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Sex and the series, autopsie de la sexualité féminine sur petit écran en octobre sur OCS city

Avec Sex and the series, série documentaire diffusée en octobre sur OCS city, Iris Brey poursuit son travail universitaire sur la représentation de la sexualité féminine sur le petit écran. Une analyse riche et bienvenue à l’heure où le sexe féminin est encore très rare à la télévision, surtout filmé par des femmes, raconté par elles.

Female gaze

Iris Brey, réalisatrice de Sex and the series

Dès le 5 octobre et tous les jeudis à 21h, OCS city diffusera la première saison de Sex and the series, une série documentaire de six épisodes de 25 minutes, réalisée par Iris Brey. Chaque épisode commence par un petit commentaire de la réalisatrice et universitaire Iris Brey : « Grâce à la multiplication de personnages de femmes complexes et décomplexées depuis les années 2000, les séries mettent en scène une pluralité de sexualités féminines, révélant nos désirs, nos peurs les plus profondes, nos fantasmes et nos tabous ». A travers les interviews des showrunnneuses, mais aussi actrices et plus rarement acteurs, Iris Brey décortique, comme elle l’avait déjà fait dans son livre Sex and the series, la représentation de la sexualité féminine à l’écran. Il est de bon augure de voir cette analyse et ses figures féminines trouver leur place sur OCS, bien qu’en 2017, personne n’ait encore retenté le coup de poker qu’était The L Word, qui racontait la vie de lesbiennes à l’écran, sans tabou et filmait des femmes prendre le pouvoir sans concession. Ces séries nous ont accompagnés et l’analyse qu’en fait Iris Brey avec celles qui ont participé à leur création et diffusion, permet d’enrichir le regard porté sur la sexualité féminine mise à nue sur le petit écran. On y voit des petites révolutions, des maladresses, des tabous qui tombent et la volonté de parler de sexualité, pour parler aussi d’identité. Souvent, les héroïnes se construisent sous nos yeux, en même temps qu’elles dévoilent ou découvrent leur sexualité, qu’elle soit bisexuelle, homosexuelle ou hétérosexuelle. C’est la complexité des représentations, la manière dont les créatrices s’entourent d’autres femmes pour écrire, raconter leurs histoires, les transposer à l’écran qui en fait des séries fondatrices et passionnantes. Grâce à Iris Brey, le spectateur entre véritablement dans les coulisses de la fabrication des séries et dans les réflexions qui ont animé les créatrices, scénaristes et monteuses au moment d’écrire, de filmer, de monter. D‘un questionnement sur la représentation d’un viol, du refus de la nudité par une actrice au désir de rendre « sexy » des scènes de sexe entre femmes, tout est abordé par Iris Brey et ses interviewées. 

Retour sur les séries abordées par Sex and the series 

Transparent de Jill Soloway

Synopsis : Un père réunit ses enfants, Ali, Joshua et Sarah, pour parler de l’avenir. Pensant en premier lieu qu’il serait question d’héritage, tous les trois sont surpris d’apprendre qu’il s’agit en fait d’une révélation qui risque de bouleverser leur vie : il a décidé de changer de sexe !

transparent-serieC’est à travers le personnage de Maura, un homme qui décide de devenir femme, que la série est ici analysée. Le choix d’un acteur non transsexuel pour interpréter Maura a pu être contesté, mais Jill Soloway a su très vite s’entourer de scénariste et réalisatrice trans afin d’affiner le regard sur Maura, mais aussi de prolonger la représentation des femmes trans et de leur sexualité. Iris Brey revient sur la série entourée de Jeffrey Tambor qui interprète Maura dans la série, Trace Lysette, actrice trans et Our Lady J, scénariste dès la saison 2 de Transparent.

Girls de Lena Dunham

Synopsis : L’entrée dans la vie active de quatre jeunes filles d’une vingtaine d’années, de leurs humiliations à leurs rares triomphes. Hannah, l’éternelle stagiaire, rêve de devenir écrivain ; Marnie, sexy et un peu garce sur les bords, ne manque pas d’ambition; et Jessa, hippie dans l’âme, aimerait gagner sa vie de son art…

C’est Marnie, la meilleure amie d’Hannah (jouée par Lena Dunham) qui est à l’honneur de cet épisode. Iris Brey revient avec l’actrice Allison Williams et l’acteur Alex Karpovsky sur les relations sexuelles complexes de Marnie . En évitant soigneusement une nudité trop frontale, Allison Williams parvient à faire de Marnie une femme en pleine construction, qui ose tout dans le sexe, sans pour autant perdre son identité. Les témoignages des deux acteurs sont complétés par ceux de deux réalisateurs-trices : Richard Shepard et Jamie Babbit.

Masters of sex  de Michelle Ashford

masters-of-sex-lizzy-caplan-betty-gilpinSynopsis : Dans les années 1950, le troublé et taciturne Dr William Masters s’associe avec une jeune mère de famille, l’indépendante et libérée Virginia Johnson, afin de mettre au point une étude complexe et détaillée sur le comportement humain et son rapport à la sexualité. Endossant le rôle de véritables pionniers dans ce domaine encore considéré tabou pour l’époque, ce duo hétéroclite va devoir braver les obstacles qui vont se mettre en travers de leur chemin. C’est sans compter sur leurs vies privées qui vont s’entremêler avec le temps : Masters doit gérer sa relation tumultueuse avec son épouse, la délicate Libby, tandis que Virginia doit jongler entre son statut de figure maternelle célibataire et ses dilemmes aussi bien professionnels qu’amoureux.

Si Virginia en vient à se marier avec son collègue à la fin de Masters of sex, ce n’est le premier paradoxe auquel l’héroïne se confronte. Elle passe du statut de simple secrétaire à celui de scientifique ayant révolutionné la connaissance de la sexualité humaine à travers une somme publiée avec le docteur Bill Masters. Son évolution est filmée en parallèle à celle d’une certaine révolution sexuelle, dont les répercussions sont toujours présentes aujourd’hui dans nos vies et le petit écran. Pour parler de ce bouillonnement intellectuel, mais aussi de désir et de masturbation féminine (parfois plus efficace qu’un coït plus classique), Iris Brey s’est entourée de Lizzy Caplan, l’actrice qui interprète Virginia, de la créatrice Michelle Ashford et de Thomas Maier, biographe de Virginia Johnson et William Masters.

Fleabag de Phoebe Waller-Bridge

Synopsis : La vie mouvementée d’une jeune londonienne prénommée Fleabag.

Cette série est sans nul doute la plus mouvementée et osée des 5 abordées par Iris Brey. D’abord one women show, Fleabag, du nom de l’héroïne, est devenu à l’écran le récit de la sexualité d’une jeune londonienne. Sans faire de chichi, la série aborde de front la sexualité de son personnage principal, sexualité qui est aussi une pulsion de vie. Pour commenter ce travail  l’épisode fait appel aux voix et commentaires de l’actrice Phoebe Waller-Bridge, la productrice Lydia Hampson (car il est aussi question de moyens et de diffusion de ces séries!) et de la showrunneuse Vicky Jones.

The L Word de Ilene Chaiken

Synopsis : Fraîchement diplômée de l’université de Chicago, Jenny s’installe chez son petit ami, Tim, à Los Angeles où elle espère réussir dans l’écriture. Rapidement, elle fait la connaissance de Bette et Tina, un couple de lesbiennes qui vivent à côté. Une rencontre inattendue qui lui ouvre la porte vers un monde qui lui était jusqu’alors inconnu : celui de la communauté lesbienne.

On termine par la pionnière des séries sur la sexualité féminine. Il y a en effet un avant et après The L Word. C’est à travers les yeux de Jenny que l’on découvre la vie de ses femmes homosexuelles qui « boivent beaucoup de café et font l’amour ». Jenny représente la naïveté des débuts, la crudité de l’abus sexuel et la découverte du sexe libérateur, choisi et l’exploration sans limite de cette sexualité nouvelle et non subie.  Mia Kishner qui interprète l’attachante Jenny à l’écran revient sur la création du personnage et ses multiples déboires. Elle est entourée de Jamie Rabbit, réalisatrice, Rose Toche, réalisatrice et  Ilene Chaiken qui est à l’origine de The L Word.

