Depuis le mercredi 13 juin est disponible en combo Blu-ray/DVD Une histoire simple de Claude Sautet. Édité par Pathé Distribution, le drame mené par Romy Schneider est de retour en vidéo avec une nouvelle version remastérisée.
Synopsis : Marie élève seule son fils adolescent. Sa relation avec Serge s’étiole, et elle décide de le quitter et de ne pas garder l’enfant qu’elle attend de lui. Elle finit par se rapprocher de George, son ex-mari alors qu’en même temps, les amis de Marie ont chacun leurs propres soucis à régler.
La libération du et dans le quotidien par Claude Sautet
Une histoire simple, c’est d’abord le récit de Marie, personnage campé par Romy Schneider, maman divorcée enceinte de son compagnon et qui travaille dans une entreprise dans laquelle les postes sont menacés. L’aventure de Schneider correspond à une libération, la sienne. Marie va avorter, puis rompre avec cet amant pour lequel son cœur ne bat plus. Elle va logiquement lui demander de quitter le logement. La femme se retrouve seule ou presque, puisqu’elle habite aussi avec son fils qui poursuit son envol d’adolescent/jeune adulte. Avec cette libération, Marie reprend le contrôle de sa vie. Un contrôle qui va atteindre son paroxysme vers la fin du long métrage : elle est enceinte de son nouvel amant qui n’est autre que son ex-mari. Ce dernier décide toutefois de quitter la région, avec sa compagne, sans Marie donc, à qui il n’appartient plus. Le personnage de Schneider décide de garder l’enfant, qu’elle élèvera avec sa récente colocataire, elle aussi libérée de son carcan relationnel suite à un événement tragique venu sceller le peu d’amour qui restait entre elle et son mari. En effet, la libération concerne aussi les êtres, hommes et femmes, qui occupent l’orbite relationnelle de Marie. Le mari qui s’est suicidé avait déjà fait une tentative parce qu’il pensait perdre son emploi. Son emploi sauvé, on dit de lui qu’il n’a plus d’énergie ni d’envie. Le bonhomme ne remplit plus ses fonctions. Son travail est à nouveau menacé, mais l’homme acquiert un nouvel emploi au sein de la même entreprise. Le salarié est sauvé, mais l’homme lui, était brisé. Il se suicide peu après en se jetant de l’immeuble. Sa femme voit cela comme une fatalité, personne ne pouvait l’en empêcher. En effet, personne ne pouvait contrecarrer la pulsion de mort de l’homme, qui voyait dans cette extrême action sa porte de sortie du vacarme de la vie qui l’assaillait. La libération peut être professionnelle : l’ex-mari de Marie (impeccable Bruno Cremer) quitte la région pour faire un stage avec des plus jeunes et d’autres de son âge et qui sait, « peut-être faire quelque chose ensemble« , dixit Cremer. Après la perte de son ami et collègue par suicide, le personnage de Cremer ne supporte plus de rentrer et travailler dans cette entreprise avec son cadre, ses règles, sa course économique. Ce départ de l’entreprise et celui de la région correspondent à une volonté de liberté de l’homme, fin prêt à reprendre le contrôle de sa vie professionnelle et amoureuse. Idem concernant le personnage de Claude Brasseur, le dernier ex-compagnon de Marie, qui s’est libéré de son obsession pour son ancien amour ainsi que d’un certain stress professionnel pour mieux retrouver l’amour et la sérénité.

La libération permet à chacun un retour à soi. Sautet filme ces parcours existentialistes avec une certaine simplicité au niveau du cadre toutefois dominé par le travail d’étalonnage du film. En effet, le travail sur la lumière et les couleurs est prégnant tant il semble rendre à chacun de ces êtres libérés une aura lumineuse, au début effacée par une forme de représentation naturaliste des situations initiales et étouffantes de chacun. La transcendance de ces êtres par le cinéma de Sautet est d’autant plus remarquable avec la remasterisation 2K soignée par Pathé Distribution. Si la copie est formidable, on peut toutefois regretter la légèreté des bonus quant à leur contenu : deux entretiens d’une douzaine de minutes. S’ils s’avèrent intéressants, on était en droit d’en attendre plus de la part de Pathé Distribution qui avait récemment conçu de façon formidable l’édition combo Blu-ray/DVD de Premier de cordée de Louis Daquin.
Une histoire simple
De Claude Sautet
1978

