Critiques films

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Iron Claw : fratrie, malédiction, emprise, testostérone et catch… Sans match !

À chaque fois c’est certes différent, mais il manque une nouvelle fois ce fameux « je-ne-sais-quoi » qui fait l’étoffe des grands films à ce nouvel opus de Sean Durkin après Martha, Marcy, May, Marlene et The Nest. Traitant de nouveau de l’emprise - mais à travers un prisme différent - pour son troisième film, il se heurte à son script trop linéaire qui voit la seconde partie n’être qu’une accumulation de tragédies redondantes à la longue. Cette saga familiale dans le milieu si singulier du catch n’en demeure pas moins plaisante grâce notamment à son incroyable casting dominé par un Zac Efron transfiguré.

La Ferme des Bertrand de Gilles Perret : une histoire de travail et de transmission

"En 1997, certains se moquaient de moi parce que je faisais un film sur mes voisins. Je répondais qu’en racontant l’histoire de mes voisins, je pouvais raconter l’histoire du monde. J’en reste persuadé". La Ferme des Bertrand est le nouveau documentaire de Gilles Perret (Debout les femmes, J'veux du soleil), où il suit la vie d'une ferme sur près de 50 ans. Un documentaire entre complicité et récit d'une vie de travail et des évolutions du monde agricole, une histoire de transmission avant tout. En salles le 31 janvier 2024.

Krisha et le maître de la forêt : les lois de la Toundra

Les contes et légendes bercent toujours l'imaginaire des plus jeunes, résolus à croire aux miracles, chose dont les adultes de ce monde ne semblent plus pouvoir faire. Krisha et le Maître de la Forêt est un conte initiatique qui rend hommage aux peuples nomades de la Toundra. Et grâce à l'animation en volume, Park Jae-Beom parvient à redéfinir les goûts de la magie à travers les yeux d'une héroïne qui a tout à apprendre de son mode de vie ancestral, en parfaite harmonie avec la nature.

Les Chambres rouges : les deux visages de la peur

Rouge comme la passion, rouge comme le filtre de la violence et enfin rouge comme le sang. Les Chambres rouges réunit tous ces symboles dans le regard robotique d’une figure angélique, dont la psychose et le pragmatisme peuvent se révéler destructeurs. Est-elle la groupie d'un tueur en série ou bien son bourreau ? Avec l’hygiène de consommation technologique comme socle de réflexion, Pascal Plante s'est lancé dans une quête obsédante au service d'un incontournable thriller psychologique.

Jeunesse (Printemps) : Tisser des liens au fil du travail

Dans Jeunesse (Printemps), le réalisateur Wang Bing plonge profondément dans la vie des jeunes travailleurs chinois, capturant leurs réalités complexes et les défis auxquels ils sont confrontés dans les ateliers de textile. Au-delà de l'apparente répétition quotidienne, le film dévoile une pluralité de relations sociales et de négociations salariales. Des salaires modestes, des confrontations générationnelles et des tentatives de tisser des liens dans un environnement aliénant sont habilement explorés.

Making of : fausse lumière dans la nuit américaine

Il est des films qui ne savent pas ce qu’ils racontent. Il en est d’autres qui ne racontent pas ce qu’ils prétendent raconter. Making of est de ceux-là.

Pauvres créatures : dans l’esprit (délicieusement fou) du professeur Lánthimos

Entre un propos acéré sur la condition humaine et ses travers et un univers visuel rétro-futuriste riche et élaboré confinant au sublime pour nos pupilles ébahies, Pauvres créatures est un mets cinématographique raffiné et rare dont on aurait tort de se priver malgré sa durée un peu trop généreuse. Et en bonus, on a droit à une Emma Stone carrément monstrueuse dans tous les sens du terme.

Priscilla, le retour en force de Sofia Coppola

Priscilla, de Sofia Coppola : les héroïnes de la cinéaste se suivent et se ressemblent. Au lieu de nous lasser, on admire un ensemble qui figure une œuvre de plus en plus maîtrisée et cohérente.

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