Une analyse libératrice

Grâce à la série documentaire d’Iris Brey, sont réunies toutes les femmes qui osent enfin parler de sexe sans qu’il soit avant tout une performance et donc qui évoquent sans équivoque le désir féminin, le plaisir aussi. On découvre aussi combien The L Word a dû attendre le bon moment pour voir le jour, mais que ses successeurs en série se font encore attendre. La réflexion sur la sexualité féminine est aussi complexe et sans limite que les séries qui tentent de la représenter au mieux, avec des sensibilités particulières qui crient haut et fort que faire l’amour est aussi un acte de résistance !

Sex and the series : Fiche technique

Réalisatrice : Iris Brey
Genre : série documentaire
Nombre d’épisodes : 5
Durée des épisodes : 25 minutes
Producteur : ZADIG Productions
Montage : Avril Besson
Photographie : Julien Gidouin et Gregory Hopf
Date de diffusion : dès le 5 octobre, tous les jeudis sur OCS city

 

Alien : La 20th Century Fox n’a pas encore fait une croix définitive sur la franchise des xénomorphes

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Après la déception de l’annulation du projet Alien 5 de Neil Blomkamp et suite aux films clivants de Ridley Scott boudés par le public en salles (Prometheus et Alien : Covenant), la franchise des xénomorphes semblait définitivement abandonnée et placée en phase de sommeil avancé dans l’hyper-espace. Telle Ellen Ripley, la patronne de la 20th Century Fox, Stacey Snider, n’a pas définitivement renoncé à de nouvelles épopées épiques avec la licence Alien.

La patronne du studio, Stacey Snider, a évoqué l’avenir de la franchise Alien dans un entretien accordé à la rédaction de Variety. Elle a souhaité mettre un terme aux rumeurs évoquant la suspension de la saga avec l’abandon des futurs projets cinématographiques. Stacey Snider vient donc de rassurer les fans les plus extrêmes qui attendent de nouveaux longs-métrages peuplés de xénomorphes, d’œufs d’aliens et de facehuggers.

Selon des précisions de la rédaction d’IGN France, Alien : Covenant, le dernier opus de la franchise fut pourtant un échec retentissant pour la 20th Century Fox avec seulement 232 millions de dollars récoltés dans les salles obscures à travers le monde, pour un budget total de près de 100 millions de dollars. Stacey Snider espère néanmoins que les prochains films apportent un véritable coup de fouet à la saga et qu’ils puissent poser des jalons importants dans le cadre de la franchise.

Lorsqu’un univers est aussi riche que celui d’Alien, cela peut créer un sillage trop familier – et auquel cas, vous êtes en difficulté – mais [Ridley Scott et Emma Watts] peuvent également trouver une planète, un scénario ou un méchant qui vit dans cet univers, et qui peuvent être révolutionnaires.

Ridley Scott avait annoncé depuis de nombreuses années vouloir mettre en place deux nouvelles suites après Alien : Covenant afin de boucler la boucle avec le tout premier Alien de 1979 pour le plus grand bonheur des fans.

Affaire à suivre donc pour la saga Alien à Hollywood. La 20th Century Fox pourrait donner le feu vert à Ridley Scott dans les mois et les années à venir pour ses projets de suites. Les scénarios pourraient être remaniés d’ici là. Le retour en 2018 du plus coriace ennemi des xénomorphes dans la galaxie avec le renouveau de la franchise Predator pourrait bien réveiller les envies d’espace, de pulse rifles et d’entités extraterrestres chez les cinéphiles. Verdict donc dans les années à venir. La licence Alien ne semble donc pas définitivement morte et enterrée pour la 20th Century Fox.

Le remake de Maniac Cop tué dans l’œuf pour des histoires d’argent ?

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Larry Cohen, auteur du scénario de Maniac Cop et de ses deux suites, vient de doucher les fans de cinéma bis. A l’occasion d’une interview accordée à la rédaction de Birth Movies Death, il a laissé entendre que le projet était abandonné et dans une impasse pour des raisons financières essentiellement.

Le réalisateur, scénariste et producteur Larry Cohen a jeté un pavé dans la mare au sujet du projet de reboot du film culte Maniac Cop, réalisé par William Lustig en 1988 avec Robert Z’Dar, Bruce Campbell, Tom Atkins, Richard Roundtree et Laurene Landon. Ce bijou du cinéma bis a d’ailleurs été réédité en DVD et en Blu-Ray par Carlotta Films en juillet 2016 dans sa sélection Midnight Collection.

Le réalisateur John Hyams (Z Nation, Universal Soldier : Le jour du jugement et U.S. : Régénération) devait s’attaquer à ce projet fou avec l’aide de Nicolas Winding Refn (The Neon Demon, Drive, la trilogie Pusher) et William Lustig à la production. Ed Brubaker devait se charger du scénario.  Larry Cohen a donc dévoilé des informations qui vont décevoir les cinéphiles qui attendaient ce remake avec beaucoup de curiosité. Selon des informations de Mad Movies, le scénariste des films originaux de la franchise Maniac Cop s’est notamment confié à la rédaction de Birth Movies Death sur l’état actuel du projet. Larry Cohen, à l’image du mythique policier zombifié increvable de la franchise horrifique, n’y est pas allé de main morte dans cet entretien. Il n’a pas été très tendre vis-à-vis de ses petits camarades et n’a pas manié la langue de bois.

À ce que je sais, le film ne se fait plus et ils essaient peut-être de le cacher, car ils me doivent 250 000 dollars. Ed Brubaker a écrit le script, que j’ai lu, et il n’est pas très bon. Ed est un excellent scénariste de comic books, je pense. S’il a déjà écrit un bon film, je ne l’ai encore jamais vu.

Larry Cohen a même expliqué qu’il avait épaulé l’équipe du remake. Le projet est malheureusement voué à l’échec selon lui.

J’ai écrit six nouvelles scènes en prenant en compte ce que j’avais lu. Et je peux vous dire que si j’avais écrit tout le scénario, le long-métrage n’en serait pas là parce que le script serait bon. J’ai écrit trois scripts pour Bill Lustig — même si celui du troisième a été totalement remanié suite au renvoi de Bill — et je peux vous assurer que j’en aurai écrit un quatrième. Mais ils ne me l’ont pas demandé alors le film est au point mort.

Larry Cohen s’est livré à ces confidences amères sur ce projet dans le cadre de la promotion d’un documentaire à sa gloire, King Cohen: The Wild World of Filmmaker Larry Cohen. Reste à savoir si le projet de relancer la saga Maniac Cop connaîtra une issue heureuse dans les mois et les années à venir ou si le projet est définitivement mort et enterré. Larry Cohen semble être frustré de ne pas avoir été appelé dès l’origine pour participer à cette nouvelle aventure. Le comédien Robert Z’Dar qui a terrifié des générations de spectateurs avec son rôle du Maniac Cop est malheureusement décédé en 2015.

Bojack Horseman : le comédien has-been et dépressif reconduit pour une saison 5

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Les fans de la série animée pour adultes Bojack Horseman, accessible en exclusivité sur Netflix, seront heureux d’apprendre que le programme sera bel et bien de retour pour une saison 5.

La série animée déjantée Bojack Horseman, qui interroge les codes de la célébrité et dénonce les travers du microcosme à Hollywood, sera de retour pour une cinquième saison.

