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Faute d’Amour : la Russie glaçante d’Andreï Zvianguintsev

Sous couvert d’un drame intimiste féroce et triste, Zviaguintsev étrille une fois de plus son pays, la Russie, pour ses nombreuses contradictions, ses tares héritées de l’ère soviétique ou nouvellement acquises par son occidentalisation. Faute d’Amour est un beau film, un cri d’amour malgré tout de la part du cinéaste.

Synopsis : Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser… Aucun des deux ne semble avoir d’intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu’à ce qu’il disparaisse.…

From Russia with(out) Love

Comme cela a dû être le cas pour d’autres cinéphiles à d’autres époques et pour d’autres cinéastes, il est fascinant de voir s’opérer sous nos yeux la montée en puissance de bêtes de cinéma telles que Yorgos Lanthimos (dernier film en date : la Mise à mort du cerf sacré, bientôt dans nos salles), ou Andréï Zviaguintsev (Faute d’amour, son cinquième long métrage à ce jour). Avec quelques films, ils deviennent des acteurs majeurs, puis incontournables de la sphère cinématographique.

faute-d-amour-andrei-zviaguintsev-film-critique-matvei-novykovAinsi donc, le russe Andreï Zviaguintsev qui a fait énormément sensation avec son avant-dernier film, Leviathan. Beau, très beau même, puissant, plein de sens, on peut dire que ce quatrième long métrage est celui qui l’a consacré au rang des très grands. C’est dire l’attente par rapport à Faute d’amour, film sorti cette semaine, récompensé du Prix du Jury à Cannes en Mai dernier. Faute d’amour semble être focalisé sur un drame intimiste, mais l’intelligence de la mise en scène du russe permet d’en avoir une lecture à plusieurs niveaux.

Commençant presque comme Elena, avec des arbres nus et des corneilles qui craillent, avec ici la neige en plus qui sublime le noir et blanc très contrasté de son DP Mikhail Krichman (le même qui officie sur tous ses films), Faute d’Amour, martelé d’une unique note inquiétante jouée au piano, est d’abord cette longue séquence mutique annonciatrice du pire. Un calme presque surnaturel, suivi d’une sortie d’école, bruyante, joyeuse, où camarades courent, rient et se mêlent ; où parents et enfants, parfois avec de chaleureux animaux domestiques, se retrouvent. Aliocha, 12 ans, (Matveï  Novykov) se détache du lot, le regard triste et infiniment solitaire, marchant lentement entre l’orée d’une forêt glacée et la bordure d’une rivière noire, manifestement peu envieux de retrouver son chez-lui. Il est de ce genre d’enfants qui, une fois rentrés chez eux, regardent dehors, le front appuyé contre une vitre détrempée de neige. Sa mère Genia (Maryana Spyvak), une belle femme encore jeune, vissée à son iPhone, le regarde à peine, lui aboie des ordres en vue d’une visite, car oui, les parents divorcent et revendent leur appartement de cadres « moyens sup’ » d’une banlieue de Moscou.

faute-d-amour-andrei-zviaguintsev-film-critique-maryana-spyvak-matvei-novykovLe divorce est dur et la violence des échanges entre Genia et son mari Boris (Alexeï Rozin) est indescriptible. Le pire est que Zviaguintsev ne semble jamais être dans la surenchère ; les mots d’une dureté inouïe coulent, le langage du corps, la haine dans les yeux, tout est dosé à la perfection par le cinéaste pour résonner de la manière la plus réaliste et la plus sincère auprès du spectateur. Le sujet de la discorde de ce soir-là est la garde de l’enfant, ou plus exactement la non-garde de l’enfant, car chacun de ces deux parents est déjà tourné vers une autre vie, un autre homme, une autre femme. Personne ne veut d’Aliocha, et à l’incrédulité devant de telles violentes disputes succède le déchirement le plus total pour le spectateur lorsqu’il se retrouve face à la détresse d’Aliocha.

Alors, quand le cinéaste poursuit son film avec les images successives des deux nouveaux couples des parents du jeune garçon, des amours débutantes baignées de sexe, de très belles scènes au demeurant, on ne fait que penser à Aliocha, privé d’amour, seul sans aucun doute avec son chagrin, un choix de montage extrêmement percutant de sa part.

Zviaguintsev part de ce drame familial pour mettre en exergue comme à son habitude les scories d’une société russe que pourtant il continue d’aimer (après le tee-shirt marqué Russia porté par un des protagonistes dans Léviathan, voici un sweater d’une équipe nationale de Russie arboré par l’actrice principale à la fin du film, le personnage de la mère et le nom de la Russie dans un seul plan, la Mère Russie comme leitmotiv…). Le drame en question est un ensemble de drames. L’enfant disparaît, et plus dramatique encore, ni Genia ni Boris ne se sont aperçus de rien pendant plus de 24 heures, chacun tout occupé à son bonheur nouveau, son désir revigoré, n’ayant aucune attention, aucune pensée pour leur fils. Le reste du film va montrer au travers de ce drame à quel point la société qu’il dépeint est délétère.

faute-d-amour-andrei-zviaguintsev-film-critique-alexei-rozinL’individualisme de ses compatriotes, gangrénés par la soif de l’argent et de la gloire (selfies à gogo, sugar daddy et escort girls à tous les coins de rues), l’hypocrisie et l’inanité de l’état incapable de protéger ses citoyens, mais prête à en découdre en Ukraine et ailleurs, l’omnipotence de l’église orthodoxe déjà tellement fustigée dans Léviathan, l’héritage d’une génération aigrie par les ravages du soviétisme qu’on voit dans cette autre scène édifiante entre Genia et son acariâtre mère, une scène qui explique sans l’excuser le comportement aberrant de la première envers son propre fils. Tout cela est amené par doses plus ou moins subtiles par Zviaguintsev, car l’homme est du genre à appeler un chat un chat. Mais même ce manque de subtilité et la brutalité psychologique de certaines scènes sont beaux, et font mouche à chaque fois. Aucune scène, aucun personnage ne sont gratuits, jusque dans le passant qui s’enfonce dans la nuit noire comme dans un anonymat…

Le constat est triste et lucide, et même l’implication extrême des bénévoles dans les battues lors de la recherche d’Aliocha semblent robotiques et sans chaleur. Il y a quelque chose de pourri au royaume de Poutine, et une fois de plus, ce n’est pas l’excellent film de Zviaguintsev qui nous dira le contraire…

Faute d’amour : Bande annonce

https://www.youtube.com/watch?v=em7xg53W5cc

Faute d’amour : Fiche technique

Titre original : Nelyubov
Réalisateur : Andreï Zviaguintsev
Scénario : Oleg Negin, Andreï Zviaguintsev
Interprétation : Maryana Spivak (Genia), Alexeï Rozin (Boris), Matveï Novikov (Aliocha), Daria Pisareva (Dasha), Marina Vasilyeva (Masha), Andris Keiss (Anton), Alexeï Fateev (Le coordinateur)
Musique :Evgueni Galperine & Sacha Galperine
Photographie : Mikhail Krichman
Montage : Anna Mass
Producteurs : Alexander Rodnyansky, Sergey Melkumov, Coproducteur : Gleb Fetisov, Producteurs associés : Vincent Maraval, Pascal Caucheteux, Grégoire Sorlat
Maisons de production : Arte France Cinéma, Fetisoff Illusion, Les Films du Fleuve, Non-Stop Productions, Senator Film Produktion, Why Not Productions Entertainment, Savvy Media Holdings
Distribution (France) : Pyramide Distribution
Récompenses : Prix du Jury, Sélection Officielle – Festival de Cannes 2017
Durée : 127 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 20 Septembre 2017
Russie, France – 2017

Boy : mon père n’est pas le Michael Jackson maori

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A l’occasion de la sortie prochaine de Thor : Ragnarok (le 25 octobre), retour sur un des premiers longs-métrages de son réalisateur néo-zélandais, Taika Waititi, avec Boy, qui narre l’histoire d’un jeune garçon idéalisant son père qui revient chez lui après des années d’absence.

Synopsis : Boy est un jeune garçon qui vit dans un petit village maori avec sa grand-mère, ses frères et sœurs et ses cousins. Il est fan de Michael Jackson et de son Thriller et surtout de son père, Alamein, qui est dans ses histoires un ami de la star américaine mais aussi un samouraï ou encore une star de rugby. Après avoir passé plusieurs années en prison, Alamein revient voir son fils…

Taika Waititi, nommé aux Oscars en 2005 pour son court-métrage Two Cars, One Night, considère Boy comme son premier long-métrage même s’il est sorti après Eagle vs Shark. On peut comprendre pourquoi ce film lui tient tant à cœur : tourné à Waihau Bay en Nouvelle-Zélande, c’est-à-dire là où il a passé son enfance, le réalisateur (et également acteur puisqu’il interprète le rôle d’Alamein, le père de Boy) a intégré dans son scénario des éléments autobiographiques. En effet, comme Boy, Waititi, également admirateur de Michael Jackson, a grandi avec beaucoup d’enfants et peu d’adultes.

