« Petite Solange », petit film

Présenté en compétition à Locarno, récompensé du Prix Jean Vigo 2021, Petite Solange est le quatrième long-métrage d’Axelle Ropert. Un film dramatique qui ne parvient pas toujours à convaincre.

Synopsis de Petite Solange : Solange (Jade Springer) a 14 ans. C’est une toute jeune adolescente d’aujourd’hui, pleine de vie et de curiosité pour l’avenir, avec quelque chose de spécial : elle est sentimentale à l’excès, et adore ses parents. Un jour, ses parents se disputent, se fâchent, commencent à s’éloigner – la mésentente surgit. Tandis que l’ombre du divorce se précise, Solange voit son monde se fissurer. Alors elle va s’inquiéter, réagir, souffrir, combattre, bref y croire encore. C’est l’histoire d’une jeune ado trop tendre qui voudrait une chose impossible : que l’amour jamais ne s’arrête.

Un mélo qui en fait trop

Le synopsis l’exprime bien : Petite Solange est un mélodrame. Un mélodrame intense et tragique. Mais surtout, « sentimental à l’excès ». Certes, la proposition de la réalisatrice est complètement assumée : le film s’ancre dans le genre avec justesse. Il faut dire que ce choix est risqué, le mélodrame pouvant sembler désuet de nos jours. L’objectif premier d’Axelle Ropert est donc atteint.

Cependant, Petite Solange est trop artificiel. Le genre même du mélodrame, de par son aspect très codifié, peut ne pas plaire à tous. Toutefois, ici, il y a un réel problème de crédibilité, au-delà du genre choisi. Le film en fait trop. Le film est trop mélodramatique, trop tragique, trop réfléchi. De fait, les dialogues sonnent faux et le jeu des acteurs manque parfois de vraisemblance.

Un mélo avant tout

Finalement, l’œuvre elle-même manque cruellement de spontanéité. Le personnage de Solange apparaît plus comme une invention scénaristique que comme un personnage ancré dans le réel. Son évolution narrative et son jeu restent trop écrits, loin du naturel d’un Jean-Pierre Léaud dans Les Quatre Cents Coups (1959). Ou d’une Sophie Marceau dans La Boum (1980).

Dans cette lignée de films sur l’enfance et l’adolescence, la référence à L’Incompris, chef-d’œuvre de Luigi Comencini de 1968, dérange. En effet, la justesse et la pudeur du film italien contrastent grandement avec le superflu du film d’Axelle Ropert. Là où Comencini montre, l’œuvre de Ropert dialogue, parle. En un sens, Petite Solange aurait été plus efficace muet. Petite Solange, s’il est abouti dans le genre du mélodrame, ne l’est pas forcément dans celui d’un film sur cet âge charnière.

Un film encore trop petit

Toutefois, la mise en scène, au contraire, est pertinente. La manière d’Axelle Ropert de filmer Solange au sein de son environnement permet d’entrer dans l’esprit du personnage. Solange est justement filmée dans sa solitude, dans ce monde externe, froid à sa sensibilité. Filmer la simplicité des objets de Solange contraste avec son bouillonnement intérieur. De même, la réalisatrice parvient à cristalliser toute la dureté des tensions par de simples regards.

Face à cette famille qui se déchire, le spectateur est un témoin, à hauteur de la petite Solange. Malheureusement, le film, intéressant dans son idée première, ne l’est pas toujours dans sa réalité. S’il en fait souvent trop, il reste quand même trop petit.

Fiche technique – Petite Solange

Réalisation : Axelle Ropert
Scénario :  Axelle Ropert
Interprétation : Jade Springer (Solange), Léa Drucker (Aurélia), Philippe Katherine (Antoine)
Durée : 1h25
Genre : Mélodrame
Date de sortie : 02 février 2022
Pays : France

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1.5

Festival

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