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La Danseuse en DVD, Blu-ray et VOD le 1er février 2017

Porté par l’interprétation de Soko et la force de ses images, La Danseuse est un film-performance d’une grande beauté derrière la cruauté des sentiments dépeints.

Biopic détourné

Contrairement à Isadora Duncan à laquelle la fin du film se consacre en partie, Loïe Fuller n’avait aucune prédestination à recueillir la lumière. C’est d’ailleurs sous des draps de soie qu’elle se cache pour danser ou plutôt livrer une performance enivrante de mouvements et de lumières. Conçu dans son cœur et dans son corps, ce numéro ne lui appartient déjà presque plus quand elle le montre sur scène. Flanquée d’un double masculin et plus ou moins négatif (campé par Gaspard Ulliel), Soko, alias Loïe, se dessine un destin. Les chorégraphies finissent par retranscrire, parce que parfois tournées en plein air, la liberté des premières séquences du film, lorsque l’on découvre Loïe dans un paysage de l’Ouest américain.

« Toutes les villes où elle a passé et Paris lui sont redevables des émotions les plus pures, elle a réveillé la superbe antiquité », Auguste Rodin à propos des spectacles de Loïe Fuller

Femmes de l’ombre 

La réalisatrice a l’habileté de faire un film à l’image de la performance physique de l’artiste, en mêlant son drame intime, sa peur de se montrer, à cette force de l’art qui transcende tout. La force du film est d’avoir donner une visibilité à une artiste oubliée, qui a pourtant marqué par sa création et qui a fait naître une future artiste, Isadora Duncan. Que dire de cette danseuse vampirique et un brin destructrice qui donne à Lily-Rose Depp un de ses premiers rôles ? Qu’il marque la fin d’une époque, la capitulation de Loïe face aux sentiments. Stéphanie Di Gusto propose ici ce que Martin Provost proposa avec Séraphine et Violette, des portraits d’artistes féminines majeurs, puissantes, libres, mais injustement oubliées par la postérité. On les redécouvre ici avec intérêt et émotion, cachées derrière leurs figures tutélaires ou celles qui prirent leur place : Simone de Beauvoir pour Violette Leduc et Isadora Duncan pour Loïe, notre héroïne. A noter : l’ascension de cette danseuse visionnaire a été tournée sans aucun effet spécial pour ce qui concerne la performance. Une vraie prouesse cinématographique !

Pour en savoir plus : lire notre critique, publiée à l’occasion de la sortie du film en salles. Nous avions également rencontré Soko et Stéphanie Di Gusto

En DVD, Blu-ray & VOD le 1er Février

La Danseuse nous plonge dans l’intimité et l’univers créatif d’un génie avant-gardiste à la volonté de fer. Une femme passionnée et éprise de liberté au destin romanesque, admirée de Rodin et Mallarmé…Gaspard Ulliel (Juste la fin du monde), Mélanie Thierry (Largo Winch) et la nouvelle icône Lily-Rose Depp (Planetarium) composent un casting au diapason, autour de la vibrante Soko (Voir du pays). Habitée par Loïe Fuller, son incroyable performance physique est à la hauteur de cette artiste visionnaire injustement oubliée du grand public. Puissant et lumineux.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Français DTS 5.1 & Dolby Digital – 2.0 – Sous-titres : Français Sourds et Malentendants

Durée : 1h47.

Prix public indicatif : 19,99 € le DVD

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Format image : 2.40 – Résolution film : 1080 – 25p – Format son : Français DTS HD Master – Audio 5.1 – Sous-titres : Français Sourds et Malentendants

Durée : 1h59

Prix public indicatif : 19,99 € le Blu-ray

Compléments ou bonus : Les personnages principaux (durée 14 minutes) : Loïe, Isadora, Gabrielle, Louis
Et en exclusivité dans l’édition Blu-ray : making-of (durée 51 minutes) et 10 scènes coupées (durée 22 minutes)

La Danseuse : Bande-annonce

Synopsis : Fille de ferme née dans l’Ouest américain, rien ne destine Loie Fuller à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque. Et pourtant…Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés par de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène. Elle est prête à tout sacrifier pour son art, y compris les sentiments. Jusqu’à sa rencontre avec la belle Isadora Duncan, jeune prodige de la danse. 

Gérardmer 2017 : Split ouvre le festival international du film fantastique

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La 24ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer s’ouvre avec Split, le nouveau long métrage en compétition de M. Night Shyamalan. Au programme de cette première journée, le documentaire David Lynch : The Art Life, un survival en huis-clos avec Noomi Rapace, un bébé tueur manipulant sa mère dans Prevenge et bien entendu des zombies…

Présidé par l’acteur Jean-Paul Rouve (DalidaLes Tuche 2), ce jury hétéroclite se compose également de l’actrice Audrey Fleurot et des réalisateurs Olivier Baroux et Louis Leterrier. Dans cette édition 2017 du Festival du Film Fantastique de Gérardmer, 40 films ont été sélectionnés, dont 10 en compétition officielle. Une rétrospective est consacrée au cinéaste japonais Kiyoshi Kurosawa, et son nouveau flm Le Secret de la chambre noire sera présenté en avant-première.

[Compétition] Rupture de Steven Shainberg (Etats-Unis, Canada,2016). 

Il est temps de rentrer dans le vif du sujet avec les deux premiers films en compétition. Le premier d’entre eux, Rupture, est le nouveau film du réalisateur de La Secrétaire, Steven Shainberg. Pour son quatrième long-métrage, Shainberg s’est entouré de plusieurs têtes connues incluant Noomi Rapace (Millénium, Enfant 44, Quand vient la nuit) en personnage principal mais également Peter Stormare (Prison Break, Fargo) ou des figures du petit écran telles que Michael Chiklis de The Shield. Rupture est un film très classique, il ne faut pas se le cacher. Une histoire de séquestration, des expériences menées sur la pauvre femme à qui on ne dit rien et qui est dans le flou complet, mais le tout fonctionne très bien. Shainberg arrive à accrocher le spectateur qui reste intrigué pendant une bonne partie en essayant de deviner ce qui peut bien se passer. Le rythme est bien mené et on ne s’ennuie pas un moment. On regrettera certainement la dernière séquence en trop qui gâche un peu le film, ainsi que certains effets gratuits qui font assez tâche. L’un des gros points positifs de Rupture réside dans son esthétique. Utilisant essentiellement des couleurs chaudes, notamment le rouge et le jaune avec quelques pointes de violet, la photographie de Karim Hussain donne un certain cachet et renforce clairement cette impression d’étouffement engendrée par le huis-clos. Choix qui sera d’ailleurs complètement justifié par le scénario. Rupture est donc un sympathique thriller, plutôt bien orchestré avec des idées de mise en scènes intéressantes et un positionnement esthétique accrocheur, il reste cependant trop classique dans son déroulement pour en faire un incontournable.

Réalisé par Steven Shainberg avec Noomi Rapace, Michael Chiklis, Peter Stormare. Date de sortie française inconnue. 

[Compétition] Split de M. Night Shyamalan (Etats-Unis, 2016)

Voilà certainement la plus grosse affiche de cette édition, le nouveau film du maître du twist M.Night Shyamalan. Si on ajoute à ça le fait d’assister à la projection dans la mythique salle du Paradiso et ses sièges dont la place devrait être fournie avec un rendez-vous chez le kiné, cela avait de quoi augurer une bonne fin de soirée. Split est annoncé comme le grand retour de M. Night Shyamalan, après des essais plutôt désastreux comme After Earth ou la version live de Avatar, Le dernier maître de l’air. Suivant un personnage aux multiples personnalités, (pas moins de 23 !) mais dont on ne verra véritablement que 5 d’entre elles, Split intriguait notamment par la performance d’acteur qu’allait nous livrer James McAvoy. Forcément, c’est là-dessus que mise le film, et il a raison car si il y a bien quelque chose de réussi, c’est ce que fait James McAvoy. Entre le maniaque psychorigide et pervers, la femme autoritaire qui essaie de tempérer la situation et, certainement celui qui a le plus fait rire la salle, le petit garçon de 9 ans avec le cheveu sur la langue, McAvoy dispose d’un très grand terrain de jeu pour dévoiler sa panoplie d’acteur. Comme dit, on regrette un peu le petit mensonge racoleur sur l’affiche parlant de 23 personnalités, même si il était bien évident que les 23 n’allaient pas pouvoir être présentées. Mise à part la performance d’acteur, Split n’offre pas de quoi en faire tout en plat. L’histoire en rapport avec les trois filles est assez creuse et sert vraiment de toile de fond pour l’expression artistique de McAvoy, d’autant plus que certains éléments sont inutiles, on pense notamment aux nombreux flashbacks en rapport avec Kacey. Split reste cependant bien mis en scène et fait preuve d’efficacité et permet de renouer avec l’esprit Shyamalan des débuts.

