Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Andrzej Wajda, patron du cinéma polonais, clôt sa trilogie de la résistance nationale sous l’occupation allemande avec Cendres et diamant, un film-témoignage devenu une étape charnière du cinéma d’Europe de l’Est dans le contexte de la déstalinisation et de l’affirmation nationale dans le Bloc de l’Est.
La Passagère. Sans doute n’avez-vous jamais entendu parler de ce film sorti en 1963 et réalisé par le cinéaste polonais Andrzej Munk. L’oeuvre fut pourtant présentée au Festival de Cannes en 1964 dans la prestigieuse Sélection Officielle. Depuis silence ou presque. Jamais la grand-messe du cinéma n’a jugé bon de le projeter en version restaurée. Peut-être fallait-il attendre soixante ans pour revoir le film dans les salles ? Peut-être devions-nous attendre cette date fatidique du 25 janvier 2023 pour accepter de se confronter à un épisode de l’Histoire (qu’on préférait oublier) ?
Moins évoquée lorsqu'on aborde le cinéma de Paul Schrader, Light Sleeper est pourtant l'une des œuvres majeures de la filmographie du cinéaste/scénariste. Et pour cause, ce drame aux relents de film noir, où l'on suit les déambulations nocturnes de Willem Dafoe, est la quintessence du style de l'auteur.
Le gatito fait son retour sur grand écran onze ans après ses premiers exploits. Et ce n’est pas sans rebondissements ! Dans ce nouveau volet riche en nouvelles aventures, il devra affronter sa plus grande peur : la mort. Plus sombre et plus mature que le premier volet, Le Chat Potté 2 : La Dernière Quête relève plus d’un conte philosophique que d’un conte pour enfants. Critique.
En seulement quatre films, Damien Chazelle s'est rapidement imposé comme l'une des figures majeures de la nouvelle génération de cinéastes. Déjà dans La La Land, il rendait un hommage très appuyé au septième art à travers une relecture des comédies musicales, de Jacques Demy notamment. Avec Babylon, il renouvelle l'exercice de l'hommage, mais en s'attaquant à l'industrie cinématographique dans son ensemble. En résulte son film le plus ambitieux de par son sujet, mais également le plus périlleux.
Finalement, la prison qui devait être l'espace d'exclusion et de séparation par excellence ; séparation des criminels d'avec la société, séparation interne entre ceux qui sont libres mais y travaillent et ceux qui sont oisifs mais dépossédés de leur liberté, devient un curieux espace de réunion.
Les Cyclades reprend le schéma des comédies romantiques pour raconter une amitié entre deux femmes qui se sont connues dans l'enfance et que tout oppose. Un premier rôle pour une Olivia Côte qui opère un "retour à la vie" salvateur.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »