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Critique DVD – Hitman : Agent 47, un film d’Aleksander Bach

Tout le monde a droit à une seconde chance, même l’agent 47 ! Vous savez, ce célèbre tueur à gages tenant l’affiche de la franchise vidéoludique Hitman qui avait déjà eu droit à une (pitoyable) adaptation sur grand écran en 2007 ? Eh bien, le personnage effectue son come-back dans un tout nouveau film qui se présente au public  telle une sorte de reboot et non une suite, comme l’avait été L’Esprit de Vengeance pour le premier Ghost Rider. Et à l’instar de ce dernier, ce second volet réussit l’exploit de faire pire que le précédent. Explications.

Synopsis : Une organisation secrète appelée le Syndicat projette de fabriquer génétiquement des agents surpuissants, capables de tuer n’importe qui. Pour ce faire, elle désire retrouver Peter Aaron Litvenko, le scientifique à l’origine des premiers agents afin qu’il puisse subvenir à ses besoins. Mais pour cela, elle va devoir mettre la main sur la fille de ce dernier, Katia van Dees. En parallèle, le célèbre Agent 47 se lance également à la poursuite de Katia pour l’éliminer, étant chargé d’empêcher la création de ces nouveaux surhommes…

De quoi regretter le premier film…

Comme la plupart des jeux vidéo portés au cinéma, Hitman premier du nom se montrait assez insultant envers son modèle. À la manière des films Resident Evil qui oubliaient l’angoisse au profit d’une action décérébrée à la limite du clipesque, le long-métrage de Xavier Gens (charcuté au montage par une production américaine prenant les spectateurs pour des abrutis) était sorti en salles sous la forme d’une série B explosive. Se voulant spectaculaire sans vraiment y parvenir car assez mal fichu dans l’ensemble (mise en scène non maîtrisée, montage anarchique…). Ce qui était bien loin de la discrétion propre au personnage du jeu. D’autant plus que celui-ci, de base sans âme, froid et calculateur mais non sans charisme, se retrouvait pour le coup avec une histoire et des sentiments, le rendant trop humain, limite « faible », et lui retirant pour le coup son aura de tueur au sang-froid (l’interprétation de Timothy Olyphant n’aidait pas grandement). Ici, dans Hitman : Agent 47, les choses ont évolué… dans le mauvais sens.

Pourtant, on sent que l’équipe du film a voulu revenir vers les bases même du protagoniste. À savoir énigmatique, imprévisible et inhumain. Le problème étant qu’elle n’a pas su l’exploiter convenablement. Car si l’idée d’en faire un antagoniste était plutôt ingénieuse sur le papier, le personnage éponyme devient très vite un bourrin totalement inintéressant envoyant des références en veux-tu en voilà (comme effectuer une pose avec ses flingues, se déguiser à tout-va) de manière incongrue. Sans compter que la prestation de Rupert Friend n’est pas du tout convaincante, le comédien étant à côté de ses pompes et ayant le charisme d’une huître. On en reviendrait presque à regretter Timothy Olyphant, c’est dire ! Laisser une seconde chance au film de Xavier Gens serait même un réflexe une fois celui-ci vu, étant donné qu’il possédait bien plus de qualités que ce nanar sans nom.

Le premier Hitman était infidèle au jeu vidéo, mais au moins, il avait une histoire à raconter. Ici, on nous sert une intrigue abracadabrantesque de super-soldats mal agencée qui enchaîne des séquences d’action encore plus décérébrées que précédemment. Ces dernières, en plus de souffrir d’une photographie de piètre qualité, doivent subir un montage hystérique au possible (Agent 47 en devient encore plus clipesque que le premier) mais surtout une incompréhensible surdose de CGI bien vomitive alors que de simples cascades pourtant réalisables (telle une voiture dérapant contre un mur) auraient fait l’affaire dans ce genre de blockbuster. Le long-métrage en ressort encore plus artificiel qu’un produit vidéoludique au point de paraître diablement ridicule à chaque seconde de visionnage. Et ce ne sont certainement pas les comédiens qui vont arranger les choses. Même pas Zachary Quinto, venu se perdre dans ce gloubi-boulga de violence gratuite et d’action sans intérêt.

Censé faire oublier les premiers essais cinématographiques du tueur au code barre, Hitman : Agent 47 enfonce encore plus le clou en se présentant au public comme un grand n’importe quoi se voulant spectaculaire et explosif. En faisant cela, le film insulte à son tour le jeu d’origine mais perd définitivement l’occasion de convaincre les spectateurs, à cause d’un aspect guignolesque aussi bien du côté du scénario que de l’action en elle-même. Une véritable perte de temps bien en-dessous de n’importe quelle production Besson…

Hitman : Agent 47 – Bande-annonce

Fiche technique – Hitman : Agent 47

États-Unis – 2015
Réalisation : Aleksander Bach
Scénario : Michael Finch et Skip Woods, d’après le jeu vidéo éponyme
Interprétation : Rupert Friend (Agent 47), Hannah Ware (Katia van Dees), Zachary Quinto (John Smith), Ciarán Hinds (Peter Aaron Litvenko), Thomas Kretschmann (Antoine Le Clerq), Dan Bakkedahl (Sanders), Emilio Rivera (Fabian), Rolf Kanies (le docteur Delriego)…
Date de sortie : 26 août 2015
Durée : 1h25
Genre : Action
Image : Óttar Guðnason
Décors : Sebastian T. Krawinkel
Costumes : Bina Daigeler
Montage : Nicolas De Toth
Musique : Marco Beltrami
Budget : 35 M$
Producteurs : Adrian Askarieh, Charles Gordon, Skip Woods et Alex Young
Productions : 20th Century Fox Film Corporation, TSG Entertainment, Fox International Productions et Infinite Frameworks Studios
Distributeur : 20th Century Fox

 

Top 10 films 2015 : Mad Max: Fury Road, Vice-Versa…

Top 10 films 2015 de la Rédaction du MagduCiné

Le top 10 des meilleurs films de 2015 :

En cette fin d’année, sans surprise axée sous le sceau de Star Wars : Le Réveil de la Force qui, au moment de l’écriture de ces lignes, aura trusté la plus haute marche du box-office (et sera peut-être déjà en lice pour détrôner Avatar), il semblait évident qu’on se prête, à l’instar de nos confrères du web et autres cinéphiles amateurs, au jeu du bilan. Un exercice à la fois vain, très formel mais surtout trop réducteur, parce que tenter de résumer 365 jours et à peu près autant d’heures passées devant un écran, dans un article privilégiant l’épure quand la logique voudrait le contraire, c’est autant impossible qu’inutile. Tout juste, pourra-on dire alors, que cette année 2015 aura été une virée dans l’in-connue, ou dans le connu si l’on s’en réfère au sens étymologique du mot in, entre retours de vieilles légendes (Steven Spielberg, Clint Eastwood, George Miller, Robert Zemeckis ou John Boorman) et de vieilles franchises (Mad Max, Terminator, Jurassic Park). 2015 aura aussi été l’occasion pour nous de constater l’indéfectible soutien que vous tous, lecteurs, vous nous portez, puisque de par votre présence à chaque fois plus nombreuse, le privilège nous a été donné que de pouvoir nous rendre au Festival de Cannes, et couvrir de l’intérieur cet événement inoubliable.
On ne saura omettre toutefois de mentionner l’importance qu’a pris le cinéma au cours de cette année. Qu’il soit passeur de message avec Tomorrowland de Brad Bird ; moyen de montrer la foi en l’être humain avec Le Pont des Espions de Steven Spielberg ou simplement outil de dénonciation avec Much Loved de Nabil Ayouch ; autant dire que le 7ème art aura revêtu une importance accrue au cours de ces 12 derniers mois, n’hésitant ainsi pas à épouser les contours d’une société meurtrie par des attaques terroristes, pour mieux panser ces plaies (les sorties décalées de Made in France et Jane Got a Gun des suites des attentats de Paris étant de cruels exemples). Mais le cinéma aura encore une fois montré que sa beauté réside dans son aspect inter-générationnel, son éclectisme et sa richesse.  Un peu comme notre top d’ailleurs, qui n’a pu voir le jour sans la présence de quelques intrépides crétins – on les appelle cinéphiles à la rédaction – qui courent de salles en salles à la recherche d’une vérité ou émotion qu’un chapelet de personnes à l’aise avec une caméra arrivent à capturer. Mais de là à vous considérer comme des crétins, il n’y a qu’un pas, que nous ne franchirons pas, déontologie oblige. Et pour cause car comme dirait Beaumarchais : sans la liberté de blâmer, il n’y a point d’éloges flatteurs.

À l’année prochaine !

10. Ex Machina

Une relecture du mythe de Frankenstein à la sauce 2.0

Il fallait bien un génie derrière la caméra pour pouvoir raviver le spectre des dangers de l’intelligence artificielle, véritable marronnier du cinéma SF déjà labouré aussi bien par Spielberg que Kubrick avec son terrifiant HAL 9000 de 2001 l’Odyssée de l’Espace. Du coup, voir Alex Garland (scénariste récurrent de Danny Boyle), déjà à la baguette de récit hautement fataliste comme 28 Jours plus Tard ou Sunshine, exécuter d’une main ferme la relecture 2.0 du mythe de Mary Shelley, le tout servi par une mise en scène sobre, anxiogène et glaçante et des acteurs au sommets (Oscar Isaac et Domnhall Gleeson & la révélation suédoise Alicia Vikander), ça a forcément quelque chose de grisant.

9. Le Fils de Saul

Une plongée en apnée à Auschwitz

Suffocante, oppressante et immersive, la première œuvre du metteur en scène hongrois Lazlo Nemes fut sans conteste la révélation du dernier Festival de Cannes. Empruntant un procédé de mise en scène déjà utilisé dans le Birdman d’Alejandro Gonzalez Innaritu, en l’occurrence le plan-séquence, cette plongée en apnée dans l’enfer du camp de concentration d’Auschwitz et la vie de Saul, Sonderkommando (juif forcé de participer à la Solution Finale) désireux d’offrir une sépulture décente à ce qu’il croit être le cadavre de son fils, a fortement ému la rédaction, touchée au vif par ce récit expérimental teinté d’une très grande humanité.

8. Star Wars : Le Réveil de la Force

Le réveil de la nostalgie 

Qu’on se le dise mais voir figurer au sein du top le dernier-né de la saga initiée par George Lucas en son temps, n’est presque pas une surprise. Comment refouler la nostalgie attachée à cet univers si familier ou le simple bruissement d’un sabre laser ou d’un fusil blaster suffit pour nous faire retomber en enfance ? La réponse est claire : c’est impossible. Pour autant, bien que la nostalgie soit présente, force est de constater (ouais on aime mentionner la Force partout nous, on est comme ça) que le film remplit toutes ses promesses. Entre des combats spatiaux d’anthologie, un univers visuel proche de la trilogie originale et un vivier de nouveaux personnages déjà culte, autant   dire que le contrat est rempli haut la main. Si bien que maintenant, le plus dur sera d’attendre la sortie de l’Épisode VIII, que prépare déjà Rian Johnson (Looper).

