Ant Man et la Guêpe : Quantumania, l’infiniment laid

Après une phase 4 très inégale, pour ne pas dire mauvaise, Marvel devait frapper fort pour le premier film de la  5ème. Disons le franchement, depuis la conclusion de la saga Thanos, la qualité du MCU s’évapore.  Et, plus le temps passe, plus les productions deviennent catastrophiques. Si Loki, WandaVision ou même Falcon laissaient entrevoir un avenir prometteur pour les séries, Marvel a très vite oublié toute ambition ou envie de bien faire. Les projets faits à l’arrache se multiplient et, fatalement, c’est mauvais. Malheureusement, Ant-Man 3 semble bien décidé à honorer la nouvelle formule Disney, pour le pire et pour l’infiniment pire.

A quoi tu sers, Scott ?

Ant Man et la Guêpe : Quantumania (mais quel titre de l’enfer…) avait la lourde tache d’introduire Kang au sein des films Marvel. Pour ceux qui l’ignoraient, le monsieur, incarné par Jonathan Majors, est le nouveau Thanos. Rien que cela. Bon, on le savait, difficile de passer après le titan fou, antagoniste exceptionnel. On gardait l’espoir, toutefois, après une belle apparition de Kang dans Loki. On va couper les espoirs de suite, le Bad Guy semble emprunter une toute autre voie, celle de méchant lambda et totalement oubliable. Pour sa défense, il n’est pas seul, puisque c’est l’intérêt entier d’Ant Man 3 qui est discutable. A quoi sert le film dans ce nouvel arc ? Qu’apporte-t-il réellement à l’arc multivers ?  Rien.

L’histoire, totalement creuse et sans intérêt, se déroule essentiellement dans le monde quantique. On y suit les aventures de Scott Lang et de sa famille, prisonniers de ce monde hostile et, surtout, de la colère de Kang. Si quelques passages liés au nouveau vilain auraient été intéressants, son traitement est totalement raté. Finalement, le film réduit en cendres tous ses efforts pour nous faire comprendre la puissance et la menace du personnage. Ce n’est pas tant lui qui est dangereux, que l’ensemble de toutes les versions de lui. Ce n’est pas les autres qui changeront la donne, tant tous les protagonistes sont plats. Seule réussite, Scott, qui s’en sort pas trop mal, surtout dans le climax. Mais, le constat est là, plus que jamais. La formule Marvel est à bout de souffle, à quelques exceptions près qui sortent de la zone de confort des fans (Les Eternels).

Oh, et comment résister à l’envie de parler de ce monde quantique, véritable plagiat de Star Wars. A l’exception des sabres laser, tout y passe. Aliens, scène de cantina, utilisation de la force, remake de la formation des clones dans l’épisode II, environnement calqué sur Coruscent. Ce monde, si dangereux, est réduit à sa plus simple expression. Il ressemble à une planète comme une autre, que l’on pourrait parfaitement visiter dans un Star Trek, ou un Star Wars. Les personnages rencontrés sont d’une platitude insolente, on n’en sait pas plus à la fin du film sur ce monde, mis à part que c’est le foutoir. C’est d’autant plus dur à supporter quand on sort d’un Avatar : La voie de l’eau et sa Pandora, vivante, cohérente et travaillée. Ici, le scénario n’explore rien, se contenant d’enchainer les péripéties gênantes, dans ce monde d’une rare, très rare laideur.

Laid comme un insecte

Oui, depuis un petit moment maintenant, les effets spéciaux chez Disney deviennent de plus  en plus catastrophiques. D’ailleurs, on parle même de très (très) nombreuses dépressions, burn-out et/ou crises d’angoisses intenses dans les équipes d’effets spéciaux. Marvel demande trop, dans un délai beaucoup trop court, à ses équipes. Pire, ils demandent parfois de très gros changements de dernière minute. Beaucoup travaillent 70h par semaine, 7j/7. Et, entre un Thor 4 à la limite de l’insulte, un Black Panther souvent hideux ou un Moon Knight ridicule, cela se ressent terriblement. Ant-Man 3 a tout simplement décidé d’être le film le plus laid de tout le MCU, voire l’un des blockbuster à gros budget les plus affreux de tous les temps (200 Millions).  Everything Everywhere All At Once et ses quelques 15 millions parviennent à atomiser Disney et Marvel, dans absolument tous les points. Ce n’est pas acceptable.