Réalisé par M. Night Shyamalan et Zack Roberts avec James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley. Dans les salles françaises à partir du 22 février 2017.

[Hors-compétition] David Lynch : The Art Life de Jon Nguyen, Rick Barnes et Olivia Neergaard-Holm (Etats-Unis, Danemark, 2016)

Après un petit tour sur le lac gelé de Gérardmer, il est temps de se pencher sur l’un des deux documentaires présentés hors-compétition durant le festival. Un documentaire qui par ailleurs rend hommage à l’un des plus grands cinéastes américains de ces dernières années, Monsieur David Lynch. Mais attention, Jon Nguyen et ses amis n’ont pas décidé de s’intéresser à la filmographie du cinéaste, mais bien à sa vie avant le cinéma et notamment sa passion pour l’art et plus précisément la peinture. Pour couronner le tout, c’est David Lynch lui même qui va nous raconter son enfance dans l’Idaho, sa première expérience avec ce qu’il appelle The Art Life et comment tout cela a influé sur sa vie de famille. Illustré par des documents fournis directement par Lynch lui-même, tels que des tableaux, des films 8mm ou des films de famille, le projet de Jon Nguyen et ses comparses va nous faire pénétrer dans l’univers si particulier du monsieur. Ce documentaire intimiste nous offre donc une nouvelle porte dans l’esprit complexe et riche de David Lynch, de quoi fasciner les fans, au travers d’œuvres picturales particulièrement fortes, mais également de rebuter un certain nombre de personnes. David Lynch : The Art Life est donc un documentaire très généreux, exigeant et qui ravira quiconque se laisse porter par les histoires du grand David Lynch.

https://vimeo.com/195307302

Réalisé par Jon Nguyen, Rick Barnes et Olivia Neergaard-Holm avec David Lynch. Dans les salles françaises à partir du 15 février 2017. 

[Hors-compétition] Prevenge de Alice Lowe (Grande-Bretagne, 2016)

Prevenge est un film à la fois écrit, réalisé et interprété par l’anglaise Alice Lowe dont l’idée lui serait venue pendant sa grossesse. On comprend très vite pourquoi car Prevenge suit le périple de la future maman enceinte jusqu’au cou dans une sorte de croisade tueuse contre des personnes qui, à première vue, n’ont absolument rien en commun. Le film a le mérite de nous mettre directement dans le bain et de ne pas perdre de temps en tergiversations inutiles. Entre humour typiquement anglais aussi grinçant qu’une porte qui nécessiterait un coup d’huile et un premier meurtre plutôt sobre mais efficace, le ton est directement donné. Malheureusement, si les idées d’Alice Lowe sont plutôt intéressantes avec cette nouvelle approche du tueur schizophrène et avec l’intégration du bébé dans l’équation, l’exécution s’avère plutôt décevante. La mise en scène est par ailleurs plutôt faible et ne fourmille pas de fulgurances. Certains meurtres feront bien évidemment plaisir aux festivaliers. Toute la séquence avec DJ Dan est assez délicieuse et typiquement dans un ton anglais, laissant peu de limite dans le langage. L’intérêt du film diminue au fur et à mesure que le récit avance et les surprises qui vont avec également, le film rentrant dans un schéma balisé depuis plusieurs années par de nombreuses œuvres. D’ailleurs ce n’est pas la fin plutôt ratée et étirée qui fera dire le contraire. Prevenge est donc une œuvre qui possédait un potentiel intéressant avec un angle plutôt sympathique, mais qui n’arrive pas à transformer l’essai. Reste l’humour noir anglais toujours au poil.

Réalisé par Alice Lowe avec Alice Lowe, Gemma Whelan, Kate Dickie. Date de sortie française inconnue. 

[Hors-compétition] L’Enfer des zombies de Lucio Fulci ( Italie, 1979)

Quoi de mieux après un premier film plutôt fade, que du bon vieux bis italien bien racoleur? On a de la chance car l’un des classiques d’un maître de la série B italienne, Lucio Fulci a été présenté dans sa version remastérisée lors de cette première journée. L’Enfer des zombies, l’un des nombreux films surfant sur le succès de l’oeuvre de Romero a été projeté dans une magnifique copie restaurée avec une image contrastant véritablement avec celles dont on a l’habitude dans les films de ce genre. Donc premier bon point pour cette sublime restauration. Après, en ce qui concerne le film, on est clairement dans du bon vieux film d’exploitation qui essaie de placer le maximum de poitrines féminines et d’hémoglobine. L’enfer des zombies nous emmène donc à la découverte d’une île des Caraïbes où les morts reviennent miraculeusement (ou pas !) à la vie, tout cela expliqué par le culte vaudou qui sévit dans les parages. S’il y a bien quelque chose que l’on ne peut pas enlever à Fulci, c’est que l’homme sait faire plaisir à son spectateur, et il est donc tout naturel pour lui de nous montrer un affrontement entre un requin et un zombie. Quoi de plus normal quand on sait que Les Dents de la mer et Zombie ont eu un certain succès? Question gore, on est là aussi servi avec notamment cette cultissime scène d’écharde transperçant l’œil, particulièrement sanguinolente et impressionnante. On peut également tirer notre chapeau aux maquillages rendant parfaitement cet aspect crade et purulent des morts-vivants. Le film est quand même plombé par certaines longueurs, principalement au début qui met un certain temps à démarrer. L’Enfer des zombies reste cependant un honnête divertissement fauché comme les italiens en sont capables.

https://www.youtube.com/watch?v=ZfBgioU6mxc

Réalisé par Lucio Fulci avec Tisa Farrow, Ian McCullogh, Al Cliver, Richard Johnson, Auretta Gay. Sorti dans les salles françaises le 13 février 1980.

Une première journée assez correcte en somme avec de belles surprises et des propositions de cinéma originales. De quoi bien se mettre en jambe pour la journée de vendredi avec pas moins de sept films au programme !

 

Jackie, un film de Pablo Larrain : Critique

Sur la thématique de l’art de forger sa propre légende dans l’Histoire, Jackie forme un véritable diptyque avec Neruda, le précédent film de Pablo Larraín. Pour son premier film en anglais, le réalisateur chilien a la lourde responsabilité de s’attaquer à une véritable icône américaine. L’occasion pour lui d’interroger cette notion.

Synopsis : Jackie Kennedy, la jeune veuve de JFK, livre lors d’une interview les sentiments contradictoires qui l’ont traversés lors des quatre jours qui suivirent l’assassinat de son mari jusqu’aux funérailles qu’elle se chargea d’organiser.

Control freak

Ceux qui s’attendent à trouver là un schéma de biopic classique, qui leur fasse découvrir le parcours qui a mené une fille de bonne famille jusqu’au sommet du pouvoir politique américain, seront déçus. Le scénario concocté par Noah Oppenheim (jusqu’ici auteur du Labyrinthe et de Divergente 3) se concentre sur une courte période, la semaine suivant la fameuse visite fatale de Dallas ce 22 novembre 1963, mais se construit néanmoins sur une succession de flashbacks, dont l’un qui nous ramènera jusqu’à la première danse entre Jackie et son futur président de mari. Autant dire que, plutôt qu’assister à une fresque historique et linéaire, nous assistons à une multitude de saynètes, compilées dans un montage qui assure à l’ensemble un rythme mais aussi une cohérence dans l’appréhension de son sujet. La part importante de non-dits et l’impressionnante documentation sur lesquelles s’est fondé ce scénario suppose que, pour pleinement apprécier le film, il faille justement connaitre un minimum le personnage de Jackie Kennedy et son parcours, ce qui sera facilement acquis d’une part importante de spectateurs américains mais certainement moins en France. Pour ces deux raisons, Jackie a de quoi déstabiliser, voire décevoir, son public qui y chercherait un récit plus didactique, mais il n’en reste pas moins un travail graphique et la prestation d’une actrice remarquables.

Plutôt qu’un biopic, le parti-pris de se concentrer sur le deuil vécu par son héroïne au lendemain de la mort de son mari ferait davantage de Jackie un « nécropic ». L’un des soucis de Lorrain pour ancrer son film dans une réalité historique est de recréer avec une fidélité chirurgicale certaines scènes elles-mêmes bien établies dans l’inconscient collectif du grand public américain. C’est là que le travail de mimétisme, physique mais aussi vocal, effectué par Nathalie Portman dans des passages, tels que la visite de la Maison Blanche devant les caméras de CBS, est littéralement bluffant. Mais là où la mise en scène de Larrain est le plus impressionnant, c’est lorsqu’il nous immerge dans des images bien plus connues encore. Ainsi, lorsqu’il nous fait revivre la scène du meurtre de JFK, que nous avons tous déjà observée depuis le point de vue imposé par la fameuse vidéo de Zapruder, c’est en restant au plus près de Jackie Kennedy qu’il parvient à exploiter toute la charge dramatique de ce drame national.

