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Tempête de sable, un film d’Elite Zexer : Critique

Le vent se lève sur le village bédouin du film d’Elite Zexer, mais la Tempête de sable aura beau gronder, le village ne tombera pas.

Synopsis : Les festivités battent leur plein dans un petit village bédouin en Israël, à la frontière de la Jordanie : Suliman, déjà marié à Jalila, épouse sa deuxième femme. Alors que Jalila tente de ravaler l’humiliation, elle découvre que leur fille aînée, Layla, a une relation avec un jeune homme de l’université où elle étudie. Un amour interdit qui pourrait jeter l’opprobre sur toute la famille et contre lequel elle va se battre. Mais Layla est prête à bouleverser les traditions ancestrales qui régissent le village, et à mettre à l’épreuve les convictions de chacun.

La domination masculine

Pierre Bourdieu a étudié les rapports de pouvoir entre les sexes dans toute son œuvre, et c’est sous le titre volontairement accrocheur de La domination masculine qu’il a synthétisé l’ensemble de sa pensée. Il expose dans ce livre le poids des codes sociaux auxquels chaque entité « femme » ou « homme » est amenée à se conformer, par la reproduction insidieuse de comportements qui maintiennent un statu quo inégalitaire au service d’une société patriarcale hégémonique. Tempête de sable d’Elite Zexer offre une démonstration parfaite de situations décrites par le sociologue. Nous sommes introduits in medias res au sein des festivités organisées pour le second mariage du père de la famille (la raison n’est pas explicitement donnée, mais on peut facilement soupçonner que l’absence d’héritier mâle parmi sa descendance soit une motivation suffisante). Cette scène initiale est assez chaotique. Le choix de la réalisatrice de laisser son public tâtonner pendant quelques minutes en ne délivrant les informations qu’au compte-goutte et en brouillant les pistes, (le père est présenté comme un parent aimant et complice avec ses filles) est judicieux. En effet, en ménageant ses révélations, elle rend leur impact plus violent lorsque nous comprenons vers quoi nous allons. Passée cette première scène et une fois l’élément perturbateur annoncé (très tôt dans l’intrigue), Tempête de sable adopte les traits du documentaire pour se pencher sur le quotidien des femmes dans cette société et sur le rôle qu’elles y tiennent.

C’est un portrait choral au féminin que dresse Zexer. La cinéaste montre habilement les différentes phases de la vie de fille à celle de femme. Tandis que les plus jeunes bénéficient d’une certaine liberté, indifférence habituelle de l’adulte vis à vis de l’enfant, dès que la petite fille devient jeune fille, elle devra se soumettre au pouvoir régalien des hommes. La femme mariée quant à elle fait preuve de résilience et de résignation. La cinéaste filme le travail domestique, la vie astreignante des femmes, condamnées à la maison. Les filles vont à l’école, on le voit, mais au-delà d’un certain âge, cela semble incongru : « Pourquoi elle étudie ? » demande un homme étonné au père de Layla, la fille aînée de la famille. Les femmes mariées ne travaillent pas, pourquoi donc faire des études puisque c’est leur mari qui les entretiendra ? Assignées par leur naissance à une caste subalterne, les femmes évoluent sans cesse sous le joug masculin, qu’il soit paternel ou marital. Elles ne sont pas maîtresses de leur propre existence et s’assimilent à une forme de sous-humanité qu’elles participent à reproduire. La réaction de Jalila, la mère est à ce sens symptomatique : elle agit de manière coercitive à l’encontre de sa fille afin de maintenir un ordre social qui n’est en aucun cas profitable aux femmes. La puissance du corps social broie toute velléité individuelle. Dans ce tableau désespérant, y-a-t-il la possibilité d’une résistance ?

Jalila est l’héroïne de Tempête de sable, le personnage le plus intéressant et complexe. Si Layla est celle par qui le scandale arrive, elle semble n’avoir aucune idée de la portée de ses actes. Elle s’aveugle complètement et n’envisage son salut que par l’entremise d’un homme qui lui donnera l’autorisation d’agir. Le père admiré fait apparaître la mère bien insignifiante, et c’est pourtant d’elle seulement que pourra venir l’émancipation. Jalila est le protagoniste qui évolue le plus au cours du film, et c’est elle qui ébranle l’édifice patriarcal. On croit un moment que cet élan féministe l’emportera, mais la suite de l’intrigue foule cet espoir au pied ; c’est encore une fois la femme sacrifiée qui gagne, l’émancipée attendra.

Si Tempête de sable est incontestablement une critique virulente d’une société gangrenée par des siècles de patriarcat, modèle de société dominant partout dans le monde, la cinéaste propose une vision très noire de la condition féminine. Sans tomber dans l’angélisme et le happy end consensuel, présenter des personnages féminins forts, dont la préoccupation principale ne serait pas l’hyménée est un acte tout autant essentiel que la condamnation corrosive opérée par Elite Zexer. C’est la plus grande faiblesse de Layla qui,  en tant que jeune femme éduquée, aurait pu présenter des motivations autrement plus complexes et radicales que se limiter à cette opposition amoureuse rancie ; la liberté pour elle-même plutôt que le passage d’une tutelle masculine à une autre.   C’est un geste crucial pour le cinéma de créer des personnages de femmes libres parce que c’est encore trop souvent une initiative subversive.

Tempête de sable : Bande annonce

Tempête de sable : fiche technique

Titre original : Sufat Chol
Réalisatrice : Elite Zexer
Scénario : Elite Zexer
Interprétation : Lamis Ammar (Layla), Ruba Blal (Jalila), Hitham Omari (Suliman), Khadija Al Akel (Tasnim), Jalal Masrwa (Anwar)…
Musique: Ran Bagno
Image : Shai Peleg
Montage : Ronit Porat
Producteurs : Haim Mecklberg, Estee Yacov-Mecklberg
Producteurs exécutifs : Leon Edery, Moshe Edery, Ygal Mograbi, Rami Yehoshua
Distribution : Pyramide Distribution
Récompenses : European Film Awards – Prix du Cinéma Européen 2016
Durée : 87 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 25 janvier 2017
Israël – 2017
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Gérardmer 2017 : Clap de fin avec les films Keeper of Darkness et Grave

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Après cinq jours de festival, il est temps de dire au revoir à la belle ville de Gérardmer pour cette année 2017. Mais avant de partir, encore deux films ont pu être visionnés, la sensation Grave et un film d’exorciste hongkongais.

[Compétition] Grave de Julia Ducournau (France, Belgique, 2016)

On ne dira jamais assez tout le bien que l’on peut penser de Grave, le premier film de Julia Ducournau. Véritable phénomène ayant déjà tout dévasté sur son passage au FEFFS et au PIFFF entre autres, le film se pose réellement comme le renouveau du film de genre en France. Prenant un thème plutôt commun aux teen movies, qui est l’éveil de soi et une découverte de son corps, Grave décide de traiter tout cela d’une façon originale et frontale avec l’angle du cannibalisme. La jeune Justine, archétype de la fille ingénue et encore innocente, se voit donc confronter à ses instincts les plus primaires après avoir ingurgité un rein de lapin lors d’un bizutage. Grave aura secoué les audiences, par son aspect particulièrement cru. Le traitement viscéral et charnel de la métamorphose de Justine est d’une forte intensité, et contraste avec l’atmosphère un peu plus légère que peut proposer le long-métrage à certains moments (notamment lors des interventions de Adrien, le colocataire). Grave est un film à la fois malin et possédant un caractère très borderline, sans jamais tomber dans le grotesque, le tout couplé à une certaine portée féministe. Garance Marillier et Ella Rumpf n’auraient pas pu être à la fois aussi semblables et aussi différentes, et leur alchimie fonctionne à la perfection. Il n’est donc pas étonnant de voir Grave, repartir des Vosges avec le Grand Prix (ainsi que le Prix de la Critique), tellement il a réussi à apporter une fraîcheur qui manquait cruellement au cinéma de genre français.

Réalisé par Julia Ducournau avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Naït Oufella Rabah, Laurent Lucas, Joanna Preiss. Sortie en salles le 15 mars 2017.

[Hors compétition] Keeper of Darkness de Nick Cheung (Hong-Kong, 2015)

Après de nombreuses productions anglophones, il est temps de finir le festival sur une œuvre asiatique et plus précisément venue de Hong-Kong. Keeper of Darkness est le deuxième film de Nick Cheung, qui campe également le personnage principal. Le synopsis peut très vite faire penser à la série américaine Ghost Whisperer, en effet Fatt est un exorciste particulier qui entre en contact avec les esprits et essaie de leurs faire oublier leurs douleurs et rancœurs. Bien évidemment, les esprits sont ici beaucoup plus colérique que dans la série de Jennifer Love Hewitt. Fatt va être confronter au fantôme d’un homme dont la famille a été brûlée vive et qui se met à assassiner tout les exorcistes du coin. Keeper of Darkness est un film qui porte la marque de fabrique du cinéma hong-kongais à bien des égards, que cela soit au niveau de ses effets spéciaux, de ce traitement du mysticisme ou encore dans sa direction d’acteurs. Cocktail d’action, d’humour et de romance, flirtant à de nombreux moments avec le kitsch, Keeper of Darkness est une petite sucrerie. Le film possède de nombreux défauts, mais cette imperfection lui apporte un certain charme. On a bien évidemment ces CGI pas tellement au point et qui témoigne du manque de moyen, et on aurait pu éviter cette avalanche de niaiserie dans ces dernières minutes. Le long-métrage de Nick Cheung reste tout de même une belle façon de terminer cette 24ème édition du Festival de Gérardmer.