Si quelques plans sont très jolis, la quasi totalité d’entre eux étant des plans très larges, le reste du film est d’une laideur exemplaire. Tout est faux et tout fait faux. Bien sur, on ne comparera pas les effets spéciaux à ceux d’un Avatar 2, mais on les comparera au premier Gardiens de la Galaxie, infiniment plus beau, ou même au détesté  Thor 2, lui aussi bien plus travaillé dans sa photographie et sa direction artistique. Les fonds verts sont grillés à des milliards de kilomètres. Les décors sont flous. Evidemment, puisque les équipes n’ont pas le temps de les travailler. MODOK déclenchera surement des crises de rire, démontrant à lui seul à quel point Marvel & Disney ne respectent plus les fans.

Quelques passages ont de la gueule, c’est vrai, mais ils sont trop peu nombreux et noyés dans l’absence abyssale de mise en scène ou même d’idées de manière générale. Le film suit un schéma d’un classicisme navrant, ne prenant absolument aucun risque (comme le veut la nouvelle politique Disney) et se termine au bout de deux heures, laissant au spectateur le sentiment de n’avoir strictement rien découvert. On ne sort que plus inquiet pour l’avenir du MCU, qu’il est désormais de plus en plus difficile de défendre. Quand on voit les quelques moments agréables du film, on comprend à quel point Ant-Man et la Guêpe : Quantumania (MAIS CE TITRE !!) aurait pu être exceptionnel. Quel gâchis et quelle honte !

Bande-annonce : Ant Man et la Guêpe Quantumania

Fiche Technique et synopsis du film Ant Man et la Guêpe Quantumania

Réalisation : Peyton Reed
Scénario : Jeff Loveness
Musique : Christophe Beck
Casting : Paul Rudd / Evangeline Lilly / Jonathan Majors / Michelle Pleiffer / Michael Douglas
Durée : 125 minutes
Sortie : 15 Fevrier 2023 en salles
Production : Marvel Studios
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures

Synopsis : Une nouvelle aventure attend Scott Lang et Hope van Dyne dans leur vie de couple et de super-héros !
Tout va pour le mieux : Scott a écrit un livre à succès tandis que Hope défend avec le plus grand dévouement des causes humanitaires. Leur famille – Janet van Dyne et Hank Pym (les parents de Hope) et Cassie, la fille de Scott – font enfin partie de leur quotidien.
Cassie partage la passion de sa nouvelle famille pour la science et la technologie, notamment en ce qui concerne le domaine quantique. Mais sa curiosité les entraîne tous dans une odyssée imprévue et sans retour dans le vaste monde subatomique, un endroit mystérieux où ils rencontrent d’étranges nouvelles créatures, une société en crise et un impitoyable maître du temps dont l’ombre menaçante commence tout juste à s’étendre.
Scott et Cassie sont soudainement happés dans une direction tandis que Hope, Janet et Hank se retrouvent propulsés dans une autre. Tous se perdent dans un monde en guerre, sans savoir comment ils pourront en sortir ni même s’ils retrouveront un jour le chemin de leur foyer…

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Dimitri Redier
Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
Film préféré (Gladiator) - Série préférée (Mr Robot) - Acteur préfére : (Benedict Cumberbatch) - Actrice préférée (Emma Stone) - Réalisateur préféré (Denis Villeneuve) - Jeu vidéo préféré (The Last of Us 2) - Plat préféré (Les sushis…ça n’a aucun rapport mais je suis sûr que vous vous posiez la question)

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