Pourtant rompu aux films mettant en scène des outsiders et des femmes fortes, Craig Gillespie rate complètement le coche avec son "Supergirl" qui n'arrive jamais à n'être plus qu'un banal épisode "filler" laid et inconséquent dans un univers étendu DC pourtant en pleine croissance. Désespérant.
Robin des Bois n'a jamais été héroïque. Michael Sarnoski le prouve avec un Hugh Jackman bouleversant dans un film de rédemption âpre, loin de toute adaptation romanesque. Un récit à deux vitesses, violent puis contemplatif, qui gratte sous la légende pour retrouver l'homme, et ce qu'il doit à ses morts.
"Soudain", chef-d'œuvre signé Ryûsuke Hamaguchi (Oscar pour "Drive My Car"), adapte une correspondance bouleversante. Virginie Efira et Tao Okamoto, récompensées à Cannes, portent ce film de trois heures quinze sur la maladie, l'amitié et le soin comme acte politique.
Ken Loach et son scénariste Paul Laverty continuent de dresser le portrait de la société britannique en racontant l'histoire des Turner, famille pauvre de Newcastle dont le père fait le « choix » de travailler pour une plate-forme de livraison afin de parvenir à joindre les deux bouts. Si le scénario est démonstratif et insistant, Sorry We Missed You n'en révèle moins efficacement les conséquences destructrices d'une ubérisation dont la modernité apparente cache encore trop souvent la réalité des travailleurs qui la subissent.
Avec Au Bout du monde, Kiyoshi Kurosawa renoue avec une forme plus classique de son cinéma, un cinéma délicat dont la peur est toujours au centre de son dispositif. Cette fois-ci, les fantômes rongent la protagoniste de l’intérieur .
Alice et le maire de Nicolas Pariser est un très beau film, qui par sa qualité à observer les détails de la vie politique, arrive à faire se télescoper deux notions : celle de la pensée et celle du mouvement.
Alejandra Marquez Abella réalise avec la bonne réputation un film plutôt subtil, faussement dépassionné, mais vibrant au contraire d’un maelström de sentiments violents d’orgueil et de condescendance, d’une conscience de classe que le temps n’a pas diminuée d’un iota dans un Mexique arc-bouté sur ses valeurs archaïques
Sur le papier, difficile de rester insensible à la proposition de Queens qui troque les gangsters habillés en costume 3 pièces de Scorsese pour les charmes d'une Jennifer Lopez grimée en matriarche/strip-teaseuse qui va réussir à écumer les poches des cols blancs de Wall Street, le tout dans un divertissent solide et bien troussé.
Chambre 212 s'écrit comme un long rêve peuplé de fantômes, d'amours consommées, consumées. C'est une petite parenthèse dans l’œuvre très riche de Christophe Honoré. Une déclaration d'amour aux acteurs, mais surtout à la grande Chiara Mastroianni qui prouve qu'il reste encore des rôles forts, libres, poétiques, même à presque 50 ans. Et tout ça sous l’œil avisé d'un homme qui filme mieux que personne l'amour et ses désillusions, mais surtout son empreinte indélébile sur le corps. Le film fait joliment écho à l'album d'Alex Beaupain sortie le 4 octobre dernier : Pas plus le jour que la nuit. Ici la nuit apporte légèreté et liberté au jour. Elle évite les grandes scènes de ménage et offre les corps en partage.
La Franco-Sénégalaise Mati Diop a peaufiné son Atlantique, un film qui ne ressemble à aucun autre, aussi ancré dans la réalité que quasiment mythologique, avec un départ en mer au centre du récit. Une réussite qui mérite amplement le Grand Prix obtenu à Cannes.
Sous ses airs de commande boostée par un projet de mise en scène, Gemini Man aligne toutes ses planètes sur le même curseur. Ainsi l’argument du double numérique, loin de constituer un simple produit d’appel, permet justement de construire l’identification au héros sur une base qui n’est plus seulement celle de l’empathie, mais de l’expérience. Bienvenue dans l'ère du spectateur-acteur, mais en 3D HFR exclusivement.
« - Ce type pond des coups d’état comme ma femme reprise mes fonds de culotte ! Et vous voulez que j’obéisse ?
• SUFFIT, BOUFFON ! OBEISSEZ OU JE VOUS ENFERME DANS VOS PROPRES GEOLES ! »
« - Mes rêves ne me trompent jamais. Les Kalisnowszczyzna…
- … « Les Kalisnowszczyzna ont toujours eu un don pour la voyance… »
- Paf
- Aïe ! Alors j’ai dû être adopté, moi, je ne vois jamais rien venir…
- Moi, je peux te dire que tu es de la famille ! Tu as hérité du sale caractère de ma sœur Prili.
- Grand-mère… Tu n’as pas de sœur. Tu confonds tes rêves et la réalité. »
Avec "L’Origine de l’humour", Mab remonte jusqu’à la préhistoire pour confier à un chasseur médiocre une mission divine : faire rire l’humanité. Une genèse joyeusement idiote, publiée chez Fluide Glacial, où le gag devient une affaire très sérieuse.
Avec ce troisième volume de l’arc Saiyan en édition Full Color, Dragon Ball atteint, mine de rien, l’un de ses sommets narratifs. Le duel entre Goku et Vegeta passera en effet à la postérité : explosion de puissance, nouvelles techniques de combat, tandis que les conséquences de cet affrontement bouleverseront durablement l’univers imaginé par Akira Toriyama.
Avec ce premier tome, Patrice Perna et Malo Kerfriden signent une bande dessinée historique tendue, qui raconte le triple effondrement d’un homme, d’un régime et d’un mythe.