La nouvelle a été officialisée de manière originale à travers un message publié sur Twitter. Dans une courte vidéo dans l’esprit de la série, les internautes ont pu découvrir que le programme humoristique allait être reconduit. Le contenu de la vidéo permet de découvrir des SMS envoyés par la direction du géant américain de la SVOD à Bojack Horseman lui-même. Netflix apprend ainsi à cet anti-héros touchant qu’une cinquième saison est bien à l’ordre du jour.

Le casting sera également reconduit pour une nouvelle salve d’épisodes. Will Arnett prête sa voix à une ancienne star dépressive et cynique d’une sitcom des années 1990 (Bojack Horseman). Amy Sedaris (Princesse Carolyn), Aaron Paul (Todd) ou encore Alison Brie (Diane) seront également de retour pour le plus grand bonheur des fans de la série qui suivent le programme en version originale dans la langue de Shakespeare.

La quatrième saison de Bojack Horseman a été diffusée en cette rentrée de septembre sur la plateforme Netflix. Elle s’étend sur douze épisodes de vingt-six minutes chacun. Selon des informations de la rédaction d’IGN, la série animée Bojack Horseman a d’ailleurs été récompensée au Festival International du Film d’Animation d’Annecy en juin dernier.

FEFFS 2017 : Jusqu’au bout de la La Nuit Excentrique

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Évidemment nous n’allions pas quitter le FEFFS sans prendre part à son évènement le plus important, celui qu’envient tous les festivals du monde, la grande Nuit excentrique ( produit d’appellation contrôlée maintenant que celle à Paris a été rebaptisé Nuit Nanarland). Au programme donc 3 nouveaux nanars bien gratinés pour tenir jusqu’au petit matin. Mais avant ça, petit arrêt à la cérémonie de clôture avec Tragedy Girls.

[Film de clôture] – Tragedy Girls

Réalisé par Tyler McIntyre (USA, 2017)

Depuis que Wes Craven avait bousculé le genre du slasher avec Scream, plein d’autres réalisateurs ont essayé de jouer sur cet aspect méta, en empilant des tonnes de références et en l’inscrivant dans une génération spécifique. Si certains ont amplement réussi leur pari, on peut penser à Jospeph Kahn et son Detention complètement délirant, d’autres s’y sont cassé les jambes (l’un des derniers exemples en date est la série Scream Queens de Ryan Murphy). C’est au tour de Tyler McIntyre de s’y lancer avec un film définitivement ancré dans la génération des millenials où les réseaux sociaux dictent la vie des protagonistes.

McKayla et Sandie sont amis depuis toujours, de véritables BFF. À elles deux, elles gèrent une page Twitter appelée @TragedyGirls sur laquelle elle informe la communauté des derniers assassinats qui ont eu lieu dans les environs. Alors que la police fait passer la plupart de ces meurtres pour des accidents, elles décident d’employer la manière forte pour leur prouver le contraire, et par la même occasion gagner des followers. Si McIntyre a bien compris quelque chose, c’est cette quête absolue de la popularité qui gangrène les réseaux sociaux, et le cinéaste va s’amuser en la poussant à l’extrême. M-Kay et Sadie vont en effet partir dans une croisade meurtrière rivalisant d’ingéniosité pour mettre en scène leurs meurtres. Tragedy Girls offre donc quelques séquences assez dantesques avec notamment un mec se faisant trancher la tête par une barre de muscu. Malgré son fort potentiel, McIntyre n’arrivera jamais à transcender son sujet. Tragedy Girls devient très vite agaçant, par son côté trop forcé, que cela soit au niveau des références ou du traitement réservé à ses personnages. Il ne faut pas attendre très longtemps avant que M-Kay et Sadie énervent l’audience. Tout cela empêche alors Tragedy Girls d’être le véritable concentré de fun qu’il veut être. Pas la meilleure façon de clôturer cette 10ème édition.

Bien sûr, Tragedy Girls ne constituait  que l’amuse-bouche avant la nuit mémorable qui allait suivre. À cause du retard, il faudra attendre 1h du matin avant de pénétrer enfin dans le monde si particulier des nanars où faux raccords et VF sont rois.

FEFFS 2017 : La Nuit Excentrique, voyage déjanté au pays des nanarophiles avec L’homme puma, Le Ninja blanc et Les prédateurs du futur.

[Nuit excentrique] – L’homme-puma

Réalisé par Alberto de Martino (Italie, 1983).

Dans l’univers du nanar, l’Homme-Puma est connu comme le loup blanc, c’est donc avec cet objet culte que les programmateurs du FEFFS ont décidé d’ouvrir les hostilités. S’inscrivant à merveille dans cette volonté des italiens de copier les succès des films de genre étrangers et principalement américains, L’homme-puma surfe donc sur la mode des super-héros et notamment de Superman sorti 5 ans auparavant. Pas d’homme venu d’une autre planète ici, mais plutôt un paléontologue qui se retrouve être l’envoyé d’un dieu, L’Homme-Puma. Aidé d’un descendant aztèque à la gueule carrée nommé Vadinho, notre héros va faire tout ce qui est en son pouvoir pour neutraliser le grand méchant Cobra incarné par un pauvre Donald Pleasance qui se demande ce qu’il fout là.  D’autant plus que ce vilain pas beau dispose d’un masque lui permettant de contrôler les esprits les plus faibles.

Forcément, on est dans le domaine du bis italien donc n’imaginez pas voir des effets spéciaux époustouflants. Même si, d’une certaine manière, les effets visuels de l’ Homme-puma font leur effet. L’Homme-puma n’a de puma que le nom car avec pour unique costume une ceinture de catcheur et une cape-poncho, on est très loin du félin. Par contre l’Homme-puma se déplace dans les airs avec l’aisance d’un félin qui vole. Et c’est là qu’entrent en scène les deux accessoires clés de l’Homme-Puma : le trampoline et le fond vert. Rien de plus tordant que de voir ce super-héros galérer à voler devant un fond vert des plus immondes. Encore mieux quand l’homme se bat avec un hélicoptère de sa taille. Au moins l’Homme-Puma sait bien simuler la mort, ainsi que se téléporter dans la voiture des gens pour leur foutre une peur bleue, sinon pour les combats il doit compter sur Vadinho pour casser des gueules. Mais qu’importe car au final : Chaque homme est un dieu, chaque homme est libre, et c’est ça la belle leçon de vie de l’Homme-Puma.

[La Nuit excentrique] – Le Ninja Blanc

Réalisé par Sam Firstenberg (USA, 1987)

Si l’Homme-puma avait déjà bien achevé une partie des festivaliers, personne n’était prêt pour le déluge de testostérone qui allait déferler dans la salle avec la projection du Ninja Blanc. Le Ninja Blanc ou American Ninja 2 : La confrontation est un pur produit Cannon. Au programme donc de la castagne, des pectoraux, de la moustache, des biceps, de la castagne, des méchants bien méchants, des Marines bien badass, de la castagne et des Rangers représentés par deux mâles alphas. Michael Dudikoff et Steve James aidés de leur charisme impressionnant forment ici le plus grand duo de l’histoire du cinéma de ninja américain, pas sûr qu’il ait beaucoup de concurrent mais quand même.

Le Ninja Blanc envoie donc le duo Armstrong/Jackson dans les Caraïbes pour enquêter sur une disparition de Marines sur une île qui sert de base secrète au grand vilain de l’histoire, Le Lion (pour rester dans la thématique des félins). Entre trafic de drogue et mutations génétiques servant à la création d’une armée de mutants Ninja, nos deux compères auront du pain sur la planche. Armés de leur plus beau short de bain à fleur, les voilà donc prêts à écumer les plages sur un buggy pour chercher la bagarre avec des ninjas. Ils peuvent compter sur l’aide de Toto, un gamin vénal n’hésitant pas à demander 10 balles à chaque fois qu’il rend un service, et de la fille d’un scientifique qui raconte sa triste histoire un soir sur la plage devant un Armstrong en mode encéphalogramme plat. Niveau sex-appeal on est servi entre le regard de tombeur de Armstrong et les pecs luisants de Jackson, les festivaliers ont eu de quoi assouvir leur fantasme. Forcément dans ce genre de film, ce qu’on attend ce sont les combats. Voir Dudikoff trancher des ninjas à coup de katanas, ou arrêter des fléchettes de sarbacane à mains nues ça n’a pas de prix, et c’est encore plus jouissif quand on a Steve James torse nu qui vient comme un bourrin avec un lance-grenade. Le Ninja Blanc est un pur régal, avec son intrigue alambiqué pour rien, ses chorégraphies complètement à l’ouest mais surtout grâce à JACKSONNNNNNNN qui aura complètement volé la vedette à Dudikoff.