Manipulatrice et monomaniaque, Jacqueline Kennedy n’était pas que la façade lisse et princière qu’appréciaient tant les américains. Cette superficialité perverse,  Nathalie Portman lui donne corps avec une justesse et une grâce ahurissantes.

Sur le même procédé, on aurait aimé que la marche des funérailles, alors que son organisation apparaît comme un enjeu majeur pour la first lady comme pour ses services de sécurité, soit plus développée, et que sa reconstitution nous y intègre pleinement auprès des participants. De plus, et parce que Jackie était  pleinement conscience du pouvoir des images, et en jouait constamment pour imposer sa présence dans la culture populaire nationale, Larrain prend soin à reproduire leur esthétique en choisissant de les filmer en pellicule, comme il l’avait fait pour Neruda dont il s’était calqué sur la verve lyrique (jusqu’à se perdre un peu) pour narrer le récit. Mais son véritable sujet n’est ni la tragédie humaine ni le pouvoir médiatique de Jackie Kennedy mais bien son caractère trouble et son obsession pour la préservation de la mémoire de son défunt mari.

Sur ce registre, Nathalie Portman est impressionnante dans la façon de faire de son personnage, un être à la fois détestable pour sa propension à se servir des autres et sa froideur apparente et, attendrissante pour la déchirure qui semble la brûler de l’intérieur. Le nombre important de gros plans que la mise en scène lui accorde – comme elle le fait d’ailleurs aux acteurs secondaires moins présents à l’écran – prouve que le réalisateur misait beaucoup sur elle. Et il a eu raison car, au-delà des scènes les plus mélodramatiques où elle se révèle irrésistible, lors de son interview ou de ses conflits avec les politiques elle apparaît comme une femme forte et inflexible. C’est dans ces moments, où elle se dévoile également comme une véritable icone monarchique, qu’elle ouvre une double réflexion sur l’exploitation intéressée de l’image de soi et sur l’importance des symboles dans la vie politique de la plus grande démocratie au monde. A travers ce sous-texte, Jackie se révèle donc être un film hautement provocateur. La façon qu’a la dernière partie à se concentrer sur les échanges entre Jackie et un prêtre, interprété par John Hurt, fait toutefois s’éloigner le film de ces sujets épineux, préférant se concentrer sur les tourments intimes et les besoins de se confier d’une femme qui a toujours vécu dans le mensonge, allant jusqu’à laisser sous-entendre qu’elle se savait victime d’un adultère. Cette dernière partie a donc certes des enjeux d’une moindre ampleur mais c’est alors que la mise en scène, et en particulier la place accordée à la magnifique bande originale de Mica Levi, touche une splendeur magistrale, qui se conjugue à la dimension légendaire atteinte alors par son héroïne.

La véritable réussite de Pablo Larrain est d’avoir toujours su placer sa caméra de façon à n’être ni trop près ni trop loin de son sujet pour imposer au public le moindre jugement moral. C’est donc comme un pur travail d’observation hyperréaliste qu’il nous propose ce portrait de femme versatile et fragile… à moins qu’il ne s’agisse du portrait d’une mégalomane acariâtre. A vous de trancher.

Jackie : Bande-annonce

Jackie : Fiche technique

Réalisation : Pablo Larrain
Scénario : Noah Oppenheim
Interprétation : Natalie Portman (Jackie Kennedy), Peter Sarsgaard (Bobby Kennedy), John Hurt (le père Richard McSorley), Greta Gerwig (Nancy Tuckerman), Billy Crudup (Theodore H. White), John Carroll Lynch (Lyndon B. Johnson), Caspar Phillipson (JFK)…
Photographie : Stéphane Fontaine
Montage : Sebastián Sepúlveda
Direction artistique : Halina Gebarowicz
Musique : Mica Levi
Producteurs : Juan de Dios Larrain, Darren Aronofsky, Mickey Liddell, Scott Franklin, Ari Handel…
Productions : Jackie Productions, Wild Bunch, Fabula, LD Entertainment, Protozoa Pictures Why Not Productions
Distribution : Bac films
Durée : 100 minutes
Genre : Drame, biopic
Date de sortie : 1er février 2017

États-Unis – 2016

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La série de Sacha Baron Cohen annulée par Amazon

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Highston, la prochaine série de Sacha Baron Cohen ne verra finalement pas le jour. Une déception pour les nombreux artistes qui étaient autour du projet.

Écrite par Bob Nelson (Nebraska) et réalisée par Jonathan Dayton et Valerie Faris (Little Miss Sunshine), la série Highston a été annulée par Amazon. Produite par Sacha Baron Cohen, Highston devait être une comédie de six épisodes. Le casting s’annonçait très intéressant avec en guest Shaquille O’Neal ou encore Flea, bassiste des Red Hot Chili Peppers. En acteurs réguliers, on aurait retrouvé Mary Lynn Rajskub, Chris Parnell, Curtis Armstrong et Lewis Pullman dans le rôle principal.

Joe Lewis, directeur du service comédie et drama d’Amazon Studios a confié « On adore Bob, Jon et Val, les deux producteurs nommés Todd et l’incroyable et talentueuse équipe d’acteurs ». Il rajoute  » Malheureusement, toutes les séries ne voient pas le jour ».

L’acteur Curtis Amstrong que l’on a pu voir dans le rôle de Metatron dans la série Supernatural a partagé sa tristesse sur Twitter. « Les gens demandent quand Highston va enfin commencer, Amazon nous dit désormais que la série ne se poursuivra pas. Une grande déception ».


Synopsis :

 A l’aube de son entrée dans l’âge adulte, un jeune homme de 19 ans préfère se réfugier dans son imagination plutôt que de faire face à un monde qui l’effraie.

John Woo annonce son grand retour en 2018 avec le remake de Manhunt de Junya Sato

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John Woo, l’un des cinéastes qui a révolutionné le cinéma d’action et les polars avec des scènes de gunfights inoubliables, a évoqué son prochain film lors d’une conférence de presse, le 15 janvier dernier, à Pékin. Le réalisateur du Syndicat du Crime et de The Killer a tenu à réaliser, avec ce nouveau long-métrage, un remake de Manhunt de Junya Sato et à rendre hommage, par la même occasion, au comédien Ken Takakura.

John Woo vient donc de dévoiler de nouvelles informations sur son prochain projet pour le septième art à l’occasion d’une conférence de presse à Pékin en ce début janvier. Il s’est attaqué à Manhunt, un classique du cinéma asiatique. Ce film japonais, réalisé en 1976 par Junya Sato, est basé sur un roman de l’auteur Juko Nishimura. Le personnage central, un inspecteur de police, doté d’une forte personnalité, est accusé à tort de corruption et de viol. Il va devoir entamer une quête sur le chemin de la rédemption pour laver son honneur. Il sera aidé au cours de son périple par la ravissante fille d’un milliardaire. Le titre original du film est Kimi yo fundo no kawa wo watare.

Manhunt de Junya Sato a été le premier film étranger à être importé en Chine en 1978 depuis l’ouverture du pays au marché international après la fin de la Révolution Culturelle.

Le rôle principal de Manhunt était occupé par l’acteur Ken Takakura. Ce comédien japonais légendaire est décédé en 2014 au grand dam de John Woo, comme il l’a évoqué à l’occasion de la conférence de presse de ce début janvier :

« J’ai rencontré et parlé avec Ken Takakura après avoir réalisé Le Syndicat du crime en 1986. Nous étions deux grands admirateurs de nos filmographies respectives. Malheureusement, nous n’avons jamais eu la chance de travailler ensemble avant sa mort. S’il y a bien une raison pour laquelle j’ai choisi de refaire Manhunt, c’est principalement pour rendre hommage à Ken Takakura. Son rôle de Morioka dans le film a été une grande source d’inspiration et une référence pour de nombreux Chinois avec son courage et son esprit. »

La société Media Asia a racheté les droits du roman dans le cadre de cette nouvelle adaptation. Peter Lam, à la tête de Media Asia, a contacté John Woo après qu’il eut découvert que le cinéaste était un grand fan et appréciait énormément le travail de l’acteur japonais. Woo avait fait des déclarations dithyrambiques et admiratives sur la qualité et le jeu de l’acteur Ken Takakura, juste après sa mort. Perer Lam est donc ainsi aisément parvenu à convaincre John Woo de réaliser ce remake de Manhunt.

La sortie du film est prévue pour les futures festivités du Nouvel An chinois comme l’a révélé le cinéaste le 15 janvier dernier lors de la conférence de presse à Pékin. Ce prochain long-métrage de John Woo arrivera effectivement sur les écrans en Chine le 16 février 2018. John Woo espère ainsi relancer sa carrière avec Manhunt, tout en bénéficiant d’une sortie à l’occasion d’une date clé en Asie.