7. Foxcatcher

Du sang, de la sueur et des larmes 

On l’avoue franchement : la lutte gréco-romaine ne fait pas partie de nos sports de prédilection, ni-même des sports les plus racoleurs qui soient (comme le curling en somme). Bennet Miller, bien aidé par un casting poids-lourd (Channing Tatum, Mark Ruffalo, Steve Carrel) nous le rend passionnant, primitif et cérébral, brutal et sensuel à travers cette histoire dingue, convoquant autant domination physique que psychologique, patriotisme déclinant, un milliardaire psychotique avili par le rejet d’affection que lui porte sa mère, et deux frères sportifs qui tombent très vite sous la coupe de ce despote à la richesse infinie. Glaçant, profond et anxiogène, la rédaction est encore sous le choc.

6. Youth

Le temps qui passe…

Issu du cru cannois 2015, qui aura vu de grands films se bousculer sur le tapis rouge (on pensera à Macbeth, Dheepan, Le Fils de Saul pour ne citer qu’eux), nul doute que Youth pourrait se voir décerner la Palme du plus beau film de la Croisette. Michael Caine en compositeur retraité qui donne la réplique à un Harvey Keitel en réalisateur vieillissant, le tout dans une maison de détente plantée dans le paysage suisse, et voilà que le film pose les marques du style de Paolo Sorrentino. Lent, contemplatif, introspectif, jetant un regard acerbe sur le star-system, sur le temps qui passe, sur les illusions de la vie et sur l’amour, le film est une gigantesque toile ou le metteur en scène italien déploie tout son talent de faiseur, nous décollant la rétine à chaque fois. Autant dire qu’à la rédaction, on est encore en extase.

5. Mustang ex aequo avec Sicario

Question de morale contemporaine

Difficile loin s’en faut, d’avoir su départager ces deux oeuvres radicalement opposées par leurs thématiques et leurs approches, mais curieusement liées par cette question de morale, qui infuse jusque dans leur ossature, les deux films. D’un coté, on a Sicario où l’on retrouve Denis Villeneuve, le prodige québécois bientôt à la barre de Blade Runner 2 (excusez du peu) qui livre un cinglant réquisitoire envers l’Oncle Sam et son combat acharné pour éradiquer la menace de la drogue. Approche exacerbée, violence inouïe, et personnage évoluant dans un enfer bureaucratique miné par une morale reléguée en arrière-plan, Villeneuve donne à voir un brûlot curieusement axé sous le sceau d’une gigantesque défaite (la défaite de la politique US) et marque encore un peu plus son territoire dans la profession.

De l’autre, on a Mustang, récit déroutant de la condition féminine en Turquie lorsque celle-ci se voit confrontée à une figure tutélaire/paternelle très à cheval sur la tradition religieuse et qui brime aussi bien leur intégrité en tant que femme, que leur liberté. Sujet grave et contemporain, autant dire que le film donnait de prime clairement l’impression d’agir en tant que plaidoyer pour la condition féminine (et ersatz de Virgin Suicides) que réel effort de cinéma. Qu’elle n’en fut pas la surprise de voir alors un film converti en une ode à la liberté, servie par une mise en scène spontanée, n’hésitant pas alterner moments d’euphorie galvanisants et instants plus dramatiques, sans cesse appuyée par les prestations de ces jeunes femmes épatantes (mention à la plus jeune, effarante de vérité)

 

4. The Lobster

L’O.V.N.I de l’année

Véritable OVNI du dernier Festival de Cannes, ce récit allégorique tendant à condamner les dérives amoureuses de notre société a fortement impressionné la rédaction. Il faut dire qu’avec un synopsis aussi frappadingue (les célibataires ont 45 jours pour trouver l’amour sous peine de se transformer en l’animal de leur choix) et un casting international de très haute volée (Colin Farrel, Léa Seydoux, John C. Reily, Ben Whishaw, Rachel Weisz), le film partait sur de très bonnes bases. Des bases heureusement renforcées par le talent de Yorgos Lanthimos, sorte de cousin éloigné d’un Wes Anderson, qui renforce la froideur de son sujet par des plans millimétrées et un cadre austère, terriblement antipathique.

3. Birdman

La revanche du has-been

Grand vainqueur des Oscars 2015, qui ont vu le film rafler la prestigieuse statuette du Meilleur Film et du Meilleur Réalisateur, la présence de Birdman dans notre top semblait relever de l’évidence même. Il faut dire qu’avoir su réussir à faire sortir de sa pré-retraite le talentueux Michael Keaton et le confronter à une histoire faisant curieusement écho à son passé d’acteur (Keaton a joué Batman pour Tim Burton à deux reprises), était quelque chose de relativement osé. Ça l’est encore plus quand le réalisateur Alejandro Gonzalez Innaritu, non content d’égratigner l’aura du star-sytem et la vacuité de ces personnalités carburant à l’ego, dresse une pique envers les réseaux sociaux, la célébrité et les blockbusters tout en emballant son film dans l’un des plus beaux écrins de l’année : un faux plan-séquence, donnant alors l’illusion d’un film sans coupures. Du génie à l’état pur.

2. Vice-Versa

Pixar encore une fois au sommet

Dans les étoiles avec Star Wars et sur le tapis dans Foxcatcher ; ccette année 2015 se sera fait un malin plaisir à jouer avec notre tête. Rien d’étonnant dans ce cas de voir Vice-Versa, dernier-né des studios Pixar, échouer à la deuxième place du Top 10 films 2015 ; l’histoire de ces 5 émotions gérant la vie de la petite Riley ayant su comme à l’accoutumée avec Pixar, nous émouvoir et nous étreindre comme le ferait une bonne couverture bien chaude. Fort d’un discours psychanalytique sur les tourments juvéniles, Vice-Versa rend hilare autant qu’il émeut et magnifie son tout à l’aide de designs majestueux, de personnages attachants et d’un humour incontournable. Vice-Versa ou comment voir Pixar continuer sa suprématie si ce n’est dictature sur le domaine de l’animation. On pleure encore à la rédaction.

1. Mad Max : Fury Road

Le trip le plus jouissif de l’année

Des bagnoles fonçant à toute berzingue dans le désert, un justicier de la route en quête d’une juste cause, et une guerrière tournant le dos à un dictateur grimé en sosie palot de Dark Vador, difficile de croire qu’avec ce résumé simplifié, George Miller, auquel on doit la trilogie Mad Max, ait su rallier le monde à son récit post-apocalyptique déjanté et ébranlé jusque dans ses fondations-mêmes le genre du film d’action. C’est pourtant l’effet que la rédaction a ressenti devant ce concentré hard-boiled d’action, de violence et d’essence qui n’a jamais aussi bien porté son titre. Exaltant, titanesque et virtuose, Mad Max : Fury Road est la preuve que la vieille génération (Miller a 70 ans quand même) en a encore sous le capot. Et quand c’est aussi bon, pourquoi faire la fine bouche ? Donnes-en un autre George !

A peine j’ouvre les yeux, un film de Leyla Bouzid: Critique

Ces temps-ci, de nombreux films de productions franco-arabes ont fait parler d’eux en mettant en scène des héroïnes qui veulent que soient reconnus leur libre arbitre et leur indépendance.

Synopsis : Tunis, été 2010, quelques mois avant la Révolution, Farah 18 ans passe son bac et sa famille l’imagine déjà médecin… mais elle ne voit pas les choses de la même manière. Elle chante au sein d’un groupe de rock engagé. Elle vibre, s’enivre, découvre l’amour et sa ville de nuit contre la volonté d’Hayet, sa mère, qui connaît la Tunisie et ses interdits.

Telle mère, telle fille

Qu’il s’agisse des impétueuses prostituées de Much Loved, de la jeunesse indomptable de Mustang ou encore de la ténacité et l’humour de Kaouther Ben Hania, la réalisatrice de l’inclassable Challat de Tunis, toutes ces femmes viennent ébranler un peu plus un modèle patriarcal moribond. A peine j’ouvre les yeux s’inscrit dans cette mouvance. Récit initiatique, celui de Farah, jeune fille enthousiaste et courageuse, le film prend la forme d’une confrontation entre deux mondes : la Tunisie d’avant le printemps arabe, muselée par Ben Ali, et l’autre Tunisie, celle de la jeunesse qui veut faire changer les choses. D’un côté, on trouve des adultes qui se sont habitués à vivre dans un État aux libertés restreintes, de l’autre des jeunes qui militent à leur manière, en chantant la réalité tunisienne : la musique comme acte de subversion. Bien sûr, le propos n’est pas si binaire, les nuances, on les trouve à travers des personnages comme les parents de Farah, anciens activistes désabusés mais qui n’ont pas oublié pour autant les luttes de leur jeunesse qui se cristallisent aujourd’hui dans l’attitude de leur fille. La place de la mère s’affirme comme élément clé au cours du récit, miroir tantôt fidèle, tantôt déformant de Farah.

Le film est construit en deux temps, pendant la première heure, l’intrigue s’appuie vraiment sur ce modèle de la confrontation décrit un peu plus tôt. Le microcosme du groupe de musique fait front contre une société tunisienne frileuse et à qui le changement fait peur. Farah est la figure de proue de cette première partie. On la suit en permanence dans ce qui apparaît comme une ascension perpétuelle vers plus d’autonomie, des choix individuels et une motivation sans faille. Les parents sont assimilés ici à la répression : « non ma fille, tu n’iras pas chanter, fais médecine c’est un travail sûr qui te permettra de vivre confortablement. » Sans emprisonner leur enfant dans le carcan du rôle féminin traditionnel, ils sont les principaux obstacles aux rêves musicaux de Farah. La figure maternelle se détache particulièrement car, elle vit seule avec sa fille, le père travaille et vit dans une autre ville dans un exil forcé pour avoir refusé d’adhérer au parti de Ben Ali. Cette première partie atteint son acmé lorsque Farah décide d’improviser un concert a cappella devant la salle qui devait accueillir le groupe et qui a été sommée de fermer sous la pression des autorités, inquiètes des répercussions possibles de ses chansons subversives. Lors de cette séquence, la réalisatrice choisit de réunir les deux pôles antagonistes : mère et fille se retrouvent dans le même cadre et partagent cet instant dans la connivence, la mère se reconnaît dans sa fille.

La seconde partie du film est centrée sur Hayet, la mère de Farah. La jeune fille disparaît littéralement du champ de la caméra (elle est détenue par la police du régime) et toute l’action découle des efforts de sa mère pour la faire sortir. On découvre là un personnage complexe dont les rêves se sont étiolés au fil des années. La vie d’adulte dessinée par le personnage d’Hayet a été ponctuée de compromis, de concessions et d’abandons. La contestation se mêle souvent de souffrances et d’échecs, Hayet le sait et elle voulait en préserver Farah. A présent que celle-ci est prisonnière d’un régime que cette mère a contesté en son temps, sa combativité et son courage se réveillent à nouveau. La réalité est moins belle et flamboyante que ce que voulait croire la fille, mais sa mère est maintenant à ses côtés pour l’aider à avancer. La fin du récit est ouverte à tous les possibles : « Continue » dit Hayet à sa fille revenue meurtrie de sa détention, à la lumière des événements qui ont agité la Tunisie en 2011, on peut se dire dans un épilogue imaginaire que Farah a gagné son combat.

