Dans la Lettonie soviétique, une adolescente issue d’une famille russe de Vieux-Croyants découvre le basket comme une sortie possible hors de son isolement. Avec Ulya, Viesturs Kairišs imagine le chemin intérieur qui mène Ouliana Semionova vers elle-même.
Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Avec Annabelle 3, la saga Conjuring trouve ses limites en montrant à quel point elle n'arrive plus à se réinventer ni à savoir exploiter ses bêtes de foire correctement. Mais parvient tout de même à tenir la distance avec cette suite d'une générosité folle question séquences horrifiques.
Sur le papier, Anna a tout du projet « safe », monté spécialement pour remettre une pièce dans la machine Luc Besson. A l’écran, ça ressemble un adulte de 60 ans qui ressort son vieux t-shirt des Spice Girls pour être invité aux soirées pyjama de la petite nièce de Rose McGowan.
L'idée de gros crocodiles qui hantent une cave inondée, telle qu'on l'aperçoit dans la bande-annonce, est a priori grotesque. Mais la façon dont Alexandre Aja l'exploite, dans un contexte de catastrophe naturelle apocalyptique, transforme le film en un divertissement marquant qu'on prendra plaisir à voir entre amis... surtout avec ceux qui ont peur des gros reptiles.
Faire face à Golden Glove, c’est se faire éclabousser par une saleté rance et putride qui suinte du film à chaque instant, de ses décors à son personnage principal, en passant par le bar glauque qui lui donne son sobriquet.
Yesterday est une ode à la musique dans ce qu'elle a de plus fort : son caractère fédérateur et son rôle fondateur de la mémoire collective. A travers la disparition des Beatles dans notre monde, dont seul se souvient un jeune musicien raté, Danny Boyle plonge dans notre rapport à l'art. Celle qui a su façonner une partie de notre histoire et dont l'absence est la pire des douleurs. Plus qu'une déclaration, une chanson d'amour.
Spiderman est en deuil: il part en vacances. Vous pourrez le joindre au 33 06 25 89 14... Non, ça ne vous servira à rien. Il est direct sur messagerie.
Avec So long, my Son, le cinéaste chinois Wang Xiaoshuai continue de livrer, malgré une censure très présente, des réflexions sur l’évolution de son pays, avec comme thème central l’incroyable politique de limitation des naissances. Le tout est raconté sur fond d'une fresque romanesque étalée sur près de 40 ans.
Ne dépassant jamais son gimmick narratif du méchant Superman, Brightburn loupe son potentiel pour n'être qu'un slasher par moments efficaces mais qui tourne vite en rond et ne parvient jamais à créer la surprise.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.