Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Avec Alpha, la réalisatrice de Grave et Titane semble s’égarer dans un récit boursouflé et confus. Entre double temporalité inutile, symbolisme appuyé et traitement maladroit des thèmes sociaux, ce troisième long-métrage déçoit cruellement.
Dans "Brief History of a Family", Jianjie Lin dissèque les tensions d’un foyer chinois avec une précision clinique et une esthétique soignée. Derrière l’intrusion d’un adolescent mystérieux, le film explore les frustrations parentales et les failles d’un modèle familial en quête de sens.
Inspiré par la figure emblématique de Narges Mohammadi, militante iranienne et Prix Nobel de la paix 2023, "Sept jours" raconte le dilemme déchirant de Myriam, femme engagée et mère séparée de ses enfants. Libérée temporairement de prison pour raisons de santé, elle dispose de sept jours pour choisir : fuir et retrouver sa famille en exil, ou rester en Iran et poursuivre son combat politique. Entre les montagnes enneigées du nord de l’Iran et les retrouvailles fragiles dans un village frontalier, le film explore avec intensité les tensions entre amour maternel, engagement sacrificiel et quête de liberté. Porté par la performance bouleversante de Vishka Asayesh, Sept jours est un manifeste cinématographique sur le courage des femmes face à l’oppression.
Avec "Les Orphelins", le cinéma d’action français s’affirme entre tension dramatique et pur spectacle. Porté par un duo de flics que tout oppose, le film mêle castagne stylisée, émotions contenues et héritage du cinéma bis. Olivier Schneider signe un thriller rythmé, imparfait mais généreux, dans la lignée de "Balle Perdue" et des grands buddy movies des années 80.
Nouveau film de Joachim Trier, "Valeur sentimentale" explore avec une grâce mélancolique la valeur affective des vies, des liens et des temporalités perdues. Porté par les présences magnétiques de Renate Reinsve et Stellan Skarsgård, le film convoque un Bergman apaisé, en père réconcilié veillant sur cette fresque intimiste.
Dans une Grèce au bord de l'effondrement, Costas, jeune agent de sécurité dans un hôpital saturé, se retrouve pris entre dettes, chagrin et dilemmes moraux. "Sous tension" de Penny Panayotopoulou est un drame poignant sur le deuil, la corruption et la solidarité, où l’espoir surgit malgré la noirceur ambiante. Un regard sensible sur la résilience humaine face à la décomposition sociale.
Premier long-métrage de Michael Shanks, "Together" mêle horreur organique et drame conjugal dans une fable grotesque sur la fusion amoureuse. Porté par Dave Franco et Alison Brie, ce huis clos explore la dépendance affective, la perte d’identité et les tensions du couple avec une audace formelle aussi troublante que touchante.
"Karate Kid : Legends" tente de réunir les générations avec Jackie Chan et Ralph Macchio, mais se perd dans une formule sans surprise. L’absence de Dre, des personnages peu développés et une mise en scène maladroite sabotent toute émotion. Ce nouvel opus, calibré pour la nostalgie, peine à retrouver l’âme et la puissance inspirante des premiers films de la saga.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.