A peine j’ouvre les yeux: Bande-annonce

A peine j’ouvre les yeux : Fiche Technique

France, Tunisie, Belgique, Émirats arabes unis
Durée : 102 minutes
Genre : Drame
Réalisé par : Leyla Bouzid
Scénario : Leyla Bouzid, Marie-Sophie Chambon
Distribution : Baya Medhaffar (Farah) Ghalia Benali (Hayet), Montassar Ayari (Borhène) Aymen Omrani (Ali), Lassaad Jamoussi (Mahmoud), Deena Abdelwahed (Inès), Youssef Soltana (Ska) Marwen Soltana (Sami)
Photographie: Sébastien Goepfert
Montage : Lilian Corbeille
Son : Ludovic Van Pachterbeke
Musique : Khyam Allami
Produit par : Sandra da Fonseca, Imed Marzouk
Distribué par : Shellac
Date de sortie : 23 décembre 2015

Rencontre avec Julien Rappeneau, scénariste-réalisateur de Rosalie Blum

10 ans du Cinemovida : Rencontre avec le Cinéaste Julien Rappeneau pour le film Rosalie Blum

           Le lendemain de la projection presse en avant-première de Rosalie Blum (dont vous pouvez lire notre critique ici), nous avons rencontré avec deux autres collègues son scénariste-réalisateur, Julien Rappeneau, à qui l’on doit notamment les scénarios de Cloclo (Florent Siri, 2012), de 36 Quai des Orfèvres (Olivier Marchal, 2004) ou encore les deux volets de Pamela Rose menés par Kad & Olivier en 2002 puis 2012.

Pourquoi cette histoire en particulier ?

            « Parce-que j’avais été séduit par le roman graphique de Camille Jourdy.« 

Qu’est-ce qui a motivé votre choix de réaliser le film ?

            « Moi je suis pas du tout frustré par le métier de scénariste… Ça me tentait d’aller voir au-delà mais j’attendais de trouver le bon sujet…« 

Cineséries-mag : « Comment avez-vous réfléchi votre casting ? Est-ce que vous avez de suite pensé à Noémie Lvovsky pour le choix de Rosalie après l’avoir vue dans Camille Redouble (N. Lvovsky, 2012) ? Car on a deux personnages très proches, avec des différences certes, mais beaucoup de ressemblances, dans leur humanité, leur conduite, qui cachent un secret, qui ont un trauma… »

            « Alors oui, inconsciemment… Il se trouve qu’il y a quelque chose de particulièrement humain chez Noémie… Elle a une palette très riche…« . Le choix de l’actrice lui est venu pendant le processus d’écriture du film. Il ajoute : « On peut dire qu’il y a dans les deux films qui ne se ressemblent pas du tout une forme de fantaisie et d’humanité…« 

            « Ce sont des gens un peu mis sur pause pour des blocages intimes… Ça n’avance plus… Puis la vie reprend ses droits… »

Sur le choix de Kyan Khojandi, acteur de Bref (Canal +, 2011-2012)

            S’il n’a pas le même personnage que dans Bref, Julien Rappeneau explique l’avoir découvert dans le format court de Canal+ : « j’ai tout de suite été touché par l’empathie qu’il dégage… Naturellement j’ai pensé à lui à l’écriture. » « Un peu un pari que de le choisir » rajoute-t-il à propos du fait qu’il n’avait pas encore eu de rôle important au cinéma. « Je trouve qu’il a assuré avec grâce ce grand rôle. »

Sur le choix d’Alice Isaaz

            « Dans La Crème de la Crème, je me suis dit « Oh la la… »… C’est une très grande actrice, elle a un grand potentiel… Une vraie graine de star… »

Cineséries-mag : « Pouvez-nous nous parler un peu plus de la structure particulière du récit, avec la même histoire vue par plusieurs personnages… ? C’est quelque chose qu’on a pu voir dans Pusher (Refn, 1999-2005), où l’histoire avance à chaque volet cependant… Ou bien même dans la trilogie The Disappearance of Eleanor Rigby (Ned Benson, 2013-2014)… Vous avez pris le risque de mettre les trois volets du texte en un… »

            Il explique avoir été intéressé par cette structure « avec le roman graphique ». C’est « une structure assez singulière dans le film avec des tons qui se mêlent. ». Aussi il explique que c’était un intérêt de scénariste.

Cineséries-mag : « Mais la partie de Rosalie n’a pas l’air d’en être une. On attend la voix-off une minute puis on ne la retrouve jamais. De même, on semble quitte son point de vue dans le même temps pour avoir une partie beaucoup plus linéaire et classique… D’ailleurs c’est la suite de l’histoire, pas un troisième point de vue dessus, et là on a une partie qui semble suivre les trois personnages… »

            « Ça l’est, raconté différemment… On va comprendre pourquoi Rosalie est ce qu’elle est. ». Il poursuit : « Même si elle n’est pas racontée sur le même mode, c’est la partie de Rosalie ». « C’est comme un puzzle qui petit à petit s’assemble… Il y a une épaisseur qui se forme ».

Sur ce qui le pousse à se lancer sur un projet

            « Le cinéma, enfin… moi… J’ai des goûts très éclectiques… Moi je veux être embarqué dans un récit… J’aime l’idée que l’histoire m’emporte… »

Sur l’aspect voyeuriste de deux des personnages principaux

            « Oui c’est vraiment une volonté de ma part, chez l’un comme chez l’autre, il n’y a rien de pervers. » Il continue : « Pour moi c’est l’aspect intriguant puis ludique qui vient. » On n’est « pas dans le film policier ».

Cineséries-mag : « Ne pourrait-on pas voir dans votre film, notamment avec le personnage de Kyan Khojandi, le spectateur de cinéma qui vient sortir de son quotidien au cinéma, pour rentrer alors dans une position de voyeuriste ? »

            « Effectivement on peut faire un parallèle avec le spectateur de cinéma… Et du coup, il faudrait presque aller le voir sans rien savoir » ajoute-il pour rapprocher le spectateur de cinéma au personnage de Khojandi. « Mais oui oui, on pourrait dire ça, même si ça n’est pas conscient chez moi. »

            « Un des gros enjeux du scénario, c’est justement de penser où est-ce qu’on révèle les choses sur le personnages… Il s’agit de penser à la place du spectateur… » rajoute-t-il.

Sur le cinéma français et son expérience de scénariste-réalisateur

            « J’ai plutôt eu la chance de travailler avec des gens variés. Je trouve que la vie est plus riche… Alors je sais bien que dans la vie française, on aime bien catégoriser… Mais voilà, pour moi, c’est plutôt une chance…. Ça me correspond, ça s’était aussi trouvé comme ça et je considère que c’est plutôt une chance. »

Cineséries-mag : « Vous travaillez déjà un nouveau projet de film ? »julien-rappeneau-film-rosalie-blum-interview-realisateur

            « Euh non, pas encore, je cherche… » répond-il amusé.

Cineséries-mag : « Vous avez un fantasme cinéphile que vous aimeriez écrire ou réaliser ? »

            « Euh non, j’ai beaucoup de fantasmes, mais pas encore Un ! » répond-il avec amusement.

Sur le travail d’adaptation

            « Comme j’avais déjà travaillé sur des adaptations, je savais qu’il fallait que je prenne des libertés… Donc c’est très fidèle et très libre… Visuellement c’est peu contraignant, j’ai pas cherché à faire un décalque. »

Sur le commencement de son travail de l’œuvre de Camille Jourdy et sa rencontre

            Cela s’est passé « assez vite, même si on s’est très peu vu, j’ai senti une proximité avec elle (l’auteur), en plus je l’admire beaucoup et l’apprécie beaucoup. Une chance ! En plus, elle a beaucoup aimé le film donc pour moi c’est un bonheur ! »

Cineséries-mag : « comme il a été dit, en France on aime tout catégoriser, et votre film est classé sur Allociné comme étant une comédie… Or, comme on l’a tous dit, votre film est à la fois dramatique, drôle, intriguant… Ne pourrait-on pas juste dire qu’il est un film humain ? »

            D’abord surpris par le classement d’Allociné, il répond, amusé : « Alors je sais pas si ça parlera aux gens ». « Mais effectivement il n’est pas facile à classer dans un genre, pourquoi faut-il toujours classer les choses et les gens ?! » conclut-il.

            C’est sur cette question que notre rencontre avec le très gentil et modeste Julien Rappeneau a pris fin. Nous remercions l’équipe du Cinémovida d’Arras pour son formidable travail, de même que les restaurants l’Amalgame et la Rapière pour leurs accueils.

Dunkirk: le prochain Christopher Nolan

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Dunkirk : le prochain film de Christopher Nolan sur la Bataille de Dunkerque

Le réalisateur Christopher Nolan (Interstellar) sera bientôt à Dunkerque en France pour le tournage de son prochain film : Dunkirk. Un long métrage historique qui portera sur la Bataille de Dunkerque durant la Seconde Guerre Mondiale d’après un scénario original de Nolan lui-même. Le titre Dunkirk n’est pas sans rappeler le film britannique de Leslie Norman sorti en 1958 et qui traitait du même sujet. Les négociations sont en cours avec les acteurs Mark Rylance (Le Pont des Espions), Kenneth Branagh (Cendrillon) et Tom Hardy (Mad Max : Fury Road) tandis que des talents plus jeunes ont été castés à Londres pour interpréter les premiers rôles.

La Warner Bros prévoit la sortie du film pour le 21 Juillet 2017 et Greg Silverman, président du développement créatif et de la production pour Warner Bros est véritablement enjoué : «Dunkirk est une histoire captivante et puissante et nous sommes ravis de voir Chris, Emma, ​​et leur fonte en rendre compte sur grand-écran.» Car Christopher Nolan produira également le film avec sa partenaire et épouse, Emma Thomas. Le tournage devrait débuter en mai 2016 dans un grand nombre de lieux authentiques et historiques à commencer par la célèbre « poche de Dunkerque ».

Du 25 mai au 3 juin 1940, se joua à Dunkerque le combat sacrificiel de l’Armée française pour sauver quelques 400 000 alliés belges et surtout britanniques pris en étau par les Allemands d’un côté et par la mer de l’autre dans une sorte de poche. L’Opération Dynamo, également appelée « Miracle de Dunkerque », sera engagée le 27 mai 1940 car, par chance ce jour-là, Hitler donnera l’ordre à ses blindés de stopper momentanément leurs avancées. Pourquoi ? Le film nous apportera sans doute sa version mais certains pensent que le Fuhrer voulait ménager la Grande Bretagne pour obtenir une paix plus rapide quand d’autres affirment qu’il voulait tout simplement prendre Paris au plus vite.

L’évacuation de la « poche de Dunkerque » par un petit corridor de troupes françaises se fera dans des conditions atroces, anarchiques et presque irréelles. Les Anglais font appel à tout ce qui flotte pour participer à l’évacuation des soldats alliés : des navires, des yachts, des chalutiers, des remorqueurs, des péniches. Jusqu’au bateau-pompe de la Tamise ! Près de 340 000 combattants seront évacués dont plus de 123 000 français qui seront à nouveau débarqués en France pour continuer le combat.  Au sujet de cette bataille, le premier ministre Churchill dira : «Pendant ces quatre jours critiques, les Français ont contenu sept divisions allemandes. Ils ont ainsi apporté une splendide contribution au salut de leurs camarades. L’Angleterre n’aurait pas pu continuer la guerre sans eux.»

