Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

La voyageuse : Huppert libre, sincère et divine funambule

Dans un film libre comme l'air " La voyageuse" , Hong San-Soo embarque Huppert pour la 3eme fois dans un voyage existentiel savoureux, coupant malicieusement avec tous les codes en proposant une héroïne génialement surprenante.

Jouer avec le feu : « Il est des hommes qui se perdront toujours »

Dans "Jouer avec le feu", Delphine et Muriel Coulin dépeignent avec justesse les liens fragiles entre un père veuf, incarné par Vincent Lindon, et ses deux fils. Entre incompréhension, filiation brisée et dérive idéologique, le film explore les tensions silencieuses et les blessures invisibles qui façonnent cette famille. Porté par des performances intenses, il questionne les normes sociales imposées aux hommes tout en effleurant les abîmes de l’intime.

Spectateurs ! : le cinéma et la vie

Desplechin confie comment le septième art l’a façonné, de sa fascination pour Shoah de Claude Lanzmann à l’épiphanie devant Les 400 coups. Ce parcours personnel, empreint d’idolâtrie envers le cinéma, révèle une quête plus profonde : retrouver cette "enfance perdue du regard", mêlant innocence et créativité avertie. Au final, Spectateurs ! ne parle pas seulement de cinéma, mais de la vie elle-même, et de notre manière, en s’enfermant dans une salle obscure, de chercher à mieux la comprendre.

Vol à haut risque : en pilotage automatique

"Vol à haut risque" est un thriller en huis clos signé Mel Gibson, où l'illusion d'une série B dynamique et corrosive se heurte à une exécution maladroite. Entre tension défaillante et humour forcé, le film perd de son intensité au fil du vol. Avec Mark Wahlberg, Michelle Dockery et Topher Grace, l'intrigue manque de suspense et d'émotion, malgré des efforts de mise en scène. Un film dont la production ambitieuse ne compense pas les incohérences de ton et un manque de profondeur des personnages, laissant les spectateurs aussi désenchantés que le scénario.

Better Man : La planète du singe

Découvrez "Better Man", le biopic audacieux de Robbie Williams où le chanteur est incarné par un singe en CGI. Un film innovant qui se démarque des biopics musicaux classiques, alliant émotion, humour et une mise en scène unique de Michael Gracey (The Greatest Showman). Suivez l'histoire touchante de la vie de Williams, entre succès, drames et hallucinations, avec des performances puissantes et des moments musicaux mémorables. Un projet énergique, visuellement frappant, malgré quelques longueurs et un rythme inégal.

Shimoni : La banalité comme miroir de la tragédie humaine

Peut-on faire de l’absence d’originalité une véritable posture artistique ? Cette interrogation s’impose avec une acuité troublante devant "Shimoni", premier long-métrage d’Angela Wanjiku Wamai, réalisatrice kenyane qui semble ici vouloir déployer un minimalisme narratif au service d’une introspection psychologique.

Wolf Man : la nuit des chasseurs

Après "Invisible Man", Leigh Whannell nous propose sa nouvelle adaptation du célèbre monstre lycanthrope avec "Wolf Man". Cette réinterprétation visuellement intrigante mêle drame familial et horreur, mais peine à équilibrer ses ambitions émotionnelles et son côté survivaliste. Un film prometteur mais inachevé, qui explore la transformation tragique d'un père de famille en loup-garou, tout en insufflant une atmosphère de tension psychologique. Malgré des idées innovantes, "Wolf Man" souffre de défauts d’écriture et de rythme, laissant un goût de déception pour les amateurs de films de monstres.

La Chambre d’à côté : à chacun sa tragédie

Dans "La Chambre d'à côté", Pedro Almodóvar livre un thriller existentiel poignant sur l'euthanasie, la souffrance et la quête de sens. Avec Julianne Moore et Tilda Swinton, il explore la fin de la vie à travers un duo d'amies confrontées à la mort, dans un décor luxueux et mélancolique. Un film esthétiquement raffiné qui, tout en s'éloignant parfois de l'émotion brute, incite à réfléchir sur le désir, la mémoire et les liens spirituels. Une œuvre profonde, poétique et transgressive à découvrir.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.