Malgré un faible budget, Boy a rencontré un énorme succès en Nouvelle-Zélande. Il est regrettable que le public français ne connaisse pas davantage l’existence de ce petit bijou qui prouve bien que le cinéma néo-zélandais ne se limite pas à Peter Jackson et Jane Campion. Boy est une relecture d’un conte, le garçon évoqué en tant que titre, sans parents, se réfugiant lui-même dans son imaginaire pour mieux affronter la dure réalité de son existence. Un conte est la plupart du temps un récit associé à l’enfance : le ton semble léger et accessible à un large public, le fond, lui, est souvent d’une réelle cruauté. L’imaginaire de Boy est ce qui remplace en quelque sorte l’aspect merveilleux habituellement détectable dans ce genre. En outre, le folklore néo-zélandais (apparaissant à travers des plans saisissants sur de magnifiques paysages verdoyants) n’est d’ailleurs jamais bien loin en guise de rappel avec le conte. Sa structure par rapport au conte, jamais trop appuyée, consolide alors ce récit a priori simple mais qui offre en réalité une réelle profondeur, et surtout une véritable émotion.

S’il y a bien de l’émotion, Boy se rapproche bien du feel-good movie mais il n’est pas non plus « trop » léger comme on aurait pu le craindre. Il s’agit alors d’un long-métrage authentique et sans prétention, rythmé, tout en étant parfois d’une belle douceur et plein de vie malgré la dureté des thèmes abordés. Principalement, l’abandon (aussi bien du père envers son enfant que de ses propres rêves et « capacités ») et la délinquance. Taika Waititi évite merveilleusement bien les clichés et le pathos qui auraient pu naître à partir de son histoire, et combine intelligemment une véritable sensibilité à l’humour. On aurait également pu s’attendre à retrouver les tics d’un certain cinéma indépendant actuel mais ce n’est pas le cas : le réalisateur propose alors notamment des séquences animées ou encore des références de pop culture (qui ne se limitent évidemment pas à Michael Jackson) bien dosées et justifiées, ne prenant pas non plus trop de place.

Par sa mise en scène poétique, inventive et parfois burlesque, et son scénario mettant également en avant la situation sociale des Maoris (éloignés de tout et plongés dans la délinquance), Taika Waititi -plus malin qu’il en a l’air- signe une véritable pépite terriblement attachante, bien interprétée, filmée et racontée à hauteur d’enfant.

Boy : Bande Annonce

Boy : Fiche Technique

Réalisation : Taika Waititi
Scénario : Taika Waititi
Interprètes : James Rolleston, Te Aho Eketone-Whitu, Taika Waititi
Producteurs : Emanuel Michael, Ainsley Gardiner, Cliff Curtis
Société de production : Nolita Production
Distributeur : Paladin et Les Films du Préau
Durée : 88 minutes
Genre : comédie dramatique
Date de sortie : 12 septembre 2012

Nouvelle-Zélande  – 2010

Ça, la nouvelle adaptation de Stephen King

Andy Muschietti signe une adaptation de Ça qui ne manque pas de charme mais qui manque d’audace. Hommage au genre horrifique et hommage à la culture des années 80, Ça est un film qui joue la carte de la sécurité et du succès mais derrière ses choix attendus se cache aussi une œuvre sincère et touchante qui dépasse son propre cadre.

Synopsis : Dans la petite ville de Derry, les enfants disparaissent mystérieusement les uns après les autres. Durant ce temps, un groupe de sept enfants se forme et s’unissent après avoir tous été confrontés à des événements horribles et étranges : la rencontre avec « Ça »…

Stand by me

Ça est probablement un des plus gros succès et une des œuvres les plus connues de Stephen King, et il est presque étrange d’avoir attendu aussi longtemps avant d’avoir eu une vraie adaptation cinématographique. La première adaptation n’étant qu’un téléfilm en deux parties. Mais cette dernière adaptation aura été accouchée dans la douleur car il aura fallu 8 ans et 3 réalisateurs qui se sont enchaînés sur le projet avant que ce dernier puisse voir le jour. Sous la direction d’Andy Muschietti, l’œuvre de King trouve une nouvelle fraîcheur et revient à la vie au yeux de tous dans ce qui est un des plus gros succès du cinéma horrifique : le film bat actuellement des records au box-office. De quoi être très curieux de ce que peut offrir ce Ça, qui avec sa très bonne campagne promotionnelle promettait une œuvre très raccord avec les écrits de King mais qui semblait aussi développer sa propre personnalité. Surtout que Muschietti avait fait une bonne impression en 2013 avec son premier film, le conte fantastique Mamá. Un long métrage convaincant avec de belles fulgurances poétiques mais qui se montrait bancal dans ses mécaniques horrifiques.

Ça possède les mêmes défauts et qualités que le précédent film de Muschietti, c’est à dire qu’il s’impose à la fois comme un drame saisissant mais aussi comme un film d’horreur un peu raté. La force de cette adaptation c’est qu’elle a compris le roman de Stephen King, que la peur dépasse le cadre de la simple présence d’un clown démoniaque. Ici la peur s’incarne dans les épreuves du quotidien comme la brute de l’école qui nous tourmente, faire face à la mort d’un être cher, l’amour surprotecteur d’une mère étouffante, la perspective de grandir surtout pour une fille qui prend conscience de ce que cela implique de devenir une femme. Au travers de tous ses personnages, le film incarne diverses thématiques et arrive souvent à les magnifier avec un regard et une empathie sincère pour cette bande d’adolescents un peu paumés qui cherchent juste leur place dans la vie. C’est ici que se trouve le cœur du film, comme cela était le cœur du roman. Même si on regrettera que tous les membres du « Loosers’ club » ne soient pas traités avec la même importance, certains étant mis de côté par le récit, ils ont chacun leur personnalité et arrivent tous à être attachants. Leurs interactions sont souvent savoureuses, notamment grâce à des dialogues finement écrits, dans l’humour comme dans le drame mais ses lignes sont aussi délivrées par d’excellents jeunes acteurs. On retiendra en particulier le charismatique Jaeden Lieberher qui est définitivement un acteur à suivre, et qui avec sa prestation à fleur de peau s’impose comme un leader naturel. Mais aussi Finn Wolfhard (déjà aperçu dans la série Stranger Things) qui impressionne de naturel et surtout Sophia Lillis qui est la révélation du film. Non seulement Berverly est le meilleur personnage, mais la jeune actrice lui donne vie de la plus belle manière possible.

C’est donc à travers cette fresque adolescente touchante, drôle et vraiment bien amenée que Muschietti puise la force de son film, rappelant des œuvres comme Stand by me ou encore les Goonies. Il est d’ailleurs très ancré dans cet hommage aux films des années 80, ce qui est un peu un effet de mode, et il exploite parfois ce filon de manière un peu trop appuyée notamment dans sa bande son pop trop envahissante. Mais il parvient quand même à travailler une ambiance délétère pour encadrer le fantastique et ne se laisse pas ensevelir par l’appel du cool. Mais à trop être obnubilé par sa partie adolescente, il en oublie un élément essentiel et central du roman, son mysticisme. Il en vient, à cause de ça, à négliger toute la partie horrifique de son récit. Toute la partie investigation autour de Pennywise, l’entité maléfique, est négligée. Peut-être pour être exploitée dans la suite déjà annoncée, mais cela crée ici un manque bien réel. Surtout que le réalisateur ne semble pas savoir quoi faire de son clown et le traite comme un banal boogeyman alors que le personnage est censé représenter bien plus que cela. Ici, il vient l’incruster dans son récit avec des forceps, les passages du clown sont beaucoup trop téléphonés et sont les moments les plus faibles de Ça. Ca-film-horreur-film-adaptee-livre-Stephen-King-clown-Bill-SkarsgardPourtant la performance de Bill Skarsgård n’est nullement en cause car l’acteur est tout simplement parfait. Moins dans l’optique du clown excentrique made in Tim Curry, il arrive à faire ressortir tout l’aspect hypnotique et étrange du personnage. On ressent bien le fait que ce n’est pas un clown, mais un monstre qui veut se faire passer pour un clown et ses maladresses ne le rendent que plus authentique. L’acteur est vraiment très bon mais c’est la manière dont il est jeté dans l’intrigue qui est problématique, apparaissant plus comme un passage obligé que l’élément perturbateur et la menace omniprésente qu’il est censé être.

En termes de mise en scène, Andy Muschietti maîtrise aussi maladroitement ses effets horrifiques qui non seulement sont attendus mais reposent toujours sur la même construction. Le tout devient répétitif durant le deuxième acte et les jumpscares sont trop présents et très peu efficaces. L’horreur est ici un élément trop contraint pour paraître palpable, Muschietti étant plus intéressé par le fantastique morbide ou l’humain derrière son récit. Et d’ailleurs dans le morbide, il arrive à offrir quelques jolis plans ici et là, notamment dans le dernier acte où les enfants se retrouvent dans la tanière du monstre. Il y a une certaine poésie glauque qui se dégage de ses cadres et de l’atmosphère qu’il arrive parfaitement à retranscrire, aidé par un score original plus inspiré que sur les débuts. Par moments, on a l’impression d’avoir deux films en un, conduits par des démarches différentes : un film d’horreur fade et un conte fantastique adolescent particulièrement réussi mais qui est limité par l’autre démarche. On a donc un film qui ne décolle jamais vraiment mais qui a ici et là de jolies fulgurances. Muschietti offre néanmoins une réalisation solide et soigne bien son atmosphère comme lorsqu’il bascule dans le réel et le fantastique, appuyant la transition par des mouvements de caméra planants symbolisant le flottement causé par l’arrivée du clown.

Ça est donc une adaptation inégale. On sent que le réalisateur a compris ce qui faisait l’essence de l’œuvre de King mais qu’il ne parvient pas toujours à lui rendre honneur. Il croule sous les impératifs horrifiques et l’horreur pure n’est visiblement pas ce qui l’intéresse ou l’inspire le plus. On a donc une majeure partie de Ça qui est particulièrement réussie dans son portrait adolescent, à la fois bien écrit, touchant et drôle. Mais le tout est restreint par un film d’horreur beaucoup trop sage et peu inspiré qui vient se greffer de manière maladroite et trop appuyée au reste. Ça reste pourtant une des adaptations qui arrivent le plus à retranscrire l’esprit de Stephen King et, sans être une des meilleures, n’en reste pas moins efficace. On avait par moments le potentiel d’un grand film et on peut être déçu que l’opportunité ne soit jamais pleinement saisie, mais le spectacle reste globalement bon et on a hâte de voir ces personnages grandir et de les retrouver dans le deuxième chapitre.

Ça : Bande annonce

Ça : Fiche technique

Titre original : It
Réalisateur : Andy Muschiettti
Scénariste : Gary Dauberman, Cary Fukunaga et Chase Palmer, adapté du roman Ça de Stephen King
Casting : Jaeden Lieberher, Bill Skarsgård, Finn Wolfhard, Sophia Lillis, Jeremy Ray Taylor, Jack Dylan Grazer, Chosen Jacobs, Wyatt Oleff, …
Compositeur : Benjamin Wallfisch
Directeur de la photographie : Chung Chung-hoon
Monteur : Jason Ballantine
Genre  : Horreur
Date de sortie : 20 septembre 2017
Durée : 135 min
Distributeur : Warner Bros.

États-Unis – 2017

Mon Garçon, ou la chasse à l’homme de Guillaume Canet

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Après En mai fais ce qu’il te plait, Christian Carion s’essaie au thriller avec le film Mon Garçon, en mettant en scène une chasse à l’homme effrénée d’un père à la recherche de son fils disparu, portée par un Guillaume Canet au meilleur de sa forme.

Synopsis : Lors d’une escale en France, Julien découvre sur son répondeur un message de son ex femme : leur petit garçon de sept ans a disparu lors d’un bivouac en montagne avec sa classe. Julien se précipite à sa recherche et rien ne pourra l’arrêter.

Avant toute chose, il paraît essentiel d’expliquer le contexte dans lequel a été tourné Mon Garçon. Outre le fait que le tournage n’ait duré que 6 jours, Guillaume Canet, interprète de Julien, n’était pas au courant de la moindre bribe du scénario, cela lui permettant de suivre son instinct et de faire de cette traque une traque personnelle. L’occasion pour Christian Carion de puiser dans les ressources de son acteur principal. Certes, la démarche n’est pas nouvelle mais elle s’avère toujours plaisante.

mon-garcon-film-cinema-christian-carion-guillaume-canet-melanie-laurent-critiqueIl est donc bon de s’appesantir sur la prestation des différents acteurs de Mon Garçon. Mélanie Laurent, qui incarne l’ex-femme de Guillaume Canet, se cantonne à un rôle de pleureuse et à du mal à se forger une identité, tant Guillaume Canet lui fait de l’ombre. Il faut dire que ce dernier est un personnage presque unique. Que ce soit Mélanie Laurent ou Olivier de Benoist, se sont des personnages extrêmement secondaires, bien qu’essentiels à l’histoire. Mon Garçon est également l’occasion d’offrir à Olivier de Benoist son premier rôle au cinéma, à la destinée malheureusement tragique. Son nombre de scènes est minime mais bien suffisant pour nous paraître convaincant. On se réjouit de le voir à l’avenir dans de nouvelles productions car le gaillard à les capacités pour nous étonner.

Intéressons nous maintenant au cas Guillaume Canet, avec à l’esprit que son jeu est une improvisation totale. Eh bien, inutile de tergiverser, cela faisait longtemps que Guillaume Canet n’avait pas autant excellé dans un long-métrage. De sa prestation émane un naturel, une rage et un combat qui rendent son personnage crédible et qui remettent en question la moralité. Jusqu’où sommes nous prêts à aller pour retrouver un être que l’on aime ? Entre vulgarité et violence, le spectateur est bousculé et s’interroge à son tour. Le réalisateur de Les Petits Mouchoirs et plus récemment Rock’n’Roll décroche, grâce à Mon Garçon, un des meilleurs rôles de sa carrière. Christian Carion à l’habitude d’offrir des rôles atypiques à Guillaume Canet, ce dernier ayant déjà tourné pour lui dans Joyeux Noël et L’Affaire Farewell.

Le bémol essentiel du film est sans nul doute le scénario. On ne compte pas le nombre de films, contemporains ou « plus anciens », mon-garcon-film-2017-film-critique-cinema-christian-carion-avec-guillaume-canetbasés sur une traque ou une chasse à l’homme. On peut évoquer À bout portant, de Fred Cavayé, Contre-enquête de Franck Mancuso ou Taken, de Pierre Morel, pour ne citer qu’eux. Dans Mon Garçon, tout est simpliste et extrêmement commun, que ce soit les relations entre les personnages (principe du couple séparé avec mésentente entre les deux), la progression du récit, qui se fait sans réelle surprise, ou encore le dénouement final, qui peut être deviné sans aucun souci.
Toutefois, construire un scénario complexe sans l’aide du comédien principal aurait été un défi périlleux et casse gueule. Christian Carion a assuré ses arrières.

Il faut également souligner l’incroyable travail du directeur de la photographie qui a su s’accommoder du jeu de Guillaume Canet. Ce dernier et Eric Dumont n’ont dû former qu’un, une « danse » comme aime à l’appeler Guillaume Canet, pour nous proposer une photographie brute de décoffrage grâce à laquelle les spectateurs perçoivent toute la pression et la rage du personnage principal. Un travail d’équipe dans lequel chacun a pris du plaisir, qui se ressent à la fois lorsque l’on découvre le film mais également quand l’équipe parle de la conception de l’œuvre.

Dans l’ensemble, Mon Garçon est un thriller porté par un Guillaume Canet qui crève l’écran mais la simplicité du scénario vient quelque peu ternir les bons sentiments éprouvés à la fin du visionnage.

Mon Garçon : Bande-annonce

Mon Garçon : Fiche Technique

Réalisateur : Christian Carion
Scénario : Laure Irmann, Christian Carion
Casting : Guillaume Canet, Mélanie Laurent, Olivier de Benoist, Antoine Hamel, Marc Robert, Mohamed Brikat…
Photographie : Eric Dumont
Montage : Loic Lallemand
Costumes : Sarah Topalian
Musique : Laurent Perez Del Mar
Producteurs : Christophe Rossignon, Philip Boëffard
Production : Nord-Ouest Films, Une Hirondelle Production, Caneo Films, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, CN6 Productions
Distributeurs : Diaphana Distribution
Genres : Thriller
Durée : 1h 24 min
Date de sortie : 20 septembre 2017

France – 2017 

FEFFS 2017 : comédie familiale surréelle, un film trash et barré signé Flying Lotus et jeu de massacre québécois

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Pour cette 6ème soirée, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, a décidé de proposer des films plus barrés les uns que les autres. Si on commence tranquillement avec Bitch et sa « desperate housewouaf », Kuso du DJ Flying Lotus va repousser toutes les limites en ce qui concerne le cinéma underground, avant de finir avec un midnight à base de jeu de société sanguinaire, Game of Death.

[Crossovers] – Bitch

Réalisé par Marianna Palka (USA, 2016)

Jill est au bout du rouleau. Son mari passe la plupart de son temps au bureau tout en batifolant avec des collègues et ses quatre mômes n’arrêtent pas de mettre le bordel à la maison. Bien évidemment chacun d’eux compte sur Jill pour être à leur service. Jill décide donc de changer, et devient un chien. Oui oui, vous avez bien entendu. La mère de famille se retrouve à pousser des grognements et à jouer avec ses excréments dans le sous-sol de la maison. Voilà le point de départ de Bitch, la comédie réalisée, écrite et interprétée par Marianna Palka. Sans Jill, tout part à vau-l’eau, et Bill le père se retrouve acculé dans un monde inconnu, celui où il doit faire les courses et amener les enfants  à l’école.

Complètement survolté, Bitch joue sur les codes de la comédie familiale, un genre certes vu et revu, mais avec son angle saugrenu, Marianna Palka apporte un rafraîchissement bienvenu. Bien évidemment, on va se concentrer davantage sur cette famille à la dérive, plutôt que sur la maman qui fait le chien dans la cave. Jason Ritter est par ailleurs très bon en mari détestable complètement dépassé par les événements. Loin d’être un véritable film de genre, Bitch s’apparente plus à une comédie un poil surréaliste mais délivrant un message fort. Marianna Palka se fait en effet un malin plaisir à mettre à mal cette société patriarcale et ces couples au mari carriériste, tandis que madame doit rester à la maison s’occuper des enfants. Bitch est une bonne petite surprise, parfois assez jubilatoire et parfois épuisante.

[Midnight Movies] – Kuso

Réalisé par Steve Ellison aka Flying Lotus (USA, 2017)

Difficile de se faire un avis précis après avoir vu cet OFNI qu’est Kuso. À la manière d’un We are the flesh l’an dernier, le premier long métrage du musicien Flying Lotus repousse toutes les attentes du spectateur et l’emmène dans un univers inédit des plus marquants. Après une ouverture jazzy et groovy décrivant les effets d’un tremblement de terre sur la ville de Los Angeles, Steve Ellison nous propulse, au travers de différents sketchs reliés entre eux par une télévision, dans un monde où le dégoût est roi. Trash et sale, Kuso l’est assurément, Ellison s’amusant sans cesse à repousser les limites de l’immondice à chaque séquence. Fluide et déjection en tous genres se mélangent, scatophilie et inceste se télescopent dans ce microcosme.