Réalisé par Nick Cheung avec Nick Cheung, Amber Kuo, Louis Cheung, Sisley Choi. Date de sortie inconnue.

C’est donc sur ces deux films que la présence de Cineseries-mag au festival de Gérardmer touche à sa fin. Pour cette 24ème édition, la programmation a été globalement de bon niveau avec des films de genre très différents allant du film d’infectés, au film d’horreur oppressant en passant par une science-fiction intelligente. Le palmarès reflète plutôt bien les avis de la rédaction, entre Grave, vainqueur mérité du Grand Prix ou The Girl with all the gifts qui a réussi à obtenir le plébiscite du public. Gérardmer reste donc une très belle occasion de découverte avec des œuvres de tous horizons dont certaines n’obtiendront malheureusement pas la distribution méritée, mais c’est un peu ça la beauté de festivals comme celui-ci, cet aperçu de petites pépites inconnues.

Gérardmer 2017 : Courts métrages, The Girl with all the gifts et hommage à Kiyoshi Kurosawa

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Gérardmer 2017 : avant-première du nouveau film de l’invité d’honneur de cette année Kiyoshi Kurosawa, Le secret de la chambre noire et les courts métrages qui sont mis sous les projecteurs avec la présentation des 5 films qui vont s’affronter pour le prix du jury

[Compétition Courts métrages]

Cette année, cinq courts métrages français vont donc se disputer le prix du meilleur court. Un prix qui sera délivré par un jury présidé par le réalisateur français Xavier Palud qui a travaillé notamment sur des séries telles que Braquo et dans lequel on retrouve l’acteur Swann Arlaud ou encore l’actrice Constance Rousseau qui joue dans le film de Kurosawa présenté plus tard dans cette soirée.

La sélection propose des courts très différents, dans la durée, variant de 7 à 30 minutes, dans les thèmes traités, dans la façon de le faire également et dans les moyens mis à disposition. Le premier présenté est Limbo, une coproduction franco-grecque tournée dans la langue hellénique. Réalisé par Konstantina Kotzamani, Limbo est typiquement le film qui se veut arty mais qui n’en a pas l’envergure. Pendant 30 minutes on suit une troupe d’enfants et un albinos dans des images contemplatives qui ne mènent à rien. De quoi mal démarrer cette séance : de là, plusieurs personnes ont abandonné l’épreuve ! Par malchance, la deuxième œuvre proposée ne relèvera pas foncièrement le niveau. Marée basse de Adrien Jeannot a au moins le mérite d’être court (7 minutes), en plus d’être un film fait avec peu de moyens. Parlant du thème de la peur de l’étranger avec autant de finesse qu’un Michael Bay, le film raconte l’histoire d’un homme protégeant sa plage de l’invasion de monstres sous les ordres du gouvernement. Sous-texte intéressant mais très mal traité. Place ensuite à un film d’étudiants de l’ESRA, le collectif de la Mouche, Margaux traite de l’adolescence et de la découverte de la sexualité. Pas de doute, on remarque très vite qu’on se trouve face à un film d’étudiants, l’idée est sympathique mais le traitement est parfois maladroit. La fin ouverte est plutôt plaisante, mais certaines actrices ne sont pas au niveau. On se trouve face à une ébauche qui a du mérite et qui témoigne d’un certain potentiel. Une découverte honnête. On ne peut pas en dire autant du quatrième court métrage. Le plan réalisé par Pierre Teulières donne l’impression d’être un morceau de film pris au hasard. Le réalisateur parlait en début de présentation d’un film d’ambiance, mais cette ambiance n’arrivera jamais au cours des 13 minutes à vraiment s’installer. On assiste à quelque chose déjà vu des millions de fois et le design de la bête n’aide pas du tout à ça. Après quatre films de qualité globalement faible ayant causé le désistement de nombreux festivaliers, on attendait beaucoup du dernier pour essayer de rattraper la sélection. Heureusement, Please Love me Forever de Holy Fatma est l’œuvre providentielle qui a redonné de l’enthousiasme à toute la salle. En moins de 30 minutes, la réalisatrice nous transporte dans son univers loufoque si particulier. Dès les 3 premiers plans, on retrouve plus d’idées de cinéma que dans les 4 autres concurrents réunis. Drôle et féerique, avec une esthétique baroque très colorée, un traitement des relations mères-filles et de la vision de l’amour à l’adolescence, Please Love me Forever réussit haut la main tout ce qu’il entreprend. Un véritable régal.

[Compétition] The Girl with all the gifts de Colm McCarthy ( Royaume-Uni, 2016)

Après les courts métrages, retour à la très disputée compétition des longs métrages avec l’une des plus belles surprises de cette édition. The Girl with all the gifts est un film d’infectés lorgnant beaucoup vers des œuvres telles que 28 jours plus tard ou le jeu vidéo The Last of us dont il est difficile de renier la ressemblance. Un agent pathogène contenu dans un champignon touche en effet la population qui se retrouve transformée en monstres attirés par la chair humaine. Un groupe de recherche effectue des expérimentations sur des enfants affectés par l’élément pathogène et qui pourraient être la clé nécessaire à la création d’un vaccin. Malgré ces similitudes, The girl with all the gifts est un film détonnant. Avec ses personnages développés et empathiques, son rythme à la fois très nerveux comme en témoigne l’impressionnante séquence d’attaque du centre de recherche et qui sait se poser à certains moments, il en résulte un film de genre à l’efficacité percutante. Si l’on ajoute à ça une ambiance post-apocalyptique très bien retranscrite, que ça soit dans la survie des personnages ou dans les effets spéciaux offrant des visuels de villes reprises par la nature, le travail derrière le film se fait clairement ressentir. Le petit message écologique, montrant que l’homme n’est pas forcément la créature qui doit décider pour tout le reste, couplé à la réflexion sur certains concepts (comme le démontre cette belle utilisation de l’expérience du chat de Schrödinger) offrent une certaine portée au film qui va au-delà du simple divertissement. Servi par un casting d’acteurs anglais reconnus parmi lesquels Gemma Arterton, Glenn Close ou Paddy Considine et la fraîcheur de la jeune Sennia Nanua, The girl with all the gifts se présente comme une des meilleures expériences de la compétition et pourrait espérer repartir avec un petit prix.

Réalisé par Colm McCarthy avec Gemma Arterton, Sennia Nanua, Paddy Considine, Glenn Close. Date de sortie inconnue.

[Hors compétition] Le secret de la chambre noire de Kiyoshi Kurosawa (France, Belgique, Japon, 2016)

En ce samedi soir, le festival de Gérardmer a donc payé son hommage au metteur en scène Kiyoshi Kurosawa. Après une très belle présentation de la part de Jean-François Rauger, parlant du cinéma du réalisateur nippon alimenté par les peurs, les fantômes, tout en offrant une exploration des recoins sombres de l’âme humaine, suivie par un petit discours de Kurosawa avec une sympathique métaphore entre son cinéma et le lac gelé de Gérardmer, il était temps de découvrir en avant-première son nouveau film, Le Secret de la Chambre Noire. Et si l’avenir du cinéma français se trouvait dans les réalisateurs étrangers ? C’est une question que l’on peut se poser car après l’ouragan Elle de l’an dernier, on assiste ici avec l’œuvre de Kiyoshi Kurosawa à un autre tour de force. Il va être difficile de rendre l’hommage dû à ce film en si peu de lignes et sans véritablement trop en dévoiler, tellement Le Secret de la Chambre Noire peut se prêter à de nombreuses analyses. Une chose est sûre, le film transpire le cinéma de Kurosawa, que cela soit dans sa forme avec son rythme lent et contemplatif et à la mise en scène millimétrée ou dans ses thématiques. Fantômes hantant les protagonistes, peur du changement et de faire face au présent et la culpabilité, les obsessions du cinéaste japonais sont bel et bien là. À la fois maline, angoissante, fascinante, cette aventure française n’est pas une oeuvre facile d’accès comme en témoignent certains retours récoltés à la sortie de la séance, mais qui une fois embrassée se révèle d’une grande richesse et d’une impressionnante maîtrise. C’est un film qui mérite de se pencher dessus et qu’il faut laisser mûrir. Le mieux est de finir par un petit mot sur le casting très particulier, si Tahar Rahim et Olivier Gourmet offrent de belles prestations, celle de Constance Rousseau peut diviser, mais son aspect ingénue lui confère un certain charme. Le cinéma de Kiyoshi Kurosawa s’est parfaitement adapté à l’occident.

https://vimeo.com/198071487

Réalisé par Kiyoshi Kurosawa avec Tahar Rahim, Constance Rousseau, Olivier Gourmet, Mathieu Amalric. Sortie en salles le 8 mars 2017.