Après l’âge d’or de ses productions cultes à Hong Kong (Le syndicat du crime, The Killer, A toute épreuve, Une balle dans la tête) et son escapade à Hollywood (Chasse à l’homme, Broken Arrow, Volte/Face, Mission Impossible 2, Paycheck), John Woo était revenu en Chine ces dernières années. Le cinéaste a réalisé des œuvres ambitieuses avec des budgets colossaux (Les Trois Royaumes, Le Règne des assassins). Sa récente production, The Crossing, n’a pas obtenu le succès escompté au box-office chinois. Divisé en deux parties, The Crossing avait rapporté 260 millions de yuans pour un budget de plus de 400 millions en 2015.

Cette version 2018 de Manhunt réunit le casting suivant : Zhang Hanyu, Tao Okamoto, Jun Kunimura, Hiroyuki Ikeuchi, Qi Wei, Wu Feixia, Masaharu Fukuyama, Yasuaki Kurata, Nanami Sakuraba ainsi que Johan Karlberg. Le film serait actuellement en post-production d’après des informations de China.org.cn.

Zhang Hanyu, qui va reprendre le rôle culte de Morioka, a indiqué que le film de 1976 l’avait beaucoup influencé. A l’occasion de cette conférence de presse à Pékin, Zhang Hanyu a déclaré que l’interprétation de Ken Takakura dans le film d’origine a eu une grande influence sur sa carrière. Il a déjà visionné ce long-métrage plus d’une trentaine de fois.

« Je suis tellement chanceux de jouer dans cette nouvelle version, plus de quarante ans après avoir été touché pour la première fois par le film d’origine. »

Reste à savoir si ce nouveau long-métrage ambitieux de John Woo, destiné au marché asiatique, sortira en 2018 dans les salles européennes et américaines.

En cas de réussite, John Woo pourrait relancer sa carrière internationale et ainsi tenter de mener à bien son projet de longue date : un remake Hollywoodien de son œuvre culte, The Killer.

 

Glacé, une série de Laurent Herbiet : critique de la saison 1

Diffusée sur M6 en première partie de soirée, l’adaptation du roman de Bernard Minier, a réuni son public et rempli son contrat : suspense, meurtres et manipulations en pagaille. On ne retrouve cependant pas toujours la subtilité attendue dans l’évolution des personnages.

Avoir froid dans le dos

Littéralement ! Ce qui frappe d’abord dans Glacé, c’est son ambiance, celle que dessinent les premières minutes de la série :  feutrée, glaçante et puissante. Nous voici face à un paysage de montagne enneigé et à un meurtre vraiment étrange : un cheval a été tué, décapité puis accroché tel un trophée sur un sommet. Qui a bien pu avoir cette idée pour le moins saugrenue ? C’est ce que devront découvrir la flic du coin, le Capitaine Ziegler (Julia Piaton) et un flic-revenant, le Capitaine Servaz (Charles Berling). Malgré la présence au scénario du regretté Pascal Chaumeil (L’Arnacoeur), nous n’assistons pas à une énième série comique à la française (comme les formats courts de M6 qui foisonnent sur la chaîne). Non, nous sommes face à du drame pur, à un dépaysement total, proche des paysages du grand Nord. Pourtant, on regrette que cette familiarité avec les pays nordiques ne se retrouve pas dans les contours des personnages, souvent un peu caricaturaux voire grossiers. En effet, avec sa carrure et son phrasé, la capitaine Ziegler aurait fait une parfaite Sarah Lund (The Killing). Or, ici, le personnage est bien vite caractérisée comme lesbienne (sans grande subtilité d’ailleurs quand son collègue le découvre), et le restera sans qu’on en sache plus sur ce personnage de femme affirmée. A l’inverse, on en sait trop sur son collègue, Servaz, et sa liaison sans saveur avec la femme de son meilleur pote, prétexte à rien du tout ou alors à combler du temps de présence à l’écran. Pourtant, le format des épisodes, environ 50 minutes, est assez idéal pour le rythme général, volontairement lent, pesant et l’apparition des différentes révélations.

La prochaine fois je viserai le cœur

De ce côté là, rien à dire, le scénario se tient et est même plutôt bien ficelé. On ne sera pas surpris par le dénouement (sur l’affaire en cours, le reste laissant présager une suite), mais on a plaisir à suivre l’histoire, on y frissonne aussi. Les dialogues pèsent parfois un peu, ce qui empêche aux personnages, encore une fois, de s’émanciper un peu plus, de sortir du lot. On notera seulement le jeu tout en retenue, mais très fort en même temps, de Pascal Greggory en ex-flic devenu tueur en séries. Car chaque personnage voit évoluer (ou être détruit) son double en négatif. Que ce soit la jeune psychiatre, Diane/Hélène et sa défunte jumelle Fabienne, Servaz et son ex-collègue et ami Hirtmann, ou encore Ziegler et Alice. Tous ont vu tomber un être si chèrement aimé et se battent pour que justice soit faite. Trouver l’autre, le venger, le détruire. C’est selon le passé de chacun, qui se révèle peu à peu. Une fois la meute de loups reconstituée (aussi bien dans le très beau générique – l’occasion de noter que la BO est plus que valable – que par Hirtmann lui-même symboliquement et réellement), le chaos demeure, créé de toute pièce par celui qui tire les ficelles depuis sa cellule. Ce n’est pas une révélation, car depuis le début tout le monde est persuadé que c’est lui et le répète à foison (avant la scène de révélation du coup rendue plus ou moins inutile). La fin de l’épisode 6, un peu tirée par les cheveux, mais ayant le mérite de faire avancer l’intrigue, laisse présager, qui sait, une deuxième saison. Mais il faudra alors compter sans la plume de Pascal Chaumeil (très convaincant dans l’écriture des personnages avec son dernier film Un petit boulot), disparu en  2015, auteur des deux premiers épisodes et auquel la série rend un hommage d’abord discret, puis vite trop présent, à travers la présence dans le bureau de Servaz de l’affiche de L’Arnacoeur. Ici, ce sont plutôt les coups de feu que chacun s’entête à se tirer en plein cœur. Si suite il y a, nous espérons qu’elle permettra d’enrichir la peinture des personnages de la série.

Glacé, saison 1 : Bande annonce

Glacé : Fiche technique

Synopsis : A flanc de montagne, dans les Pyrénées, est découvert le cadavre d’un cheval sans tête accroché à 2000 mètres d’altitude, au sommet d’un téléphérique. Les capitaines Servaz et Ziegler se voient confier cette enquête. A quelques kilomètres de là, dans un centre pénitentiaire de haute sécurité, la jeune psychiatre Diane Berg entame des séances de psychothérapie auprès de Julian Hirtmann un dangereux tueur en série arrêté des années auparavant par le capitaine Servaz… Les destins de ces quatre personnages vont se percuter dans une enquête des plus terrifiantes.

Réalisation : Laurent Herbiet, d’après l’oeuvre de Bernard Minier
Scénario : Laurent Herbiet (épisodes 1 à 6), Pascal Chaumeil (épisodes 1 et 2)
Interprétation : Charles Berling, Julia Piaton, Nina Meurisse, Pascal Greggory, Anne Le Ny, Robinson Stevenin
Producteur : Isabelle Degeorges, Damien Couvreur
Production : Gaumont Télévision, M6 Métropole Télévision
Distribution France : Studiocanal, Mascaret Films
Genre : Drame
Format : 6 x 52 minutes
Diffusion : M6, janvier 2017

 

César 2017 : Elle et Frantz favoris des nominations

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Après la liste des nominés aux Oscars dévoilée hier, c’est l’Académie des César qui vient de révéler la sienne. Avec 11 nominations respectives, Elle de Paul Verhoeven et Frantz de François Ozon dominent les débats. Ma Loute, Mal de Pierres et Divines restent néanmoins de solides outsiders.

Après le refus de Roman Polanski de tenir la présidence de la 42ème édition de la cérémonie des César, c’est dans un contexte polémique que l’Académie présidé par Alain Terzian vient de révéler la liste des nominés. Alain Terzian en a profité pour évoquer cette fâcheuse controverse et rappeler que Roman Polanski « était un choix indiscutable » et qu’il reste « l’une des plus grandes figures du cinéma mondial, et reconnu comme tel. C’était le seul regard que nous devions avoir. Le regard sur les artistes et leur travail et c’est ce que nous avons fait.« . Le Président de l’Académie n’entend pour l’instant pas nommer de successeur au réalisateur franco-polonais.

