Cinéma

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Le Rire et le Couteau : La rage, la plaie et le désir

Le Rire et le Couteau vous saisit à la gorge et ne lâche plus. Trois heures trente d’un cinéma vivant, pulsatil, où chaque plan sue l’urgence des corps et la fièvre des rencontres. Pedro Pinho y déploie une Afrique queer et vibrante, loin des clichés misérabilistes, un continent de désirs et de discours enflammés, où les ombres coloniales dansent encore dans la chaleur des nuits. À travers les yeux de Sergio, ingénieur portugais perdu dans cette géographie sensuelle, le film devient une expérience physique : on sent les odeurs, on touche les peaux, on écoute battre le cœur d’un monde qui résiste aux catégories. Entre érotisme politique et mélancolie postcoloniale, Le Rire et le Couteau est bien plus qu’un film : une onde de choc.

Superman : au service de l’humanité

Le nouveau "Superman" de James Gunn marque une renaissance ambitieuse pour DC, mêlant un héros profondément humain à une quête existentielle pleine de vulnérabilité. Face aux échecs passés et à l’ombre écrasante des Avengers, ce film ose réinventer l’Homme d’Acier avec compassion et modernité, explorant des thèmes d’espoir, d’amour et de solidarité dans un monde cynique. Notre critique décortique cette odyssée captivante, ses forces et ses limites.

Titouan, les enfants du corail : en eaux troubles

En Polynésie, Titouan Bernicot et les Coral Gardeners s'engagent pour restaurer les récifs coralliens face au réchauffement climatique. Un documentaire engagé entre urgence écologique, pédagogie et mobilisation d’une jeunesse déterminée à agir.

F1® le film : une course en ligne droite

Depuis les premiers "James Bond", "Grand Prix" ou encore "Bullitt", le cinéma met en valeur l’image de la voiture. Tantôt symboles de luxe, fidèles compagnons de route ou instruments de vitesse, les véhicules ont envahi l’écran. Et lorsqu’ils sont calibrés pour la course, comme dans "F1", on s’attend à des scènes sensationnelles. Si le film de Joseph Kosinski offre bien des séquences spectaculaires, il convainc davantage sur sa promotion de ce sport d’équipe à haut risque que sur ses qualités cinématographiques. Malgré la présence de Brad Pitt, presque seul sur la piste, "F1" se limite en effet à un scénario tout tracé sans vraie dramaturgie.

L’accident de piano : Affreux, bête et suicidaire

Avec son influenceuse masochiste (Exarchopoulos, géniale) et ses gags qui virent au cauchemar capitaliste, L'Accident de piano est du Dupieux pur jus absurde, excessif, un peu essoufflé. Scène culte : le piano qui tombe... mais le film ne relève jamais vraiment la mélodie

Jurassic World : Renaissance – bel orphelin né sous vide

"Jurassic World : Renaissance" redonne un souffle inattendu à la saga grâce à la mise en scène de Gareth Edwards. Si le scénario reste convenu et prévisible, la tension, l’action et le respect des codes du blockbuster permettent au film de s’imposer comme une bonne surprise estivale, loin du naufrage des derniers volets.

Rapaces : la source du mâle

Avec "Rapaces", Peter Dourountzis explore les zones d’ombre d’un féminicide à travers le prisme du journalisme indépendant. Entre thriller psychologique, drame familial et critique sociale, le film fascine par son ambiance et sa tension, mais souffre d’un scénario trop éclaté pour pleinement convaincre.

Le bonheur est une bête sauvage : un chœur de solitudes

Avec "Le bonheur est une bête sauvage", Bertrand Guerry signe un film sensible mais parfois inégal. Porté par une belle mise en scène et une atmosphère poétique, il pêche par des intrigues secondaires floues, mais touche par sa sincérité et sa douceur mélancolique.

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« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules. - Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »

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