[La Nuit excentrique] – Les prédateurs du futur

Réalisé par Ruggero Deodato (Italie, Phillipines, 1983)

D’habitude le dernier film de la nuit est un véritable supplice. On se souvient du pamphlet anti-mariejeanne de capitaine Droit-devant dans la Comtesse Haschisch mais surtout du combat interminable avec Statue du Temple et Astronaute américain dans les Hommes d’une autre planète. Cette fois-ci, c’est avec une valeur sûre, cet honnête artisan qu’est Ruggero Deodato (même si ce bougre se cache sous le pseudo de Roger Franklin) qu’on finit la soirée. Après son film culte, Cannibal Holocaust, notre ami Deodato s’est fait une place de choix dans le monde du nanar et ce n’est pas avec ses Prédateurs du futur qu’il nous fera mentir. Le futur c’est 1994, au large de Miami les missiles nucléaires d’un sous-marin russe ayant fait naufrage fait remonter à la surface une île qui s’avère être l’Atlantide, rien que ça. On envoie donc Mike et l’équipe d’une plateforme pétrolière dans une mission sur cette île.

Voilà comment on peut présenter l’histoire de Les prédateurs du futur, car très vite le film ne va pas faire beaucoup de sens. Ce film rentre dans la vaste catégorie ersatz cheap de Mad Max. Le film de George Miller a en effet inspiré beaucoup d’italiens avec ses personnages aux accoutrements SM et voiture tunée, donc forcément pour Deodato les habitants de l’Atlantide possèdent des iroquoises violettes et chevauchent des Harley équipés de pointes en métal. Ce n’est d’ailleurs pas le seul danger qui peuple l’Atlantide. En effet sur cette île, le temps passe à une vitesse folle. On passe de la nuit au jour à la nuit en 3 plans, et cela n’aide pas le spectateur qui essaie tant bien que mal de comprendre le but de l’expédition. Deodato essaie de refiler toute la faute sur le nucléaire, comme ça c’est facile à expliquer et on peut torcher la fin car on a tout claqué dans le budget pour les voitures customisées des méchants.  On a quand même le droit à un passage dans le coeur de l’Atlantide, une salle complètement psyché où Deodato et le cast ont dû fumer des substances qui leur ont permis d’accoucher d’un truc pareil. Deodato peut également assouvir son fétichisme des hélicoptères qu’il filme sous toutes leurs coutures avant de finir sur cette sublime scène de tension avec ce dôme qui se referme ! C’est moins éprouvant que les combats de kaijus interminables, mais essayez de comprendre quelque chose à 7h du matin.

C’est donc sur cette très belle note que se termine cette 10ème édition du FEFFS. Une édition riche en surprise, remplie de belles rencontres et qui nous aura permis de fêter dignement cette première décennie d’existence. Remercions toute l’organisation du FEFFS pour avoir pu mettre en place un si bel évènement, et à l’année prochaine.

Brooklyn Nine-Nine s’amuse toujours avec sa quatrième saison en DVD

Ce mardi 26 septembre débarque en DVD chez Universal la quatrième saison de Brooklyn Nine-Nine. La joyeuse bande devra faire face à un mafieux revanchard, aux abominables horaires de nuit ainsi qu’à un nouveau chef formidablement incompétent. Bref, au programme : du fun, encore du fun, et toujours du fun dans un système narratif qui tend à se renouveler.

Synopsis : Amorçant sa quatrième saison, Brooklyn Nine-Nine suit les exploits de l’hilarant détective Jake Peralta, ses dévoués et adorables collègues, et leur chef plus-sérieux-qu-un-bloc-de-granit, le Capitaine Raymond Holt, alors qu’ils oeuvrent dans le 99ème district de New-York.

Attention, cet article contient des révélations sur les troisième et quatrième saisons. L’avertissement donné, bonne lecture à vous.

Un début de saison empli de promesses

La fin de la troisième saison de Brooklyn Nine-Nine était emplie de promesses quant au début de la quatrième. Pour rappel, menacés de mort par un chef mafieux, Peralta et Holt sont placés dans le programme de protection des témoins. La saison se terminait sur les deux bonshommes vivant en Floride sous les faux noms de Greg et Larry. La quatrième saison proposait de fait un début prometteur, dans lequel nos héros dépaysés devraient s’habituer à la vie ensoleillée et loin de leurs badges. On pouvait même se demander si toute la brigade n’allait pas, dans un élan de surprise humoristique, suivre les deux héros dans leur déménagement.

Le premier épisode de la saison 4 installe hélas rapidement la résolution de l’intrigue. Les deux compères s’habituent comme ils peuvent à leur nouvelle vie démarrée six mois plus tôt. Une agent chargée de leur protection (interprétée par la géniale Maya Rudolph) les contacte de temps en temps. Elle veille, à l’aide d’un questionnaire absurde, à ce qu’ils ne trahissent pas leur vraie identité. En effet, le mafieux n’a toujours pas été arrêté, le danger rode toujours ! Mais en cachette, Perralta enquête, il veut retrouver sa collègue et petite amie Amy Santiago, et surtout quitter la vie infernale de la Floride. Ainsi on devine déjà comment le récit va avancer : Holt va apprendre ce que fait Jake, soit il accepte, soit il refuse de l’aider ; au final, le tueur les retrouve (et tombe dans un piège relativement préparé), et autre fausse surprise, la bande vient en Floride les sauver. Enfin on peut alors supposer que Brooklyn Nine-Nine va reprendre son train-train.

Remises en question, chocs et sujets d’actualité pour une saison réussie

On pourrait ainsi être déçu de ce début de saison. Cependant, un autre élément introduit va nous saisir : l’arrivée d’un nouveau capitaine plus idiot et incompétent que jamais. Ce qu’on aurait pu considérer comme un objet humoristique utile à un running gag va dépasser cette simple attente. À la fin de l’héroïque mission en Floride, que fait l’officier ? Il crée le gag suprême en suivant les conseils du lieutenant Terry : l’officier devient autoritaire. À tel point qu’il va être sévère quant à la punition du groupe pour leur sauvetage non autorisé. La brigade passe en horaires de nuit. Catastrophe, crient les inspecteurs. Pour eux oui, mais pas pour la série. En effet, le schéma « quotidien – épisodes spéciaux (finalement inconséquents) – reprise du quotidien » est brisé. Ce premier événement en annonce d’autres tout aussi importants pour notre équipe de flics new-yorkais : la brigade risque d’être fermée si elle est moins efficace qu’une de ses consœurs. Pourquoi ? Explicitement, il est dit que le crime aurait baissé grâce aux efforts de tous les commissariats. Implicitement, l’épisode traite de la réduction des budgets alloués aux services de polices et à ses conséquences. Autre événement choc, Perralta et Diaz sont piégés par un officier ripoux (Gina Gershon toujours aussi talentueuse lorsqu’il s’agit d’interpréter les manipulatrices) sur lequel ils enquêtaient. Et bien sûr, le personnage interprété par Gershon est considéré par tous comme un brillant et infaillible agent de police. Puis toutes les preuves se retournent contre nos héros. Par ailleurs, certaines sont inventées. Même Holt qui dirigeait officieusement l’enquête des deux loustics ne réussit pas à les aider. Au final, la sentence est levée : quinze ans  de prison attendent nos deux inspecteurs. Qu’adviendra-t-il ?