Demain est donc déjà le dernier jour de cette 24ème édition du festival de Gérardmer. Grave est le dernier film à entrer dans la compétition, et l’on saura enfin le palmarès en début de soirée. Une dernière journée qui n’empêchera pas de découvrir encore quelques films hors compétition.

Le Cobaye bientôt adapté pour les besoins d’une série en réalité virtuelle

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Le film bis de science-fiction Le Cobaye (Lawnmower Man) de Brett Leonard, sorti en 1992, avec Pierce Brosnan pourrait connaître une nouvelle adaptation pour les besoins d’une série. Le format de ce programme risque d’en surprendre plus d’un. Le Cobaye devrait en effet être destiné aux casques de réalité virtuelle.

L’univers du film Le Cobaye pourrait bien être adapté pour les besoins d’une série. La grande surprise de ce programme concerne son format. La nouvelle adaptation de Lawnmower Man sera effectivement destinée aux casques de réalité virtuelle.

Ce nouveau marché pourrait être porteur de fictions courtes et de programmes innovants très immersifs dans les années à venir. Le prix très onéreux des casques, les risques d’addiction et l’isolation des utilisateurs sont des freins assez importants pour cette technologie qui tente de se démocratiser avec notamment les nouvelles générations de consoles et leurs casques de réalité virtuelle.

Le scénario du film d’origine était directement lié à cet univers fascinant. Un homme simple d’esprit faisait l’objet d’une expérience scientifique, basée sur la réalité virtuelle et menée par le personnage de Pierce Brosnan. L’intelligence du cobaye se développe de manière exponentielle. Il va même commencer à acquérir des pouvoirs parapsychologiques. Cette avancée prodigieuse et ces progrès scientifiques ne seront pas sans conséquences. Son équilibre mental et sa réalité seront de plus en plus perturbés. Une suite assez médiocre du film était sortie en 1996 sous la direction de Farhad Mann.

D’après des informations de RoadtoVR, relayées par IGN, la société de production VR Jaunt aurait conclu un accord avec les détenteurs des droits du film d’origine, Jim Howell et Rupert Harvey. La société VR Jaunt devrait produire dans les mois à venir un programme de plusieurs épisodes destiné aux casques de réalité virtuelle. Aucune date de sortie n’a encore été communiquée. Aucun nom de comédiens n’a encore filtré également.

La production  de la toute première version du Cobaye prétendit que le film était basé sur une nouvelle de Stephen King (La Pastorale). L’histoire de ce récit est pourtant totalement différente du scénario du Cobaye. Le maître de la littérature fantastique ira même jusqu’à intenter un procès pour régler ce différend. Il souhaitait que son nom soit retiré de l’affiche. Stephen King a d’ailleurs gagné ce procès.

En cas de succès, ce programme en réalité virtuelle pourrait rebattre les cartes du marché et du mode de consommation des séries. La série Le Cobaye pourrait donner des idées à des sociétés de production et déboucher sur des projets fous dans les années à venir : Walking Dead, Star Wars, Game of Thrones, Breaking Bad, Better Call Saul et Plus belle la vie en formats courts pour des épisodes inédits et immersifs en réalité virtuelle !

Le Cobaye (Lawnmower Man) : Bande Annonce (VF)

The Predator : Jacob Tremblay va décoder le langage énigmatique des chasseurs de l’espace

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De nouvelles informations ont été dévoilées sur le casting et le contenu du long-métrage ambitieux de Shane Black, The Predator. Le comédien Jacob Tremblay, connu du grand public pour sa performance remarquée dans Room, pourrait occuper un rôle clé et percutant dans l’intrigue de ce blockbuster attendu pour 2018 par tous les fans de SF et d’action !

La nouvelle adaptation de la licence phare Predator s’annonce de plus en plus prometteuse. D’après des informations de Den of Geek, la production n’aurait pas cédé à la grande mode des remakes, des préquelles ou des reboots. Shane Black, le réalisateur qui a également co-écrit le scénario, a indiqué aux médias américains que The Predator serait «  une suite inventive ».

Shane Black a réalisé ces dernières années des films d’action acclamés par la critique : Iron Man 3The Nice Guys et Kiss Kiss Bang Bang. Les fans hardcore de la saga Predator sont d’ores et déjà rassurés concernant le traitement respectueux que devrait réserver Shane Black dans ce nouveau film à l’univers culte de la créature extraterrestre qui a donnée tant de fil à retordre à Arnold Schwarzenegger et Danny Glover. Shane Black a en effet déjà participé au tournage d’un film de la licence Predator en tant qu’acteur. Il a effectivement incarné Hawkins, le soldat à lunettes et grand spécialiste des petites blagues, dans le tout premier film Predator de John McTiernan.

D’après de récentes informations de la rédaction de The Hollywood Reporter, le jeune comédien Jacob Tremblay a rejoint le casting. Il devrait même avoir un rôle important au sein du film. Il incarnera le fils du personnage principal : un ancien Marine qui découvre l’existence d’extraterrestres belliqueux. Personne n’arrivera à croire à sa terrible révélation et en l’existence de ces créatures venues de l’espace. L’action de The Predator devrait se dérouler dans une zone périphérique, dans la banlieue d’une grande ville située en Amérique du Nord.

Le rôle de Jacob Tremblay s’annonce d’ores et déjà fascinant. D’après des informations de Bloody Disgusting, le jeune fils de cet ancien Marine serait autiste et le souffre-douleur de toute sa classe. Le personnage de Jacob Tremblay pourrait pourtant devenir un acteur déterminant dans la lutte et la survie de l’humanité face aux Predators. Il serait doté d’une habilité exceptionnelle, voire surnaturelle, dans l’apprentissage des langues, malgré son autisme. Jacob Tremblay devrait en effet déchiffrer le dialecte énigmatique et mystérieux des créatures venues de l’espace. Les spectateurs découvriront ainsi les méthodes de communication des Predators. Cet élément surprenant ajoute une nouvelle dimension à la franchise et promet de belles surprises, même si nous risquons d’être assez éloignés du sympathique E.T., au vu de la dangerosité des aliens restés célèbres dans l’imaginaire collectif pour leurs dreadlocks, leur visage terrifiant, leur arsenal sophistiqué et leurs masques impressionnants.

Le tournage du film va débuter à Vancouver dans les semaines qui viennent, en février 2017. A la manière d’Alien Covenant, l’invasion extra-terrestre pourra finalement bien être avancée dans les salles obscures pour le plus grand bonheur des amateurs de science-fiction. Initialement prévu pour le 2 Mars 2018, The Predator pourrait être disponible en salles aux USA dès le 9 février 2018, d’après des informations de Den of Geek.

Le film devrait être classé R aux USA, selon les propres mots de Shane Black. Cette classification pour un public adulte et mature est synonyme de contenus graphiques explicites dans le film. Le terrain de chasse du Predator risque donc d’être ponctué de scènes d’action assez violentes et gores.

D’après des révélations de The Hollywood Reporter, le casting du film sera complété par Thomas Jane, Olivia Munn, Sterling K. Brown, Trevante Rhodes, Keegan-Michael Key et Boyd Holbrook. En revanche, toujours aucune nouvelle sur la présence éventuelle de Benicio Del Toro ou du rappeur 50 Cent.

Une rumeur folle évoquerait même la possible présence d’Arnold Schwarzenegger dans ce tout nouveau film et le retour de son personnage légendaire Dutch Schaefer.

La nouvelle version de Predator de Shane Black est donc attendue pour 2018 par une cohorte de fans impatients. Twentieth Century Fox pourrait signer un succès triomphal au box-office avec ce long-métrage et relancer cette licence phare des années 1980.

 

Resident Evil : Chapitre Final, un film de Paul W. S. Anderson : Critique

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Commencée 15 ans plus tôt, l’aventure de l’iconique héroïne Alice (jouée par Milla Jovovitch) touche à sa fin avec Resident Evil : Chapitre Final, de Paul W. S. Anderson.

Synopsis : À la suite des précédents événements, l’humanité vacille après qu’Alice a été trahie par Albert Wesker à Washington D.C. En tant que dernière survivante de ce qui devrait être le dernier rempart de l’humanité face aux hordes de zombies, Alice doit retourner là où le cauchemar a commencé, à Raccoon City où Umbrella Corporation rassemble ses forces pour un dernier assaut sur les derniers survivants de l’Apocalypse. Dans une course contre la montre, Alice joint ses forces à d’anciens amis et à un allié inattendu pour une bataille contre les hordes de zombies et les monstres mutants. Entre la perte de ses pouvoirs et les attaques d’Umbrella, ce sera l’aventure la plus difficile d’Alice tandis qu’elle se bat pour sauver l’humanité, à un souffle de l’oubli.

