Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Vice-Versa 2 de Kelsey Mann : le cerveau Pixar en plein burn-out ?

Avec Vice-Versa 2, Kelsey Mann reprend la délirante aventure intérieure de la jeune Riley là où Pete Docter l’avait laissée neuf ans plus tôt, en abordant cette fois-ci la thématique de la crise d’adolescence. Le studio à la lampe signe ici une suite certes colorée, rythmée et fertile en rebondissements, qui laisse néanmoins une forte impression de déjà-vu tant elle s’inscrit dans l’air du temps et cherche uniquement à faire évoluer ses personnages en vue d’un troisième épisode.

Sinjar, naissance des fantômes : reflet d’une feuille morte

Théâtre d’abominables génocides et de crimes contre l’humanité, la lointaine cité de Sinjar est endormie sous une épaisse brume, comme pour masquer les cicatrices qui ont été laissées sur les corps meurtris des rescapés yézidis. Alexe Liebert nous emmène sur les lieux d’un massacre, à la découverte de plaies encore profondes pour un peuple dont la seule existence semble être justifiée par son statut de martyr. Documentaire engagé, "Sinjar, naissance des fantômes" part ainsi à la rencontre des fantômes qu'abritent les lieux, des fantômes bien vivants et prisonniers de leur propre histoire.

Chien blanc : les luttes anti-racistes, d’une autobiographie à l’autre

Avec Chien blanc (2024), Anaïs Barbeau-Lavalette signe son quatrième long-métrage et adapte au cinéma l’œuvre homonyme de Romain Gary. Un questionnement essentiel sur l’acceptation de l’autre jusque dans son altérité la plus radicale.

Paradis Paris : Santé, en l’honneur de la vie !

Dans un Paris filmé avec langueur et bonheur, Paradis Paris de Marjane Satrapi distille avec délicatesse et  mélancolie teintée d’humour un kaléidoscope de personnages aux vies vulnérables, douloureuses et tendres, aux prises avec la vieillesse, le sens de la vie et la mort.

Love lies bleeding : amour lesbien, culturisme et trafic en tous genres

Kristen Stewart prend encore des risques et garnit sa très belle filmographie d'une nouvelle belle prestation et d'un rôle mémorable grâce à la britannique Rose Glass. Et elle forme un duo amoureux lesbien sublime et incandescent avec l'inconnue Kathy O'Brian. Entre polar, romance, drame et délires oniriques, ce Love lies bleeding interpelle avec sa patine eighties et son ambiance "trou du cul du monde" malgré quelques sorties de route. Fortement inspiré et à la fois totalement inédit, voilà une oeuvre peu commune et inattendue.

Les Guetteurs : la fille de son père

Après la fille de Coppola ou encore récemment celle de Cronenberg, qui a débuté avec le prometteur Humane le mois passé, voici que celle de l’illustre réalisateur et roi du twist, M. Night Shyamalan, nous livre son premier film. Et à l’instar de celle du canadien roi du body horror, on sent fortement l’inspiration et les influences paternelles ici. Avec cette histoire intrigante tirée du roman éponyme, Ishana Shyamalan nous propose une œuvre surnaturelle plutôt originale et bien maîtrisée dans ses effets et son déroulement. Mystère, révélations et rebondissement final sont au rendez-vous comme chez papa avec une mise en scène soignée et pertinente même si Les Guetteurs se heurte à quelques scories propres aux premiers longs-métrages et à quelques couacs. Il n’empêche, on a envie de voir la suite et on passe un bon moment.

Jusqu’au bout du monde, critique d’un grand Viggo

Dans son dernier film, Jusqu'au bout du monde, Viggo Mortensen revisite les mythes du Far West, exposant sans concessions la violence et l'intolérance de l'Amérique de 1860, révélant ses zones d'ombre tout en célébrant une résistance pacifique à travers le regard d'une femme.

Dissidente : violence des échanges en milieu ouvrier

À la fois une charge, implacable et édifiante, contre les conditions de travail héritées d'un système capitaliste sans pitié et une démonstration, puissante et percutante, de l'exploitation ordinaire des travailleurs étrangers au Québec, nous sommes face à un long-métrage choc qui frappe fort et juste. Un film qui nous bouleverse de manière magistrale avec sa narration et son déroulement, efficaces et concis. "Dissidente" est donc une petite perle, en plus d'être un uppercut social mémorable !

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.