On trouve aussi dans cette formidable saison un épisode traitant d’un problème d’actualité aux États-Unis. Terry est en effet arrêté par un agent de police blanc dans son propre quartier. La raison est raciste : Terry est noir de peau. Le récit va alors traiter avec un équilibre de gravité et d’humour la volonté de Terry de punir le policier. Et via plusieurs échanges avec Holt, la série rappellera à nouveau à quel point le racisme et l’homophobie ont été et sont encore combattus dans la police américaine (des années 70s à nos jours).

Les policiers du 99ème district sont fatigués. On les fait travailler de nuit, puis on discute de leur efficacité. Enfin leur loyauté est remise en question. Hélas pour nos héros, leurs vies ressemblent aux nôtres, avec – il faut le dire – une dose d’extraversion et de comédie (burlesque, absurde, grossière, etc) qui n’appartient qu’à la série. En cela, la série a réussi à avancer comme jamais. Et malgré un caméo aussi inattendu que raté de l’héroïne de New Girl (interprétée par Zooey Deschanel), la saison 4 de Brooklyn Nine-Nine est une réussite. Celle-ci promet enfin un début de saison 5 aussi fou que celui mis en place à la fin de la saison 3. Espérons toutefois une meilleure introduction que celle obtenue dans ce quatrième volet.

Brooklyn Nine-Nine : Bande-annonce de la saison 4

BROOKLYN NINE-NINE – une série créée par Dan Goor et Michael Schur en 2013

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Image : 16/9 1.78:1 / Durée : 7h56

Audio : Français, Anglais Dolby Digital 5.1

Sous-titres : Français, Anglais et Néerlandais

Bonus : Scènes coupées inédites / Episode crossover avec New Girl

4 DVD : 22 épisodes de 22 minutes

Prix public indicatif : 19,99 €

 

FEFFS 2017 : film en carton, kaleidoscope et contamination qui tourne au carnage

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La veille de la cérémonie de clôture de cette 10ème édition du FEFFS nous a permis de découvrir les derniers titres en compétition. On y retrouve Dave made a maze, un film fait avec des bouts de carton et Kaleidoscope, un récit de serial killer avec le grand Toby Jones. Tandis que la section Midnight Movies finit en beauté avec Mayhem, un gros défouloir.

[Compétition internationale] – Dave made a maze

Réalisé par Bill Watterson (USA, 2017)

Sur le papier, Dave made a maze donnait l’impression d’être le film le plus particulier de la compétition. Après avoir vu cette pépite indépendante, on ne peut que le confirmer. Dave a construit dans son appartement une maison en carton qui abrite un gigantesque labyrinthe. Malheureusement, le jeune homme se retrouve piégé. Sa petite amie lance alors une expédition à l’aide de plusieurs de ses amis pour lui porter secours. Véritablement inclassable, Dave made a maze fait preuve d’un talent créatif sans borne de la part son auteur Bill Watterson. La construction du labyrinthe, les différentes pièces qui le composent, les milliers d’idées pour mettre le tout en scène : le film est un véritable plaisir qui ressemble à un terrain de jeu immense pour le jeune réalisateur américain.

Mais Dave made a maze ne se résume pas un simple exercice de style à l’aide de carton, il apporte une véritable réflexion sur la relation entre un artiste et son oeuvre. Comment celle-ci peut prendre le dessus sur son créateur comme le démontre ce labyrinthe qui commence à prendre vie et à s’amuser de Dave et de ses amis. Une obsession qui commence à devenir dangereuse, et qui entraîne la nécessité de sacrifices. Empilant des références à foison allant du jeu vidéo à la mythologie avec ce sublime minotaure au costume génial, Bill Watterson arrive à faire passer son message de façon très ludique. Dave made a maze est une belle surprise, un film qui montre l’originalité du cinéma indie et qui joue habilement de ses influences pour en faire une œuvre à part.

[Compétition internationale] – Kaleidoscope

Réalisé par Rupert Jones (Royaume-Uni, 2017)

Dernier film à être présenté en compétition internationale, Kaleidoscope marque les débuts à la réalisation de Rupert Jones, frère de l’acteur Toby Jones. C’est d’ailleurs son frère qu’il choisit pour jouer le rôle principal du film, celui d’un quinquagénaire perturbé qui commet un meurtre et qui voit l’arrivée de sa mère tout chamboulé. Kaleidoscope est un film qui sait prendre son temps et qui va se concentrer quasi exclusivement sur une unité de lieu, l’appartement de Craig, incarné par Toby Jones. Kaleidoscope s’amuse à tisser un véritable labyrinthe avec les perceptions du spectateur et de son personnage principal renvoyant à l’objet qui donne son nom au film. Effet accentué par de belles idées de mise en scène, comme ces plans sur les escaliers particuliers de l’immeuble.

S’intéressant davantage à la psychologie d’un Toby Jones qui délivre une très bonne performance, Kaleidoscope donne cependant une impression de lenteur très pesante. Peu de véritable rebondissements ; le film peine à captiver sur la longueur. Même si Rupert Jones installe une certaine atmosphère et joue beaucoup sur des détails pour installer un doute, le film reste assez facile et manque au final d’originalité sur le traitement. Kaleidoscope bénéficie cependant d’une réalisation solide et qui permet à Toby Jones (Hunger Games, Tale of Tales…) de prendre un rôle à contre-emploi avec ce tueur aux problèmes maternels. Kaleidoscope ne se démarquera malheureusement pas dans cette compétition très riche.

[Midnight Movies] – Mayhem

Réalisé par Joe Lynch (USA, 2017)

Avant la fameuse nuit excentrique, il est temps de clôturer la section Midnight Movies avec le nouvel essai de Joe Lynch qui avait déjà amusé les festivaliers en 2014 avec Knights of Badassdom. Le cinéaste américain revient donc avec Mayhem, un film de contamination virale situé dans un grand cabinet d’avocats. Le virus IB7 empêchent les infectés de réprimer leurs émotions les plus intenses ce qui se traduit donc par un gros bordel (comme le titre anglais l’indique) dans l’immeuble mis sous quarantaine. Parmi les employés, le jeune Derek est un avocat ambitieux qui se retrouve être viré et va s’allier avec une jeune femme ayant eu des problèmes avec la firme. Les deux jeunes gens vont alors partir dans une croisade sanguinaire jusqu’au dernier étage de l’immeuble.

Mayhem était juste ce qu’il fallait pour bien terminer cette sélection, le film est en effet un véritable défouloir parfaitement jouissif. Comme Game of death, le film possède un potentiel génial pour offrir un jeu de massacre cathartique, sauf que, à l’exception de son prédécesseur, Mayhem transforme à perfection l’essai. Le côté jeu vidéo que donne la progression entre les niveaux de l’immeuble couplé aux équipements de fortune des deux protagonistes à savoir des marteaux, des pistolets à clou et des scies circulaires donne un aspect très ludique à cette œuvre. Si on ajoute à ça un déversement très intense de violence qu’elle soit physique ou verbale, on se retrouve dans un véritable carnage particulièrement grisant. On regrettera peut-être un manque de véritable gore, mais bon, quand y a une femme en talons qui dégomme des mecs en costard avec un pistolet à clou, on est déjà ravi.

https://www.youtube.com/watch?v=BZr3wXQ5e1E

 

 

Palmarès FEFFS 2017 : Double Date Octopus d’or

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Cette édition anniversaire du FEFFS riche en événements s’est clôturée ce samedi 23 septembre 2017 avec la remise des prix : Octopus d’Or pour Double Date, la comédie horrifique anglaise de Benjamin Barfoot et Méliès d’argent pour Laissez bronzer les cadavres de Hélène Cattet et Bruno Forzani. Avant de revenir sur les derniers jours du festival, il est temps de faire un point sur le palmarès de cette 10ème édition.