Voici la liste des nominés pour les César 2017 :

CÉSAR DU MEILLEUR FILM

Elle
Frantz
Mal de pierres
Divines
Les Innocentes
Ma Loute
Victoria

CÉSAR DU MEILLEUR ACTEUR

Omar SyChocolat
Gaspard UllielJuste la fin du monde
François CluzetMédecin de campagne
Pierre DeladonchampsLe Fils de Jean
Nicolas DuvauchelleJe ne suis pas un salaud
Fabrice Luchini Ma Loute

CÉSAR DU MEILLEUR ACTRICE

Isabelle HuppertElle
Virginie EfiraVictoria
Marion CotillardMal de pierres
SokoLa Danseuse
Judith ChemlaUne vie
Marina FoïsIrréprochable
Sidse Babett KnudsenLa Fille de Brest

CÉSAR DU MEILLEURE RÉALISATEUR

Bertrand BonelloNocturama
Alain GuiraudieRester vertical
Olivier AssayasPersonal Shopper
Katell QuillévéréRéparer les vivants
Bruno DumontMa Loute
Mia Hansen-LoveL’Avenir
Paul VerhoevenElle

CÉSAR DU MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE

Laurent LafitteElle
Vincent LacosteVictoria
Vincent CasselJuste la fin du monde
Gaspard UllielLa Danseuse
Melvil PoupaudVictoria
James ThierréeChocolat

CÉSAR DU MEILLEUR ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE

Nathalie BayeJuste la fin du monde
Déborah LukumuenaDivines
Valeria Bruni TedeschiMa Loute
Anne ConsignyElle
Mélanie ThierryLa Danseuse

CÉSAR DU MEILLEUR ESPOIR MASCULIN

Damien BonnardRester vertical
Corentin FilaQuand on a 17 ans
Kacey Mottet KleinQuand on a 17 ans
Niels SchneiderDiamant noir
Jonas BloquetElle

CÉSAR DU MEILLEUR ESPOIR FÉMININ

Oulaya AmamraDivines
Paula BeerFrantz
Lily-Rose DeppLa Danseuse
Noémie MerlantLe ciel attendra
RaphMa Loute

CÉSAR DU MEILLEUR FILM D’ANIMATION

La Jeune Fille sans Mains
Ma vie de Cour­gette
La Tortue Rouge

CÉSAR DU MEILLEUR FILM ETRANGER

Aqua­rius
Bacca­lau­reat
La Fille Incon­nue
Toni Erdmann
Manches­ter by the Sea
Moi Daniel Blake
Juste la fin du monde

CÉSAR DU MEILLEUR PREMIER FILM

Ciga­rette et choco­lat chaud
La Danseuse
Diamant noir
Divines
Rosa­lie Blum

CÉSAR DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE

Dernières nouvelles du cosmos
Fuocoam­mare
Merci patron !
Swag­ger
Voyage à travers le cinéma français

CÉSAR DE LA MEILLEURE ADAPTATION

Elle
La fille de Brest
Frantz
Ma vie de Cour­gette
Répa­rer les vivants
Mal de pierres

CÉSAR DU MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL

Divines
L’Effet Aqua­tique
Les Inno­centes
Ma Loute 
Victo­ria

CÉSAR DE LA MEILLEURE PHOTOGRAPHIE

Elle
Frantz
Les Innocentes
Ma Loute
Mal de Pierres

CÉSAR DU MEILLEUR SON

Chocolat
Elle
Frantz
Mal de Pierres
L’Odyssée

CÉSAR DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE

Chasse Royale
Maman

CÉSAR DU MEILLEUR MONTAGE

Divines
Elle
Frantz
Juste la fin du monde
Mal de Pierres  

CÉSAR DE LA MEILLEURE MUSIQUE

Choco­lat
Dans les forêts de Sibé­rie
Elle
Frantz
Ma vie de Cour­gette

Rendez-vous le 24 février 2017 pour découvrir le palmarès de la 42ème édition de la cérémonie des César.

 

Rétro Stephen King : Cell Phone, un film de Tod Williams

Pour conclure la rétrospective sur le maître de l’horreur Stephen King, la rédaction de CineSeries s’attarde sur le DTV Cell Phone, une série B à l’opposé même du roman : ridicule et sans âme.

Synopsis : Un mystérieux virus se propage via les téléphones portables. Les personnes ayant été touchées par le réseau en question se transforment alors en zombies assoiffés de sang. Dans l’État de la Nouvelle-Angleterre, un groupe de survivants, menés par Clay Riddell et Tom McCourt, s’organise pour lutter contre le fléau et trouver la source du signal afin de le stopper…

Le livre évitait le ridicule, cette mauvaise série B plonge en plein dedans

Hormis les séries TV Under the Dome et 22/11/63, The Mist est sans nul doute la dernière adaptation de Stephen King à avoir attisé la curiosité des spectateurs. Mais depuis sa sortie en 2007 (2008 en France), l’auteur n’a pas été gratifié d’un long-métrage digne de ce nom, la majorité des films en question étant tout simplement des DTV ayant à peine fait parler d’eux (La Cadillac de Dolan ou encore Mercy). En attendant de retrouver cette année l’univers de l’écrivain avec La Tour Sombre et le remake cinématographique de Ça, la rédaction  conclut sa rétrospective sur Stephen King avec la critique de Cell Phone, la dernière adaptation en date… et un long-métrage d’une qualité fort douteuse !

Pour entrer un peu plus dans les détails, ce film est tiré du roman Cellulaire. Un livre dans lequel Stephen King a voulu rendre un hommage non dissimulé à George Romero en se lançant dans une histoire apocalyptique de zombies durant laquelle l’auteur décide de suivre un groupe de survivants dans un monde ravagé par ces créatures avides de sang. Mais au lieu de prendre comme base un virus, King a préféré comme cause à l’infection une interférence téléphonique : les gens se zombifient en écoutant un étrange signal sur leur portable. Un concept pour le moins étrange, pour ne pas dire farfelu, mais qui doit être vu comme une métaphore de la dérive technologique de notre société. Certainement pas un chef-d’œuvre comme avait pu nous offrir l’auteur par le passé, mais tout de même une petite série B horrifique efficace, qui n’omet pas de mettre en avant des personnages travaillés ainsi que des thématiques toujours aussi pointilleuses. Le film, lui, n’arrive pas à ce résultat-là…

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Oui, Stephen King a signé lui-même le scénario de cette adaptation (avec la collaboration d’Adam Alleca), ce qui induit qu’il peut nous offrir le script le plus fidèle possible à son roman. Mais « fidélité », ne rime pas obligatoirement avec « bonne adaptation ». Et sur ce point, King a toujours livré le minimum syndical. À savoir reprendre les grandes lignes de son histoire, les moments les plus marquants, et les enchaîner sans pour autant reprendre la richesse de son œuvre et de ses personnages. Cell Phone ne déroge donc pas à la règle, se présentant pour le coup comme un défilé de rencontres impromptues et inutiles, de séquences n’ayant aucun sens si ce n’est tenter de provoquer chez le spectateur un semblant de tension, de protagonistes tout bonnement inexistants. Bref, une intrigue vide au possible qui parvient à rendre le concept du roman ridicule, alors que celui-ci arrivait à titiller l’intérêt du lecteur. Adieu la métaphore pessimiste sur la communication et la technologie, bonjour le gloubiboulga sans âme ayant l’insolence de laisser l’essence du livre sur le banc de touche ! Et là n’est pas le pire…

Le gros problème de Cell Phone vient de son réalisateur, Tod Williams (Paranormal Activity 2). Le bonhomme s’est contenté d’une seule chose : faire confiance à Stephen King pour le scénario et au duo vedette John Cusack/Samuel L. Jackson (déjà à l’affiche de Chambre 1408) afin d’assurer la bonne réussite de son film. Grossière erreur ! D’une part, parce que King n’est pas un bon scénariste, de l’autre, parce que les comédiens, aussi bon soient-ils, ne peuvent livrer le meilleur d’eux-mêmes à partir d’une intrigue aussi fade que celle de Cell Phone. Des atouts gâchés qui auraient pu masquer une mise en scène mollassonne, voire inexistante. Une atmosphère aux abonnés absents. Un montage sans aucun sens (voix-off sortie de nulle part, fondus au noir inexplicables…). Des effets spéciaux de piètre qualité. Une photographie vomitive. Une direction d’acteurs pitoyable (mention spéciale aux figurants, qui paraissent trop humains pour des zombies). Un incroyable manque d’investissement émotionnel dans le traitement de l’intrigue. La liste est longue… mais il y a suffisamment d’arguments pour dire que Cell Phone est sans conteste un long-métrage qui ne mérite nullement que l’on s’y attarde ne serait-ce que quelques secondes.

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Il est vraiment grand temps que La Tour Sombre et Ça sortent sur grand écran afin de faire oublier ce Cell Phone. De prouver que l’univers de Stephen King a encore de grands titres à offrir au public, qui méritent bien mieux que cette indigeste série B, faite sans génie ni ambition. Même si l’œuvre de l’auteur a déjà eu diverses adaptations, cette dernière n’est pas prête de s’évanouir. D’autant plus que King continue de publier des romans chaque année, qui n’attendent qu’à avoir une adaptation digne de ce nom. Mais comme a pu vous le montrer cette rétrospective consacrée au maître de l’horreur, il faut les meilleurs artisans pour livrer des chefs-d’œuvre tels que Shining, Christine ou encore La Ligne Verte. Il ne reste donc plus qu’à espérer que les prochains projets sauront faire honneur à cet auteur de renom, qui a su terroriser, émouvoir et surtout marquer à vie grâce à sa plume.

