Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Ben Affleck revient avec une nouvelle adaptation d'un roman de Dennis Lehane, Live By Night. L'occasion de voir le Bruce Wayne de D.C Comics s'inspirer du mythe scorsesien et emballer une ode au gangstérisme en pleine Prohibition, hyper ambitieuse et classieuse.
François Cluzet, Denis Podalydès et Sami Bouajila sont à l'affiche dans ce premier long métrage d'espionnage, froid et grinçant, épuré et maîtrisé. Après 11.6 ou Ne le dis à personne, qui a valu à l'acteur sexagénaire un césar, est-il encore bon de s'enfermer dans un énième film d'espionnage qui malgré un construction impeccable et un réalisation irréprochable aurait gagné à être plus sanguin...
Vin Diesel se range des voitures le temps d'emballer un épisode de xXx, la désormais franchise qui a érigé en sommet du cool son personnage d'adepte des sports extremes mi-kaira, mi-espion. Un cocktail délirant et totalement déjanté qui a le toupet de s'assumer et transformer ce sous-James Bond du pauvre en un défouloir fun et jouissif.
En réalisant Dalida, Lisa Azuelos a relevé un défi osé, mais risqué ? Alors, ce nouveau biopic est-il une réussite ? Si l'on s'en tient à la performance de Sveva Alviti, il n'y a aucun doute.
Harmonium, le quatrième long métrage du japonais Kôji Fukada oscille brillamment entre film du quotidien à la Ozu et un film de genre plus iconoclaste qui rapproche le jeune cinéaste d'auteurs tels que Kiyoshi Kurosawa, avec le thème des frustrations, des non-dits et de la culpabilité.
Critique de la Grande Muraille, un film de Zhang Yimou avec Matt Damon qui s'annonçait comme une gigantesque fresque épique pour finalement n'être qu'une série B nanardesque.
Concentré sur ce qui fut sans doute la période la plus difficile de la vie de Chet Baker, Born to be Blue tente de sanctifier le jazzman en le montrant comme un homme porté par son abnégation et son ambition dévorante. Mais, à défaut des scènes de concert qu'il filme pourtant magistralement, le réalisateur se sent obligé de combler les lacunes de son scénario en le rendant académique et convenu.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.