Cette année encore les différents jury ont eu la lourde tache de départager des films tous plus différents les uns que les autres. Pour la deuxième année consécutive, les crossovers ont été mis en compétition. Le jury composé de Mike Hostench, le directeur adjoint du grand festival de Sitges, Estelle Nothoff, régisseuse de cinéma et David Scherer, spécialiste des maquillages qui a notamment travaillé sur Laissez bronzer les cadavres, ont rendu leur verdict sur une catégorie assez uniforme où aucun véritable film n’a vraiment réussi à se démarquer. Le jury annonce cependant un choix assez facile qui a donc permis de remettre le prix du jury Crossover à la très sympathique comédie Bitch.

En ce qui concerne la compétition internationale, un nombre record de 13 films ont été présentés. Si certains ont fait grand effet sur le public comme Double Date ou Dave made a maze, d’autres ont reçu des retours assez diversifiés, notamment Laissez bronzer les cadavres ou Mise à mort du cerf sacré qui ont eu des avis assez divisés. Pas de réel favori ne se dégageait véritablement, hormis le prix du public qui se jouait véritablement entre les films de Benjamin Barfoot et de Bill Waterson. Et c’est donc l’américain avec son film fait de carton qui repart avec le prix du public. Le jury composé de trois cinéastes : le belge Vincent Lannoo, la libanaise Joyce A. Nashawati et l’irlandais Billy O’Brien ont eu donc la mission de remettre trois prix. Parmi lesquels, la mention spéciale du Jury qui permet de saluer une production qui s’est démarquée dans cette sélection. À la surprise générale, c’est le film post-apo à petit budget brésilien Earth and Light qui repart avec le prix. Vient ensuite le tour des deux prix les plus importants, le Méliès d’Argent du meilleur film européen et l’Octopus d’or. Le premier permettra au film lauréat de concourir pour le Méliès d’Or à Sitges. Succède donc à I am not a serial killer, la claque esthétique Laissez bronzer les cadavres de Hélène Cattet et Bruno Forzani.

Après Grave l’an dernier qui repartira de la capitale alsacienne avec le plus prestigieux des prix, l’Octopus d’or ? Le jury a plébiscité un film qui a bénéficié d’une approbation totale de la part du public, c’est donc la comédie horrifique Double Date qui est le 10ème lauréat de la pieuvre dorée.

Cette 10ème édition a également permis au FEFFS de remettre un Lifetime Achievement Award à son invité d’honneur, le grand William Friedkin. Le cinéaste américain a reçu en cadeau une réplique du tableau représentant Rouget de Lisle lors de la première interprétation de la Marseillaise qui se trouvait dans le bureau du maire Roland Ries.

Palmarès du Festival Européen du film fantastique de Strasbourg 2017

Longs métrages :

Octopus d’or – Double Date de Benjamin Barfoot (Royaume-Uni)

Méliès d’argent – Laissez bronzer les cadavres de Hélène Cattet et Bruno Forzani ( France, Belgique)

Mention spéciale du jury – Earth and Light de Renné França (Brésil)

Prix du public – Dave made a maze de Bill Watterson (USA)

Prix du jury crossovers – Bitch de Marianna Palka (USA)

Courts-métrages :

Octopus du meilleur court-métrage international – Saatanan Kanit de Teemu Niukkanen (Finlande)

Méliès d’argent du meilleur court-métrage européen – The Absence of Eddy Table de Rune Spaans (Norvège)

Mention spéciale du jury dans la catégorie internationale – Mouse de Celine Held et Logan George (USA)

Prix du jury du meilleur court-métrage d’animation – The Absence of Eddy Table de Rune Spaans (Norvège)

Mention spéciale du jury dans la catégorie animation – Cipka (Pussy) de Renata Gasiorowska (Pologne)

Prix du jury du meilleur court-métrage dans la catégorie Made in France – Animal de Jules Janaud et Fabrice Le Nézet

Jeux vidéo :

Octopix du meilleur jeu vidéo indépendant – Do Not Feed The Monkeys de  Fictiorama Studios (Espagne)

Prix du jury du meilleur jeu vidéo étudiant – Abadi

Prix Arte Creative du meilleur jeu vidéo – oQo de Lance / 3-50

 

Ça, Faute d’Amour, A Ciambra, Mon Garçon… Les films à voir ce week-end

Les Hommes d’argileDes rêves sans étoiles, Laetitia, Kiss & Cry, L’un dans l’autre, Des rêves sans étoiles… Chaque semaine, une dizaine de nouveaux titres se partagent l’affiche. Que faut-il voir cette semaine au cinéma ? La rédaction fait le tri pour vous. Ce week-end on vous conseille…

Ça, film d’horreur de Andy Muschiettti, avec Jaeden Lieberher, Bill Skarsgård, Finn Wolfhard (2h15).

Andy Muschietti signe une adaptation de Ça qui ne manque pas de charme mais qui manque d’audace. Hommage au genre horrifique et hommage à la culture des années 80, Ça est un film qui joue la carte de la sécurité et du succès . Mais derrière ses choix attendus se cache aussi une œuvre sincère et touchante qui dépasse son propre cadre.

Mon Garçon, de Christian Carion, avec Guillaume Canet, Mélanie Laurent (1h24).

Après En mai fais ce qu’il te plait, Christian Carion s’essaie au thriller avec le film Mon Garçon, en mettant en scène une chasse à l’homme effrénée d’un père à la recherche de son fils disparu. Dans l’ensemble, Mon Garçon est un thriller porté par un Guillaume Canet qui crève l’écran, mais la simplicité du scénario vient quelque peu ternir les bons sentiments éprouvés à la fin du visionnage.

Faute d’Amour, de Andreï Zviaguintsev, avec Maryana Spivak, Alexeï Rozin, Matveï Novikov, Daria Pisareva (2h07).

Sous couvert d’un drame intimiste féroce et triste, Zviaguintsev étrille une fois de plus son pays, la Russie, pour ses nombreuses contradictions, ses tares héritées de l’ère soviétique ou nouvellement acquises par son occidentalisation. Faute d’Amour est un beau film, un cri d’amour malgré tout de la part du cinéaste. Le constat est triste et lucide, et même l’implication extrême des bénévoles dans les battues lors de la recherche d’Aliocha semblent robotiques et sans chaleur. Il y a quelque chose de pourri au royaume de Poutine, et une fois de plus, ce n’est pas l’excellent film de Zviaguintsev qui nous dira le contraire…

https://youtu.be/em7xg53W5cc

A Ciambra, de Jonas Carpignano, avec Pio Amato, Koudous Seihon, Iolanda Amato (1h57).

Avec son second film A Ciambra, Jonas Carpignano dépoussière un cinéma italien dominé dans les festivals par ses images léchées voire tape-à-l’œil. Il apporte un vrai regard politique sur la situation des migrants africains qui s’échouent toujours plus nombreux chaque année sur les côtes calabraise, engendrant davantage d’exclus sociaux que ne compte déjà plus la société italienne.

 

A Ciambra : Le Temps des Gitans (en Calabre)

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Avec son second film A Ciambra, Jonas Carpignano fait du néo-réalisme italien à la sauce 2017 avec un véritable regard politique sur la situation des laissés-pour-compte dans le sud de l’Italie.

Synopsis : Pio a 14 ans et veut grandir vite. Comme son grand frère Cosimo, il boit, fume et apprend l’art des petites arnaques de la rue. Et le jour où Cosimo n’est plus en mesure de veiller sur la famille, Pio va devoir prendre sa place. Mais ce rôle trop lourd pour lui va vite le dépasser et le mettre face à un choix déchirant.

Jonas Carpignano nous est apparu en 2015 avec son premier film Mediterranea dans lequel il racontait l’histoire d’Ayiva, un immigré burkinabé. Le film retraçait son voyage jusqu’en Europe et son intégration difficile dans le sud de l’Italie. Son second long-métrage A Ciambra qui se passe toujours dans la même petite ville n’est pas une suite mais une sorte de prolongement de Mediterranea. On y retrouve les mêmes personnages, deux ans plus tard. L’immigré burkinabé vit toujours dans les bidonvilles de la banlieue calabraise où il s’est échoué deux ans plus tôt. C’est sur son jeune ami, exclu social d’une autre nature, que se concentre A Ciambra.

Le temps des gitans 

A-Ciambra-Koudous-Seihon-Pio-Amato-film-Jonas-Carpignano-critique-Pio Amato fait partie de la communauté gitane. Contrairement à Ayiva, il a été à la marge de la société dès sa naissance. La Ciambra c’est le nom de ce camp gitan où il vit avec sa famille (très) nombreuse. Un monde parallèle en marge de la société italienne, loin de la ville au milieu d’un amas d’ordures. Lorsque son père et son frère sont arrêtés par la police, Pio est propulsé chef de famille et enchaîne les petites magouilles et autres larcins pour ramener de l’argent à sa mère, qui n’apprécie pas les méthodes de son fils mais qui accepte pourtant sans broncher les quelques billets rapportés. Pio vit en réalité une étape décisive de sa vie. Celle qui marque son passage de la cour d’enfants au clan des « hommes » de la Ciambra, représenté dans une très belle scène de fin.

La force du film est que le réalisateur rend bien compte de la marginalité du camp des gitans. De là-bas on aperçoit au loin le passage d’un train, seul lien avec l’ailleurs rendu inatteignable à cause de la claustrophobie de Pio. Le jeune gitan n’a pas d’échappatoire, il vit à et pour la Ciambra, empêchant toute chance de s’émanciper. Pour l’honneur familiale Pio est obligé de trahir ses seuls amis à l’extérieur du camp, comme ce passage poignant où il est forcé de voler son ami burkinabé pour être de nouveau accepté dans sa propre communauté.

Jonas Carpignano met en scène un serpent qui se mord la queue. Parce qu’il est exclu de la société, Pio n’a pas d’autres choix que de survivre de petits vols, et parce qu’il survit de petits vols, il ne sera jamais intégré autre part que dans sa famille. Tout comme Ayiva, Pio gravite autour de son camp sans jamais aller bien loin, comme aimanté par sa condition d’exclu social.

Un retour aux sources du néo-réalisme

C’est après s’être fait voler sa voiture que le cinéaste raconte comment il est tombé amoureux de la Ciambra. Il y a rencontré toute la famille Amato qui compose la quasi-totalité de sa distribution. Proche du documentaire, la mise en scène de Carpignano laisse tourner la caméra dans de longues séquences permettant de beaux moments d’improvisation comme cette scène de match dans le bidonville des immigrés africains ou celle d’un repas de famille arrosé. De manière général le film repose largement sur les épaules du petit Pio Amato qui est de tous les plans. Son visage d’enfant déjà durement marqué par l’existence donne de la profondeur à son jeu et révèle tous les paradoxes de ce passage à l’âge adulte forcé que dépeint le film.

En deux longs métrages Jonas Carpignano dépoussière un cinéma italien dominé dans les festivals par ses images léchées voire tape-à-l’œil (Tale of Tales de Matteo Garrone et tous les films de Paolo Sorrentino). Il apporte un vrai regard politique sur la situation des migrants africains qui s’échouent toujours plus nombreux chaque année sur les côtes calabraise, engendrant davantage d’exclus sociaux que ne compte déjà plus la société italienne.

A Ciambra : Bande-Annonce

A Ciambra : Fiche Technique

Réalisation : Jonas Carpignano
Scénario : Jonas Carpignano
Interprétation : Pio Amato, Koudous Seihon, Iolanda Amato, Damiano Amato, Patrizia Amato
Image : Tim Curtin
Montage : Affonso Gonçalves
Musique : Dan romer
Distributeur : Jour2Fête
Durée : 118 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 20 septembre 2017

Italie – 2017

FEFFS 2017 : Polar brutal, cyberpunk expérimental et odyssée redneck

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À côté de la compétition internationale, les sélections alternatives proposent à leur tour des œuvres diverses. On retrouve en « crossovers » un polar coréen inspiré par le jeu vidéo, la rétrospective « Humans 2.0 » nous offre quant à elle la possibilité de voir Tetsuo, le chef d’œuvre expérimental de Shinya Tsukamoto, tandis que le « midnight movie » nous plonge dans une odyssée meurtrière en pays « rednecks ».

[Crossovers] – The Villainess

Réalisé par Byung-gil Jung (Corée du Sud, 2017)

Présenté en séance de minuit lors du Festival de Cannes, The Villainess s’inscrit à la perfection dans les recherches formelles dont les coréens se sont faits l’étendard depuis quelques années au travers de thrillers d’action particulièrement brutaux. The Villainess ne laisse en effet pas de répit et débute directement avec une séquence d’intro en faux plan séquence en caméra subjective. Le film transpose son spectateur comme dans un jeu vidéo alors que le personnage principal Sook-hee, découpe des hordes de méchants à coups de sabres. Très vite, on a l’impression que le propos de The Villainess est uniquement de faire un étalage de technicité en ce qui concerne les scènes d’action. Certes ces séquences sont la preuve d’un boulot monstre et peuvent être très impressionnantes (la scène de la baston à moto par exemple), mais cette recherche de virtuosité se fait très souvent au détriment d’une lisibilité et les scènes d’action deviennent parfois assez chaotiques (et pas dans le bon sens).

Mis à part les scènes de combat qui sont vraiment le point qui démarque The Villainess des autres « actionners » coréen du genre, le film de Byung-gil Jung se retrouve être relativement poussif. Cela est dû notamment à sa partie centrale où commence à se créer une amourette fleur bleue très gnangnan. Les enjeux du film sont eux aussi peu intéressants car se reposant sur un schéma des plus basiques dont la finalité sera devinée passée la demi-heure du film. Un bon gros gâchis, et qui se repose surtout sur ses scènes d’action. Une œuvre qui se trouve être au final assez exaspérante.

[Rétrospective Humans 2.0] – Tetsuo

Réalisé par Shinya Tsukamoto (Japon, 1989)

Œuvre fondamentale du genre cyberpunk, Tetsuo est le premier long-métrage du cinéaste japonais Shinya Tsukamoto. Réalisé avec relativement peu de moyen, Tetsuo est un déluge d’énergie complètement fou et rempli d’expérimentations en tout genre. Avec une histoire somme toute aussi simple racontant la vengeance d’un fétichiste du métal qui va provoquer la mutation d’un homme de classe moyenne en véritable homme de métal, Tetsuo se fait le témoin d’une société japonaise en pleine mutation alors que l’industrie est sur le déclin. Film d’une puissance visuelle impressionnante, Tetsuo mélange sexe et violence dans une spirale de rage destructrice.

Avec ses effets spéciaux époustouflants, la transformation de cet homme en créature de métal est toujours autant fascinante. Filmé en noir et blanc, la claque esthétique assénée par Tetsuo marquera pendant longtemps ses spectateurs. Disposant d’un travail des plus ingénieux au niveau du montage comme en témoigne ces déplacements à 100 à l’heure dans les rues de Tokyo, le film retranscrit à merveille la frénésie de son récit en corrélation avec cette société japonaise où tout va très vite et qui laisse peu de temps au repos. Car en effet, pas de temps de niaiser dans Tetsuo, Tsukamoto nous emmène dans un grand-huit de 1h07 rythmé par la musique industrielle démentielle de Chu Ishikawa. Tetsuo est une expérience sensorielle unique, une œuvre à voir en salle et on ne peut que remercier infiniment le FEFFS de le proposer.

