle hyperbolique annoncé, Criminal Squad dessine le crépuscule d’un archétype en fin de vie. Ce faisant, le film de Christian Gudecast réussit à être parfaitement ce qu’il se devait d’être, tout en devenant son inverse. Autant dire que de la part du scénariste de la Chute de Londres et Un homme à part, on n'en attendait vraiment pas tant.
Alors que les jeux olympiques d'hiver battent leur plein en Corée du Sud, Greg Gillespie nous propose une plongée cash dans la vie de Tonya Harding, de ses 3 ans à sa chute après l’agression de Nancy Kerrigan.
Black Panther, un film enraciné dans l'histoire et dans la culture tribale africaine, il transcende le genre des super-héros et devient lyrique avec son visuel simplement magnifique et sa distribution stellaire. Ryan Coogler, le réalisateur du drame indie Fruitvale Station et de Rocky Creed offre certainement l'un des meilleurs Marvel, s'inscrivant parfaitement dans le MCU post - Captain America : Civil War
Malgré son casting impeccable et son ambition formelle d'être une réflexion mystique sur la foi, L'Apparition frustre par des personnages fonctions et des facilités de scénario frustrantes. Dommage, car le long-métrage peut compter sur ses belles images et le talent du réalisateur pour créer une ambiance singulière
Dans Phantom Thread, Daniel Day-Lewis signe ses adieux à sa carrière d'acteur avec une ultime interprétation exceptionnelle. Ce drame intimiste et hitchcockien, relatant une passion venimeuse et tourmentée, lui offre un dernier rôle taillé sur mesure.
En étant contraint de sortir presque 3 ans après la sortie du dernier volet, Le Labyrinthe : Le Remède Mortel s'exposait à une certaine lassitude; voire oubli du public. Mais le fait est que la dernière aventure de Thomas parvient à conjuguer efficacité et maîtrise, le tout, malgré un scénario toujours aussi mince.
Le nouveau-né du studio Aardman Animations, Cro-Man, enthousiasme par son univers autant qu'il déçoit par son manque de profondeur et de prises de risque. Un bon divertissement qui fera le bonheur des plus jeunes, mais pourra-t-il perdurer dans la mémoire des plus grands, comme l'ont fait Wallace & Gromit, Chicken Run ou Shaun le mouton avant lui ?
Inspiré des événements de l'attentat du Thalys, 15h17 pour Paris retrace la genèse des trois héros qui ont neutralisé Ayoub Elh Khazzani, terroriste du train. Avec ce film, Eastwood n'échappe pas à un manichéisme patriotique pro-militaire navrant mais propose une oeuvre troublante qui interroge sur la limite entre fiction et réalité.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.