S’ouvrant comme à l’accoutumée par un monologue d’Alice narrant tout ce qui a pu se passer jusqu’au dernier cliffhanger, son récit s’achève cette fois-ci autrement, par « Je m’appelle Alice et ceci est mon histoire, la fin de mon histoire ». Une introduction qui annonce donc la fin de la série de films adaptée du jeu vidéo homonyme L’intrigue qui démarre juste après les événements qui se sont déroulés dans Resident Evil : Retribution (sorti en 2012), tourne autour d’un vaccin au T-Virus (propagé dans le monde par Umbrella Corporation et à l’origine de l’apparition des zombies). Annoncé par le programme d’intelligence artificielle « Red Queen » représenté sous la forme d’une petite fille en hologramme (interprétée par la fille de 9 ans de Milla Jovovitch, Ever Gabo Anderson), ce vaccin, capable de stopper la propagation du T-Virus et de sauver les quelques milliers d’humains qui restent sur Terre, se trouve à Raccoon City dans le Hive (le laboratoire sous-terrain où a été créé le T-Virus). Ainsi, avec deux jours pour se rendre dans ce ground zero où le cauchemar apocalyptique a commencé et sauver le monde, un dernier périple attend notre ex-agent d’Umbrella Corporation, Alice.

On dénombre deux parties bien distinctes dans le film. Une première partie, plutôt fidèle au jeu vidéo et largement inspirée de Mad Max : Fury Road de George Miller, voit notre belle héroïne sous fond d’esthétisme post-apocalyptique combattre des mutants que les fans de la première heure avaient déjà eu la courtoisie de rencontrer lors des films précédents, mais aussi on la voit combattre des antagonistes aux traits familiers comme les agents d’Umbrella Corporaton et le Docteur Alexander Isaacs (Iain Glen – Game of thrones, Downtown Abbey, Lara Croft : Tomb Raider…). Sur son chemin, le dernier espoir de l’humanité rencontre une ancienne alliée, Claire Redfield (Ali Larter – Heroes, Pitch…), et son escadron de survivants : Abigail (Ruby Rose – Orange is the new black, xXx : Reactivated), « Doc » (Eoin Macken – The Night Shift, Merlin), Michael (Fraser James – 24, Londres police Judiciaire) et Christian (William Levy – Single Ladies, La Tempestad). Néanmoins, cette bande s’avère particulièrement incompétente dans la lutte d’Alice contre les zombies et Umbrella Corporation, allant même jusqu’à la ralentir. Un fait qui résume malheureusement bien la narration développée dans la seconde partie du film, plus tournée vers la bataille finale entre Alice et son ancien employeur.

Paul W.S. Anderson (Pompeï – 2014 ; Les Trois Mousquetaires – 2011 ; Alien vs Predator – 2004 ; Mortal Kombat – 1995…), époux de Jovovitch et réalisateur de quatre sequels de la franchise, déclarait lors d’une interview que ce chapitre final n’était pas juste un retour physique à Raccoon City pour Alice mais qu’il s’agissait aussi d’un retour émotionnel dans l’endroit même où elle s’était réveillée il y a 15 ans de cela. Les fans auraient des réponses aux interrogations soulevées au fur et à mesure des années (Qui est Alice ? Pourquoi a-t-elle perdu la mémoire ? Pourquoi Umbrella Corporation a créé un virus pour exterminer l’humanité ? Qui est Red Queen ?). Ces questions trouvent des réponses lors de la seconde partie du film. Toutefois, on reste sur notre faim et la vérité sur l’identité d’Alice nous indiffère presque, tant elle est négligemment exposée.

Aussi, fort d’un montage excessivement et effroyablement décousu et incohérent des scènes d’action, Resident Evil : Chapitre Final ne s’en sort que par des effets spéciaux spectaculaires et par la grâce athlétique de Milla Jovovitch. Cependant, est-ce assez pour d’honnorables adieux à notre héroïne ? Peut-être pas, mais les fans devront s’en contenter. Un au revoir au goût amer avez-vous dit ?

Resident Evil : Chapitre Final : Bande Annonce 

Resident Evil : Chapitre Final : Fiche Technique 

Réalisation : Paul W. S. Anderson
Scénario : Paul W. S. Anderson
Interprétation : Milla Jovovitch (Alice Prospero/Alice Marcus), Ali Larter (Claire Redfield), Shawn Roberts (Albert Wesker), Iain Glen (Dr. Alexander Isaacs), Ever Gabo Anderson (Alicia Marks/Queen Red), Eoin Macken (Doc), Ruby Rose (Abigail), William Levy (Christian), Fraser James (Miachel), Joon-Gi Lee (Lee)…
Musique : Paul Haslinger
Producteurs : Paul W. S. Anderson, Robert Kulzer, Jeremy Bolt, Don Carmody et Alexander Dostal
Productions : Constantin Film, Davis Films et Impact Pictures
Distribution : Metropolitan Filmexport
Durée : 106 minutes
Genre : Action, Horreur, Science Fiction
Date de sortie : 25 janvier 2017

États-Unis – 2016

Riverdale, une série développée par Roberto Aguirre-Sacasa : Critique du pilote

Sur des personnages d’un Comics qui date d’après-guerre, Riverdale, à mi-chemin entre True Blood, Twin Peaks, Dawson, Desperate Housewives et l’univers cinématographique de Twilight vs Nicolas Winding Refn, recycle une formule à succès.

Synopsis : Sous ses airs de petite ville tranquille, Riverdale cache en réalité de sombres secrets. Alors qu’une nouvelle année scolaire débute, le jeune Archie Andrews et ses amis Betty, Jughead, et Kevin voient leur quotidien bouleversé par la mort mystérieuse de Jason Blossom, un de leurs camarades de lycée. Alors que les secrets des uns et des autres menacent de remonter à la surface, et que la belle Veronica, fraîchement débarquée de New York, fait une arrivée remarquée en ville, plus rien ne sera jamais comme avant à Riverdale…

On ne peut ni reprocher le stéréotype et le message clairement vain et superficiel voire surréaliste, ni s’enthousiasmer face à une maîtrise visuelle et scénaristique qui a déjà fait ses preuves, car ce nouveau drame teenage à l’atmosphère lynchienne post-contemporaine, conscient de son actualité, est prêt à devenir un réel succès. Les personnages sont moulés et calibrés, sur un cahier des charges situé entre True Blood et Desperate Housewives, et pris dans des situations mélodramatiques rappelant le classique de Kevin Williamson qui a marqué la génération précédente (la Y, car l’adresse est à présent pour la Z, née entre 1995 et les années qui suivirent l’attentat du 11 septembre), Dawson par l’ambiguïté des sentiments amoureux pour deux amis hétérosexuels adolescents, sans oublier l’arrivée de la new-yorkaise au passé sulfureux prête à changer de vie et devenir gentille… Il faut un gay, cela semble toujours tendance et puis la cible est plus grande; des roux, peu importe si le shampoing colorant se voit; des neon demons calqués sur le groupe Fifth Harmony (qui, soyons d’accord, découle des Pussycats Dolls, qui elles-même tiennent des Destiny’s Child…), le tout servi par une photographie d’excellente facture sur un scénario de roman de gare moderne. Le créateur et showrunner Roberto Aguirre-Sacasa est très sensible à cette ambiance électrique, aux états d’âme twilightesques, puisqu’il a contribué à l’écriture sur Glee, l’adaptation de Carrie, Looking ou encore l’adaptation musicale d’American Psycho de Bret Easton Ellis. De plus, après avoir écrit de longues années pour Marvel Comics (The Fantastic Four, Nighcrawler, The Sensational Spider-Man), il devient directeur de la création d’Archie Comics après avoir imaginé en 2013 « Afterlife with Archie » dépeignant Riverdale ravagée par des zombies.

