Analyses

« Soudain », un chemin patient vers l’intime

L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.

L’Être aimé : l’autre « Abandon »

Prenant le point de départ du Valeur sentimentale de Joachim Trier, l'histoire d'un cinéaste qui tente de renouer avec sa fille par l'intermédiaire d'un projet cinématographique, Rodrigo Sorogoyen propose une tout autre approche. L'intensité de sa mise en scène raconte le poids d'un passé qui vient perturber le tournage. Un abandon qui hante ce père comme sa fille. Analyse, en cinq scènes fortes.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

De Chernobyl à War of the worlds en passant par Good Omens : apocalypses en séries

Apocalypses nucléaires, épidémie, destruction de la nature, annihilation de l'humanité ou arrivée de l'Antéchrist : sur nos petits écrans, l'année 2019 fut lourde de thèmes liés à la fin du monde (ou la fin d'un monde). Petit retour sur cette ambiance apocalyptique, de CHernobyl à War of the worlds en passant par Good omens, entre autres.

Box-office : Solo, l’échec préprogrammé de Star Wars

Souffrant des mauvais retours sur Les Derniers Jedi et d'une lassitude non dissimulée du public vis-à-vis de la licence Star Wars, le spin-off Solo, de par son échec commercial cuisant, est le film qui aura mis à mal les projets de Disney/Lucasfilm quant à l'exploitation de la mythique saga de George Lucas.

Star Wars : Les influences d’Akira Kurosawa dans l’œuvre de George Lucas

Avant de découvrir l'épisode 9 devant clôturer la saga Star Wars, retour sur un cinéma plus ancien, celui du Japonais Akira Kurosawa, ayant profondément marqué George Lucas et influencé son univers.

Joker : Laughing Out Loud

Valse à mille temps macabre et pessimiste, Joker se danse en cercle et entoure la naissance du chaos. C’est le coming of age d’un mythe du meurtre et de la destruction, mais aussi d'un bouffon tabassé qui apprend à cracher dans la main du maître qui sangle sa souffrance.

Qui est vraiment le Joker ? Analyse de l’ennemi juré de Batman à travers les arts

« What doesn't kill you makes you stranger » A chaque itération du Joker, le personnage marque les esprits. Depuis 80 ans, le mystère plane autour de son identité, ses motivations et ses origines, rendant encore plus fascinant ce vilain de la mythologie moderne. A l'occasion de la sortie de Joker, on remonte le temps pour traverser les films, les jeux-vidéos et la bande-dessinée afin de mieux comprendre ce machiavélique mais si populaire personnage.

Portrait : Céline Sciamma, réalisatrice à la croisée des regards

Céline Sciamma, une femme qui parle de filles comme sujets et non objets c’est déjà assez rare dans le cinéma actuel pourqu’on s’intéresse de près à cette cinéaste, 40 ans, réalisatrice de quatre films miraculeux sur l’identité, l’adolescence et la féminité. Quatre films donc, qui font d’elle une des réalisatrices les plus passionnantes du paysage cinématographie français contemporain. Du premier Naissance des pieuvres (2007) au dernier Portrait de la jeune fille en feu (qui sort en salles le 18 septembre 2019), en passant par Tomboy (2010), on ressent à la fois de la douceur, de l’effervescence et de la sensualité, à la vue de ses films. Chaque fois on est bluffé par cette manière de faire du neuf avec des sujets pourtant très balisés : premiers émois amoureux, banlieue, enfance… Tout devient autre avec Céline Sciamma, sans avoir à définir un genre. Portrait de la réalisatrice en artiste polymorphe.

Sincérité et truculence : le cinéma de Jean-Pierre Mocky

Cela fait soixante ans que le cinéma de jean-Pierre Mocky nous accompagne. Une filmographie qui lui ressemble, sincère, truculente, engagée, laissant une grande place à ces acteurs qu'il aimait tant. Sa disparition laissera un grand vide dans la production cinématographique française. Petit hommage à un grand cinéaste.

Docteur Jekyll et Mr. Hyde au cinéma

Paru en 1886, le roman de Robert Louis Stevenson, L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr Hyde, a tellement marqué les imaginations qu'il est devenu une figure mythique et symbolique de l'esprit humain. Le cinéma ne pouvait que s'en emparer, et l'a fait à de multiples reprises. Nous revenons sur cinq de ces adaptations pour en décrypter les mécanismes et les partis-pris.

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.