38è Festival International du Court-Métrage: Clermont-Ferrand 2016

Retour attendu au Cannes du Court

Et c’est reparti pour le grand rendez-vous international du court métrage! Clermont-Ferrand 2016 offrira, du 5 au 13 au février, sa 28ème compétition internationale, sa 38ème compétition nationale et sa 15ème compétition labo, son 31ème Marché du Film Court. Avec en 2015, 160.000 entrées dont 3.500 professionnels, malgré une météo peu clémente et la neige. Clermont-Ferrand représente le 2ème festival de cinéma en termes de fréquentation après Cannes.

Créé à l’initiative de l’association Sauve qui peut le court métrage, Clermont, c’est le grand rendez-vous du court métrage depuis 38 ans, point de rencontre incontournable des réalisateurs avec leurs spectateurs : professionnels, jeunes publics, scolaires, mordus de films, amateurs aventureux ou simples curieux.

Alors que nous réserve ce nouveau cru tant attendu? D’abord une affiche du célèbre illustrateur et grand cinéphile Blutch [1], dévoilée un peu tardivement en juillet, un véritable instantané au parfum balnéaire, une échappée onirique dans des tons pastel, une interprétation intimiste de l’événement. Un petit bain de soleil  en février!

Ensuite, au programme de cette 38ème édition, plus de 600 films retenus, toutes compétitions confondues, et toujours 3 compétitions (nationale, internationale et Labo) pour se faire plaisir, en découvrant ou redécouvrant ce format à part, plébiscité par le public pour sa créativité, et qui a permis de révéler de nombreux talents du 7ème Art. Un appel à la collaboration internationale aussi : au total, ce sont 64 pays qui viendront défendre leurs couleurs lors de cette 38e édition!

 Les 3 compétitions du Festival International du Court-Métrage de Clermont-Ferrand :

Compétition nationale (57 films français, 12 programmes)

57 élus parmi 1714 inscrits! Fictions, animations et documentaires au rendez-vous, en français mais pas que : la compétition nationale s’ouvre au monde pour nous offrir un regard riche et neuf sur notre société contemporaine, les fantômes du passé et les promesses de demain. Parmi les films retenus, neuf ont bénéficié de coproductions étrangères (Suisse, Québec, Canada, Belgique, Roumanie, Autriche, Géorgie). Au final, la sélection compte 37 films de fiction, 14 d’animation et 6 documentaires, expérimentaux pour la plupart. La durée des courts varie de 4 (Blanquette de Charlie Belin) à 52 minutes (Le gouffre de Vincent Le Port).  Parmi les noms déjà connus, on citera ceux de Mathias Gokalp, Emmanuel Parraud, Marina Diaby, Morgan Simon, Vladilen Vierny, Armand Lameloise, Sarah Van den Boom, Stéphanie Lansaque et François Leroy.

Jury: cette année, 5 artistes venus d’horizons très différents offriront leur expérience et poseront leur regard sur les 57 films qui composent cette compétition nationale. Réalisateurs, scénaristes ou virtuoses, autant de caractères et de parcours qui fondent la diversité de ce jury. Leyla Bouzid, réalisatrice et scénariste tuniso-française dont le dernier long métrage À peine j’ouvre les yeux vient de sortir dans les salles; Guillaume Brac, incontournable réalisateur de Un monde sans femmes côté court et du très beau Tonnerre, premier long sorti en 2014; Émilie Brisavoine, jeune première dans la cour des réalisateurs : son premier (remarquable) long métrage documentaire, Pauline s’arrache, fait déjà parler de lui depuis sa sortie en salles. Philippe Faucon, réalisateur et scénariste de génie récemment auréolé du Prix Louis-Delluc pour son magnifique long métrage Fatima; Dom La Nena, cadette de ce jury, jeune virtuose franco-brésilienne, nous offrira également son œil (et son oreille) de compositrice : en avant la musique !

1992, Anthony Doncque (France, 2015), Fiction, 25’00
Les Amours vertes, Marine Atlan (France,2015), Fiction, 32’00
Au bruit des clochettes, Chabname Zariab (France, 2015), Fiction, 26’00
Au loin les dinosaures, Arthur Cahn (France, 2015), Fiction, 30’00
Blanquette, Charlie Belin (France, 2015), Animation, 04’18
Brume, cailloux et métaphysique, Lisa Matuszak (France, 2014), Animation, 05’46
Café froid, Stéphanie Lansaque, François Leroy (France, 2015), Animation,14’44
Chalon, Jean-Luc Dang (France, 2015, Documentaire, 12’09
D’ombres & d’ailes…, Elice Meng, Eleonora Marinoni (France, Suisse, 2015), Animation, 12’55
Dans les eaux profondes, Sarah van den Boom (France, Canada, Québec, 2015), Animation, 12’04
La Danse des mots, Jean-Marc Rohart (France, 2015), Animation, 05’30
Des millions de larmes, Natalie Beder (France, 2015), Fiction, 22’55
Des racines, Jeanne Traon-Loiseleux (France, 2015), Fiction, 24’00
Le Déserteur, Jeanik Barot (France, 2015), Fiction, 30’00
Du plomb dans l’aile, Uriel Jaouen Zrehen (France, 2014), Fiction, 28’20
E.T.E.R.N.I.T., Giovanni Aloi (France, 2015), Fiction, 14’20
Ennemis intérieurs, Sélim Azzazi (France / 2015), Fiction, 27’33
Fais le mort, William Laboury (France, 2015), Fiction, 08’40
La Fin du dragon, Marina Diaby (France, 2015), Fiction, 26’00
Free Bullet, Caroline Detournay, Paulina Pisarek (France, 2015), Documentaire, fiction, 50’00
Fuck l’amour, François Zabaleta (France, 2015), Fiction, 05’40
Le Gouffre, Vincent Le Port (France, 2015), Fiction, 52’12
L’ Ile jaune, Paul Guilhaume, Léa Mysius (France, 2015), Fiction, 30’00
Isabella Morra, Isabel Pagliai (France, 2015), Documentaire expérimental, 22’15
Jason Krist, Matthieu Vigneau (France, 2015), Fiction, 14’34
Jay parmi les hommes, Zeno Graton (France, Belgique, 2015), Fiction, 28’27
Je ne suis pas un cygne, Armand Lameloise (France, 2015), Fiction, 16’47
Journal afghan, Cédric Dupire (France, 2015), Documentaire expérimental, 24’00
Jukai, Gabrielle Lissot (France, 2015), Animation, 09’20
Livreur, Vladilen Vierny (France, Belgique, 2015), Fiction, 11’00
Maître-Chien, Jean-Alain Laban (France, 2015), Fiction, 31’56
Maman(s), Maïmouna Doucouré (France, 2015), Fiction, 21’00
L’ Ours noir, Méryl Fortunat Rossi, Xavier Seron (France, Belgique, 2015), Fiction, 15’20
Peripheria, David Coquard-Dassault (France, 2015), Animation,12’00
Première séance, Jonathan Borgel (France, 2015), Fiction, 10’00
Le Printemps, Clélia Schaeffer (France, 2015), Fiction, 18’31
Punk à chien, Rémi Mazet (France, 2015), Fiction, 34’00
Reisende auf einem Bein, Alexandru Petru Badelita (France, Roumanie, 2015), Expérimental, fiction, 50’00
Le Repas dominical, Céline Devaux (France, 2015), Animation, 13’47
Réplique, Antoine Giorgini (France, Belgique, 2015), Fiction, 18’48
Réveiller les morts, Morgan Simon (France, 2015), Fiction, 11’11
Rhapsody, Constance Meyer (France, 2015), Fiction, 15’29
Les Rosiers grimpants, Lucie Prost, Julien Marsa (France, 2016); Fiction, 30’50
Sabine, Sylvain Robineau (France, 2016), Fiction, 14’00
Samedi, Hannibal Mahé (France, 2015), Fiction, 15’18
Samsung Galaxy, Romain Champalaune (France, 2015), Documentaire expérimental, 06’44
Tombés du nid, Loïc Espuche, (France, 2015), Animation, 04’19
Tout, tout a continué, Emmanuel Parraud (France, 2015), Fiction, 38’00
Tranche de campagne, Hannah Letaïf (France, Belgique, 2015), Animation, 07’00
Uncanny Valley, Paul Wenninger (France, Autriche, 2015), Animation, 13’30
Une sur trois, Cecilia de Arce (France, 2015), Fiction, 19’03
Victor ou la piété, Mathias Gokalp (France, 2015), Fiction, 16’00
La Voie rouge, Frédéric Ramade (France, 2015), Documentaire, 35’58
Wake Man, Tornike Bziava (France, Géorgie, 2015), Fiction, 29’27
Wellington Jr., Cécile Paysant (France, 2015), Animation, 12’15
Yaadikoone, Marc Picavez (France, 2015), Fiction, 22’00
Yùl et le serpent, Gabriel Harel (France, 2015), Animation/fiction, 13’11

Compétition internationale (79 films, 52 pays, 14 programmes)

Découvrez quatorze programmes de courts métrages en provenance des quatre coins du monde et signés par les meilleurs réalisateurs du moment. La 28e compétition internationale comprend soixante-dix-neuf films, de soixante-deux nationalités différentes, qui témoignent de la grande richesse et de l’incroyable créativité du format court de Madagascar à Taïwan, en passant par la Nouvelle Zélande et la Bolivie : surprises, perles rares et nouveautés de la scène internationale seront au rendez-vous.
Cette année encore, les thématiques sociales sont à l’honneur – familles en rupture, jeunes en mal d’avenir, galères au quotidien, immigration bien sûr, mais la vie moderne réserve aussi bien des peines que des joies… Comédies, regards espiègles sur la société, projets expérimentaux qui bousculent notre façon de voir les choses figurent également au programme. Autant de bons moments porteurs de cet espoir qui fait tourner le monde.

Jury: Arta DOBROSHI, actrice, productrice (Kosovo), JH Engström, photographe (Suède), Paz Fabrega, réalisatrice, scénariste, productrice (Costa Rica), Riccardo Guasco, peintre, illustrateur (Italie), Patrick Wang, réalisateur, acteur, scénariste, producteur, écrivain (États-Unis).

