Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Le Bleu du Caftan de Maryam Touzani est un très beau film marocain qui parle avec délicatesse de sujets durs, en utilisant la douceur dans la forme, avec une cinématographie lumineuse et feutrée, et des personnages tout en intériorité …
La loi du talion est une constante dans les décisions de justice en Iran. La peine de mort est prononcée pour une jeune femme qui a ôté la vie de son agresseur. La légitime défense est loin d'y être reconnue, c'est pourquoi ce documentaire porte la charge de toutes les victimes, à travers le destin d'une famille dans l'impasse, brisée par le système et les dogmes d'un pays qui ne leur appartient plus.
Après une première collaboration avec Lina Tsrimova, pour Avant que le ciel n’apparaisse (2021), le photographe et cinéaste Denis Gheerbrant, né en 1948 à Paris, se lance avec la jeune chercheuse d’origine russe dans un nouveau projet. Naîtra La Colline, documentaire saisissant, entièrement tourné sur une « colline » de déchets amoncelés à une dizaine de kilomètres de la capitale du Kirghizistan, Bichkek.
Qu’est-ce que la création si ce n’est un amalgame plus ou moins perceptible de notre imaginaire ? "Saules aveugles, femme endormie" y répond et Pierre Földes interroge le fond de l’humanité à travers une animation, toute aussi imparfaite, où gravitent des personnes ordinaires, qui ont en commun cette rupture avec leur réalité et leur quotidien routinier.
En mars, plusieurs destins de femmes se sont déployés sur nos écrans (La Syndicaliste, Mon Crime, Women Talking, Houria... ), autant d'œuvres qui font écho à notre époque et de destinées qui s'enflamment. La réalisatrice d'Emily exprime cette résonance : "Au cours des cinq dernières années, j'ai eu envie de dépasser mon rôle d'actrice et de raconter une histoire qui m’appartienne dans son ensemble. Cette volonté a coïncidé avec le mouvement #MeToo et le fait que de nombreuses femmes ont pu faire entendre leur voix. Il y a cinq ans, je n'aurais peut-être pas eu cette possibilité..." De Grandes espérances renoue avec la représentation du pouvoir féminin à l'écran en y opposant un dilemme moral. Deux œuvres à découvrir dans ce recap du mois de mars au cinéma, qui s'achève avec l'avènement du printemps.
Brumeuse, mais sans ambiguïté, « The Eternal Daughter » de Joanna Hogg n’hésite pas à réinvoquer les limbes dans un huis clos, où se confondent les rêves, les souvenirs et la réalité. Deux femmes sont ainsi enchaînées dans un hôtel, hanté par les histoires et ses fantômes.
Dans un film haletant et intelligent, Emmanuelle Nicot traite avec finesse, sobriété et humanité de l'inceste et du parcours de reconstruction en foyer de son héroïne. Dalva a l'aura tendue et tendre de son actrice principale Zelda Samson, une révélation!
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »