Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Le fantôme est culturellement un défunt à qui on doit régler une dette. Ceux de Ghostbusters : l'héritage sont des âmes perdues, mais tout comme les historiques, ceux d'un autre Monde amené à prendre le pouvoir. On ne peut pas leur promettre une sépulture ou une prière, seulement les chasser. De ce rapport de force naissent les situations les plus comiques et spectaculaires qui ont fait la légende d'une saga courant après son « vrai » 3 perdu après le terrible et décevant film de Paul Feig, mais aussi l'idée du plus beau CGI de l'année ciné qui s'achève.
Soyez en forme si vous voulez embarquer dans le nouveau délire de Kirill Serebrennikov : virées nocturnes et nuits d'ivresse pour un scénario qui mêle indistinctement réalité et fantasmatique.
Lingui, les liens sacrés est un film tchadien réalisé par Mahamat-Saleh Haroun. Il y raconte la vie d'une femme célibataire, rejetée par la société, et de sa fille de seize ans, enceinte, obligée de quitter le lycée. Toutes deux vont être confrontées à la question de l'avortement clandestin et renforcer le lien ("lingui" en tchadien) qui les unit. Un film brut, percé d'ellipses, qui fait écho à la sortie récente de L'évènement. A voir en salles à partir du 8 décembre 2021.
Pedro Almodovar signe avec Madres Paralelas une œuvre intime, souvent excessive, et liée à l'histoire de son pays. Une histoire de naissances, de morts et surtout de femmes, intimement liée à la quête des origines, d'un passé qui permettra enfin d'avancer. En salles le 1er décembre !
Avec « Petite Solange », Axelle Ropert propose un film qui assume son aspect tragique. Si les intentions sont là, le film reste trop et, en même temps, pas assez.
Dans Les Mots de Taj, Dominique Choisy retrace à l'envers le périple de son fils adoptif ayant fui l’Afghanistan à l’âge de quatorze ans. De l’urgence du départ de Kaboul au danger des routes clandestines, le réalisateur de Ma vie avec James Dean raconte chaque douloureuse étape d’un pèlerinage sensible aux frontières de l’Europe, à travers le regard profond et clairvoyant d’un jeune homme sur l’enfant vulnérable qu’il a été. Un témoignage précieux, rare, à la fois intense et vital, qui dénonce le cynisme d’un monde moderne encore incapable de faire face à la réalité des réfugiés.
House of Gucci est un film qui cultive le mélange des genres. Tour à tour satire familiale, drame biographique, mélodrame romantique. Le film déjoue les attentes du public et offre une représentation qui réussit la gageure d’éviter tout manichéisme stérile en privilégiant l’ironie au détriment d’un noir cynisme.
L’Événement est un film où la réalisatrice Audrey Diwan s’empare du livre éponyme d’Annie Ernaux pour en faire un objet factuellement plutôt maîtrisé mais un peu éloigné de la fougue et des visées de l’écrivaine.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.