1992, Anthony Doncque (France, 2015), Fiction, 25’00
2037, Enric Pardo (Espagne, 2015), Fiction, 12’00
9 Days – From my Window in Aleppo, Floor van der Meulen, Thomas Vroege, Thomas Vroege (Pays-Bas, Syrie, 2015), Documentaire, 12’50
Accidents, Blunders and Calamities, James Cunningham (Nouvelle-Zélande, 2015), Animation, fiction, 05’10
El Adiós, Clara Roquet (Espagne, Etats-Unis, 2015), Fiction, 14’55
Ainda sangro por dentro, Carlos Segundo (Brésil, 2016), Fiction, 24’00
Alb, Paul Cioran (Roumanie, 2015), Fiction, 19’43
Amal, Aïda Senna (Maroc, 2015), Fiction, 15’00
Amazonas, Carlos Piñeiro (Bolivie, 2015), Fiction, 14’06
Anay ny lalana, Nantenaina Fifaliana (Madagascar, 2015), Documentaire, 11’23
Auto Copa Park, João Atala (Brésil, 2015), Fiction, 24’00
Babor Casanova, Karim Sayad (Algérie, Suisse, 2015), Documentaire, 35’00
Die Badewanne, Tim Ellrich (Autriche, Allemagne, 2015), Fiction, 12’58
Blast Beat, Esteban Arango Manchola (Etats-Unis, 2015), Fiction, 16’20
Boiler, Young-A Lee (Corée du Sud, 2015), Fiction, 11’54
Bow Wow Bow, Ayako Fujitani (Corée du Sud, Etats-Unis, 2015), Fiction, 14’52
Cham, Yotam Guendelman (Israel, 2015), Fiction, 29’00
Change in the Weather, Muiris Crowley (Irlande, 2015), Fiction, 17’04
Cokolwiek się zdarzy, kocham cię, Justyna Mytnik (Pologne, 2015), Fiction,13’45
Las Cosas simples, Alvaro Anguita (Chili, 2015), Fiction, 26’00
Courber l’échine, Kadija Ben-Fradj (Suisse, 2015), Fiction, 15’00
dark_net, Tom Marshall (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Fiction, 12’31
Den Tha Gerasoume Pote, Spiros Charalambous (Grèce, 2014), Fiction, 21’26
Dernière Porte au Sud, Sacha Feiner (Belgique, France, 2015), Animation, 14’20
Dokument, Marcin Podolec (Pologne, 2015), Animation, 07’00
Edmond, Nina Gantz (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Animation, 09’25
Entre la tierra, Sofia Quirós Ubeda (Argentine, Costa Rica, Chili, 2015), Fiction, 24’57
Ernie Biscuit, Adam Elliot (Australie, 2015), Animation, 20’00
Fata Morgana, Amelie Wen (Etats-Unis, Chine, 2015), Fiction, 20’0
Ferris Wheeln, Phuttiphong Aroonpheng (Thailande, 2015), Expérimental, fiction, 24’30
Freeze, Nelicia Low (Singapour, Taiwan, 2015), Fiction, 15’00
Fuel To Fire, Sam McMullen (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Fiction, 26’05
Garasz Inventory, Alyx Ayn Arumpac (Hongrie, Philippines, 2014), Documentaire, 12’40
A Gloria de Fazer Cinema em Portugal, Manuel Mozos (Portugal, 2015), Documentaire, fiction, 16’00
O Guardador, Rodrigo Areias (Portugal, 2015), Fiction, 17’00
Har Gaf Sayfan, Sherif El Bendary (Egypte, Allemagne, 2015), Fiction, 30’33
Homebodies, Yianni Warnock (Australie, 2015), Fiction, 14’33
Huaso Chileno, Diego Acosta (Chili, 2015), Documentaire, 18’00
El Hueco, Germán Tejada, Daniel Martin Rodriguez (Pérou, 2015), Fiction, 14’00
Ihr Sohn, Katharina Woll (Allemagne, 2015), Fiction, 23’00
In the Distance, Florian Grolig (Allemagne, 2015), Animation, 07’30
La indiferencia del viento, Ruben Guzman (Argentine, 2015), Documentaire, 17’41
Isand, Riho Unt (Estonie, 2015), Animation, 18’00
Just Another Day In Egypt, Nikola Ilic, Corina Schwingruber Ilic (Suisse, Serbie, 2015), Documentaire, 10’50
Kasco, Mojtaba Ghasemi (Iran, 2015), Fiction, 25’00
Keep Going, Geon Kim (Corée du Sud, 2015), Fiction, 19’48
The Lasting Persimmon, Kei Chikaura (Japon; 2015), Documentaire/fiction, 15’00
The Light Side, Khayyam Abdoullayev, Elmaddin Aliyev (Azerbaidjan, 2015), Fiction, 07’30
Lost Village, George Todria (Espagne, Géorgie, 2015), Fiction, 15’33
Madam Black, Ivan Barge (Nouvelle-Zélande, 2015), Fiction, 11’19
The Manliest Man, Anuj Gulati (Inde, 2015), Fiction, 24’00
Manoman, Simon Cartwright (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Animation, 10’40
Midland, Oliver Bernsen (Etats-Unis, 2015), Fiction, 27’21
Mil capas, Tess Anastasia Fernández Massieu (Mexique, 2015), Fiction, 20’00
Nia’s Do, Kek Huat Lau (Taiwan, 2015), Fiction, 26’00
No One Gets Out Of Here Alive, Ramzi Bashour (Liban, 2015), Fiction, 11’15
Le Nom que tu portes, Hervé Demers (Canada, Québec, 2015) Fiction,14’50
Odnajdi v SSSR, Mikhail Zheleznikov (Russie, 2015), Expérimental/fiction, 05’56
Panorama, Virginia Urreiztieta (Vénézuela; 2015), Fiction, 20’00
Piknik, Jure Pavlovic (Croatie, 2015), Fiction, 13’00
Polski, Rubén Rojas Cuauhtemoc (Cuba, 2015), Fiction, 21’35
Raisa, Pavel Cuzuioc (Moldavie, Autriche, 2015), Fiction, 15’00
Red-end and the Factory Plant, Bethany De Forest, Robin Noorda (Pays-Bas, Belgique, 2015), Animation, 15’35
Le Repas dominical, Céline Devaux (France, 2015), Animation, 13’47
Ri Guang Zhi Xia, Yang Qiu (Australie, Chine, 2015), Fiction, 18’55
Riders, Jesper Vidkjær Rasmussen (Danemark, 2015), Fiction, 28’45
Seide, Elnura Osmonalieva (Kirghizstan, 2015), Fiction, 13’40
Şeva Dirêj, Kamiran Betasi (Irak, Emirats Arabes Unis, 2014), Fiction, 14’00
Sexy Laundry, Izabela Plucinska (Allemagne, Canada, Pologne, 2015), Animation, 12’00
Son in the Barbershop, Nathan Douglas (Canada, 2015), Fiction, 07’21
Stoerre Vaerie (Norra Storfjället), Amanda Kernell (Suède, 2015), Fiction, 15’00
Subotika – Land of Wonders (Peter Volkart, Suisse, 2015), Documentaire, fiction, 13’30
Syn, Philip Sotnychenko (Ukraine, 2015), Fiction, 16’00
Takk for turen, Henrik Martin K. Dahlsbakken (Norvège, 2016), Fiction, 18’55
Talvisydän, Jussi Hiltunen (Finlande, 2015), Fiction, 18’00
Touch, A. Stephen Lee (Etats-Unis, 2015), Fiction, 10’40
Uzak mı…, Leyla Toprak (Turquie, 2015, Documentaire, expérimental, 16’12
Venerdi, Tonino Zangardi (Italie, 2015), Fiction, 15’00
Vozvrashenie Erkina, Maria Guskova (Russie, Kirghizstan, 2015), Fiction, 28’08
Zakat, Andrei Annenski (Russie, Roumanie; 2015), Fiction, 37’00

Compétition labo (30 films, 21, pays, 5 programmes)

Trente films au programme pour cette quinzième édition de la compétition Labo du festival du court métrage de Clermont-Ferrand, pour découvrir des œuvres détonantes, littéralement hors du ton. Pas de risque de s’ennuyer! De manière classique la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis se taillent la part du lion avec pas moins de la moitié de cette sélection ; l’Australie, le Vietnam, l’Inde, la Nouvelle-Zélande, l’Autriche ou encore le Lesotho complètent une palette très haute en couleurs : du suicide assisté par manège grand-huit en passant par les déambulations d’une fanfare vietnamienne déchaînée, la répétition de nouveaux numéros de strip-teaseuses philippines au moment de la venue du pape, la dramatique montée des eaux en Corée du Nord ou encore la prise d’assaut du Brooklyn Bridge par des artistes casse-cou, difficile de ne pas se laisser entraîner dans ce tourbillon imaginatif!
On y verra notamment les derniers travaux de Peter Tscherkassky (The Exquisite Corpus, qui a été présenté à la dernière Quinzaine des réalisateurs) et Christophe Girardet, ainsi que, côté français, The Reflection of Power de Mihail Grécu et Ghost Cell d’Antoine Delacharlery, produit par Autour de minuit.

Jury: Cascadeur (de son vrai nom Alexandre Longo), auteur, compositeur, interprète (France), Eilleen Hofer, réalisatrice, journaliste, photographe (Suisse), Kleber Mendonça Filho, réalisateur, monteur son, producteur (Brésil).

A Coat Made Dark, Jack O’Shea (Irlande, 2015), Animation, 09’56
A Smile in the Back of My Head, John Angus Stewart (Australie, 2015), Expérimental, fiction, 10’17
Ardeidae, Daniele Tucci, Chiara Faggionato, Corrado Chiatti (Italie, 2014), Fiction, 13’19
The Atom Station, Nick Jordan (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Documentaire expérimental, 13’20
Behemoth – or the Game of God, Lemohang Jeremiah Mosese (Lesotho, Allemagne, 2015) Expérimental, fiction, 12’37
Camrex, Mark Chapman (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Documentaire expérimental, 13’05
The Couple, David White (Nouvelle-Zélande, 2015), Fiction, 07’43
Deer Flower, Kangmin Kim (Etats-Unis, Corée du Sud, 2015), Animation, expérimental, 07’33
Eden’s Edge (Three Shorts on the Californian Desert), Gerhard Treml, Leo Calice, Autriche, 2014), Animation, documentaire, 19’00
The Exquisite Corpus, Peter Tscherkassky (Autriche, 2015), Expérimental, 19’00
La Fin d’Homère, Zahra Vargas (Suisse, 2015), Documentaire, fiction, 22’40
Freedom & Independence, Bjørn Melhus (Allemagne, 2014), Expérimental, fiction, 15’01
Ganjouriho, Mathias Minne (France, 2015), Fiction, 18’40
Gelem, Alon Sahar (Israel, 2014), Fiction, 12’30
Ghost Cell, Antoine Delacharler (France, 2015), Animation, 06’00
Greener Grass, Paul Briganti (Etats-Unis, 2015), Fiction, 14’57
H Positive, Glenn Paton (Royaume-Uni, Angleterre, 2015), Fiction, 07’42
Hotaru, William Laboury (France, 2015), Expérimental, fiction, 21’37
In Between Identities, Aleksandar Radan (Allemagne, 2015), Expérimental, 08’50
Junilyn Has, Carlo Francisco Manatad, Philippines (2015, Fiction), 15’00
Kamakshi, Satindar Singh Bedi (Inde, 2015), Expérimental, fiction, 24’40
The Living Need Light The Dead Need Music, Matt Lucero, Tuan Andrew Nguyen, Phunam Ha (Vietnam, 2015), Documentaire, fiction, 21’15
Le Park, Randa Maroufi (France, 2015), Expérimental, fiction, 14’00
The Pride of Strathmoor, Einar Baldvin (Etats-Unis, Islande, 2015), Animation, 08’30
The Reflection of Power, Mihai Grecu (France, 2015), Documentaire, expérimental, 09’00
Sugar Lump, Ryo Okawara (Japon, 2015), Animation, 13’55
Symbolic Threats, Matthias Wermke, Mischa Leinkauf, Lutz Henke (Allemagne, 2015), Documentaire, 15’00
Synthesis, Christoph Girardet (Allemagne, 2015), Expérimental, 07’10
Teeth, Daniel Gray, Tom Brown (Royaume-Uni, Pays de Galles, Hongrie, Etats-Unis, 2015), Animation, 06’00
Voor Film, Douwe Dijkstra (Pays-Bas, 2015), Documentaire, expérimental, 11’37