Visuellement épatant, alignant séquence complètement psychédélique et effets spéciaux organiques dégoûtants au possible, Flying Lotus accouche d’une oeuvre à la radicalité fascinante. Multipliant les ambiances allant du malsain au poétique macabre, le tout agrémenté de transition fait de collage inspiré des Monty Python, Kuso n’est pas un simple délire transgressif gratuit. C’est l’occasion pour Flying Lotus d’offrir une nouvelle représentation de cette civilisation. Loin de la superficialité régissant ce monde, cette quête de la beauté absolue, le DJ prend le contre-pied total et décide d’explorer le monde en le rendant le plus répulsif au possible. Pustules, excréments, anus, pénis sont légion dans ce cauchemar, tout comme les symboliques qu’il est impossible de déchiffrer totalement en une seule vision. Kuso reste un travail colossal, que cela soit visuel ou sur l’ambiance sonore avec des compositions de Aphex Twin ou de Akira Yamaoka, connu pour son travail sur la série des Silent Hill. Disposant d’un humour à la fois satirique et absurde, Kuso est une œuvre unique, offrant une proposition de cinéma couillue et qui bien entendu fera couler beaucoup d’encre.

[Midnight Movies] – Game of death

Réalisé par Sébastien Landry et Laurence Baz Morais ( Canada, France, 2017)

Après Kuso, il fallait bien un film assez « nobrain » pour se remettre de ses émotions. Game of death et son pitch débile au possible semble être le film parfait pour cela. Comme son titre l’indique, ce long-métrage franco-canadien raconte l’histoire de sept jeunes gens qui découvrent un jeu de société aux règles plutôt funeste. Tué ou être tué, Game of Death propose aux joueurs de tuer un certain nombre de personnes sous peine de voir leur tête exploser dans un geyser de sang. Concept en or me direz vous, c’est vrai que sur le papier Game of Death annonce un délire régressif ultra-généreux qui va permettre aux festivaliers de se délecter de mise à mort élaborée. Spoiler alert, ce n’est pas trop le cas.

En effet, passées les deux premières explosions de têtes qui font leur petit effet, le film va se retrouver assez paresseux dans son déroulement. Hormis un homme se faisant littéralement éventrer à l’aide d’une voiture de livraison de pizza, le reste se contente de coups de fusils. Un peu dommage quand on pense au champ illimité des possibilités. D’autant plus que sur les 24 morts nécessaires, plus de la moitié seront passés en ellipse. Le massacre dans le centre palliatif aura le mérite de proposer quelque chose au travers d’une mise en scène à base d’animation, qu’elles soient de cartoon ou façon jeu-vidéo 8-bit, cette séquence fait sourire mais pendant un très court laps de temps. Globalement Game of death manque de folie, et par conséquent empêche véritablement le spectateur de prendre son pied devant ce qui aurait pu être un jeu de massacre jouissif. Un midnight movie des plus oubliables et qui ne marquera que par son amour pour les lamantins et les informations qu’il nous offre sur leur reproduction.

Alors que la fin du festival approche à petit pas, le 7ème jour du FEFFS est un pur exemple de son multiculturalisme. En effet, sont annoncés au programme du polar coréen, du post-apo brésilien et même du cyberpunk japonais avec le classique Tetsuo.

Akira : le marteau de Thor porte chance à Taika Waititi pour l’adaptation du manga culte

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Le réalisateur de Thor : Ragnarok, Taika Waititi, serait en négociations pour réaliser l’adaptation du manga Akira, véritable arlésienne à Hollywood. Le nom du jeune comédien, réalisateur, scénariste et producteur Jordan Peele avait été évoqué dans un premier temps sur ce projet titanesque après l’effervescence lors de la sortie de Get Out.

Selon des informations de Deadline et de Comingsoon, le projet d’adaptation live, avec de véritables acteurs, du manga Akira de Katsuhiro Otomo pourrait finalement trouver une issue positive et échapper ainsi définitivement à la phase tant redoutée du development hell.

Le réalisateur de Thor : Ragnarok serait en négociations avec les studios Warner Bros pour réaliser ce film qui s’annonce comme l’une des adaptations de manga les plus difficiles tant les moyens techniques, l’esthétique et les effets spéciaux seront scrutés avec attention par une horde de fans de l’œuvre d’origine. Les récents débats et les critiques sur l’adaptation du manga Deathnote par Netflix seront vite oubliés tant l’adaptation live d’Akira risque de faire couler beaucoup d’encre et d’alimenter des controverses à n’en plus finir. La tâche à relever s’annonce titanesque.

Le manga d’origine a été publié en six volumes entre 1982 et 1990. Katsuhiro Otomo avait lui-même adapté son œuvre dans un film d’animation magistral en 1988. Pour celles et ceux qui sont passés à côté de ce long-métrage culte et cyberpunk, Akira est disponible dans le catalogue français de Netflix.

Selon les médias américains, cette adaptation à Hollywood par Taika Waititi (What we do in the Shadows) devrait être divisée en deux films à la manière du récent Ça, adapté du pavé horrifique culte de Stephen King. Chaque long-métrage sera une transposition de trois tomes du manga Akira. Ces deux films ambitieux devront éviter l’écueil et les polémiques liés aux suspicions de whitewashing en intégrant un casting et des comédiens issus de la diversité ou d’origines asiatiques (notamment pour le rôle du bonze au chapelet avant les sirènes de l’Apocalypse).

L’intrigue devrait bien être calquée sur l’histoire du manga d’origine fort heureusement. Dans une ville futuriste, New Manhattan, le leader d’un gang de motards, doit sauver son meilleur ami qui est devenu le cobaye du gouvernement dans le cadre d’un programme scientifique nébuleux et top secret. Le jeune homme va rapidement se transformer en bombe à retardement. Il a en effet développé de terribles pouvoirs de psychokinésie.

Andrew Lazar (American Sniper) et la compagnie de Leonardo DiCaprio, Appian Way, vont produire le film. Le tournage avait failli débuter en 2012 avec Jaume Collet-Serra (Night Run, La Maison de cire) à la réalisation. Le casting à l’époque devait être notamment composé des comédiens Garrett Hedlund, Kristen Stewart, Ken Watanabe et Helena Bonham Carter.

Le scénariste Marco J. Ramirez (Daredevil saison 2) devait participer à ce projet. Daniel Espinosa (Life) et David F. Sandberg (Lights Out) avaient été évoqués à la réalisation d’Akira avant la possibilité de confier le projet à Jordan Peele. Taika Waititi pourrait donc récupérer la patate chaude. Pas sûr que ce soit un véritable cadeau. Espérons au moins que l’adaptation d’Akira à Hollywood ne soit pas aussi ratée que la version live de Ken le survivant, signée Tony Randel avec Gary Daniels et Malcolm McDowell.

L’échec au box-office américain et international de Ghost in the Shell avec Scarlett Johansson démontre que l’équipe d’Akira et les studios de la Warner n’auront pas le droit à l’erreur. Robert Rodriguez travaille actuellement sur une autre adaptation ambitieuse d’un manga futuriste avec Alita : Battle Angel, basé sur l’œuvre de Yukito Kishiro, Gunm. Reste donc à attendre la confirmation et l’officialisation à Hollywood pour Taika Waititi à la tête des deux volets d’Akira.

L’Europe n’est pas en reste avec les projets douteux d’adaptations de manga. Des projets complètement barrés s’apprêtent à voir le jour en France et en Belgique pour être plus précis. Philippe Lacheau a récemment officialisé son projet pour Nicky Larson (City Hunter). Une autre version live est attendue par le réalisateur de Dikkenek, Olivier Van Hoofstadt, avec Albator, le corsaire de l’espace. Alexandre Aja n’a pas non plus complètement renoncé à mettre en scène les aventures de Cobra et un match épique de Rugball. L’adaptation la plus culte dans l’Hexagone restera à n’en pas douter, Lady Oscar, par Jacques Demy, en 1978, et le film Interstella 5555 des Daft Punk.

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Nightmare Cinema : Nouvelle anthologie de Mick Garris avec Joe Dante et Ryûhei Kitamura

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L’acteur, réalisateur, producteur et scénariste Mick Garris n’est jamais à court d’idées pour tenter de redonner ses lettres de noblesse au genre horrifique. Une nouvelle anthologie intitulée Nightmare Cinema s’apprête à sortir aux USA grâce à lui. Il a réuni la crème de la crème pour le plus grand bonheur des mordus du cinéma de genre.

Alors que le retour des Contes de la Crypte par M.Night Shyamalan semble être définitivement abandonné, malheureusement pour des questions de droits, et que les fans de films fantastiques ont perdu deux maîtres de l’horreur cette année avec les disparitions de Tobe Hooper et George A. Romero, un projet ambitieux va bientôt sortir en salles au pays de l’Oncle Sam. Selon des informations de Mad Movies, une nouvelle anthologie horrifique sera ainsi proposée prochainement par Mick Garris (à qui l’on doit déjà les séries Fear Itself et Masters of Horror). Ce nouveau projet ne concernerait pas une série télévisée mais bel et bien un long-métrage horrifique découpé en plusieurs séquences et histoires indépendantes à la manière de Creepshow, Necronomicon, XX ou bien encore Darkside, les contes de la nuit noire.

Mick Garris a regroupé des cinéastes talentueux pour ce film ambitieux intitulé Nightmare Cinema. Joe Dante (Gremlins, Small Soldiers), David Slade (Hard Candy, 30 Jours de nuit), Ryûhei Kitamura (Downrange, Godzilla Final Wars, Versus, Midnight Meat Train) et Alejandro Brugués (Juan of the Dead) vont tenter de bousculer les codes du genre en réalisant chacun un segment différent du film. Mick Garris va également se charger d’une section du long-métrage.