Un corps disparu dans une rivière, de riches familles, un héros trop parfait pour être crédible (musicien talentueux, la frontière avec Glee risque d’être poreuse / excellent joueur / ouvrier assidu / fils aimant et respectueux élevé par un père célibataire) et des secrets prêts à exploser tel du maïs soufflé. Les références ne rentrent pas dans le moule, à l’instar d’un La La Land qui reprend un maximum de classiques pour tenter de se les approprier. Mais on ne peut cependant tourner de l’œil ou cracher sur cette copie télévisuelle, car il est certain qu’un envoûtement agit sur notre plaisir de spectateur aguerri. D’autant plus, lorsqu’on comprend le lien avec la série d’animation, que seuls ceux qui suivaient assidûment tous les mercredis M6 Kid (encore cette « foutue génération Y ») peuvent connaître, Archie, mystères et compagnie. Riverdale est en effet une adaptation des Archie Comics, qui propose dès 1941, pour contrer les publications de super-héros qui perdent de leur lectorat après-guerre, les aventures d’un adolescent roux du nom d’Archibald Andrews qui finira par avoir son propre comic book en 1945. Quelques comics dans le même style, comme Sabrina, l’apprentie sorcière ou Josie et les Pussycats, sont aussi proposés. On connait le sort du premier au cours des années 90 et repris sur KD2A le matin sur France 2, moins le deuxième… Ainsi, on admet plus facilement l’américanisation des noms, l’univers teenage à excès, en aucun cas à considérer en exemple. Pire encore, on se laisse surprendre à apprécier grâce, principalement, à la réalisation et à la photographie qui proposent à elles-deux de véritables enjeux. Le public américain semble lucide, car seuls 1,37 millions de téléspectateurs étaient devant leurs postes à 21h. Heureusement que Netflix a flairé le succès et la propose en US+24.

Riverdale pose un paradoxe qui vacille entre ton ridiculement naïf et qualités cinématographiques indéniables. La génération Y ne croira plus à l’énième décor en carton pâte, dans ce lycée américain aseptisé, tant elle a eu affaire à des milliers d’exemples auparavant, mais pourra se laisser surprendre par le style certain néo(n)-vampirisant qui réunit tout ce qu’il peut réunir (univers musical, thriller, drame familial et sentimental, récit initiatique, policier, teen-movie). Les moins de 20 ans ne peuvent que se délecter de ce très joli produit superficiel, bon enfant toujours, qui redorera à coup sûr le blason de la CW. 

Riverdale : Bande Annonce

Riverdale : Fiche Technique

Créateur : Roberto Aguirre-Sacasa (d’après les personnages Archie Comics créés par John L. Goldwater, écrit par Vic Bloom et dessinés par Bob Montana)
Réalisation : Lee Toland Krieger
Scénario : Roberto Aguirre-Sacasa
Interprétation : K.J. Apa (Archie Andrews),  Lili Reinhart (Betty Cooper), Camila Mendes (Veronica Lodge), Cole Sprouse (Jughead Jones), Marisol Nichols (Hermione Lodge), Madelaine Petsch (Cheryl Blossom), Ashleigh Murray (Josie McCoy), Mädchen Amick (Alice Cooper, Luke Perry (Fred Andrews)…
Direction artistique : Simone Gore
Image : Stephen Jackson, David Lanzenberg
Musique : Blake Neely
Production : Roberto Aguirre-Sacasa, Greg Berlanti, Jon Goldwater, Sarah Schechter
Sociétés de production : Berlanti Productions, Archie Comics Publications, CBS Television Studios, Warner Bros. Television
Genre : Crime, Teen Drama, Thriller
Format : 13 x 42 minutes
Chaine d’origine : the CW
Diffusion aux USA : 26 Janvier 2017 – en US+24 sur Netflix

Etats-Unis – 2017

Gérardmer 2017 : clown tueur, autopsie, cryogénisation et morts vivants

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Au cours de cette deuxième journée sous la neige vosgienne du festival international du film fantastique de Gérardmer 2017, 4 films en compétition dont le premier long métrage du réalisateur de Spider-Man Homecoming, un cadavre mystérieux, un pastiche de Jane Austen et une revisite du mythe de Frankenstein.

[Compétition] Clown de Jon Watts (Etats-Unis, Canada, 2015)

Rien de mieux qu’une petite production estampillée Eli Roth pour bien démarrer une journée de films fantastiques. Clown, réalisé par Jon Watts sorti en 2015, démarre avec un postulat plutôt cocasse. Un agent immobilier se voit obligé de jouer le clown à l’anniversaire de son fils pour palier l’absence de celui précédemment engagé. Pour cela, il trouve un ancien costume dans une maison en vente, mais pas de chance pour lui, ce costume est ensorcelé et il va très vite se retrouver dans l’incapacité de l’enlever. Bien évidemment, Clown est un film à déconseiller à tous les coulrophobes. Inventant une mythologie très sombre et folklorique au personnage du Clown, qui est soi-disant dérivé d’un démon scandinave mangeur d’enfants, il est tout naturel que notre pauvre homme va très vite se mettre à la recherche de chers petits marmots pour les dévorer. Le scénario est d’une bêtise assez consternante, et les acteurs sont loin d’aider à la chose, notamment la femme et le petit voyou. Les choix scénaristiques sont parfois désolants, et le film se prend malheureusement trop au sérieux. Même si l’on retrouve quelques petites répliques marquantes comme cette leçon de psychologie infantile made in Peter Stormare et quelques mises à mort qui prêtent à sourire, le film manque cruellement de second degré pour le rendre fun. On se retrouve donc avec un survival très classique face à un clown transformé en démon sanguinaire. La créature dans sa forme finale est, il faut le noter, très bien réussie. Clown ne marquera pas les esprits : l’intention était louable mais le film aurait gagné à ne pas se prendre tellement au sérieux.

Réalisé par Jon Watts avec Andy Powers, Laura Allen, Peter Stormare. Date de sortie inconnue.

[Compétition] Orgueil et préjugés et zombies de Burr Steers (Etats-Unis, Royaume-Uni, 2016)

Après un film pas très fun, c’est une parodie qui va faire son entrée dans la compétition. Orgueils et préjugés et zombies qui comme son nom l’indique est un pastiche du classique de Jane Austen, Orgueils et préjugés, basé sur un roman de Seth Grahame-Smith. Dès la première phrase prononcée, le film embrasse pleinement son qualificatif de parodie en détournant la fameuse ouverture du roman. Reprenant exactement les mêmes personnages, le même déroulement de l’histoire, en détournant de façon humoristique de nombreuses scènes clés. On ne sera donc pas étonné, pendant la mythique scène où Darcy révèle son amour à Liz, de les voir se battre et de montrer leurs compétences en arts martiaux. Le film est par ailleurs servi par un casting très agréable parmi lesquels on retrouve Lily James, Bella Heathcote, Charles Dance, Lena Headey et même un Matt Smith provoquant assez souvent le malaise. Bien évidemment, il ne faut pas passer à côté des zombies, qui agrémentent le récit. Là aussi certaines séquences du roman sont remodelées pour coller au genre et offrir de nombreuses séquences d’action, bien violentes et rentre-dedans. Orgueil et préjugés et zombies est donc une belle réussite, qui contient sa dose de fun couplé avec une réalisation efficace, et alternant ambiance austenienne avec du bon gros zombie qui tache.

Réalisé par Burr Steers avec Lily James, Bella Heatchote, Jack Huston, Sam Riley, Charles Dance. Date de sortie inconnue.

[Compétition] Realive de Mateo Gil (Espagne, France, 2016)

Ce deuxième jour de compétition nous offre également notre première grosse surprise avec cette co-production franco-espagnole réalisée par Mateo Gil. Revisitant le mythe de Frankenstein, Realive porte un regard intéressant sur une pratique qui a déjà fait rêver de nombreuses personnes, la cryogénisation. Le film raconte l’histoire de Marc Jarvis, un homme condamné par un cancer qui choisit donc cette option pour pouvoir être ressuscité dans le futur. Jouant beaucoup sur les émotions, Realive pose des questions importantes sur cette pratique et cette création d’une nouvelle vie dans un monde inconnu. Marc Jarvis, une fois ressuscité, ne va cesser de revivre les souvenirs de sa vie antérieure. Jouant sur un montage particulièrement efficace, le film alterne entre scènes de la vie passée et de sa vie nouvelle, avec un aspect un peu contemplatif. Comme dans Frankenstein, le questionnement éthique de la pratique de résurrection est mis en avant, surtout le dommage que cela peut poser aux cobayes. La solitude du personnage remet également tout le procédé en question. Realive offre donc matière à réfléchir et comme un certain épisode de la saison 3 de Black Mirror, contrebalance une idée sur un procédé qui pourrait être attirant pour un certain nombre d’entre nous. 

Réalisé par Mateo Gil, avec Tom Hughes, Charlotte Le Bon, Oona Chaplin. Date de sortie inconnue.