Cell Phone : Bande-annonce

Cell Phone : Fiche technique

Titre original : Cell
Réalisation : Tod Williams
Scénario : Adam Alleca et Stephen King, d’après le roman de Stephen King
Interprétation : John Cusack (Clay Riddell), Samuel L. Jackson (Tom McCourt), Isabelle Fuhrman (Alice Maxwell), Clark Surallo (Sharon Riddell), Ethan Andrew Casto (Johnny Riddell), Owen Teague (Jordan), Stacy Keach (Charles Ardai), Josha Mikel (Raggedy)…
Photographie : Michael Simmonds
Décors : John Collins
Costumes : Lorraine Coppin
Montage : Jacob Craycroft
Musique : Marcelo Zarvos
Producteurs : Michael Benaroya, Shara Kay, Richard Saperstein et Brian Witten
Productions : The Genre Co., Benaroya Pictures, 120dB Films, Cargo Entertainment International Film Trust
Distribution : Marco Polo Productions
Durée : 98 minutes
Genre : Horreur
Date de sortie : 21 septembre 2016 (directement en vidéo)

États-Unis – 2016

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Notre top 10 des histoires d’amour dans un film

Alors que l’actualité cinéma de ce début 2017 est marquée par, notamment, La La Land et Loving, force est de constater que, héritage de siècles de tradition romanesque oblige, les histoires d’amour sont une source d’inspiration inépuisable. L’occasion de s’interroger sur les films qui ont réussi à faire battre notre cœur de spectateur.

Il est difficile de justifier les émotions les plus profondes que l’on ressent ou non devant tel ou tel film. Les histoires d’amour font vibrer notre fibre romantique, mais leur efficacité est-elle davantage dépendante de notre propre intimité ou d’un quelque conditionnement culturel? La question reste ouverte.

Le top 10 des histoires d’amour au cinéma selon la rédaction:

1/ Le secret de Brokeback Mountain (Ang Lee, 2006) : Wyoming, 1963. Ennis Del Mar et Jack Twist, deux cowboys, se rencontrent alors qu’ils travaillent dans un ranch. C’est la passion immédiate. Mais pourquoi cette histoire est-elle si intense ? D’une part, le film aborde la question de l’homosexualité à une époque où l’Amérique était encore très conservatrice, surtout dans les états les plus reculés : on se trouve donc face à une notion de transgression qui rend cette romance illicite et interdite. D’autre part, les deux hommes vivent un amour impossible, élément romanesque propice aux montagnes russes émotionnelles : le destin les sépare puis les réunit pour mieux les déchirer à nouveau… Enfin, le dénouement tragique achève de faire de ce long métrage une œuvre bouleversante, aussi émouvante que déchirante. Ajoutons à cela l’interprétation tout en justesse et en retenue de Jake Gyllenhaal et Heath Ledger, ainsi qu’un cadre naturel grandiose, et on obtient une histoire d’amour puissante, tout simplement.   Marushka

2/ Her (Spike Jonze, 2013) : Cultivant l’insaisissabilité comme personne, Spike Jonze continue d’alimenter une filmographie aux airs de grand 8 et signe avec Her la première romance 2.0 de l’histoire. D’un coté, un Joaquin Phoenix paumé et isolé ; de l’autre la voix suave de Scar-Jo grimée en une « Siri ». Un duo improbable qui sous son scope, à la fois grave et paradoxalement très doux, se connecte avec grâce et touche au cœur autant qu’au cerveau, de par son sous-texte technologique évident. Her est une déclinaison amoureuse d’un épisode de Black Mirror. On en ressort ému mais aussi inquiet ; inquiet de voir la technologie  prendre autant le pas sur nos vies, jusqu’à se substituer à nos amours futurs.     Antoine D.

3/ Sur la route de Madison (Clint Eastwood, 1995) : S’il avait déjà rencontré le succès public et critique en tant que réalisateur, avec des films tels qu’Impitoyable ou Un Monde Parfait, l’image du cowboy aux mâchoires serrées et au regard acéré collait encore à la peau de Clint Eastwood. Il surprit tout le monde avec Sur La Route De Madison, une histoire d’amour adaptée du roman de Robert James Waller. Il y raconte comment deux êtres se rencontrent et s’aiment le temps d’une parenthèse, comment ils s’apprivoisent et finissent par se séparer, la vie leur interdisant d’aller plus loin ensemble. Eastwood oublie les gros sabots de Dirty Harry pour la douceur feutrée d’un amour faits de regards, de sourires, de suggestions et de non-dits. Il la photographie elle, la paysanne qui se croit vilaine et elle panse ses plaies à lui, l’homme blessé. Il la rend femme, elle le rend moins seul et au final, la vie est décidemment mal faite et les occasions souvent manquées.  Thierry

4/ Titanic (James Cameron, 1997) : « Si tu sautes, moi je saute, pas vrai ? » Exemple parmi tant d’autres des répliques qui ont marqué ce long-métrage, Titanic de James Cameron reste à bien des égards la plus belle et la plus émouvante histoire d’amour de ces dernières années. A travers cette relation impossible entre un jeune artiste et une fille de bonne famille promise à la bourgeoisie, symbole d’une lutte des classes sociales au début du XXe siècle, le réalisateur déploie l’artillerie lourde : des personnages attachants et facilement identifiables, un naufrage impressionnant, déployant les plus riches effets spéciaux de l’époque, une bande originale signée James Horner iconique, et inoubliable grâce au tube de Céline Dion… Film de tous les superlatifs, autant par la virtuosité de sa direction artistique que par l’universalité et l’intemporalité de son histoire, Titanic est bien plus qu’un drame romantique : une véritable empreinte sur l’histoire du cinéma.    Kevin B.

5/ Eternal Sunshine of The Spotless Mind (Michel Gondry, 2004): Connu pour ses rêveries transposées sur grand écran, Michel Gondry ne perd rien de son talent avec Eternal Sunshine of the Spotless Mind. A travers une histoire d’amour basée sur l’oubli et la perte de souvenirs, Kate Winslet, aux couleurs de cheveux improbables, s’avère fabuleuse et Jim Carrey, à contre-courant, nous époustoufle. Les seconds rôles, Elijah Wood, Mark Ruffalo ou Kirsten Dunst complètent un casting que l’on qualifiera aisément de prestigieux. La romance, qui bouscule le spectateur, ne saura que prendre aux tripes ce dernier. À cela se greffent les choix esthétiques d’un réalisateur qui parvient à magnifier l’amour, et ce « je t’aime moi non plus ». Enfin, que dire de la bande-originale, qui s’avère également saisissante, reflétant une souffrance progressive, mais un amour continu. Une perle.    Zoran

6/ Laurence anyways (Xavier Dolan, 2012)  Dolan confronte l’amour pur à la réalité brute : une femme aime un homme qui veut être une femme. Voilà une histoire d’amour qui suit « la logique du cœur ». Laurence, prénom à double consonance homme/femme et Fred (idem) ne se quittent jamais tout à fait parce qu’ils refusent le quotidien destructeur pour préférer la marge à coup de listes qui les éloignent du déplaisir. Nous suivons donc des êtres qui s’accrochent l’un à l’autre au-delà même des identités pour lesquelles ils se sont choisis. C’est un amour qui transcende le quotidien et les limites. Qui dépasse la relation et résiste à la tempête du changement même s’il ne dure pas éternellement. On garde en mémoire l’absence de regret, l’envie d’affirmer sa différence, d’en faire une force, une légitimité qui permet de demander à être regardé(e) dans les yeux, à ne plus se mentir.   Chloé

7/ Hiroshima, mon amour (Alain Resnais, 1959) : Après 24 courts et moyens métrages dont Van Gogh, Guernica ou Nuits et Brouillard, Alain Resnais en visite à Hiroshima décide un film, un poème antithétique sur l’amour et la mort, toujours ce devoir de mémoire contre l’oubli qui l’obsédera toute sa carrière. Véritable œuvre propice à l’analyse filmique pour sa narration éclatée, il n’en reste pas moins un puissant plaidoyer sur l’histoire avec une majuscule, sur la réconciliation des peuples et donc un pamphlet sur la guerre. Si le couple Riva/ Okada se dessine comme un fil conducteur, leur passion amoureuse, même si certains pensent qu’elle n’est que secondaire sur le symbolisme historique et la métaphore de liberté, reste tout du moins un des plus mémorables récits amoureux et universels que le cinéma français ait été capable de mettre en scène. Par la poésie de Marguerite Duras, par la sincérité des acteurs qui se donnent corps et âme, par la musique de Delerue…  Antoine M

