Critiques films

Maspalomas : au Nord-Est d’Eden

Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz. 

Des Minons et des monstres : Banana Boulevard

"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.

Toy Story 5 tire la corde vers l’infini et au-delà

"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?

Reedland : le silence des roseaux

"Reedland", premier long métrage de Sven Bresser, transforme un paysage rural en espace mental où se mêlent solitude, désir latent et malaise collectif. Entre thriller détourné, portrait psychologique et fable sensorielle, le film explore la fragilité d’un homme et d’une communauté en mutation, portée par une atmosphère dense et une forte identité visuelle.

Hell in Paradise : sunrise express

"Hell in Paradise", de Leïla Sy, transforme un décor de rêve en piège oppressant où Nina, venue fuir son passé, se heurte à un système injuste et patriarcal. Sous le soleil trompeur des Maldives, le film dévoile la violence invisible, la solitude et la résistance fragile d’une femme que le paradis cherche à faire taire.

Mektoub, My Love : canto due, d’Abdellatif Kechiche : la perte d’une innocence

Abdellatif Kechiche signe avec Mektoub, My Love : Canto Due le deuxième volet de sa trilogie inspirée du roman La Blessure, la vraie. Entre sensualité, désir et fidélité au texte, le film nous replonge dans l’été 1994 à Sète, aux côtés d’Amin, Ophélie et Tony, dans une fresque où la lumière se teinte d’ombre et de perplexité.

Les Aigles de la République, de Tarik Saleh : art, compromission et propagande

Le cinéaste peint, avec un plaisir cinématographique assumé mêlant sens du spectacle et intrigue ciselée, la compromission progressive d’une star du cinéma avec le régime autoritaire qui a décidé d’en faire sa marionnette. S’il n’atteint pas les sommets des deux premières œuvres, le film confirme néanmoins le goût très sûr de Saleh et le talent de son casting dominé par le charismatique Fares Fares.

Running Man (2025) : L’homme qui ne voulait pas devenir une image

Edgar Wright réinvente "Running Man" en un blockbuster vibrant, satirique et intensément moderne. Entre action frénétique, critique acerbe de la société du spectacle et performance habitée de Glen Powell, le film offre une dystopie nerveuse et inventive, qui interroge notre époque saturée d’images sans sacrifier le divertissement.

Trans Memoria : des corps en devenir

"Trans Memoria" de Victoria Verseau révèle un voyage intime où transition, mémoire et deuil s’entrelacent. Entre archives, paysages désertés et poésie visuelle, le film explore des identités en mouvement, hantées par les absences mais portées par la résilience. Un documentaire sensible qui interroge ce que signifie devenir soi et habiter un corps en transformation.

Les rêveurs : Art-thérapie

Pour son premier long-métrage, Isabelle Carré adapte son roman autobiographique et nous plonge dans les souvenirs de son adolescence, marquée par un séjour en pédopsychiatrie à l’hôpital Necker dans les années 80. À travers le personnage d’Elizabeth, incarnée par la jeune Tessa Dumont Janod, elle évoque avec pudeur les fragilités de l’enfance, les liens d’amitié, les rêves d’évasion et les failles familiales. En parallèle, Elizabeth adulte revient sur les lieux, devenue animatrice d’ateliers de théâtre pour enfants en souffrance. Une œuvre intimiste et onirique, portée par une mise en scène délicate et un regard engagé sur la santé mentale des jeunes.

Détective Conan : La Mémoire Retrouvée – Le froid comme miroir de la mémoire

Dans "Détective Conan : La Mémoire retrouvée", le petit détective reprend du service dans un polar hivernal où les montagnes enneigées cachent secrets et souvenirs. Entre vengeance, code moral et tension psychologique, Conan suit les indices pour élucider un meurtre, mêlant action, introspection et la fidélité des personnages qui font le cœur de la saga.

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