Critiques films

Hope : Korean Rollercoaster!

Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Tromperie d’Arnaud Desplechin: liaisons créatives

Deux ans après Roubaix, une lumière, Arnaud Desplechin revient à son cinéma de prédilection. Il renoue avec ses premiers amours mais saute surtout un grand pas en adaptant celui qu'il admire tant : Philip Roth. Il fait de Tromperie un jeu entre littérature, théâtre et cinéma où la fantasmagorie l'emporte et où la mise en scène épouse le verbe pour mieux s'en émanciper. Un jeu verbal dont on ressort déroutés, avec au centre un personnage qui est le double d'un auteur tout en étant l'adaptation d'un personnage lui-même double de son auteur. Vous suivez ? Tromperie est un titre qui prend alors tout son sens.

Don’t Look Up : Déni cosmique, d’Adam McKay : bénie apocalypse

Solidement ancré dans la comédie, style qui révéla le cinéaste, ce jeu de massacre aussi drôle qu’écœurant est la rencontre improbable entre Armageddon et Idiocracy. Cette œuvre salutaire, suscitant régulièrement l’impression désagréable de réalité dépassant la fiction, pèche sans doute par son ambition déraisonnable. La terrible crise du sens qu’elle dénonce avec férocité renforce en revanche la pertinence du message.

La Main de Dieu : autoportrait du cinéaste en jeune homme

Su nous connaissions le comédie à l'italienne à la Dino Risi, le baroque gargantuesque de Fellini ou encore la pudeur rétro d' Ettore Scola, jamais le cinéma transalpin nous avait proposé de teen movie où l'euphorie grivoise côtoie la mélancolie endeuillée. Avec La Main de Dieu, Paolo Sorrentino met fin au débat et réaffirme la plasticité du cinéma italien.

Chère Léa de Jérôme Bonnell : un jour sans fin.

Chère Léa est le septième long métrage de Jérôme Bonnell. Le film s'inscrit dans la continuité d'une filmographie de l'instant suspendu, du pas de côté. Cependant, il manque cette fois un souffle à cette histoire de séparation qui ne se termine jamais vraiment. En salles depuis le 15 décembre.

Au Cœur du bois : si la prostitution nous était contée

Prostitution. Bois de Boulogne. Deux termes qui suffisent à eux seuls à évoquer tout un imaginaire, entre mythe et image repoussoir. En choisissant de s'emparer de ces thématiques, Claus Drexel parvient avec Au Cœur du bois à créer un documentaire qui mélange les genres et (re)donne aux travailleur.se.s du sexe une place dans le débat politique actuel.

Le diable n’existe pas, de Mohammad Rasoulof : variations sur la conscience du bourreau

L’an dernier, la 70e Berlinale attribua l’Ours d’or à Le Diable n’existe pas (Sheytân vodjoud nadârad), que le cinéaste a tourné dans son pays en parfaite illégalité. Récompense n’est pas compensation : tourné « sous le manteau » avec une équipe qui a pris beaucoup de risques, ce film sur la peine de mort en Iran est une réussite majeure.

West Side Story : un opéra en plein air signé Steven Spielberg

Plus besoin de citer le drame lyrique qu'est West Side Story, bouleversant récit shakespearien. D'abord fulgurant dès sa première adaptation en 1961, avec pas moins de 10 récompenses aux Oscars, il fut par la suite classé dans les 100 meilleurs films américains selon l'American Film Institute. Un classique du genre qui n'empêche pas à notre réalisateur préféré de relever le défi haut la main. Il devient de plus en plus évident que dès qu'une œuvre est signée de son nom, celle-ci naît d'office avec l'intention de marquer.

Red Rocket ou l’itinéraire d’un looser magnifique

Red Rocket est un film explosif et corrosif qui expose les travers de l'Amérique de Donald Trump. Sean Baker parvient à insuffler de la drôlerie dans le portrait sans complaisance qu'il dresse de son héros, Mikey Saber, un homme-enfant aussi immature qu'imprévisible. Le film se situe à l'intersection de plusieurs genres qu'il dynamite joyeusement.

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