8/ Moonrise Kingdom (Wes Anderson, 2012) : Romance pré-pubère au charme devenu iconique, Moonrise Kingdom polarise les ingrédients d’une plume unique, reconnaissable entre mille. Et si l’élection d’un tel film, au sein d’une liste qui veut louer la dimension historique d’un « amour filmé », peut surprendre, sa présence rassure les mélancoliques. Le geste naïf de Wes Anderson célèbre l’idée d’une émotion infantile véritable et légitime autour d’un couple qui cumule les maux de sa jeunesse. Leur histoire commune se résume à un enchevêtrement de fuites, toujours rattrapées mais jamais vaines. Où le désir partagé d’inventer leur vie d’adultes détonne face à ces grandes personnes qui semblent piégées dans des rôles attitrés. Savoureusement mis en scène, où le chic surranné se mêle aux plans automates, Moonrise Kingdom est un film grisant qui joue sur les vestiges de nos enfances. La plus belle des petites histoires d’amour.  Grégoire

9/ In the Mood for love (Wong Kar-Wai, 2000) : A Hong-Kong, au début des années 60, un homme et une femme mariés se retrouvent trahis par leurs conjoints respectifs. Alors qu’ils tentent de comprendre les raisons d’un tel adultère, la complicité va laisser place à d’autres sentiments plus passionnels. D’un romantisme fou, Wong-Kar-Wai dépeint une romance d’une beauté éclatante. Maggie Cheung et Tony Leung débordent d’amour et de sentiments fusionnels. Grâce à une musique envoûtante, In the Mood for Love transcrit une relation amoureuse passionnée, avec une grâce et une finesse exemplaires. Tout est affaire de non-dits et de regards, les mots restant futiles pour l’union de ces deux êtres. Ce long métrage bouleversant, primé à Cannes et aux Césars, emplie de passion et de lyrisme, reste d’une grande justesse. Un film jouant sur les sensations les plus vives et l’émotion la plus pure. Incontestablement, l’une des plus belles histoires d’amour au cinéma.   Louis

10/ Un homme et une femme (Claude Lelouch, 1966) : C’est l’histoire d’un homme et d’une femme. Précisément le récit de la rencontre d’un homme et d’une femme ; de la naissance de leur amour et de ses difficultés. L’unique Jean-Louis Trintignant incarne l’homme, Duroc ; la formidable Anouk Aimée est la femme, Anne Gauthier. « Est », « incarne », car on croirait voir à l’écran la naissance de l’amour de Duroc/Trintignant et Aimée/Gauthier. Mieux encore, les noms ne sont plus, les acteurs ont dépassé cela, ils sont l’homme et la femme, deux inconnus qui se rencontrent, et qui connaissent une situation banale et unique, « miraculeuse », l’amour. Lelouch les filme, capte leurs mouvements, de loin, de près, les décadre, les découpe, avec les dialogues en voix-off, créant une sorte de puzzle du duo amoureux. C’est alors à nous de le reconstituer, avec un vrai plaisir, au rythme de la magnifique bande-son signée Pierre Barouh et Francis LaÏ.    Benjamin

Ils auraient pu y être : Carol (Todd Haynes, 2016), Annie Hall (Woody Allen, 1977), Only Lovers Left Alive (Jim Jarmusch, 2013), 37°2 le matin (Jean-Jacques Beineix, 1985), Quand Harry rencontre Sally (Rob Reiner, 1989)…

 

Premières images du film Les Aventures de Spirou et Fantasio

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L’adaptation de la bande-dessinée culte se dévoile à travers deux premières photos et un max d’infos. On découvre le look en  live action de Spirou et Fantasio, ainsi que le Comte de Champignac.

La BD culte Spirou et Fantasio va enfin avoir le droit à son adaptation au cinéma. Les informations concernant le projet sont restées très minces jusqu’à la publication de ces nouvelles photos. Alex Lutz et Thomas Solivérès, (l’acteur a joué le rôle de Bastien dans le film Intouchables), incarneront respectivement Fantasio et Spirou. Les comédiens Christian Clavier (Le Comte de Champignac), Ramzy Bedia (Zarglob) et Geraldine Nakache (Seccotine) seront également au casting. Derrière la caméra on retrouve le réalisateur Alexandre Coffre (Une pure affaire, Eyjafjallajökull ou encore Le Père Noël) de ce long métrage scénarisé par Juliette Sales et Fabien Suarez (Belle et Sébastien 1 et 2). Le tournage qui se déroule en France et au Maroc a débuté le 16 janvier 2017 et devrait s’achever le 27 mars. La sortie en salle est prévue le 20 Juin 2018.

Les aventures de Spirou et Fantasio débutent en 1938 avec une première publication dans le journal de Spirou. Les personnages naissent de l’imagination de Rob-vel avant d’être repris plus tard par entre autres Jilé et Franquin. Spirou et Fantasio se range parmi les classiques de la bande-dessinée franco-belge. L’univers de Spirou sera aussi au cœur d’une autre adaptation : Le Petit Spirou avec au casting Pierre Richard.

Synopsis officiel :

Lorsque Spirou (Thomas Soliveres), prétendu groom dans un Palace, rencontre Fantasio (Alex Lutz), reporter en mal de scoop, tout commence très fort… et plutôt mal ! Ces deux-là n’ont aucune chance de devenir amis. Pourtant, quand le Comte de Champignac (Christian Clavier), inventeur aussi génial qu’excentrique, est enlevé par les sbires de l’infâme Zorglub (Ramzy Bedia), nos deux héros se lancent aussitôt à sa recherche. En compagnie de Seccotine (Géraldine Nakache), journaliste rivale de Fantasio, et de SPIP, petit écureuil espiègle, ils sont entrainés dans une poursuite effrénée entre l’Europe et l’Afrique. Spirou et Fantasio vont devoir faire équipe pour sauver Champignac… et accessoirement le reste du monde !

Le Comte de Champignac (Christian Clavier)

 

Guyane, une série de Fabien Nury : critique des deux premiers épisodes

Malgré une promotion faramineuse, Guyane, la nouvelle création de Canal + réalisée par Kim Chapiron et Fabien Nury (auteur de Il était une fois en France), ne s’annonce pas comme l’aventure effrénée qu’elle promettait.

Moite et sauvage, voilà comment est présentée la Guyane dans la nouvelle création de Canal +. Filmée avec une caméra nerveuse qui s’attarde avec de très gros plans sur les visages en sueur des personnages, Guyane se veut immédiatement suffocante. La série offre beaucoup de très beaux plans, dépeignant ce paysage exotique à merveille, mais si certains plans nous font voyager dans un pays sordide, beaucoup sont superflus et cette description poussive finit par casser le rythme du récit. Car c’est bien là le problème majeur de ce début de saison, son rythme affreusement inégal. On retrouve le talent de Kim Chapiron (Dog Pound, La crème de la crème) et la violence de certaines scènes est par moment palpable. On peut relever l’horrible scène du viol, très bien réalisée, qui se clôt sur les personnages dans le bar avec en fond, les cris de détresse d’Anita, la jeune prostituée. Mais ces scènes efficaces sont entrecoupées de trop nombreux passages lents qui plombent le récit. Guyane prend son temps à démarrer et le pilote n’est qu’une longue exposition de la narration. Le deuxième épisode s’en sort mieux mais peine aussi à trouver un équilibre, il se termine ceci dit avec le lancement réel de l’intrigue et nous laisse alors espérer que la réalisation se montrera, par la suite, moins sage.

Quant au casting, Mathieu Spinosi campe très bien le jeune et naïf Vincent, qui se retrouve quelque peu dépassé par les évènements qui ont lieu dans cette jungle hostile si éloignée de son monde parisien. Cependant, Guyane a son lot de personnages clichés, notamment le “parrain de l’or”, Serra, pour lequel on peine à ressentir de l’empathie. Certains protagonistes, vus et revus, manquent alors de profondeur et ne suscitent pas notre intérêt. Cependant certains personnages secondaires pourraient changer la donne, comme Laetitia, la fille de Serra, têtue et provocatrice, qui permet d’ores et déjà d’étoffer la personnalité de Serra et de Louis, amenant en eux un début de conflit intérieur.

Même si pour l’instant, le lancement de Guyane s’avère en deçà de nos attentes, on salue l’ambition et l’originalité de cette série qui présage une prise de risque plus poussée à l’avenir dans le paysage des séries françaises et dont on ne peut que se réjouir.

