Critiques films

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Paradis Paris : Santé, en l’honneur de la vie !

Dans un Paris filmé avec langueur et bonheur, Paradis Paris de Marjane Satrapi distille avec délicatesse et  mélancolie teintée d’humour un kaléidoscope de personnages aux vies vulnérables, douloureuses et tendres, aux prises avec la vieillesse, le sens de la vie et la mort.

Love lies bleeding : amour lesbien, culturisme et trafic en tous genres

Kristen Stewart prend encore des risques et garnit sa très belle filmographie d'une nouvelle belle prestation et d'un rôle mémorable grâce à la britannique Rose Glass. Et elle forme un duo amoureux lesbien sublime et incandescent avec l'inconnue Kathy O'Brian. Entre polar, romance, drame et délires oniriques, ce Love lies bleeding interpelle avec sa patine eighties et son ambiance "trou du cul du monde" malgré quelques sorties de route. Fortement inspiré et à la fois totalement inédit, voilà une oeuvre peu commune et inattendue.

Les Guetteurs : la fille de son père

Après la fille de Coppola ou encore récemment celle de Cronenberg, qui a débuté avec le prometteur Humane le mois passé, voici que celle de l’illustre réalisateur et roi du twist, M. Night Shyamalan, nous livre son premier film. Et à l’instar de celle du canadien roi du body horror, on sent fortement l’inspiration et les influences paternelles ici. Avec cette histoire intrigante tirée du roman éponyme, Ishana Shyamalan nous propose une œuvre surnaturelle plutôt originale et bien maîtrisée dans ses effets et son déroulement. Mystère, révélations et rebondissement final sont au rendez-vous comme chez papa avec une mise en scène soignée et pertinente même si Les Guetteurs se heurte à quelques scories propres aux premiers longs-métrages et à quelques couacs. Il n’empêche, on a envie de voir la suite et on passe un bon moment.

Jusqu’au bout du monde, critique d’un grand Viggo

Dans son dernier film, Jusqu'au bout du monde, Viggo Mortensen revisite les mythes du Far West, exposant sans concessions la violence et l'intolérance de l'Amérique de 1860, révélant ses zones d'ombre tout en célébrant une résistance pacifique à travers le regard d'une femme.

Dissidente : violence des échanges en milieu ouvrier

À la fois une charge, implacable et édifiante, contre les conditions de travail héritées d'un système capitaliste sans pitié et une démonstration, puissante et percutante, de l'exploitation ordinaire des travailleurs étrangers au Québec, nous sommes face à un long-métrage choc qui frappe fort et juste. Un film qui nous bouleverse de manière magistrale avec sa narration et son déroulement, efficaces et concis. "Dissidente" est donc une petite perle, en plus d'être un uppercut social mémorable !

Bad Boys : Ride or Die, roulons encore un peu !

De retour après près de dix-sept ans d'absence, l'un des duos de flics les plus iconiques des années 2000 en avaient surpris plus d'un avec "Bad Boys for Life". Délaissés par Michael Bay, Mike Lowrey et Marcus Burnett avaient soigneusement atterri entre les mains du duo Adil El Arbi et Bilall Fallah. Déjanté, drôle, touchant, complètement débile mais jamais trop, le troisième opus des superflics constituait l'une des excellentes surprises de l'année 2020. Nous voici quatre ans plus tard, et ni Will Smith ni Martin Lawrence ne semblent s'épuiser. Oui, "Bad Boys : Ride or Die" est dans la même veine que son prédécesseur. Pour le meilleur et pour le pire.

L’histoire de Souleymane : Film passion de Boris Lojkine

Boris Lojkine réussit son film le plus vibrant et entêtant avec "l’histoire de Souleymane", Prix du Jury et d'interprétation pour son acteur (Abou Sangare, dit Sangare) à Un certain Regard au Festival de Cannes 2024.

Niki, de Céline Sallette : l’art de la transformation

"Niki" est le premier film réalisé par l'actrice Céline Sallette (Infiniti, Les Algues vertes). Une œuvre de transformation, de regards et d'émancipation par l'art que l'actrice Charlotte Le Bon sublime. Céline Sallette (accompagnée de Samuel Doux pour l'écriture du scénario) raconte Niki avant Niki de Saint Phalle, tout le trajet intérieur et artistique de celle que l'art a sauvé.

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Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.

Les Naufragés du Lavalette : légende marine

« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

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Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.

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