Clermont-Ferrand 2016, c’est aussi:

– À ceux qui ont la tête dans les étoiles et rêvent d’évasion : levez le pied et laissez votre curiosité mordiller vos sens ! Les rétrospectives autour de la Suède et de l’espace sont faites pour vous. Après les Etats-Unis en 2014 et la Chine en 2015, l’étendue de la diversité créative suédoise s’offrira à nous à travers six programmes de films la plupart du temps inédits (31 films au total). Une exploration de la diversité du court métrage suédois qui fête également le centenaire de son cinéma d’animation. Par ailleurs, avant d ’aller sur mars, cette nouvelle édition vous invitera à embarquer pour une rétrospective du 3e type « Star Systems » (19 films au programme): l’espace et la science-fiction s’invitent sous toutes leurs formes à travers 3 programmes vers l’infini… et au-delà ! En partenariat avec Sauve qui peut, le Court-Métrage et le concours de Plein Champ (Association des cinémas en Auvergne), venez à la découverte d’une sélection de films primés ou repérés au Festival 2016. A l’image de la production mondiale, cette sélection mettra en lumière la diversité de genres à travers des courts-métrages vivants et imaginatifs. La Fémis, prestigieuse école publique de cinéma, fêtera ses 30 ans à Clermont avec trois programmes de courts, des films de fin d’études et des films du département montage de l’école, jamais diffusés.

– Comme chaque année Regards d’Afrique et séances scolaires. Des expositions et des débats avec les professionnels, un regards sur la guerre d’Indochine, le programme Décibels pour découvrir des créations musicales électriques et surprenantes,  les Brèves digitales, une sélection projetée en ligne ! Visionnez et votez pour votre film préféré; une carte blanche Takami Productions (films choisis par le producteur lauréat du prix Procirep 2015)…  Quant aux jeunes et moins jeunes qui souhaitent sauter à pieds joints dans la programmation, prenez votre maillot et une grande inspiration : le ciné-piscine revient, ainsi que les séance 3D et Audiodescription.

Vous l’aurez compris, pas de place pour l’ennui !…

Alors ouvrez vos mirettes, le spectacle va bientôt commencer!

Pour de plus amples informations : http://www.clermont-filmfest.com/

Voici la bande annonce officielle, dynamique, éclectique, et intrigante qui vous donnera un aperçu de ce tourbillon cinématographique, qui aura lieu du 5 au 13 février 2016 au festival du court métrage de Clermont-Ferrand (Montage : David Chambriard (Atalante Productions), Musique : Arnaud Dumatin & Emmanuel Mario (Institut)).

[1] Né à Strasbourg en 1967, Christian Hincker, dit Blutch, est connu pour ses dessins qui ornent les colonnes de Libération, du New-Yorker et des Inrockuptibles, mais il se veut surtout chroniqueur graphique de la vie quotidienne et de ses turpitudes. Il démarre sa carrière à travers la bande-dessinée en publiant dans Fluide Glacial à partir de 1990. Cette collaboration donnera lieu à la sortie de 3 albums : Waldo’s Bar (Audie, 1992), Mademoiselle Sunnymoon et Blotch. Suivront ensuite Peplum, une tragédie homosexuelle qui marque un tournant dans son œuvre, Blutch n’hésitant désormais plus à aborder des thèmes dérangeants. Son style particulier, traité dans un vigoureux noir est blanc, reste très reconnaissable. Blutch, un illustrateur made in France, acteur et cinéphile qui offre à la 38ème édition du festival une affiche, un repère, son point de départ.

Pauline s’arrache, un film d’Emilie Brisavoine: Critique

A la fin du film d’Emilie Brisavoine, voire à la fin de son générique, les spectateurs sont restés dans la salle, recroquevillés au fond de leur siège, comme sonnés par ce qu’ils venaient de voir…Pauline s’arrache est un documentaire très intime qui se passe dans une famille atypique et conflictuelle.

Synopsis: Pauline, 15 ans, est la seule de la fratrie à vivre encore avec ses parents. Entre sa mère, une ancienne reine de la nuit, et son père qui se travestit, son quotidien est explosif. Pauline est filmée pendant deux ans par sa demi-soeur Emilie, qui mélange des archives familiales et des images prises sur le vif… On y découvre une jeune fille pleine de vie, parfois agaçante mais au charme désopilant, très amoureuse d’un musicien. Pendant les deux années où la caméra la suit se joue une question fondamentale : quand et comment devient-on adulte ? Quel est le bon moment pour quitter le giron familial, pour «s’arracher»…

Pauline à la plage

Frédéric est le père gay aimant beaucoup se travestir, à ses heures très violent verbalement, constamment dans les excès à la mesure de son traumatisme d’enfance ; Meaud est la mère néo-baba, ancienne gloire de la nuit, vieillissante et dépressive, elle non plus pas avare de cris en tous genres, elle aussi charriant son lot personnel de perfidies de la part des adultes de sa propre enfance. Ce couple tumultueux, présenté par Emilie Brisavoine comme le roi et la reine d’un château de conte de fées, a donné vie à trois enfants dont les deux aînés Anaïs et Guillaume ont réussi à s’extirper de ce milieu très perturbant en allant vivre qui chez une grand-mère, qui chez une marraine, et dont la petite dernière Pauline, vit encore avec eux. Par moments, on serait tenté de dire survivre plutôt que vivre, tant l’existence de Pauline est chaotique et difficile sur la période du documentaire.

Derrière la caméra, une caméra rudimentaire allant de l’iPhone au simple caméscope DV, œuvre Emilie, la grande demi-sœur issue du premier mariage de la mère. Il est évident que la jeune réalisatrice pose un acte cathartique au travers de Pauline s’arrache qui implique sa propre famille, elle arrive non seulement à se mettre à distance de cette histoire que l’on devine difficile si ce n’est douloureuse, mais également à mettre les protagonistes eux-mêmes à distance de la caméra, à distance de leur propre outrance (« je ne peux pas dire librement baiser, baiser devant ta camera, dit la mère, un peu mal à l’aise, et de fait avec le regard vaguement fuyant »).

Seule Pauline est constamment en osmose avec la caméra, et le film Pauline s’arrache prend véritablement l’allure d’un journal filmé. Les moments où l’héroïne prend la caméra à partie ne sont pas rares ; elle est comme l’exutoire d’un quotidien qui lui est trop lourd à porter. Pauline a entre un peu moins de 15 ans et un peu plus de 17 ans lorsqu’ Emilie Brisavoine la suit dans ses pérégrinations adolescentes : ses disputes fraternelles, ses embrouilles filiales, ses amours torturés, ses doutes et sa lassitude. Mais à ce stade, Pauline ne s’arrache pas, au contraire elle reste bien ancrée dans sa famille, tétanisée par la peur pense-t-elle dans un premier temps, expérimentant bientôt des épiphanies plus ou moins fondées sur les raisons de son immobilisme et de son attachement à ces parents qui ne la rendent pas toujours heureuse. «Je viens de comprendre un de ces trucs, c’est comme si mon cerveau avait chié ! » dit-elle à la caméra dans un large sourire de soulagement. Pauline est extrêmement émouvante dans son mélange explosif de révolte et de résignation, et malgré une image pas toujours belle à voir, pixellisée et sombre, saccadée et imprécise, la réalisatrice et sa monteuse Karen Benainous parviennent à nous toucher profondément, plus profondément peut-être que ce qu’on aurait pu imaginer…

Mais Pauline s’arrache n’est pas un dépliant sur les traumas familiaux, et le but n’est pas de soutirer les larmes du spectateur. Emilie Brisavoine entremêle ses propres images avec des archives familiales, du temps de l’enfance, du temps de l’innocence, comme par exemple ce petit film avec Pauline et ses frère et sœur, intitulé « Pauline, 1990, à la plage » par son grand-père, un titre énoncé d’une voix laconique et dont on ne sait s’il est accidentel ou volontaire…C’est ce mélange entre un présent tourmenté et cette innocence passée, cette absence totale de conscience des choses suivie d’un réveil douloureux qui nous rendent empathiques de Pauline, agaçante dans sa mue, voire insupportable par moments, il faut bien le dire, mais fragile et perdue parmi sa parentèle aussi aimante que compliquée….

Il n’y a pas si longtemps, le canadien Jonathan Caouette a réalisé ce même type de documentaire familial très intime avec Tarnation en 2003, et Walk away Renée en 2011, deux films très forts et marquants qui pourraient faire figure de grands frères au film d’Emilie Brisavoine : les mêmes méthodes de tournage et de montage, la même famille déjantée, le même sous-texte queer (Pauline s’arrache a été nominé au Queer Palm de 2015, prix finalement reçu par Carol de Todd Haynes). Une telle affiliation est tout à l’honneur de la plus jeune réalisatrice, et si le moteur de la jeune femme est le travail sur la porosité entre l’inconscient et le réel, Caouette avoue également s’être inspiré du Twilight Zone de David Lynch. Mais surtout tous ces films ont en commun d’être une véritable déclaration d’amour des réalisateurs à leur famille, et c’est sans doute ce qui séduit dans Pauline s’arrache, cette bienveillance et cette tendresse qui imprègnent sa caméra de bout en bout.

Pauline s’arrache – Bande annonce

 Fiche technique : Pauline s’arrache

Date de sortie : 23 Décembre 2015
Réalisateur : Emilie Brisavoine
Nationalité : France
Genre : Documentaire
Année : 2015
Durée : 88 min.
Scénario : Emilie Brisavoine
Interprétation : Pauline Lloret-Besson, Meaud Besson, Frédéric Lloret, Anaïs Lloret-Besson, Emilie Brisavoine…
Musique : –
Photographie : Emilie Brisavoine
Montage : Karen Benainous
Producteurs : Nicolas Anthomé
Maisons de production : Bathysphère Production
Distribution (France) : Jour2fête
Récompenses : Sélectionné à l’ACID au Festival de Cannes 2015
Budget : –

Occupied Saison 1: critique série

Juste avant Noël et sa sur-consommation dans la chaleur des foyers, les derniers épisodes de la saison 1 d’Occupied ont été dévoilés sur Arte. La série norvégienne imaginée par l’écrivain Jo Nesbo est un thriller politique prenant mêlant, comme nombre de séries venues du Nord, intime et préoccupations mondiales.

Synopsis : Dans un futur proche, la Russie occupe la Norvège avec l’assentiment de l’Union européenne pour s’approprier son pétrole. Sans chars ni bruits de bottes, la Russie étend son emprise, mettant désormais politiques et citoyens norvégiens face à un dilemme : résister ou collaborer ? 