[Compétition] The Autopsy of Jane Doe de André Øvredal (Etats-Unis, Royaume-Uni, 2016)

Le réalisateur norvégien André Øvredal s’est délocalisé aux États-Unis pour tourner ce film qui lui tenait à cœur. The Autopsy of Jane Doe nous emmène dans une morgue familiale gérée par un père joué par Brian Cox et son fils joué par Emile Hirsch. Le long-métrage se déroule dans un premier temps sous la forme d’une enquête avec une recherche d’indice sur la cause de la mort de cette mystérieuse inconnue. Un mystère qui s’épaissit de plus en plus au fur et à mesure que l’autopsie continue. Une première partie à la fois didactique et prenante qui nous donne envie de savoir le pourquoi de la chose. Malheureusement, le film va très vite basculer dans une horreur très consensuelle. De nombreux événements vont venir troubler le travail de nos deux personnages. Orage qui va se mettre à gronder dehors, lumières qui vont s’éteindre, tous les petits clichés du genre vont apparaître. Des poncifs qu’on va retrouver également dans la mise en scène où la frayeur va être instaurée par de nombreux artifices. Entre jump scares visuels et sonores, musiques appuyées, regard à travers la serrure, etc. Tout cela réutilisé à outrance et qui joue beaucoup, jusqu’à gâcher l’ambiance instauré jusqu’ici par le film. Reste le retournement de la fin et l’explication sur le mystère de la fameuse Jane Doe qui relève le niveau. The Autopsy of Jane Doe laisse donc un gout très amer tellement ce traitement horrifique est d’une banalité et se reposant uniquement sur des effets tape-à-l’œil.

Réalisé par André Øvredal avec Brian Cox, Emile Hirsch, Ophelia Lovibond, Olwen Kelly. Date de sortie inconnue.

[Hors-compétition] The Void de Jeremy Gillespie et Steven Kostanski (Canada, 2016)

La voilà, la fameuse purge que l’on retrouve dans chaque festival digne de ce nom. Et cette année ce sont les canadiens Jeremy Gillespie et Steven Kostanski qui nous l’offre. The Void est un film qui n’a absolument aucun sens, et dès les premières minutes, on sent que le film va essayer des choses et les louper à chaque fois. Au menu de ce film: secte tueuse, bêtes organiques avec liquide dégueulasse, triangle illuminati, mutilations, grossesse démoniaque… le tout dans un huis-clos. Multipliant des clins d’œil aux classiques du fantastique que ça soit cinématographiques (The Thing, Rosemary’s Baby, L’exorciste) ou littéraires (Lovecraft), dans un gloubi-boulga indigeste. L’aspect fauché n’aide pas, la mise en scène est aux abonnés absents, les personnages sont absolument inexistants et n’ont aucun background et correspondent juste à des stéréotypes. Film complètement sous acide, The Void s’impose comme l’une des séances les plus éprouvantes de cette 24ème édition. Un film à fuir comme la peste.

Réalisé par Jeremy Gillespie avec Aaron Poole, Ellen Wong, Kathleen Munroe, Kenneth Welsh. Date de sortie inconnue.

[Nuit Phantasm] Phantasm de Don Coscarelli (Etats-Unis, 1979)

Pour bien finir la soirée, le festival nous offre un bon petit film old-school, le Phantasm de Don Coscarelli. Comme pour le film précédent, on se retrouve avec un scénario partant dans de nombreuses directions. Phantasm est un voyage halluciné dans un petit village de l’Oregon, où de nombreuses phénomènes paranormaux ont lieu. Meurtres sanguinolents, croque-mort à la force herculéenne, nains vicieux, monde parallèle, grand-mère voyante… là aussi les ingrédients sont nombreux et variés. Mais au contraire du film précédent, Phantasm fonctionne très bien. Il faut dire que le côté vintage joue beaucoup et fait sourire à de nombreuses reprises, notamment quand on voit ce gamin débouler au volant d’un gros muscle car ou encore de se la jouer MacGyver avec un marteau, une cartouche de fusil et une punaise. Il est très difficile de comprendre ce qui se passe dans un premier temps, tellement les scènes s’enchaînent sans aucune véritable logique. La fin complètement mindfuck montre bien que Coscarelli a bien berné son spectateur et même si elle parait grosse, elle est super efficace et explique un certain nombre de choses. Notons également le thème du film, typiquement dans la lignée des thèmes de Halloween ou de L’Exorciste, tout à fait agréable et apporte beaucoup à l’ambiance. Phantasm est un exemple typique de plaisir coupable qui passe à  merveille en fin de soirée.

Réalisé par Don Coscarelli avec Michael Baldwin, Bill Thornbury, Reggie Bannister et Angus Scrimm.  Sortie en salle le 28 mars 1979.

À mi-chemin du festival, de bonnes et de mauvaises surprises se dégagent, certains comme Realive peuvent même prétendre à un prix. La troisième journée sera quant à elle consacrée à la compétition court-métrages, ainsi que l’hommage à l’invité d’honneur Kiyoshi Kurosawa qui vient nous présenter son nouveau long-métrage tourné en France, Le Secret de la chambre noire.

 

 

Tous en scène, un film de Garth Jennings : Critique

Tous en scène est un petit bijou qui plaira aux enfants comme aux parents. Un moment de partage en chanson, à travers ses animaux attachants, et porté par une animation très soignée.

Synopsis : Buster Moon, koala propriétaire d’un théâtre qui ne rencontre plus le moindre succès, décide de lancer un concours de chant afin de renflouer la caisse et retrouver la gloire. Le concours devait permettre au vainqueur de gagner 1000 euros, seulement c’était sans compter sur la maladresse de sa secrétaire qui publie des affiches où le gagnant remporterait la somme de 100 000 euros. Malgré l’erreur, Buster cache la vérité et décide de préparer son spectacle avec les participants retenus…

The Voice version animal

Ce début d’année commence par des histoires hautes en couleurs en terme de cinématographie.
Nous avons d’un côté le succès Lalaland, chef-d’œuvre s’inspirant des codes de la comédie musicale des années 50, et de l’autre Tous en scène qui reprend les mêmes thèmes mais sous forme d’animation, avec des animaux pour personnages principaux.
On ne va pas vous le cacher, on pouvait être perplexe à la venue de cette nouvelle production signé Illumination Entertainment (Moi, moche et méchant). On constate un effet de mode depuis Zootopie sortie l’année dernière, remportant plus d’1 milliards de dollars au box-office mondial.
En effet, les créateurs des Minions avaient déjà testé une première fois Comme des bêtes, en mettant en avant la vie quotidienne d’animaux domestiques.
De ce fait, on ne voyait pas l’intérêt de surenchérir sur une histoire centrée une fois encore sur des animaux dans les rôles de citoyens, comme pour Zootopie.

En dépit d’une originalité plus prononcée de la part de Disney, on ne peut qu’adhérer à ce que fait Garth Jennings pour Tous en scène. Il arrive à se différencier par son scénario, consacré uniquement à la musique et au concours de chant. Justement, l’intérêt est de suivre un groupe d’animaux apprendre à chanter et à monter leur spectacle. Le film aurait été moins fort si cela avait été un groupe d’humains animés qui réalisaient un concert. Les animaux sont personnifiés au maximum, bien écrits, et le caractère d’un personnage correspond assez bien avec le choix de l’animal qui l’interprète. Voir un voyou sous les traits d’un gorille est justifié et surtout, imaginer ce même gorille vouloir chanter crée des scènes hilarantes.

L’intrigue présente en chacun une quête personnelle qu’ils espèrent accomplir grâce à la musique.
Tous rêvent de chanter, s’échapper de leur quotidien comme la porcine Rosita, lassée de son rôle de femme au foyer, l’éléphante Meena, souhaitant devenir chanteuse, mais trop timide pour se lancer, ou Johnny, un gorille qui n’a jamais voulu suivre la voie criminelle de son père. Les situations sont assez cocasses et facilitent sans difficulté l’apparition d’un sourire. C’est un long-métrage qui ajuste l’humour sans en faire trop comme Les Minions qui jouait trop sur l’exagération.
Enfin, comme tout bon dessin animé qui se respecte, nous trouvons toujours une petite fable, une morale qui sert de fil conducteur. Ici, il faut croire en ses rêves et ne pas avoir peur d’essayer. Meena symbolise littéralement cet espoir, comme Buster Moon tentant le tout pour le tout pour maintenir la survie de son théâtre.
Jennings arrive à ne pas tomber dans le pathos, il trouve le moyen de justifier les actions des personnages sans exagération, et à ne pas sur-jouer l’humour qu’il implante dans son récit.

Non seulement l’animation est irréprochable, très coloré et lumineuse, mais la qualité du film se place dans ses reprises interprétées par un casting quatre étoiles (Matthew McConaughey, Scarlett Johansson, Reese Witherspoon pour ne relever qu’eux). Les spectateurs n’auront qu’une envie : danser et pousser la chansonnette avec ces protagonistes.
Cependant, malgré un potentiel certain, nous regrettons de ne pas voir cet univers plus développé. Il manque cette créativité, cette fantaisie qu’avait réussi à implanter Zootopie en créant une ville exclusivement pour les animaux.
De plus, il y a de quoi être légèrement déçu de voir la rapidité dans la résolution de l’intrigue qui amène au concert final.

C’est toutefois un plaisir de voir ce genre de longs-métrages qui réveillent notre âme d’enfant pendant ces deux petites heures. Mais encore une fois, Illumination Entertainment n’est pas très créatif en passant après Disney. Il est bien plus conseillé de (re)voir Dany le chat superstar, sortie à la fin des années 90. Même scénario, même morale, même ambiance avec là aussi des animaux comme chanteurs.

