Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Radio Metronom de Alexandru Belc : Une jeunesse sous influence

Radio Metronom s’appuie sur une trame scrupuleusement documentée de violence de la Securitate de Ceausescu pour raconter l’histoire d’Ana, son coming of age, ses amours et amitiés, truffées de trahison et de fidélité, de passion et d’empathie. Un bon début pour 2023…

L’Immensità… un parfum de Respiro

« T’as pas les pouvoirs pour me changer. Je viens d’une autre galaxie. »

16 ans : Seuls contre le monde

16 ans est une formidable histoire d’amour compliquée, mais aussi une tragédie inutilement compliquée. Donc inutilement tragique.

Caravage de Michele Placido: un clair-obscur bâclé…

Michelangelo Merisi naît à Milan ou Caravaggio, dans le nord de l'Italie, le 29 Septembre 1571. Sa famille n'est ni pauvre comme il a longtemps été prétendu, ni riche. Le père est contremaître, ce qui met la famille à l'abri financièrement. Mais la peste frappe Milan de plein fouet, ente 1575 et 1577. Michele perd ses parents dans cette tragédie. Les biographes de sa vie lui attribuent un caractère belliqueux et querelleur depuis sa jeunesse, qui lui valent déjà des plaintes.

Tirailleurs de Mathieu Vadepied : lutter contre l’oubli

Tirailleurs est le deuxième film de Mathieu Vadepied, après La Vie en grand en 2014. Le réalisateur décide d'aller du côté de l'intime avec ce récit sur les tirailleurs sénégalais de la guerre 14. L'histoire d'un père et de son fils dont la vie et la relation basculent après que l'enfant est kidnappé et le père enrôlé "volontaire". Ce dernier a alors un seul objectif : sortir son fils vivant du front, quitte à en payer le prix fort.

Le Lycéen de Christophe Honoré : d’amour et de mort

Après avoir mis en scène les fantômes de sa vie au théâtre avec Le Ciel de Nantes, Christophe Honoré parle de deuil et de renaissance dans Le Lycéen. Il raconte l'histoire d'un adolescent confronté à la mort de son père et à son désir, qui devra choisir s'il renonce ou non à l'amour, car après tout  comme le réalisateur l'a écrit pour Alex Beaupain : "J'ai l'amour en haine /L'amour rend si bête / Aimons-nous à peine/ La vie La vie c'est bien mieux /Sans ce baratin" ...

Glass Onion : enquête chez les 1%

Trois ans après A Couteaux Tirés, Rian Johnson et son détective Benoit Blanc reviennent sur nos écrans. Cette fois sur Netflix, le cinéaste prolonge sa déconstruction du genre, qu'il avait bien entamée dans son premier opus. En résulte un film dans la continuité de son modèle, mais qui pousse les curseurs plus loin, à la fois pour le meilleur et le pire.

The Fabelmans, le dernier coup d’éclat de Spielberg

Dire que Spielberg est en forme ces dernières années tient de l'euphémisme. Après un Ready Player One très réussi (bien qu'un tantinet sous exploité), c'est avec West Side Story que le réalisateur de certains des plus grands chefs d'oeuvre du cinéma à renouvelé avec l'excellence. Avec The Fabelmans, le cinéaste de 76 ans revient à un genre plus intimiste et surtout, plus personnel. Verdict ? 

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.