INFOS TECHNIQUES DVD
DVD – 1.66 – Couleur – 1h44
LANGUES : Français Dolby Digital 2.0 –
Audiovision – SOUS-TITRES : Anglais – Sourds et malentendants
INFOS TECHNIQUES Blu-ray
BLU-RAY – 1.66 – Couleur – 1h48
LANGUES : Français DTS mono 2.0 – Audiovision –
SOUS-TITRES : Anglais – Sourds et malentendants
SUPPLÉMENTS
Entretiens autour du film :
Avec Serge Bromberg, auteur de Romy dans l’enfer,
Et Eva Darlan, interprète du rôle d’Anna dans le film (26 minutes)
PRIX : 19,99€ TTC










Immédiatement assimilable à la nouvelle vague roumaine amenée par les Cristi Puiu et autres
Pour en arriver à ce paroxysme, Pororoca chemine presque continuellement avec Tudor, d’abord quand il est en famille, puis, petit à petit, quand tout se délite autour de lui, et qu’il se retrouve seul face à son obsession, celle de trouver, coûte que coûte, le coupable de la disparition de sa fillette. Constantin Popescu déroule patiemment son film. Les routines de la vie quotidienne se répètent inlassablement, de plus en plus vides de sens à mesure que les jours passent. L’après- midi joyeux au parc du début de métrage est un incroyable plan-séquence de plus d’un quart d’heure, où le spectateur, sentant le drame arriver par de petites touches de mise en scène très habiles (le balancement terrifiant d’un manège vide, les allers et retours de Maria et d’Ilie entre les aires de jeux et leur père), se surprend à fureter dans tous les coins, découvrant une scène avec un couple et leur bébé par-ci, une dispute à propos d’un chien par-là. La musique est quasi-inexistante, le bruitage de tous ces pans de vie est un personnage à part entière, très présent. Ces sons contrasteront plus tard avec le désespoir de Tudor, avec la douleur de Cristina, avec la tristesse d’Ilie.
Bogdan Dumitrache est fantastique dans Pororoca. Jouant tour à tour les fils docile (Mère et fils de Călin Peter Netzer) ou rebelle (
Si la niaiserie était l’égale de la platitude cinématographique alors Le Cercle littéraire de Guernesey serait un exemple hyperbolique du genre. Bien sûr l’histoire romanesque pouvait intriguer dans les pages d’un livre, mais au cinéma cela donne un plat
Là où le film pêche c’est dans l’originalité de son récit et la profondeur de sa mise en scène. Cette dernière est réduite à néant et paradoxalement dans les moments forts, comme lorsque Mark surprend le début d’une étreinte entre Juliet et son beau correspondant. Aucune profondeur, aucun enjeu dans la manière dont les personnages sont mis en scène, placés dans le cadre et mis en action surtout, car les corps au final importent peu. Mais d’autres scènes sont ratées par leur platitude ou leur côté attendu : celle de la rencontre entre Juliet et Dawsey, rencontre avortée parce que les deux ne se reconnaissent pas. Ils seront dès lors toujours confrontés et présentés de la même manière dans les plans : face à face, sans enjeu réel. Pour le reste, des flashbacks qui ne font qu’illustrer ce qui est dit et dont la valeur est donc purement informative ou larmoyante, c’est selon puisque plus on avance dans le récit plus on s’enfonce dans les clichés. Côté prestations, rien à dire tant la fadeur de Lily James, tout en mimiques surjouées, et l’inefficacité des caractères de chaque personnage rendent le tout insipide. Au final, on ne sait pas vraiment si Le Cercle littéraire de Guernesey est une adaptation fidèle du roman des amateurs d’épluchures de patates, mais une chose est sûre, ce n’est pas un bon film, tout juste un divertissement bâclé mettant laborieusement en scène des enjeux sentimentaux et de bons gros sentiments.
Pourtant, quelque chose se dégage de cette histoire. Le calme avec lequel tout se joue et se développe est assez admirable, tout est fait de manière silencieuse, il règne une certaine pudeur mais surtout beaucoup de quiétude alors que tout explose autour des personnages et toutes les tensions familiales ressortent. L’ambiance de deuil se veut responsable de cette étrange sensation que tout semble endormi, tel un matin enneigé alors qu’à l’intérieur de chaque personnage, les têtes implosent secrètement.