Tous en scène sert principalement à nous rendre nostalgique, mais arrive à nous embarquer complètement. L’histoire, les personnages et les chansons choisies sont en parfaites symbioses afin de nous faire passer un très bon moment, mais on aurait peut-être aimé voir un film d’animation plus innovant. La suite est prévue pour 2020. On ne peut qu’espérer découvrir des idées plus abouties, sans risquer de tomber dans la répétition.

Tous en scène : Bande-annonce

Tous en scène : Fiche Technique

Titre original : Sing
Réalisation : Garth Jennings
Co-réalisateur : Christophe Lourdelet
Scénario : Garth Jennings
Doublage VO : Matthew McConaughey (Buster Moon), Reese Witherspoon (Rosita), Seth McFarlane (Mike), Scarlett Johansson (Ash), John C. Reilly (Eddie), Tori Egerton (Meena), Nick Kroll (Gunther), Nick Offerman (Norman), Jennifer Saunders (Nana Noodleman)…
Direction artistique : François Moret
Direction animation : Pierre Leduc, Patrick Delage
Décors : Eric Guillon
Montage : Gregory Perler
Musique : Joby Talbot
Producteur(s) : Christopher Meledandri, Janet Healy, Dave Rosenbaum
Société de production : Illumination Entertainment
Société de distribution : Universal Pictures
Budget : 75 000 000 $
Durée : 110 minutes
Genre : animation
Date de sortie : 25 janvier 2017

Etats-Unis – 2017

 

 

Charlie Hebdo : La BD La Légèreté de Catherine Meurisse bientôt transposée sur grand écran

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La bande dessinée La Légèreté de Catherine Meurisse va être prochainement adaptée au cinéma. Cette œuvre autobiographique est inspirée des conséquences sur le plan personnel pour la dessinatrice suite au terrible attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015.

L’adaptation d’une bande dessinée au cinéma est toujours un exercice délicat. Le passage du neuvième au septième art est parfois effectué dans la douleur. Lorsque le sujet d’origine est sensible et bouleversant, la mission du cinéaste relève alors presque de l’exploit ou du miracle. C’est le choix particulièrement courageux de la réalisatrice Julie Lopes Curval (Le rôle de sa vie, Bord de mer, L’annonce, Toi et moi, Le beau monde, Mères et filles). Elle s’apprête à réaliser l’adaptation de la bande dessinée La Légèreté.

Catherine Meurisse est dessinatrice à l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo depuis plus d’une dizaine d’années. Elle a eu la vie sauve lors des attentats à la différence de ses camarades de la lutte pour le rire. La jeune femme est en effet arrivée en retard à la conférence de rédaction du 7 janvier 2015…

Le monde s’écroule pour Catherine Meurisse après l’attentat. Elle a perdu ses amis, le goût de dessiner et le sens de la légèreté. Pour se reconstruire peu à peu, elle a consigné de nombreux moments d’émotion pure vécus après la tragédie dans une série de nouveaux croquis. La dessinatrice a mis en images sa reconstruction mentale après la tragédie de Charlie Hebdo. Le douloureux travail de deuil et la nécessité de retrouver goût à la vie sont abordés dans cette œuvre à fleur de peau.

La Légèreté a été publiée en avril dernier et est actuellement en compétition officielle au Festival d’Angoulême. Cette bande dessinée autobiographique de Catherine Meurisse va donc bel et bien être adaptée au cinéma d’après des informations d’Allocine. Le scénario du film sera co-écrit par Julie Lopes Curval et Catherine Meurisse. La Légèreté sera produit par Francis Boespflug et Stéphane Parthenay pour Pyramide Productions.

A ce stade, aucune révélation n’a été faite sur le casting ainsi que sur une éventuelle date de sortie.

Ce projet cinématographique s’annonce donc particulièrement fascinant, bouleversant et poignant.

 

L’Ascension, un film de Ludovic Bernard : Critique

Grand vainqueur du dernier festival de l’Alpe d’Huez, L’Ascension est le feel-good movie par excellence, qui, s’il ne révolutionne aucunement le genre, a le mérite de ne pas sombrer dans l’étalage trop mièvre des bons sentiments et la caricature dans la peinture de ce pari fou et la description des banlieues.

Synopsis : « Pour toi, je pourrais gravir l’Everest !» Samy aurait mieux fait de se taire ce jour-là… d’autant que Nadia ne croit pas beaucoup à ses belles paroles. Et pourtant… par amour pour elle, Samy quitte sa cité HLM et part gravir les mythiques 8848 mètres qui font de l’Everest le Toit du monde. Un départ qui fait vibrer ses copains, puis tout le 9-3 et c’est bientôt la France entière qui suit avec émotion les exploits de ce jeune mec ordinaire mais amoureux. 

La montagne, ça vous gagne! 

 

L’année dernière, La Vache, raflant pas moins de trois prix au festival de l’Alpe d’Huez, fut une vraie bonne surprise. Ce road movie où un paysan algérien traverse la France entière pour présenter sa vache au salon de l’agriculture, avait su charmer le public par sa tendresse et sa sincérité. Grâce à un bouche à oreille des plus chaleureux, le film a écopé d’un joli succès au box-office, avec plus d’un million de spectateurs pour une distribution somme toute assez modeste. Force est de reconnaître qu’il adviendra possiblement de la même chose pour L’Ascension.

Le film part de ce postulat dingue où un jeune banlieusard, amoureux transi de son amie d’enfance, se lance le défi de gravir l’Everest rien que pour ses beaux yeux. Comme nous le rappelle le générique de début, il s’agit bien de la retranscription d’une histoire vraie. En l’occurrence, celle de Nadir Dendoune, banlieusard de La Courneuve, qui a raconté cet exploit dans son livre Un tocard sur le toit du monde. L’Ascension en est donc l’adaptation directe, et a par conséquent le mérite de faire adhérer directement le spectateur à la décision prise par le personnage principal. Car d’une invraisemblance incroyable de prime abord (pourquoi tenter cette expérience alors qu’il n’est absolument pas préparé?), renforcé par une incompréhension totale de ses proches et alentours (pourquoi partir sur un tel coup de tête ?), on voit que ce n’est pas seulement le sentiment amoureux qui le motive mais bien un besoin d’accomplissement : prouver qu’il peut, pour une fois dans sa vie, réussir quelque chose. Il devient ainsi un véritable symbole pour tous ses proches mais aussi de toute une banlieue qui le soutient et suit ses aventures à travers les médias, en commençant par une simple radio locale pour terminer sur les principales chaines de télévision. Ce message porteur d’espoir ne brille pas par son originalité et est plutôt commun à bon nombre de feel-good movie (Eddie the Eagle en tête, et dans une moindre mesure, Good Luck Algeria). Mais ce regard sur la banlieue en tant que véritable cohésion et non plus en monde exclu et disparate, conjugué à la personnalité du héros, est suffisamment neuf et original pour esquisser facilement un sourire bienveillant à n’importe quel spectateur.

D’autant plus que la direction artistique est aux petits oignons. Si l’ensemble du casting se montre convaincant, malgré les stéréotypes bien communs au genre (les amis du héros pas très malins, le guide plutôt bourru qui se révèlera porteur de bien des failles, la naïveté du boy népalais), c’est surtout Ahmed Sylla que l’on retiendra de ce long métrage. Adepte du one-man show et révélé par l’émission de Laurent Ruquier On n’demande qu’à en rire, il porte littéralement le film sur ses épaules et se débrouille plutôt bien, tant dans les instants légers que dans les scènes les plus émotionnellement fortes. Ces dernières qui, selon ses dires, étaient les plus difficiles à tourner, relèvent même d’une certaine efficacité, surtout pendant la partie aventure, où les émotions les plus primitives (la soif, l’épuisement, le début de folie, le manque d’oxygène…) se font ressentir. Elles sont également soulignées par une réalisation impeccable, à la fois par l’impact des images (magnifiques décor naturels et travellings aériens sublimant les montagnes) que par une bande originale assez prenante, surtout durant la montée finale. Pourtant, là où le film pêche davantage reste au niveau du ton comique. Cette dernière est à l’image des montagnes russes, alternant moments réussis, et vannes usées jusqu’à la corde qui n’atteignent pas leur cible. Ce balancier est d’autant plus dommageable que la partie dramatique et plus émotive est réussie … ce qui n’est pas forcément le but premier d’une comédie.

Si l’on met de côté ce dernier aspect, ainsi qu’une conclusion un tantinet rapide, L’Ascension est réellement un film réussi. S’il ne restera pas dans les annales de la comédie française, il procure une bouffée d’oxygène plutôt agréable dans un domaine plutôt malmené ces derniers temps. Et un peu de chaleur humaine durant cette période de grand froid ne peut faire que du bien, non ?