L’intrigue s’annonce assez fascinante et pourrait rappeler de bons souvenirs aux cinéphiles bis qui ont encore en mémoire la scène culte dans le cinéma et avec la pizza du Cauchemar de Freddy, le quatrième opus de la saga du croque-mitaine au pull-over rayé rouge et vert.  La salle obscure de Nightmare Cinema est assez innovante et vous fera oublier les projections en odorama, en 3D ainsi que le recours à la 4DX et ses fauteuils mouvants pour une meilleure immersion. Le vieux cinéma de cette anthologie de l’horreur permet en effet de donner vie aux cauchemars de sa clientèle ! A la manière de la scène culte de Vidéodrome avec le téléviseur, les spectateurs et les éléments à l’écran pourraient ne faire plus qu’un ! La rédaction de Mad Movies a relayé les propos de Mick Garris sur ce projet ambitieux.

J’adore avoir l’opportunité de regrouper des visionnaires de l’horreur, des gens issus des quatre coins du monde et qui vont vous effrayer avec leur propre point de vue sur le sujet. C’est un projet sur lequel je planche depuis un bon moment et je suis ravi de pouvoir m’associer à Cinelou et Good Deed pour le faire découvrir à tous.

Les coproducteurs Courtney Solomon et Mark Canton se montrent également très enthousiastes sur ce projet, d’autant plus que l’horreur semble être revenue en odeur de sainteté à Hollywood avec Get Out, Annabelle, Jigsaw et Ça cette année.

On est très excités par Nightmare Cinema. Quand Mick Garris nous a proposé l’opportunité de collaborer avec un tel groupe, ça n’a pas été difficile de se décider. L’horreur a repris du poil de la bête. Il suffit de voir les succès récents de Ça ou Get Out pour se rendre compte que le public a faim et qu’on ne doit pas l’ignorer.

Le casting regroupe les comédiens Richard Chamberlain, Adam Godley, Orson Champlin, Eric Nelsen, Lexy Panterra, Mariela Garriga, Stephanie Cood ou bien encore Gianna Gomez. Selon Mad Movies, Mickey Rourke (The Wrestler, 9 semaines 1/2) devrait occuper un rôle-clé, en fil rouge du film, celui du projectionniste, du gérant du cinéma. Le scénario et l’écriture des différentes histoires ont été confiés à Sandra Becerri, Alejandro Brugués, Mick Garris, Richard Christian Matheson et David Slade.

Le film est attendu pour la période d’Halloween, le 26 octobre 2017 aux USA selon des informations d’Imdb. Le concept de Nightmare Cinema pourrait être décliné à la télévision en cas de succès. En France, le film a des chances d’être projeté dans des festivals comme au PIFFF, pour l’édition 2017 en décembre prochain, à la manière de Leatherface des frenchies Alexandre Bustillo et Julien Maury et de Downrange de Kitamura, impliqué sur Nightmare Cinema.

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Linda Hamilton rejoint Arnold Schwarzenegger et James Cameron sur le prochain Terminator !

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Les fans de science-fiction et de blockbusters des années 1980 et 1990 peuvent se réjouir. Selon des informations du Hollywood Reporter, la franchise Terminator est sur le point d’être relancée avec un casting exceptionnel qui ferait passer la saga Expendables pour un banal direct-to-vidéo du marché du film à Cannes.

Les rares chanceux qui ont pu assister dans la soirée du jeudi 14 septembre à la projection dans les cinémas Pathé et Gaumont en France de Terminator 2 en version 3d vont être aux anges. D’après des révélations de la rédaction du Hollywood Reporter, la comédienne Linda Hamilton, inoubliable Sarah Connor dans les deux premiers opus de la saga, va rejoindre le casting du prochain film de la franchise actuellement en développement. Ce personnage féminin inoubliable, qui a bousculé les codes à Hollywood grâce à l’interprétation magistrale de Linda Hamilton, sera bel et bien de retour.

James Cameron supervise ce film attendu avec beaucoup d’impatience par les fans de la franchise. Ce retour aux sources par Cameron himself est rassurant. Le pari s’annonce malgré tout risqué pour le réalisateur d’Avatar et de Titanic. Les derniers films ou projets de séries estampillés Terminator n’ont pas vraiment marqué les esprits et ont fait de véritables flops au box-office. Ils ne bénéficiaient pas des mêmes qualités que les deux premiers longs-métrages cultes. Le film ultime sur la Guerre du Futur tant attendue n’est jamais arrivé à la manière du grand gâchis d’Alien 5 de Neil Blomkamp, une version moderne et survitaminée d’Aliens, le retour, avec Ripley qui aurait pu mettre la pâtée aux xenomorphes sur leur planète !

James Cameron met tout en œuvre pour que ce retour de la saga Terminator se déroule dans des conditions optimales sans le moindre bug pour ce bon vieux Skynet et l’entreprise Cyberdine. Tim Miller (Deadpool) est annoncé au poste de réalisateur. Arnold Schwarzenegger avait confirmé son implication dans ce nouveau projet il y a quelques mois. L’acteur de 70 ans n’est donc pas prêt de prendre sa retraite pour le plus grand bonheur de ses fans !

Reste à savoir si James Cameron cherchera à imiter Paul Verhoeven avec Robocop dans les années 1980 en mêlant à ce retour de la saga Terminator un sous-texte social ou politique en pleine Amérique de Donald Trump, où la réalité semble avoir dépassé la fiction (la parodie de Matt Stone et Trey Parker dans Team America, Police du Monde ou le délire de James Franco et Seth Rogen avec L’Interview qui tue !) avec les craintes d’une guerre nucléaire face au leader nord-coréen plongeant les Etats-Unis face au spectre de la crise des missiles de Cuba en 1962.

La nouvelle du grand retour de Linda Hamilton dans la franchise Terminator pour ce futur film a donc été dévoilée dans la  soirée de mardi aux USA par la rédaction du Hollywood Reporter. Elle incarnera à nouveau Sarah Connor. La rédaction de Bloody-Disgusting a relayé les propos de James Cameron suite à l’annonce de sa présence exceptionnelle au casting.

A l’époque, Sarah Connor était un personnage qui avait du sens et de l’importance, pour la question du genre et en tant que star d’action. Ça va être quelque chose d’incroyable de voir revenir cette guerrière chevronnée. Il y a des types de 50 ou 60 ans qui tuent des méchants au cinéma, mais il n’y a pas d’exemple de ce type pour les femmes.

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Ce nouveau blockbuster sur la guerre entre l’humanité et les machines sera écrit et produit par Cameron. L’histoire est pour l’instant tenue secrète. Très peu d’éléments ont filtré. Les liens éventuels ou les libertés prises avec les précédents films de la saga n’ont pas été clairement définis également. Les dernières informations sur ce projet Miller-Cameron évoquaient la possibilité que ce nouveau film soit une suite directe de Terminator 2 qui devrait réinventer la franchise sans se soucier réellement des suites… Selon des informations d’Allocine, une jeune actrice devrait être au centre de l’histoire. Cameron a tenu à rassurer les fans sur l’importance des deux personnages cultes du T-800 et de Sarah Connor.

Nous aurons des personnages du futur et du présent. Il y aura surtout de nouveaux personnages, mais nous aurons ceux d’Arnold et Linda pour soutenir l’ensemble.

Une équipe dédiée à l’écriture de scénarios travaillerait également en parallèle pour lancer une nouvelle trilogie. David Goyer (Blade, The Dark Knight), Charles Eglee (Dark Angel) et Josh Friedman (The Sarah Connor Chronicles) sont notamment impliqués.

Plus que quelques années à patienter donc avant le grand retour de la franchise Terminator aux environs de 2019 et 2020. James Cameron a également du pain sur la planche avec le tournage des suites d’Avatar et ses ambitions de révolutionner la 3D sans lunettes. Ce revival des années 1980 et 1990 avec Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger dans un nouveau film va rendre fou de joie les cinéphiles qui désespèrent de voir un jour Arnold enfiler à nouveau le costume de Conan le Barbare ! En attendant, il ne reste plus qu’à convaincre Robert Patrick (T-1000), Edward Furlong (John Connor) et Michael Biehn (Kyle Reese) pour participer à ce retour de Terminator qui s’annonce d’ores et déjà culte. Hasta la Vista, baby !

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FEFFS 2017 : Occultisme, lévitation et papier marbré

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Alors que nous atteignons le mi-parcours dans cette édition anniversaire du Festival européen du film fantastique de Strasbourg, il est temps de refaire un petit tour du côté de la compétition internationale. Trois films ont été présentés ce mardi 19 septembre parmi lesquels on retrouve un premier long-métrage irlandais sur l’occultisme A Dark Song, le nouveau film de Kondrel Mundruczo déjà lauréat de l’Octopus d’or en 2014, La Lune de Jupiter, et un film canadien fait avec très peu de moyen, The Crescent.

[Compétition internationale] – A Dark Song

Réalisé par Liam Gavin (Irlande, 2017)

Présenté comme un film anti-jumpscare, A Dark Song nous raconte l’histoire d’une femme endeuillée par la mort de son fils, qui prend contact avec un médium pas très sympathique pour effectuer un rituel qui lui permettrait d’obtenir ce qu’elle veut. Effectivement, A Dark Song ne repose pas sur des effets aussi faciles que les jumpscares. Son réalisateur, Liam Gavin va prendre le temps d’instaurer une ambiance pesante. Retranché dans une maison isolée, le duo va se lancer dans un rituel dangereux et exigeant. Sa mise en place, ainsi que son exécution afin de prendre contact avec l’au-delà va être un travail de longue haleine, ce qui laisse le loisir à Liam Gavin d’établir une progression dans l’angoisse.