Guyane, saison 1 : Bande-annonce

Synopsis : Vincent Ogier, vingt ans, étudiant parisien en géologie, débarque en Guyane pour y effectuer un stage dans une société d’exploitation aurifère : Cayenor. Un goût immodéré pour le danger et un culot à toute épreuve vont pousser le jeune ingénieur à s’associer avec le « parrain de l’or » Antoine Serra, qui règne sur le village perdu de Saint Elias. Vincent croit avoir trouvé un filon d’or mythique : une mine abandonnée depuis 120 ans, nommée « Sarah Bernhardt »… Serra a les compétences requises pour l’exploiter. En apparence paternel et amical, Serra accepte et embarque Vincent au fin fond de la jungle guyanaise… En quelques semaines, Vincent va passer du statut de stagiaire à celui d’aventurier.

Guyane : Fiche technique

Créateur : Fabien Nury
Réalisation : Kim Chapiron (ép. 1 à 4), Philippe Triboit (ép. 5 à 7), Fabien Nury (ép. 8)
Scénario : Fabien Nury
Interprétation : Mathieu Spinosi (Vincent Ogier), Olivier Rabourdin (Serra), Issaka Sawadogo (Louis), Anne Suarez (Nathalie), Flora Bonfanti (Anita), Stany Coppet (Silva), Tia Diagne (Laetitia)…
Directeur de la photographie : Sofian El Fani (ép. 1 à 4), Emmanuel de Fleury (ép. 5 à 7), Stéphane Martin (ép. 8)
Ingénieur du son : Arnaud Lavalaix (ép. 1 à 4) et Frédéric de Ravignan (ép. 5 à 8)
Compositeur : Quarantine (ép. 1 à 4), Stéphane Le Gouvello (ép. 5 à 8)
Directeur de casting : Marc Barrat, Réjane Gay, Gigi Akoka, Hervé Jakubowicz, Swan Pham , Annette Trumel, Béatrice Saorin
Monteuse : Corinne Cahour
Producteur : Bénédicte Lesage, Ariel Askénazi pour Mascaret Films
Directeur de production : David Mitnik (ép. 1 à 4), André Bouvard (ép. 5 à 8)
Producteur exécutif : Didier Hoarau
Distribution France : Studiocanal, Mascaret Films
Genre : Aventure
Format : 8 x 52 minutes
Chaine d’origine : Canal +
Diffusion : Tous les lundis soir depuis le 23 janvier

Search Party, une série de Sarah-Violet Bliss, Charles Rogers et Michael Showalter : Critique

Lorsque le club des 5 (sans le chien Dagobert) se lance en 2017 à la recherche de Chantal, disparue, on obtient une première saison de Search Party pétillante qui vacille entre comédie noire et detective story, métaphore d’une génération Y en quête de sens…

Synopsis : Dory, jeune femme timide et frustrée, apprend la disparition de Chantal, une ancienne camarade de classe. Elle développe alors une obsession et entraîne avec elle dans sa quête son copain et ses amis…

Looking for …

Sarah-Violet Bliss a officié sur High Maintenance (made in HBO et non la version web vimeo). Michael Showalter, acteur, humoriste et scénariste/réalisateur (Love, Inside Amy Schumer, The Baxter) est à l’origine du prequel et du futur sequel sur Netflix Wet Hot American Summer. Il y a un décalage flagrant source d’ironie dans Search Party. Surtout lorsque l’héroïne, au nom du poisson chirurgien amnésique amie de Némo, ne correspond à aucun canon de beauté et que ses amis semblent être à l’ouest. On compte le petit ami intello-hipster en stage dans une compagnie d’assurance, lymphatique, le meilleur ami grassouillet maniéré hypocrite et la meilleure amie blonde qui veut devenir célèbre. Ils ont tous la vingtaine passée -presque la trentaine- et cherchent un boulot décent, partagent une ambition artistique démesurée, à être heureux quoi. Le principal défaut de prime abord est que la génération américaine qu’ils représentent manque cruellement de nuances, mais considérons le parti pris comme tel. On dirait les enfants de Carrie Bradshaw pour Portia (sa quête artistique), Charlotte York pour Dory (son pragmatisme et son flegme), Miranda Hobbes pour Drew (son intellectualisme), Samantha Jones pour Elliott (sa superficialité). Et puis toujours ce paradoxe américain : comment peuvent-ils bruncher tous les dimanches et vivre en plein centre-ville avec leurs revenus? On s’était déjà posé la question avec Friends. Que ce doit être hype d’être l' »assistante de vie » d’une épouse de milliardaire ou organisateur de soirée néo-adulescents branchés jusqu’à faire des expos et publier un livre! Tout est possible aux Etats-Unis ! Surtout cumuler des seconds rôles dans des séries B quand on sait comment ici la galère est un euphémisme…

Si l’humour n’est pas aussi acerbe (quoique surfait) que dans Happy Endings, il n’en reste pas moins plus efficace, par la caractérisation des personnages et l’absurdité sensible des situations dans lesquelles ils se retrouvent à vouloir dépister Chantal. Il ne faut pas perdre le fil des indices qui nous font croire en la sombre et mystérieuse disparition et entrer dans le jeu, soit disant dangereux de cette « chasse à l’homme ». Dory est obsédée par cette ancienne amie qu’elle a perdue de vue et maintenant perdue tout court. Si elle reste avec Drew, est-ce par fainéantise ? Comment des personnes aussi différentes peuvent-elles être amies ? L’absurde rejoint le réalisme satirique et indolent d’un certain Woody Allen et surtout l’obscurantisme sentimental de Match Point. L’absurde est plus encore proche d’une sociologie à l’humour noir caractéristique de certains frères Coen et particulièrement les interconnexions anxiogènes de Burn After Reading. Entre The Lady Vanishes et The (Wo)Man Who Knew Too Much, Hitchcock n’est qu’un rappel lointain. Malheureusement, l’originalité est moindre quand on connait l’urbanisme et la crise de la trentaine pour ne citer que FleabagGirls, Master of None, Younger, New Girl, You’re the Worst, ou feu LookingSearch Party ne s’inscrit donc que dans une mouvance dite à la mode, mais propose de réels enjeux derrière sa légèreté et ses péripéties bon marché. Sans oublier les nombreux clins d’oeil à d’autres séries : l’ancienne employeuse de Dory jouée par Judy Gold a la même carrure carrée et démarche désorientée que Maura Pfefferman (jouée par Jeffrey Tambor) dans Transparent, Lorraine paranoïaque jouée par Rosie Perez fait écho au personnage de Lisa Kimmel-Fisher dans Six Feet Under (jouée par Lili Taylor) ou encore la voisine droguée April presque aussi excentrique que Jane Margolis (Krysten Ritter) dans Breaking Bad, sans oublier le métro meurtrier qui a tué Zoé dans House of Cards… Autant dire que les rencontres sont hautes en couleur et jamais gratuites !

Cette quête humaine est avant tout une quête identitaire sur fond d’électro pop et musique ambient composée par Brian H. Kim qui a déjà fait ses armes sur Greek, Switched ou HIMYM (si vous cherchez le titre du thème, c’est « Obedear » du duo canadien Purity Ring). Une recherche existentielle où l’absurdité du XXIème siècle est à ordonnancer pour trouver l’aventure. Pourquoi se façonner des épreuves supplémentaires lorsque trouver un boulot, une relation saine, des amis de confiance ne suffit pas à la génération dite Y ? Lorsque l’on a tout à portée de main, simuler le drame devient appétence ontologique et c’est en cela que la résolution n’est que plus frappante. On ne peut que s’émouvoir devant ce brin de femme aux tâches de rousseur et bouclettes enfantines qui témoigne d’une grande actrice. Alia Shawkat à découvrir sur OCS avant que la saison 2 ne sorte cette année…

CRITIQUE DE LA SAISON 2

Search Party : Fiche Technique

Créateurs : Sarah-Violet Bliss, Charles Rogers et Michael Showalter
Réalisation : Sarah-Violet Bliss, Charles Rogers, Ryan McFaul
Scénario : Sarah-Violet Bliss, Charles Rogers, Michael Showalter, Lilly Burns, Jordan Firstman, Starlee Kine, Robbie Pickering, Samantha Stratton, Christina Lee, Anthony King
Interprétation : Alia Shawkat (Dory), John Reynolds (Drew), John Early (Elliott), Meredith Hagner (Portia), Brandon Micheal Hall (Julian)
Ron Livingston (Keith), Christine Taylor (Gail), Clare McNulty (Chantal), Rosie Perez (Lorraine), Jeffery Self (Marc)…
Photographie : Jonathan Furmanski
Montage : Jon Higgins, Jon Philpot, Laura Weinberg
Décor : Olga Miasnikova
Producteurs : Charles Rogers, Sarah-Violet Bliss, Lilly Burns, Tony Hernandez, Michael Showalter, Anthony King, Christina Lee
Sociétés de production : Jax , TBS Studio
Musique : Brian H. Kim
Chaine de diffusion : TBS , OCS
Genre : Comédie, crime,  » à énigmes »
Format : 10 épisodes de 22 minutes

Etats-Unis – 2017