L’Ascension : Bande-annonce

L’Ascension : Fiche Technique

Réalisateur : Ludovic Bernard
Scénario : Ludovic Bernard, Olivier Ducray, Nadir Dendoune
Interprétation : Ahmed Sylla, Alice Belaïdi, Kevin Razy, Nicolas Wanczycki, Waly Dia, Denis Mpunga, Fadila Belkebla…
Photographie : Yannick Ressigeac
Montage : Romain Rioult
Musique : Lucien Papalu, Laurent Sauvagnac
Direction artistique : Sébastien Ibizan
Producteurs : Laurence Lascary
Sociétés de production : De l’autre côté du périph’
Distribution (France) : Mars Films
Durée : 103 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 25 janvier 2017

Récompenses : Grand Prix du Jury et Prix du public (Festival de l’Alpe d’Huez 2017)

France – 2017

Prison Break, saisons 1 à 4, une série de Paul T. Scheuring : critique

Juste avant l’arrivée de la saison 5, retour sur les quatre premières saisons de Prison Break

Synopsis : Un jeune ingénieur, Michael Scofield, se fait emprisonner volontairement au pénitencier de Foxriver. Son objectif : aider son frère, Lincoln Burrows, condamné à mort suite à un meurtre qu’il n’a pas commis, à s’évader de prison. Pour cela, Scofield s’est fait tatouer sur le corps les plans du pénitencier.

Première saison

Tout le monde connaît plus ou moins le point de départ de la série Prison Break, même s’il n’en a pas vu le moindre épisode.

La première saison se focalise donc sur cette évasion. D’emblée, les scénaristes prennent le parti de l’action et de la rapidité. Dès l’épisode pilote, on peut voir que la série va partir sur trois pistes : la vie en prison avec toutes ses difficultés, l’évasion elle-même, et une enquête pour prouver l’innocence de Burrows, le condamné à mort. Ces trois chemins narratifs permettent de maintenir un rythme rapide : Prison Break est une série à laquelle le spectateur est d’emblée accroché.

Le décor de la prison permet d’avoir toute une foule de personnages secondaires plus vicieux les uns que les autres, parmi lesquels on remarque John Abruzzi, le tueur mafieux interprété par l’excellent Peter Stormare (que l’on avait vu dans le film Fargo, des frères Coen), T-Bag, tueur sadique et délinquant sexuel (Robert Knepper) ou le gardien ripou Brad Bellick (Wade Williams).

L’un des enjeux les plus importants de cette première partie sera, pour Scofield, de s’associer avec certains de ces personnages et d’en écarter d’autres, dans un jeu de manipulation assez sympathique. Cependant, il faut vite remarquer les premiers défauts de la série : ces personnages sont vite caractérisés et se divisent tout de suite de façon trop manichéenne en bons et en méchants. Il y a les prisonniers sympathiques (Fernando Sucre, par exemple) et ceux qui nous dégoûtent. Seul Abruzzi échappe à cette classification, Peter Stormare lui donnant un air de cinglé mystique tour à tour effrayant ou ridicule.

La narration de cette première saison va s’inspirer directement des films d’actions : personnages caricaturaux donc, action permanente, retournements de situation, rapidité du rythme, suspense. Le producteur exécutif, qui n’est autre que Brett Ratner (réalisateur des Rush Hour ou de X-Men L’Affrontement Final), n’y est sans doute pas étranger. Et, hélas, trop souvent on tombe dans les défauts de ce type de films ou de séries. Le scénario est rempli d’invraisemblances tirées par les cheveux. Scofield apparaît vite comme celui qui a réponse à tout, qui a tout calculé à l’avance et qui joue, comme aux échecs, trois ou quatre coups avant tout le monde. Facilité de scénario qui, à force de se répéter, devient vite agaçante et tue le suspense.

De même, les faux suspense se multiplient. A chaque fois, les personnages s’en tirent à une seconde près, ou les gardiens sont subitement appelés ailleurs, un personnage tourne la tête pile au bon moment, etc. Les scénaristes (parmi lesquels figure Nick Santora, qui est désormais le producteur la série Scorpion) emploient toute la panoplie des situations censées donner du suspense. Mais ce qui, dans un film de deux heures, paraît déjà abusé, devient franchement lassant dans une série de plus de 80 épisodes…

Enfin, l’enquête extérieure, menée par une avocate, Victoria, l’ancienne petite amie de Burrows (interprétée par Robin Tunney, la future Teresa Lisbon de Mentalist), aboutit vite sur une théorie du complot complètement invraisemblable (mais qui occupera bien la série, étant finalement le fil rouge qui unit les quatre saisons).

Les autres saisons

A partir de maintenant, cette critique contiendra des spoils.

Le problème de Prison break, c’est que ça ressemble beaucoup à une série prévue pour une saison. Quand on regarde l’ensemble des quatre saisons existant jusqu’à présent, on a l’impression que les créateurs avancent un peu dans le brouillard, sans savoir si la série sera renouvelée ou pas pour la saison suivante. Le pitch de départ (deux frères qui s’évadent de prison) ne pouvait pas tenir plus d’une saison. Mais que faire après ?

La saison deux montre vite les limites de la série. C’en est sûrement la plus faible. Les personnages sont en fuite, et on va les suivre dans leurs pérégrinations à la recherche d’un magot planqué en Utah. Le rythme s’essouffle et les invraisemblances se multiplient. La saison n’est finalement sauvée que par l’arrivée d’un des meilleurs personnages de la série, Alex Mahone (William Fichtner), agent du FBI très instable mentalement.

La saison trois a été tournée la fameuse année 2007-2008, année de la grève des scénaristes de Hollywood, où toutes les séries se sont retrouvées amputées. Du coup, au lieu des 22 épisodes habituels, cette saison n’en comptera que 13, et c’est sûrement ce qui la sauve. Parce qu’avec un manque d’imagination confondant, les créateurs de la série vont nous refaire la saison une (Scofield en prison et qui cherche à s’évader).

Comment font-ils pour que la répétition ne soit pas trop flagrante ? On change de pays (le Panama cette fois-ci), on prend une prison où les détenus sont tellement dangereux que même les gardiens n’osent plus entrer et où donc les personnages sont livrés à eux-mêmes dans un monde de violence, et on inverse le schéma, puisque c’est Scofield qui est emprisonné et son frère Burrows qui veut le faire sortir.

Si les défauts sont les mêmes (invraisemblances permanentes, faux suspense, etc.), la brièveté de la saison lui permet de maintenir un rythme continue qui sauve de l’ennui. C’est du n’importe quoi scénaristique, mais ça va tellement vite qu’on n’a pas trop le temps de se poser de questions.

C’est finalement la saison quatre qui se révèle, de très loin, la meilleure. Abandonnant complètement le pitch initial de la série (pour se retrouver plutôt sur un type d’action qui se rapproche de Mission Impossible), elle nous propose un face-à-face entre les deux frères et l’organisation secrète qui les poursuit depuis le début, le Cartel. Là, pour la première fois, les retournements de situations sont inattendus, un vrai suspense s’instaure et la série se hisse au niveau des bons films d’action, irréalistes mais jouissifs.

La série aurait donc presque pu finir sur une note positive, si les producteurs n’avaient pas voulu trop tirer la corde. Ils ont donc fait un double épisode final, The Final Break, qui réunit tous les défauts de la série. On peut d’ailleurs parfaitement s’en passer, ça n’apporte strictement rien à l’histoire (a priori).

En conclusion, Prison break est une série de divertissement qui nécessite que le spectateur déconnecte son esprit critique. Les invraisemblances et les facilités de scénario sont légion, le rythme n’est pas toujours assez soutenu, les personnages sont trop souvent bêtement manichéens, mais finalement l’ensemble se laisse voir sans grand déplaisir si tant est que l’on apprécie son côté divertissant.

Prison Break : bande-annonce

Prison break, saison 1 à 4 : Fiche Technique

Créateur : Paul T. Scheuring
Réalisateurs : Bobby Roth, Kevin Hooks, Dwight H. Little, etc.
Scénaristes : Paul T. Scheuring, Zack Estrin, Nick Santora, etc.
Interprètes : Dominic Purcell (Lincoln Burrows), Wentworth Miller (Michael Scofield), Amaury Nolasco (Fernando Sucre), Robert Knepper (Theodore Bagwell, dit T-Bag), Sarah Wayne Callies (Sara Tancredi), William Fichtner (Alexander Mahone), Stacy Keach (Henry Pope), etc.
Musique : Ramin Djawadi
Directeurs de la photographie : Fernando Arguelles, Jeffrey C. Mygatt, etc.
Montage : Etienne Des Lauriers, Scott Eilers, etc.
Décors : Larry Leonard, Lisa Wolff, etc.
Producteurs : Garry A. Brown
Sociétés de production : Adelstein-Parouse Productions, Original Television, 20th Century Fox television, prison break Productions
Société de distribution : 20th Century Fox Entertainment
Genre : action
Format : 81 épisodes de 42 minutes
Première diffusion en France : 31 août 2006

USA- 2005