A Dark Song propose donc une ambiance qui va devenir de plus en plus étouffante, portée par une bande-originale extrêmement efficace en corrélation avec cet endroit désolé en plein Pays de Galles. Le film fonctionne également grâce à son duo d’acteur composé de Steve Oram et de Catherine Walker. Les tensions entre les deux protagonistes rendent l’atmosphère du film encore plus tendue, et la peur que tout parte de travers se fait constamment présente. Jouant sur le fil, insufflant cet épuisement à ses personnages lancés dans un périple éprouvant, Liam Gavin distille une peur frissonnante. Et alors que des longueurs pouvaient commencer à se faire sentir, le cinéaste bifurque dans son dernier quart dans un climat cauchemardesque des plus redoutables. A Dark Song est une belle surprise, typiquement le genre de petit film qu’on espère voir dans ce genre de festival. On en attendait rien, on en ressort assez conquis.

[Compétition internationale] – La Lune de Jupiter

Réalisé par Kornel Mundruczo (Hongrie, 2017)

Il avait marqué les esprits avec le sublime White God qui était reparti de la capitale alsacienne avec l’Octopus d’or, le revoilà 3 ans après avec son nouveau film après non sans dire, un petit passage par la compétition cannoise. Kornel Mundruczo revient donc avec La Lune de Jupiter, un film racontant l’histoire d’un migrant qui se découvre la faculté de pouvoir léviter. Une nouvelle fois, le cinéaste hongrois imprime son imaginaire fantastique dans un récit social et réaliste. L’ouverture saisissante du long-métrage donne le ton et met en lumière cette réalité implacable du sort des migrants. Malgré cela, Mundruczo ne va jamais réellement transcender son sujet, du moins sur le fond. Car si il y a bien une chose qu’on ne peut reprocher à La Lune de Jupiter, c’est sa virtuosité technique truffée de plans séquences ou de plans aériens époustouflants (et il en fait peut-être un peu trop).

En dépit de ses qualités techniques remarquables, et notamment ces scènes de lévitations angéliques, La Lune de Jupiter manque clairement de nuance dans son propos. Le déroulement est en effet assez facile, avec cette histoire de migrant pris pour un terroriste et poursuivi sans relâche par la police. On se retrouve devant un film assez manichéen et c’est l’écueil principal dans lequel le film pouvait tomber. C’est assez frustrant, et même si le message délivré par le film est des plus louables, il est développé avec une subtilité de phacochère. La Lune de Jupiter propose donc un bel enrobage mais peine à rendre son discours marquant. Et puis Mundruczo sait proposer des plans acrobatiques ahurissant mais en ce qui concerne la post-synchronisation du doublage, c’est pas trop ça, à tel point que la plupart des dialogues du personnage de Mimidze semble venir en voix-off.

[Compétition internationale] – The Crescent

Réalisé par Seth A. Smith (Canada, 2017)

Il arrive parfois qu’on se retrouve devant un film dont on ne peut s’empêcher de se demander comment a-t’il pu être sélectionné en compétition. Sur les centaines de films proposés, il parait difficile de croire qu’aucun n’était mieux que celui-ci. Tout cela pour dire que The Crescent est certainement le pire film proposé par le FEFFS depuis bien longtemps. Pas la peine de se cacher derrière le couvert amateur du film dont le réalisateur a là aussi du empiler les rôles. The Crescent est une catastrophe à tous les niveaux, de sa mise en scène cheap au possible faisant écho à des œuvres tels que The Room de Tommy Wiseau (mais en moins drôle), sans parler de ses acteurs tous plus mauvais les uns que les autres. On ne portera pas la faute sur le gamin de 3 ans, que le réalisateur filme pendant la quasi-totalité du film vu que c’est peut-être celui qui s’en sort le mieux.

Derrière cette réalisation fadasse au possible, Seth A. Smith essaie de faire passer certaines de ses idées pour des choix artistiques riche en symboliques. Résultat, on se retrouve avec une indigestion de papier marbré, technique de peinture que le réalisateur a du découvrir un jour et a décidé de broder son film autour. Si Smith arrivait encore à instaurer un semblant de frisson dans son film, on pourrait se dire que tout n’est pas complètement raté. Mais même à ce niveau le réalisateur se vautre complètement, la seule chose risquant de provoquer une trouille au spectateur c’est d’imaginer Smith nous sortir un second film. Ridicule de A à Z, disposant d’un twist médiocre dont le spectateur n’en aura complètement rien à faire car il sera indifférent de l’histoire au bout de 30 min, The Crescent s’impose définitivement comme le plus mauvais film de l’année.

Pour le 6ème jour du FEFFS, on risque de s’attendre à du trash à foison. D’un côté le crossover Bitch et de l’autre deux midnight movies dont Kuso qui a fait parler à Sundance et le petit français Game of Death.

FEFFS 2017 : révisions des classiques et découvertes de nouveaux horizons

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Chaque année le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg,  met à l’honneur des films qui ont marqué l’histoire du cinéma. L’occasion de revoir sur grand écran des classiques qui ont imprimé l’imaginaire de nombres de cinéphiles. Pour cette 10ème édition, les deux rétrospectives portaient sur l’invité d’honneur William Friedkin et sur le thème Humans 2.0. L’occasion rêvée pour revoir L’Exorciste et Robocop.

[Rétrospective William Friedkin] – L’Exorciste

Réalisé par William Friedkin (USA, 1973)

Certainement le film le plus reconnu de la vaste et diversifiée filmographie de son auteur, L’Exorciste aura marqué de nombreuses générations. Véritable traumatisme pour de nombreux spectateurs, il se sera très vite imposé au panthéon du genre horrifique. Basé sur des faits réels, cette adaptation du roman de William Petter Blatty raconte l’histoire d’une jeune fille de 12 ans qui se retrouve possédée par un démon mésopotamien répondant au doux nom de Pazuzu. Alors que son état se détériore, sa mère désemparée se voit obligée de faire appel à un rite ancien effectué par des hommes d’église, un exorcisme. Avec L’Exorciste, William Friedkin aura complètement redéfini l’horreur.

En lui donnant ce réalisme saisissant, cette universalité terrifiante, il va faire entrer le genre dans une toute nouvelle dimension. C’est en effet une pauvre enfant, au visage angélique, qui se retrouve frappée par ce funeste sort. Friedkin a depuis toujours opté pour une approche documentariste dans la réalisation de ses longs-métrages de fiction et L’Exorciste ne fait pas exception. Se basant sur le roman très richement renseigné de Blatty, il met en lumière une pratique ancestrale et la met en scène avec un naturalisme frappant. Ponctué de scènes marquantes comme la célèbre descente d’escalier en position araignée, ou encore les mutilations génitales à base de crucifix accompagnées de « Jesus, fuck me !« , le film de Friedkin hantera l’inconscient des cinéphiles dans le monde entier. C’est à ça qu’on reconnait une œuvre fondamentale, une œuvre qui a su  bouleverser un genre entier et qui inspire encore une crainte plus de 40 ans après sa sortie, malgré un coup de vieux inévitable.

[Rétrospective Humans 2.0] – Robocop

Réalisé par Paul Verhoeven (USA, 1987)

Croisade vengeresse d’une homme détruit, relecture cyberpunk du nouveau testament, dystopie rongée par le crime, critique acerbe de la course à l’armement, satire sociétale des États-Unis, Robocop est énormément de choses. C’est aussi l’œuvre phare d’un cinéaste fascinant utilisant Hollywood comme moyen d’expression universel. Sous son aspect de blockbuster surfant sur la vague S-F/action des années 80, Paul Verhoeven fait le portrait acide d’une époque. Verhoeven est en pleine possession de ses moyens, il tape là où ça fait mal, n’hésite pas y aller avec des gros sabots comme en témoigne la pub pour le jeu Nukem. Revoir Robocop sur grand écran montre à quel point, c’est un film d’une force rare, avec un parti pris assumé et déguisé dans un blockbuster au capital divertissement énorme.

Alex Murphy assassiné puis ressuscité sous forme d’un cyborg faisant régner la loi. D’une violence outrancière où la moindre balle déchiquette les membres de la victime mais possédant également un certain spleen avec cet homme enfermé dans cette carapace qui va petit à petit se remémorer sa vie d’antan. Regorgeant d’idée de mise en scène, agrémenté de punchlines mémorables « Your move, creep« , et son portrait de méchant anthologique (Kurtwood Smith en Clarence Boddicker sublime), Robocop est au cinéma Hollywoodien ce que 1984 est à la littérature S-F. Une œuvre iconoclaste qui survivra au ravage du temps et qui apportera toujours ce plaisir infini tout en délivrant un constat terrifiant sur notre monde.

https://www.youtube.com/watch?v=zbCbwP6ibR4

[Crossovers] – Fashionista

Réalisé par Simon Rumley (USA, 2016)

Après les valeurs sûres que sont les deux films précédents, il était temps de se replonger dans l’inconnu de la compétition crossovers avec Fashionista. April est une fashion addict, mais pas uniquement dans le sens acheteuse compulsive, elle ne peut pas s’empêcher de sniffer les vêtements comme si il s’agissait de colle. Sa vie va cependant basculer quand elle va découvrir que son mari la trompe avec une de ses amies, elle va alors faire la rencontre d’un homme mystérieux. Fashionista est une épreuve, un film bizarroïde que l’on pourra comme le réalisateur l’a annoncé en début de séance soit adorer, soit détester, et ce n’est pas les gens qui ont quitté la salle qui diront le contraire. D’autant plus qu’il est très facile de partager leur envie.