Cauchemar politique et intime en Norvège

La question que posent les auteurs de la série est d’ailleurs toute simple : qu’est-ce que résister et comment s’y prendre ? Aucun personnage n’a la même réponse toute faîte car chacun évolue et est confronté à ses propres dilemmes. L’intrigue politique prend de plus en plus d’importance donnant au final de cette première saison, une tournure inattendue, mais vraiment passionnante pour la suite. On attend alors que la Norvège se réveille face à son envahisseur, la puissante et froide Russie, dont les positions vacillent à chaque nouveau petit caillou dans l’engrenage des négociations qui se voudraient pacifistes.

Chaque épisode de la série correspond à un mois de l’année (d’avril à décembre) ce qui permet de donner du rythme à Occupied, qui fonctionne par ellipses. Autant le temps politique est lent, c’est celui des négociations, autant celui de l’intime est ici parachuté dans l’urgence. D’un épisode à l’autre les cartes sont redistribuées. Les personnages représentent chacun un visage de la société norvégienne que veut montrer la série, sans oublier les pions plus importants sur l’échiquier : Premier Ministre, journaliste etc. Si la toile de fond, portée par un envoûtant générique, est écologique (les centrales au thorium, les catastrophes climatiques qui nous guettent), l’intrigue est, quant à elle, entièrement politique. C’est surtout une question de choix à l’heure où l’occupation est presque muette, invisible (elle ne change pas concrètement la vie quotidienne et ordinaire des Norvégiens) alors qu’elle résonnait dans les rues autrefois au son des bottes de l’ennemi et des privations pour la population. Quelques facilités auraient pu être évitées, comme la maladie déclarée d’une des membres du gouvernement qui rejoint la résistance presque par dépit. Un certain sens du spectacle aussi dans les salles de conférences de nos hommes politiques (on sent que c’est « joué »). Mais la trajectoire de chacun des autres personnages est si riche que l’on pardonne facilement ces quelques faiblesses. D’autant que le scénario est haletant, que les rebondissements ne manquent pas, sans que la série oublie de prendre son temps. Un régal qui nous tient en haleine. On s’y remet en question, on angoisse avant l’arrivée du mois suivant, annonciateur d’un chaos invisible qu’il soit écologique – la fin annoncée d’une planète sur-consommée – politique – tout se joue à « huis clos » – ou intime, la fin d’une famille, la naissance d’une autre et tout cela sans savoir ce que demain nous réserve.

Côté casting, c’est un sans faute, même du côté des plus jeunes comme de ceux plus engagés dont les discours pourraient frôler la caricature. On retrouve également une partition musicale impeccable, notamment dans le générique. La ville où se déroule la série est à l’image de celle des Revenants (la petite française de Canal+) : envoûtante et dangereuse , recelant autant de violence que d’amour, le tout bousculé par l’arrivée de quelques remous sensibles (que ce soit des morts qui reprennent vie, ou des ennemis « infiltrés » dans la population locale) qui viennent changer un décor familier de quelques menus détails qui font toute la différence. La preuve : ce futur imaginé ressemble au nôtre, pourrait être le nôtre (n’oublions pas la présence de la Russie en Ukraine). On voudrait croire que c’est entièrement une histoire d’anticipation, pourtant on ne peut s’empêcher d’y voir-là notre histoire qui se répète ou qui continue dans le mauvais sens… Une formidable réussite diffusée, encore une fois, sur Arte.

Bande annonce Occupied S1

Fiche tehnique – Occupied S1

Titre original : Okkupert
Nationalité : Norvège
Réalisation : Erik Skjoldbjærg
Scénario : Jo Nesbø, Karianne Lund, Erik Skjoldbjærg, Erik Richter Strand
Interprétation :  Henrik Mestad (le Premier ministre Jesper Berg), Eldar Skar (Hans Martin Djupvik), Vegar Hoel (Thomas Eriksen), Lisa Loven (Astrid Berg), Ane Dahl Torp (Bente Norum), Hippolyte Girardot (le commissaire français), Ingeborga Dapkunaite (Irina Sidorova), Ragnhild Gudbrandsen (Wenche Arnesen), Selome Emnetu (Hilde)
Musique : Nicholas Sillitoe
Photographie : John Andreas Andersen
Décors : Nina Bjerch Andresen
Montage : Sverrir Kristjánsson
Production : Yellow Bird, TV 2 Norway, ARTE F, SVT, GETEVE, Hummelfilm
Durée : 10 épisodes de 45 minutes

La Montagne magique, un film d’Anca Damian: Critique

Adam Jacek Winkler est un personnage dont on comprend aisément l’attrait pour un cinéaste. Il se voulait héros, cherchant à donner un sens à sa vie en s’inscrivant dans l’Histoire. La réalisatrice Anca Damian inscrit son film la Montagne magique au sein d’une trilogie dédiée à l’héroïsme entamée en 2012 avec Le Voyage de monsieur Crulic.

Synopsis : La biographie d’Adam Jacek Winker, traverse près d’un demi-siècle d’histoire. Polonais réfugié à Paris dans les années 60, sa vie aventureuse prend un tournant radical dans les années 80. Se rêvant chevalier du 20ème siècle, Jacek quitte la France pour combattre les soviétiques aux côtés du commandant Massoud en Afghanistan.

Une vie à chercher le héros

« Crulic (le héros de Le Voyage de M. Crulic) était un quidam, un inconnu devenu célèbre à travers sa mort. Un personnage kafkaïen broyé par la société, qui ne trouva que la mort pour prouver sa vérité. Winkler est au contraire un héros romantique, un de ces chevaliers dont les origines proviennent des racines profondes de l’histoire de l’humanité. Sa vie prend sens dans une lutte contre le mal qui doit être menée jusqu’à la mort. » Entretien avec la réalisatrice (dossier de presse du distributeur)

 

Le film s’intéresse à ce personnage et à son histoire méconnue, celle d’un homme qui voulait mourir au combat, faire quelque chose de sa vie. Il est donc parti en guerre contre le communisme invasif des années 80 qu’il va combattre aux côtés des Afghans. Sans adhérer à une frange politique particulière, c’est uniquement de sa destinée en tant qu’individu qu’il est question dans ce film. La Montagne magique, c’est donc le biopic de ce personnage, on suit la trajectoire sinueuse de sa vie, sans manichéisme mais avec une certaine bienveillance dans le regard. Cela se traduit dans les choix esthétiques singuliers et originaux de la réalisatrice.

La Montagne magique est un film singulier qui flirte avec les genres canoniques et démontre la caducité d’une partition du cinéma en fiction, documentaire et animation. Une œuvre de cinéma transcende son sujet, peu importe les codes qu’elle emprunte, et ce sont d’ailleurs bien souvent les films qui se moquent des étiquettes. Avant Anca Damian, d’autres cinéastes ont choisi l’animation dans des films qui surprirent un public occidental trop habitué à considérer encore l’animation comme un sous-produit de cinéma destiné aux enfants et qui serait donc bêtifiant. On l’a vu avec Persepolis de Marjane Satrapi (2007) ou encore Valse avec Bachir (2008) de Ari Folman. Dans un cas, il s’agit de raconter une histoire familiale qui prend une tonalité universelle par la magie de ce dessin en noir et blanc; pour le film de Folman, l’animation est une manière de retranscrire les images mentales dans tout ce qu’elles ont d’inquiétant et d’instable. Le film d’animation, en recréant de toutes pièces un univers peut se jouer des stéréotypes et proposer une vision plus libre et fantasmée que ne peut le permettre la prise de vue réelle. La Montagne magique participe de cette animation qui s’affranchit du réalisme, du mouvement fluide et de la texture toujours plus proche du réel. Le film s’appuie sur un matériau divers et très riche puisé dans les archives de la famille d’Adam Winkler. On y trouve des photographies et des dessins fait par Winkler lui même. Anca Damian s’inspire des dessins de Winkler pour créer l’univers graphique de son film, et elle inclut au milieu de ces images oniriques des photographies qui par contraste contextualisent fortement l’histoire.

« L’objectif de ce mélange est à la fois de créer une surréalité crédible, et de toucher l’universalité à travers des archétypes préexistant dans l’art. » Entretien avec la réalisatrice(dossier de presse du distributeur)

Ainsi, l’image rotoscopée d’Adam Jacek Winkler évolue au milieu de paysages rappelant les peintures des nabis ou les fantaisies de Chagall. Le film est magnifique mais va au-delà du beau livre d’images en présentant une réalité loin d’être en noir et blanc en gardant tout ce qui fait la complexité du personnage: idéaliste, égoïste, naïf et passionné.

La Montagne magique – Bande annonce

La Montagne magique: Fiche technique

Roumanie, Pologne, France
Durée : 89 minutes
Genre : Biopic onirique & utopie animée
Réalisé par : Anca Damian
Scénario : Anca Damian et Anna Winkler
Distribution (voix) : Christophe Miossec (Adam Jacek Winkler), Lizzie Brochère (Anna Winkler)
Directeur artistique : Theodore Ushev
Animation : Sergiu Negulici, Raluca Popa, Dan Panaitescu, Tomek Ducki
Musique : Alexander Balanescu
Son : Frédéric Théry, Sebastian Wlodarczyk
Produit par : Anca Damian (Aparte Film), Joanna Ronikier & Włodzimierz, Matuszewski (Filmograf), Guillaume de Seille & Bénédicte Thomas (Arizona Productions)
Distribué par : Arizona Films
Date de sortie : 23 décembre 2015

Mindhunter : la série Thriller de David Fincher & Charlize Theron

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Mindhunter, le nouveau projet Netflix réunit Fincher et Theron autour d’esprits criminels :

Après House of Cards, David Fincher se retrouve producteur exécutif sur la prochaine série de Netflix en compagnie de Charlize Theron. La série thriller Mindhunter est basée sur le Best seller Mind Hunter : Inside the FBI’s Elite Serial Crime Unit écrit par les anciens agents spéciaux John Douglas et Mark Olshaker. Des années durant, Douglas a poursuivi quelques uns des violeurs et des tueurs en série les plus célèbres de l’histoire tout en développant des techniques de profilage pour les attraper. Il est d’ailleurs connu pour bien d’autres œuvres sur les criminels en série telles que Prédateurs et Victimes ou Inside the mind of BTK. Le livre nous entraîne dans les coulisses de certains des cas les plus médiatisés. On y croise entre autres Robert Hansen qui s’amusait à chasser des prostituées dans une forêt en Alaska, Waynes Williams, le meurtrier des enfants d’Atlanta, et Gary Ridgway, le tueur de la Green River. Pour parfaire ses méthodes de profilage John Douglas a interviewé et étudié un grand nombre de tueurs en série. Plusieurs personnages de cinéma et de télévision se sont ainsi inspirés de lui notamment Jack Crawford dans Le Silence des agneaux, Will Graham de Hannibal et Jason Gideon d’Esprits Criminels.

Mindhunter sera réalisée par David Fincher qui s’est déjà intéressé à l’esprit calculateur et torturé des serial killers dans deux de ses films : Se7en et surtout Zodiac, basé sur l’histoire du tueur du Zodiaque. Le scénario du pilote est l’oeuvre de Scott Buck, grand habitué des meurtres en série à travers le personnage de Dexter. Mais c’est Joe Penhall, scénariste de La Route, qui écrira les prochains épisodesAvec tous ces pro à l’ouvrage, autant dire que ce projet à la sauce Esprits Criminels est entre de bonnes mains et qu’il nous garantit quelques frissons !

