Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Rendre hommage à l'icone d'une génération charnière entre la victoire de 1945 et le mouvement hippie est des plus louables, mais le faire à travers l'histoire d'une série de photos est-elle la meilleure approche pour capter l'aura magnétique de la star ?
Solace est une série B efficace et bien sentie. Malgré des défauts évidents comme quelques maladresses de mise en scène et un récit bien trop prévisible, le film compense par le traitement sincère et touchant d'un sujet fort que l'on ne voyait pas nécessairement venir.
"Les chansons que mes frères m'ont apprises" est le premier film de Chloé Zhao, réalisatrice d'origine chinoise installée aux Etats-Unis depuis 10 ans. Elle y convoque un récit initiatique, mais se distingue par une multitude de regards sur une communauté indienne marginalisée.
La vanité, le nouveau film du réalisateur suisse Lionel Baier, est un petit bijou d'humour non sensique, délivré par petites touches, et qui laisse une part belle à l'émotion, à l'humanité, à l'urgence de la vie. Ne passez pas à côté de ce beau film!
Le Transporteur : Héritage de Camille Delamarre et produit par Luc Besson offre au spectateur un film d'action et des scènes de bagarre filmées de très près grâce aux performance de l'acteur Ed Skrein. Avec Noémie Lenoir, Loan Chabanol et Samir Guesmi.
Jaco Van Dormael cumule réflexions carambar, descriptifs longuets de personnages creux et sentimentalisme niais. Le reste de la distribution défile comme au cirque, emportés par un récit abscons et une photographie précieuse indigeste.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.