Dès le départ, le film se démarque par un montage rapide et antéchronologique, s’amusant à mélanger les séquences avec des retours en arrière et saut dans le temps. Avec son esthétique clinquante et tape à l’œil rappelant les accoutrements de la Fashion Week, Fashionista agresse un peu la rétine. Si l’on ajoute le penchant de Simon Rumley pour les petits effets clippesques qui parsèment le long-métrage, on est parti pour 1h48 de souffrance visuelle. À la limite si le fond suivait, entre cette histoire classique d’adultère et les péripéties avec le mec s’amusant à des jeux malsains, on se doute où il veut en venir. Simplement raconter l’histoire d’une femme et des problèmes de sa vie qui vont aboutir à son changement dans la toute fin ? Un peu maigre tout ça. Fashionista s’apparente plus à un exercice de style prétentieux qui se vautre complètement dans son exécution. La meilleure chose du film restera certainement l’affiche de Ténèbre dans l’appartement d’April.

[Midnight Movies] –  Meatball Machine Kodoku

Réalisé par Yoshihiro Nishimura (Japon, 2017)

Avec Meatball Machine Kodoku, on met les pieds en plein dans la définition du Midnight Movie. Suite du gorissime Meatball Machine, dont Nishimura s’était justement occupé des effets spéciaux, Kodoku pousse les choses encore plus loin que son aîné. Le principe est simple : une cloche arrive sur Terre (en découpant des pénis ou des couples qui s’accouplent en passant) dans laquelle se trouve des parasites qui vont transformer les humains en espèce de cyborgs organiques possédant comme arme leur objet fétiche. Parmi eux, le loser Yuji est le seul à pouvoir résister à l’emprise du parasite qui sera détruit par ses cellules cancéreuses. Aidé d’une milice composée de samouraïs à la moustache tendancieuse et d’un sosie de Jackie Chan maîtrisant le drunken boxing, le voilà parti pour sauver la femme dont il est amoureux de ces parasites.

Sous ce postulat complètement idiot, Meatball Machine Kodoku est un plaisir aussi jouissif que régressif. On est parti pour plus d’une heure de combat entre ces hommes parasités (avec des effets spéciaux plutôt convaincants il faut le noter) qui vont finir dans des déluges d’hémoglobine. Entre l’homme possédant un marteau piqueur à la place du bras, celui qui a fusionné avec sa bagnole ou les femmes d’un cabaret capable de projeter du lait maternel de leurs seins ou encore cramer les gens à l’aide d’un briquet géant, les idées folles se multiplient dans cette oeuvre cyber-gore très généreuse. Repoussant à chaque fois les limites de la dégueulasserie, possédant un côté vicieux propre à ce genre d’oeuvre, Meatball Machine Kodoku souffre un peu sur la longueur et finit par devenir lassant. Il reste néanmoins plus réussi que son prédécesseur en sachant exploiter encore plus son concept.

On arrive tout  doucement à la moitié du FEFFS, et la cinquième journée sera de nouveau placée sous le signe de la compétition avec trois films dont La Lune de Jupiter, déjà présenté à Cannes. Il sera également temps de faire un petit tour du côté des courts-métrages et notamment ceux d’animations.

 

‘Memories of War’ fait la guerre en DVD & Blu-ray

Ce mercredi 27 septembre débarque chez Wild Side en DVD et Blu-ray Memories of War. A l’origine titré Operation Chromite, le long métrage sud-coréen distribué en France en Direct-To-Video compte nous narrer un énième morceau méconnu de l’Histoire, et qui a réussi à traverser les frontières internationales du cinoche grâce à sa tête d’affiche, Liam Neeson.

Synopsis : Septembre 1950. La Guerre de Corée fait rage. Pour contrer l’offensive nord-coréenne, le Général MacArthur organise un débarquement sans précédent sur la plage d’Incheon. Sur place, huit soldats infiltrés dans les rangs nord-coréens ont pour mission de voler les plans de bataille afin de déclencher l’attaque. L’Opération Chromite est lancée… Le cours de l’Histoire est sur le point de changer.

L’Histoire romancée

La reconstitution de nombreuses scènes de combat a été opérée en CGI, soit des images générées par des ordinateurs. Hélas, les images concernées sautent aux yeux notamment lorsque l’on passe d’un plan en prise de vue réelle à un autre empli d’imagerie numérique. La différence entre éléments réels et objets numériques est flagrante. Mais n’omettons pas un fait important : Memories of War est un film au budget de douze millions de dollars. On est alors tout d’abord surpris par la fracture entre chair et virtuel à l’écran. On tentera ensuite de passer dessus, en essayant de se concentrer davantage sur le récit que sur le problème de différence de matière entre chacun des plans et dans la composition même des images (voir le plan kitsch au possible de MacArthur débarquant sur la plage d’Incheon à 1h39min). Toutefois, le choc se fera à nouveau ressentir face à de multiples plans numériquement construits tant certains visuels (le bombardement naval par exemple) semblent datés par rapport à la production cinématographique et vidéoludique actuelle.

Mais un autre problème survient, alors que nous sommes dans caserne militaire, une gaudriole entre un espion infiltré et des jeunes soldats nord-coréens s’offre à nous. L’espion, qui se fait passer pour un officier, occupe les militaires avec un jeu d’ordres (et une tension mise en place par des menaces de sanction en cas d’échec) : Jacques a dit « tourne la tête à droite », et non, à gauche, espèce de crétin. Tout un programme. Cette scène expose un caractère qui touche fortement le film : l’Histoire est romancée. Certes, de grands films de guerre tels que Le Jour le Plus Long comptaient des moments de comédie dus à l’absurdité d’une situation : un maire qui arrive sur le champ de bataille avec le champagne et le sourire pour saluer les Alliés fraichement débarqués, par exemple. Mais Memories of War se veut poussif : humour burlesque, tension paranoïaque – lorsqu’un officier se méfie de l’un des siens – si poussive qu’elle en devient ridicule, culte héroïsant de la figure historique dans un portrait hagiographique.

« Personne ne vieillit en attendant que les années passent les unes à la suite des autres. Les gens vieillissent uniquement quand ils ont abandonné leurs idéaux. Avec les années, la peau se ride. En revanche, une fois qu’on a abandonné ses idéaux, la ride se grave sur votre âme. »

– Extrait de l’un des grandiloquents dialogues mis dans la bouche du personnage du Général MacArthur interprété par un Liam Neeson en mode « service minimum » –

Mélodrame du type « M6 » de la guerre, le long métrage présente le général MacArthur comme un vieil homme sympathique, héros de guerre inspiré par la bravoure de ses soldats sud-coréens qu’il admire. Mais où est donc passé le MacArthur qui voulait bombarder nucléairement la Chine, précisément la Manchourie (et ses bases militaires) pour mettre en place une ceinture de radiations radioactives qui aurait intimidé selon lui les forces communistes et les aurait alors empêché de débarquer et de soutenir davantage la Corée du Nord ? Liam Neeson campe un héros de guerre américain. Le choix de l’acteur comme celui de la représentation du général semblent servir la représentation romanesque de l’Histoire ainsi que la distribution du film à l’international. Les Américains moyens seront contents de voir, de « retrouver » leur héroïque haut gradé sur leurs écrans. Et les fans de Neeson seront probablement au rendez-vous du service minimum rendu par l’acteur. Oui, Liam Neeson, récemment magistral dans Silence, et dont la présence ici ne semble servir qu’à vendre le film à l’étranger et faire déblatérer des dialogues pompeux qui seront avalés par les patriotes outre-Atlantique.

Le film, dans son procédé de représentation romanesque de l’Histoire, passera un cap en réemployant le procédé de Band of Brothers : l’interview des vrais individus ayant participé à la bataille, interprétés par des acteurs dans la série. Memories of War en fait un étrange usage : ce sont les comédiens, interprétant leur personnages, qui parlent à la caméra comme s’ils étaient interviewés juste après la bataille. Puis arrive la photographie des acteurs/personnages qui enchainera enfin via un fondu sur celle des véritables soldats.

Blu-ray guerrier

Wild Side propose un film à l’image et au son soignés. Mais comme à son habitude sur ses éditions de films récents, les bonus sont maigres : un making-of de trente-cinq minutes. 

Bande-Annonce : Memories of War

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Français DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0, Coréen Dolby Digital 5.1 – Sous-titres : Français – Durée : 1h46

Prix public indicatif : 19,99 euros le DVD

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Format image : 2.40 – Résolution film : 1080 25p – Format son : Français & Coréen DTS Master Audio 5.1 – Sous-titres : Français – Durée : 1h46

Prix public indicatif : 24,99 euros le Blu-ray

COMPLÉMENTS (communs aux 2 éditions)

– Making-of du film (35′)

 

FEFFS 2017 : Laissez catcher les bonnes soeurs

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Il est temps de rentrer dans le vif du sujet de cette 10ème édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, car c’est en ce dimanche 17 septembre que commence la compétition internationale. Trois films ont été présentés, trois films d’origines différentes, trois films à l’opposé les uns des autres. Et si en plus, on a le temps de souffler entre temps avec un film de nunsploitation et de luchador, on va pas se le refuser.