La série Mindhunter est en travaux depuis six ans mais elle va enfin entrer en production. Au départ, elle avait été programmée par HBO avec Fincher, Theron et Fox 21 comme producteurs exécutifs. Netflix reprend donc le flambeau de ce thriller riche en récits macabres. Charlize Theron, familière des tueurs en série via son personnage dans Monster, partagera les fonctions de producteurs exécutifs avec Fincher mais rien n’a été dit quant à son jeu d’actrice… Suspense !

Homeland Saison 5: Critique Série

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Après une quatrième saison que la plupart des fans ont jugée illégitime au vu de la rupture radicale avec les trois précédentes, le trio de showrunners à la tête de la série (Alex Gansa, Gideon Raff et Howard Gordon) se sont retrouvés face au défi de devoir renouveler la série, en tâchant de respecter une certaine continuité scénaristique comme formelle.

Synopsis : Deux ans et demi après sa mission au Pakistan, Carrie Mathison a quitté la CIA pour s’occuper de sa fille. Elle a emménagé à Berlin où elle vit en couple avec un riche homme d’affaire local. Suite au vol de documents secrets appartenant à l’officine allemande de l’agence de renseignements américaine, Carrie va vite comprendre que sa vie est en danger et qu’un complot international est en œuvre.

Sur les traces de renouveau

Après une saison déjà délocalisée au Pakistan, on retrouve cette fois Carrie Mathison (Claire Danes) installée en Europe, avec l’intention de mettre son passé, et ses névroses, derrière elle. Les intrigues, qui vont se tisser autour de ses nouvelles mésaventures, quittent l’antagonisme entre Carrie et les islamistes qu’elle traque depuis des années pour tenter de se donner des enjeux géopolitiques plus concrets et de faire écho à l’actualité. En plus des soldats de Daesh sur le sol européen, le scandale des écoutes allemandes pour le compte de la CIA, le conflit israélo-palestinien, le pouvoir de nuisance des hackers, l’éternelle culpabilité des descendants d’officiers nazis, la guerre en Syrie ou bien encore la crise de l’immigration sont autant de sujets brûlants qui se retrouvent traités dès l’épisode pilote, au point de donner le sentiment d’avoir affaire à un gros fourre-tout dont on imagine mal comment chaque sous-intrigue pourra être exploités jusqu’au bout. Contrairement à ce qui a été annoncé cependant, le drame de Charlie Hebdo n’est en aucun cas évoqué en dehors d’un hommage aux victimes en ouverture de l’un des douze épisodes.

Tandis que les trois premières saisons misaient principalement sur l’ambiguïté psychologique de ses personnages pour faire naître un sentiment de paranoïa omniprésent, le changement de ton imposé par le twist final de la saison 3 a poussé les scénaristes à compenser ce manque de profondeur en donnant plus de rythme aux nouvelles saisons. Le suspense qui identifiait les premières saisons a ainsi donné place à une mise en scène beaucoup plus énergique au point d’être assimilée à celle de l’autre série d’espionnage qu’elle avait pourtant rendu ringarde : 24 heures chrono. Autant dire que le ton d’Homeland a évolué vers l’exact opposé de ce qui a fait sa gloire. Est-ce que cela va définitivement lui faire perdre son intérêt ? C’est en tout cas ce qu’ont tenté d’éviter les auteurs après une saison très décevante. C’est donc bien en jouant sur des thématiques ultra-réalistes et contemporaines ainsi sur la complexité des coulisses des agences de renseignement dans un monde instable, que la série d’espionnage va tenter de renaître de ses cendres. Mais le résultat a tellement partagé entre de courtes mais efficaces montées de tension et de longues scènes bavardes dignes d’une adaptation d’un John Le Carré, que la saison 5 ne réussit jamais a trouvé son identité propre et peine à prendre aux tripes.

Et pourtant la saison débute agréablement, grâce notamment aux envies de Carrie de nouveau départ qui lui font gagner en sympathie, ce qui lui manquait cruellement jusque-là. La voir ainsi épanouie, dans l’épisode pilote, dans son rôle de mère, et de bonne chrétienne, fait d’elle un personnage moins caricatural et plus humain que la figure classique de l’agent secret dans les fictions, à l’inverse de son ancien acolyte Peter Quinn (Rupert Friend) que l’on retrouve ici en impitoyable tueur à gages au service de l’Oncle Sam. La part passionnelle de l’intrigue, qui à toujours été un élément clef de la série pour ajouter aux troubles des personnages, concerne à présent davantage le personnage de Saul Berinson (Mandy Patinkin). L’ancien mentor de Carrie se retrouve lui-aussi –comme par hasard, et alors que la saison 4 semblait annoncer son départ à la retraite–  en mission à Berlin où il à affaire à la responsable locale avec laquelle il a une relation assez… alambiquée. Évidemment, de ce point de départ, vont débuter toute une série événements qui vont faire resurgir les fantômes du passé de notre héroïne et l’entraîner dans une spirale dont va naître le suspense et toutes les questions de choix moraux que devront se poser chaque personnage (et, espérons-le, à travers eux les spectateurs) concernant l’omniprésence de la menace terroriste.

Ce schéma scénaristique classique, mais toujours efficace, produit suffisamment de rebondissements (même si les plus gros d’entre eux restent peu surprenants) pour ne pas devenir monotone. Le scénario souffre malgré tout de la mécanique ultra-calibrée de son format qui lui impose une dynamique rendant obligatoires certaines scènes d’action ou, en guise de cliffhangers qui viendraient automatiquement clôturer chaque épisodes, des soi-disant twists qui ne se justifient pas forcément et n’apportent rien au récit global. Cette prévisibilité et cette redondance sont les principales limites de l’écriture de cette cinquième saison puisqu’elle réussit, finalement, à jongler suffisamment habilement avec toutes ses pistes pour produire une intrigue cohérente qui ne s’égare que rarement –le détour à Amsterdam et le parcours de Quinn en sont certainement les éléments les moins aboutis. Davantage que l’actualisation et la multiplication des sujets, la véritable nouveauté qui apparaît dans ces épisodes est que, contrairement aux quatre saisons précédentes, le terrorisme islamiste ne semble plus être le grand ennemi de l’Amérique. D’une manière qui semble symptomatique de l’évolution de la politique étrangère de l’ère Obama 2, Homeland ne fait plus des actions armées des djihadistes et de la montée en puissance de Daesh qu’un fond de décor, alors que la véritable menace vient de Russie. L’introduction dans la série d’agents du SVR en guise d’antagonistes est la preuve que, tel que le conçoit le public américain, une nouvelle Guerre Froide a déjà débuté.

Le problème de cette saison n’est donc aucunement son scénario qui tient la route, mais l’inégalité de son rythme. La difficulté de maintenir une tension hétérogène, non pas d’un épisode d’un épisode à l’autre, mais au cœur même de chacun d’entre eux, fait que cette cinquième saison est en demi-teinte. Ne profitant ni de moments d’intensité palpitants ni d’une intrigue assez labyrinthique pour être addictive, Homeland peine à convaincre et sa conclusion laisse supposer que ses créateurs ne sont eux-mêmes pas convaincus que la série sera renouvelée.

Homeland saison 5 – Fiche technique

Création : Alex Gansa , Gideon Raff, Howard Gordon
Réalisation : Lesli Linka Glatter, Alex Graves, Daniel Attias, John David Coles, Keith Gordon, Michael Offer, Tucker Gates
Scénario : Chip Johannessen, Patrick Harbinson, Alex Gansa, Benjamin Cavell, Ron Nyswaner, Ted Mann, Alex Gansa, Meredith Stiehm
Interprétation : Claire Danes (Carrie Mathison), Mandy Patinkin (Saul Berenson), Rupert Friend (Peter Quinn), Miranda Otto (Allison Carr), F. Murray Abraham (Dar Adal), Sebastian Koch (Otto Düring)…
Production : Howard Gordon, Alex Gansa, Gideon Raff, Damian Lewis…
Pays : Etats-Unis
Chaine de diffusion (US) : Showtime
Société de distribution (France): Canal + Série
Nombre d’épisodes: 12
Durée d’un épisode : 52 minutes environ

Star Wars « croque » le record de Jurassic World sur la scène mondiale

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Dans la soirée du dimanche 20 décembre, les premières retombées économiques de l’épisode 7 de Star Wars étaient florissantes. Si le score nord-américain est sans appel et devient instantanément le démarrage le plus prolifique jamais réalisé par un film, le résultat sur la scène internationale semblait quelque peu décevant. Néanmoins, alors que les chiffres du box office mondial nous faisait entendre l’inverse, il semblerait que Star Wars : Le Réveil de la Force est bien dépassé Jurassic World en terme de meilleur démarrage mondial de tous les temps.

La soirée d’hier sera évidemment dans les mémoires de Disney, même s’il a fallu attendre le lendemain pour confirmer ce record. En effet, les estimations portaient sur un démarrage américain à 238 millions de dollars ainsi qu’un score international élevé à 279 millions. Ainsi, avec un bilan provisoire de 517 millions, Star Wars se retrouvait déjà remboursé avec un score pharaonique, mais juste en dessous des 525 millions de Jurassic World. Mais la patience à ses raisons et ce soir, les scores définitifs sont tombés. Le space opéra augmente ainsi largement ses recettes américaines pour atteindre 248 M$ et ses chiffres internationaux pour finir à 281 M$. A nouveau bilan, nouveau record et Star Wars 7 s’envole à 529 millions pour son premier week end d’exploitation, terrassant définitivement les dinosaures de Jurassic World.

Alors, que retenir de ses chiffres si importants ? Déjà que Disney gagne son pari d’attirer les foules du monde entier. La tâche était d’autant plus ardu que le film aurait pu être de qualité moindre (fort heureusement, il n’en est rien selon le rédacteur de ces lignes) et que certains fans étaient frileux quand au rachat de la franchise par la major aux grandes oreilles. Maintenant, d’autres records sont dans la mire de Star Wars 7. Tout d’abord, le meilleur score américain de tous les temps est désormais à sa portée, les vacances de Noël devrait confirmer le carton en salle du long métrage et les recettes de la semaine devraient suivre. Il pourrait ainsi atteindre les 760 millions d’Avatar, grâce au bouche à oreille plus que favorable (seulement 1% de critiques négatives sur Twitter !).

 

Grâce à ce fantastique chiffre américain et un démarrage international sans exploitation en Chine (ce qui était le cas pour les dinos), il devrait sans trop de problème dépasser prochainement la barre symbolique des 2 milliards de dollars, voire dépasser les 2,1 d’Avatar. Le record à 2,78 milliards semble cependant trop loin mais pas inatteignable pour un film qui profitera des vacances et de la faible concurrence pour écraser le box office tel un rouleau compresseur. On vous reparlera donc sous peu de l’avancée commerciale du long métrage, qui devrait faire parler de lui encore longtemps…

Star Wars : Le Réveil de la Force : Bande-annonce