[Midnight Movies] – 68 Kill

Réalisé par Trent Haaga (USA, 2017)

Trent Haaga rejeton issu de la Troma avait déjà marqué les esprits en tant que scénariste avec le très bon Cheap Trills, projeté lors du FEFFS en 2012. Il revient cette fois-ci avec sa nouvelle réalisation, 68 Kill. Ce « midnight movie » nous présente Chip, un jeune homme un peu paumé qui sort avec Liza une stripteaseuse. Ils mettent ensemble au point un plan pour cambrioler l’employeur de Liza qui dispose chez lui de 68 000 dollars. Bien évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu et Chip va se retrouver dans une odyssée des plus meurtrières. Malgré un déroulement assez classique, 68 Kill dispose de tous les ingrédients pour faire un midnight movie efficace. Humour noir, « rednecks » psychopathes, et femme en petites tenues sont légions.

Le film marche surtout grâce à sa galerie de personnages bouseux (par exemple Dwayne et son passe-temps favori consistant à découper des demoiselles) et notamment Chip, un peu perdu dans ce monde, qui se retrouve mêlé à toutes ces histoires à cause de son amour pour Liza. D’ailleurs ce sont vraiment les femmes qui vont le mener par le bout du nez tout au long du film. Que ce soit Liza, Violet ou la gothique Monica. On compatit avec ce pauvre Chip qui se fait avoir par toutes ces femmes, ce qui aboutit d’ailleurs à une fin assez hilarante. Outre Chip joué par Matthew Gray Gubler connu pour son rôle dans Esprits Criminels, AnnaLynne McCord est excellente dans son rôle de « white trash girl » psychotique sur les bords. 68 Kill est un film qui dispose d’une certaine générosité et qui sans être nécessairement très marquant, remplira très bien son rôle et délivrera un moment « fun » parfait pour clore une soirée.

FEFFS 2017 : Thriller paranoïaque, post-apo minimaliste et rendez vous qui tourne mal

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Alors qu’on approche tout doucement de la fin de la compétition internationale, des petites surprises pointent le bout de leur nez. Une fois n’est pas coutume, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS)nous fait voyager. Direction cette fois-ci les Alpes Suisses pour un thriller avec Animals, la forêt Amazonienne et ses vampires dans Earth and Light et la banlieue de Londres pour un rendez-vous marquant dans Double Date.

[Compétition internationale] – Animals

Réalisé par Greg Zglinski (Autriche, Suisse, 2017)

Unique film en langue allemande proposé cette année au FEFFS, Animals est la nouvelle réalisation du cinéaste polonais Greg Zglinski. Il suit un couple viennois composé d’une écrivaine et d’un cuisinier qui partent en retraite dans les Alpes Suisses tout en laissant leur appartement au main d’une jeune femme du nom de Mischa. Sur leur chemin, le couple heurte un mouton et la femme se blesse à la tête. Le reste de leur séjour va s’en trouver des plus perturber. Commençant assez doucement, le film de Zglinski va distiller petit à petit des éléments surprenants qui vont jouer avec les nerfs des personnages et également des spectateurs.

En effet, ce qui semblait être un petite mise au vert dans la montagne, va très vite déraper en paranoïa ambiante pour ce couple. Des jours qui passent plus vite qu’ils ne le devraient, des paroles qui se transforment, un chat qui parle, le cinéaste polonais va s’amuser à jouer avec la perception du réel. Animals prend un malin plaisir à retourner le cerveau du spectateur qui va se retrouver très vite perdu. D’autant plus qu’à des kilomètres de là, des événements  particuliers touchent également Mischa à Vienne qui se voit harceler par un homme pensant qu’il s’agit de son ex-petit amie suicidée. Un jeu de miroir commence à se mettre en place. Véritable thriller paranoïaque, Animals développe une dimension cauchemardesque très bien retranscrite par son réalisateur. À l’aide d’une réalisation propre, Greg Zglinski joue de cette ambiance pour renforcer l’impact de son récit. Si le dénouement s’avère être au final assez prévisible, le récit laisse assez de zones d’ombres pour permettre au spectateur déboussolé de se triturer le cerveau pendant quelques temps. Une œuvre intrigante qui se croit peut-être un peu trop sûre de ses effets mais qui n’en reste pas moins efficace.

[Compétition internationale] – Earth and Light

Réalisé par Renné França (Brésil, 2017)

À l’instar de The Crescent, Earth and Light fait partie de ces films aux petits budgets qui nous seraient impossible de voir sans le FEFFS. Si le film canadien de Seth A. Smith était des plus dispensables, Earth and Light dispose de plusieurs qualités non négligeables. Film post-apocalyptique brésilien situé dans la forêt Amazonienne, Earth and Light suit un homme équipé d’une machette accompagné d’une fillette qui essaient de survivre dans un monde où les vampires ont pris l’ascendant. N’attaquant que la nuit, le seul moyen de leur échapper est de se recouvrir la peau de terre. Vu son très faible budget, Renné França a pris la direction d’un film minimaliste misant avant tout sur le côté contemplatif de son odyssée

Survival dans une nature luxuriante, Earth and Light est lent, très lent. Les dialogues sont peu présents, la musique simple mais efficace et pesante. Earth and Light semble cependant ne pas aboutir à grand chose et donne parfois des impressions de vide, ce qui fait que si on ne se fait pas happer par l’ambiance, on risque de se retrouver sur le carreau pendant 1h15. Comme dit plus haut, le film possède cependant des qualités, notamment au niveau formel. Renné França offre en effet des plans à la photographie des plus léchées qui font honneur à la beauté des paysages qu’ils filment. Malgré ses faibles moyens, il arrive également à offrir grâce à une mise en scène astucieuse des séquences intéressantes avec les créatures de la nuit. La démarche du film entreprise par França est louable, mais manque réellement de substance pour captiver le spectateur. C’est dommage toutefois le potentiel est présent.

[Compétition internationale] – Double Date

Réalisé par Benjamin Barfoot (Royaume-Uni, 2017)

Jusqu’à maintenant la compétition manquait cruellement de comédie. Heureusement le duo Benjamin Barfoot/Danny Morgan a entendu nos supplications et y a répondu de la manière la plus réussie qu’il soit. Double Date, c’est typiquement le genre de film qui sur le papier ne paye pas de mine, mais qui s’avère être un concentré de fun absolu, délirant de sa première à sa dernière seconde. Il fallait bien les anglais et leur humour si particulier pour nous offrir cela. Double Date est donc une comédie horrifique racontant l’histoire de deux amis, Alex et Jim (joué par Danny Morgan, le scénariste du film) qui se retrouve dans un rendez-vous à quatre avec deux sublimes sœurs qui semblent avoir des vues particulières  sur Jim dont la virginité leur servirai pour un rituel de magie noire.

À partir de ce postulat des plus cocasses, Benjamin Barfoot va nous embarquer dans un délire potache. Débutant comme des milliers de comédies américaines avec Alex prêt à tout pour faire perdre son pucelage à son ami Jim, Double Date profite d’un ton des plus décontractés qui s’amuse des clichés. Faisant rire à travers des séquences assez malaisantes (comme cette fête d’anniversaire empli d’embarras), des punchlines mémorables, ou encore des leçons de dragues « made in » Alex (comme mettre sa capote avant de partir au rendez-vous), Double Date ne souffre d’aucun temps mort et fait mouche constamment. Il faut dire que le casting est excellent. Jim et Alex fonctionnant à merveille ensemble, mais il ne faut pas oublier les deux jeunes femmes entre la fragile Lulu et la psychotique Kitty incarnée par une Kelly Wenham sexy en diable. Double Date embrasse clairement sa dimension de comédie horrifique dans une dernière partie complètement survoltée à base de baston ultra violente et daddy zombie tueur. Un film qui risque fort de repartir avec le prix du public.

Les derniers titres de la compétition vont se dévoiler lors de l’avant-dernier jour de cette dixième édition. On y retrouvera notamment Dave made a maze, le film fait de carton, et Kaleidoscope, un film de serial killer avec Toby Jones en tête d’affiche.