Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Dans "Sinners", Ryan Coogler revisite le mythe du vampire avec un thriller sanglant et stylisé, entre huis clos nocturne, tensions sociales et folklore du Mississippi.
À travers le regard de Charlène Favier, "Oxana" dresse le portrait puissant et poétique d’Oksana Chatchko, cofondatrice du mouvement Femen, artiste engagée et figure féministe hors norme. Entre militantisme, quête de justice et liberté créative, ce film retrace la vie d’une femme révoltée qui a fait de son corps une arme et de son art un cri. Un hommage bouleversant à une icône moderne, entre ombre et lumière.
Mikado, le troisième long-métrage de Baya Kasmi, est une œuvre lumineuse et profondément humaine qui explore la marginalité sociale, les liens familiaux et la quête d’émancipation. Dans une parenthèse estivale vibrante, le film célèbre l’espoir et la puissance des rencontres. Porté par une mise en scène poétique et des interprétations remarquables, il délivre un récit sensible et transformant, entre drames et possibles.
Entre comédie tendre et drame familial, "Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)" explore avec finesse les liens intergénérationnels, l’héritage et l’amour au cœur des familles thaïlandaises. Un film émouvant et drôle, à voir absolument en famille.
"La Jeune Femme à l’aiguille" : Dans ce troisième long métrage, le suédo-polonais Magnus von Horn se penche une fois de plus sur les marginaux et déclassés de la société. Ici, la thématique de la grossesse non désirée, traitée dans un fiévreux et magnifique noir et blanc semble faire écho aux développements récents du sujet dans son pays d’adoption.
Premier film de Takeshi Kitano où ce dernier n’apparait pas en tant qu’acteur, "A Scene at the Sea" préfigure ce qu’il y aura dans certains autres de ses films poétiquement embellis où une part d’enfance et de grand rêve prédomine et où la simplicité du propos se marie avec des visuels particulièrement épurés et biseautés. Le silence favorise la méditation. Le handicap permet une œuvre profonde et authentiquement touchante. Les deux protagonistes principaux ont beau être muet, leur alchimie agit comme une symphonie.
Bill Skarsgård affronte Anthony Hopkins dans le thriller psychologique "Piégé". Malgré un concept séduisant, le film souffre de répétitions et d'un manque de risque, avec un scénario confus et une morale maladroite. Un survival sans suspense ni véritable tension, qui se perd dans ses clichés et ne parvient jamais à exploiter pleinement son potentiel.
Dans son premier film Lads, Julien Menanteau plonge dans le monde des courses hippiques. Le récit suit Ethan, un jeune délinquant au passé troublé, qui se voit offrir une chance de devenir jockey malgré les obstacles sociaux et personnels. Entre manipulations, dopages et enjeux financiers, le réalisateur révèle les dessous d'un univers impitoyable. Au cœur du film, la relation authentique entre Ethan et Pepito, un pur-sang qu'il aide à venir au monde, apporte une touche d'humanité. Les performances des acteurs, les scènes de courses spectaculaires et la tension croissante installent une ambiance captivante et proche du thriller.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.