[Compétition internationale] – The Endless

Réalisé par Justin Benson et Aaron Moorhead (USA, 2017)

C’est donc le duo américain Justin Benson et Aaron Moorhead qui aura l’honneur de débuter cette compétition avec son 3ème long-métrage, The Endless. Issus de la scène indépendante, les deux réalisateurs nous ont fait part en début de séance de la difficulté de monter un projet pareil lorsque les financements se font rares. Les deux jeunes hommes ont donc multiplié les casquettes au cours de la réalisation de ce film. Bien évidemment réalisateurs, ils sont également scénaristes, monteurs, responsables des effets visuels et même pour celui-ci acteurs. Un bel exemple de « Do it yourself ». Mais cela tient-il vraiment la route ?

The Endless suit deux frères échappés d’une secte qui décident d’y retourner afin de découvrir ce qui s’y cache véritablement. Forcément le peu de moyens va forcer les réalisateurs à emprunter le chemin d’une mise en scène des plus minimalistes qui va leur permettre d’instaurer une aura mystérieuse autour de cette secte. Sachant prendre leur temps, Benson et Moorhead vont choisir peu à peu une direction un peu plus ambitieuse. Ils commencent alors à cultiver une imagerie Lovecraftienne et vont offrir à leur long-métrage une dimension plus fantastique à base de boucle temporelle. Malheureusement c’est là où le bât blesse, si formellement les effets visuels tiennent amplement la route, surtout vis-à-vis de leurs moyens, scénaristiquement ça commence un peu à s’emmêler les pinceaux. Est-ce une impression de trop-plein ou simplement des incohérences qui rendent le tout trop complexe et pas assez convaincant ? The Endless tient donc difficilement la route sur la longueur et des questions inondent la tête du spectateur, mais pas dans le bon sens. Il reste cependant un film assez ambitieux, qui bénéficie d’un travail passionné de la part des deux cinéastes.

[Crossovers] – The Little Hours

Réalisé par Jeff Baena (USA, 2016)

Changement complet de registre avec ce film américain présenté en compétition crossovers. Réalisé par Jeff Baena, ancien étudiant en histoire du Moyen-Âge, The Little Hours prend place dans un couvent italien au XIVème siècle dans lequel vivent des nonnes très particulières. Un servant fugitif se voit contraint d’y trouver refuge. Bien évidemment quand on voit les grands noms au casting de ce film, tels que Dave Franco, la géniale Aubrey Plaza, Alison Brie ou encore Nick « Ron Swanson » Offerman, on s’attend forcément à une sympathique comédie. Finalement, on est un peu loin du compte quand on remarque très vite que The Little Hours est un film complètement déjanté. L’arrivée de ce beau servant va en effet agiter les hormones de nos chères bonnes sœurs qui vont commencer à se comporter de façon instable.

Dès le départ, le ton employé par Baena déstabilise. Il ne faut pas attendre longtemps avant de voir une nonne jouée par Aubrey Plaza se mettre à jurer comme un charretier sur un pauvre petit serviteur. Cet éclair hystérique va peupler tout le long-métrage qui ne se refuse rien en ce qui concerne l’humour un peu cru. Se servant cependant de ses études en histoire, Baena arrive à créer une sorte de melting-pot jouant à la fois sur un humour anachronique mais également sur des aspects propre à l’époque ( les sublimes tirades de Nick Offerman en sont les exemples les plus frappants). Le trio de nonnes campées par Alison Brie, Aubrey Plaza et Kate Micucci, trois actrices ayant fait leurs preuves dans des sitcoms, est exquis. Entre une Alison Brie rêvant d’un mariage qui la sortirait de ce couvent, une Aubrey Plaza psychotique portée sur la sorcellerie et une Kate Miccuci, juive et fantasmant sur le sexe féminin, les barres de rires se feront nombreuses avant de finir en apothéose dans un barouf des plus jouissifs. C’est un peu les Proies version Saturday Night Live dans un couvent.

[Compétition internationale ] – Laissez Bronzer les cadavres

Réalisé par Hélène Cattet et Bruno Forzani (France, Belgique, 2017).

Dire que Laissez bronzer les cadavres était attendu comme le messie serait un euphémisme tellement le duo d’esthètes avait marqué les esprits avec leurs précédents longs-métrages Amer et L’étrange couleur des larmes de ton corps. Exit le giallo (enfin pas totalement), et place à deux autres genres phares du bis italien, le western spaghetti et le poliziesco pour une adaptation du polar noir de Bastid et Manchette. 250 kilos d’or, un hameau abandonné dans le sud de la France, trois braqueurs, et des invités inattendus, voilà comment commence cette rafale de balles et de sang. Diamétralement opposé à leur précédent essai, qui disposait d’un côté cauchemardesque dans un immeuble d’art nouveau, Laissez bronzer les cadavres est un western solaire tout aussi sensoriel.

Les habitués du duo ne seront pas déçus de ce rollercoaster aux mille et une expérimentations. Poussant leur perfectionnisme à leur maximum, Cattet et Forzani accouchent d’une œuvre fascinante à la richesse foisonnante. C’est simple, chaque plan propose une idée de cinéma, qu’elle soit visuelle ou sonore. Comme d’habitude tout passe par les sensations, et les deux metteurs en scènes réussissent encore une fois leur coup. Après les armes blanches, ce sont les armes à feu qui vont être l’objet du fétichisme de Cattet/Forzani, et autant dire que les balles fusent comme jamais dans l’histoire du cinéma. Inspiré par le cinéma de Tsukamoto ou de Tsui Hark, en ce qui concerne ce montage très rapide, le film est un véritable uppercut dans la tronche. Le jeu sur les couleurs est poussé encore plus loin, le design sonore nous place au centre de ce règlement de compte sanguinaire et les références pulp ou gothique se multiplient. En s’appropriant un récit assez linéaire, le duo arrive à y incorporer des séquences fantasmagoriques à l’onirisme saisissant. Du véritable travail d’orfèvre, une nouvelle fois rythmé par une bande-son composée de morceaux empruntés au cinéma français et italien des années 70/80. Sublime, tout simplement.

[Compétition internationale] – A Day

Réalisé par Seon-ho Jo (Corée du Sud, 2017)

Après les États-Unis et la France, rendez-vous à l’autre bout du monde avec le représentant annuel de la Corée en compétition, A Day. Depuis plusieurs années le cinéma Sud-Coréen nous a habitués à offrir des blockbusters originaux et rafraîchissants, A Day s’inscrit directement dans cette lignée. Loin d’être une œuvre aussi noire que les films de Park Chan-Wook, cet essai de Seon-ho Jo cache plutôt bien son jeu. Le film débute avec un médecin reconnu qui n’arrive malencontreusement pas à sauver sa fille d’un accident de voiture mortel. Cependant, peu de temps après l’accident il se réveille quelques heures avant le drame, le voilà donc piégé dans une boucle temporelle, prêt à tout pour arriver à sauver son enfant. Voilà le point de départ de A Day. L’histoire des boucles temporelles n’est pas un sujet nouveau ( pour preuve The Endless en parlait déjà précédemment dans la journée), mais Seon-ho Jo va faire preuve de malice pour faire de son film un véritable thriller.

Le récit prend en effet une tournure assez inattendue qu’il serait dommage de spoiler donc restons en là pour ce qui concerne l’histoire. On peut dire cependant que le goût pour la thématique de la vengeance refait surface dans le cinéma coréen, même si A Day dispose d’un ton beaucoup moins cynique que les grandes œuvres du genre. Possédant un travail sur la mise en scène assez propre malgré un manque de véritable originalité, le cinéaste coréen arrive à tenir en haleine le spectateur tout du long. On regrettera une fin un peu trop dégoulinante de bons sentiments et un peu facile, surtout quand on connait le ton habituel des films coréens. A Day reste un film ayant une volonté de toucher un public large. Il peut se reposer sur son scénario solide qui offre un second souffle à ces histoires de boucles temporelles.

[Midnight Movies] – Lowlife

Réalisé par Ryan Prows (USA, 2017)

Une fois n’est pas coutume, on finit avec le midnight movie du jour. Lowlife de Ryan Prows est un film choral s’inspirant de classiques du genre tels que Pulp Fiction et qui offre un panorama de personnages assez incongru. On y retrouve un catcheur mexicain, une toxico enceinte, un repris de juste arborant une swastika sur le visage ou encore une gérante de motel ancienne camée. Tous ces personnages vont alors se croiser dans une sordide histoire de trafic d’organe orchestrée par un proxénète/gérant de restaurant de taco. L’ambiance californienne irradie donc le long-métrage de Ryan Prows qui malgré ses faibles moyens offre un film assez propre au niveau de la mise en scène. Cela ne suffit malheureusement pas à en faire un bon film, ou du moins pas un bon midnight movie.

Lowlife, malgré des dialogues faisant parfois mouches et quelques explosions de violences cathartiques ici et là, ronronne un peu. Est-ce la faute du découpage en chapitre se concentrant sur chacun des personnages et se recoupant à un moment donné ? Ou peut-être un scénario assez maigre servi par un rythme trop lent qui l’alourdit ? Peut-être est-ce un peu tout ça, mais Lowlife reste une déception. Malgré la générosité entreprise par son réalisateur, son amour pour les films de El Santo, figure mythique du luchador, le fun se fait beaucoup trop rare pour faire de Lowlife une œuvre marquante.

Pour le 4ème jour, ce sera du classique hollywoodien qui sera au programme avec les cultissimes L’Exorciste et Robocop, deux chef d’œuvres de monstres sacrés. Puis ce sera autour de Fashionista, un film au pitch des plus étranges avant de finir sur la suite du très gore Meatball Machine en séance de minuit.