Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

La colline où rugissent les lionnes de Luàna Bajrami: une quête enflammée de liberté

La colline où rugissent les lionnes est un film de jeunesse, de désir, d'été, mais c'est aussi un film hanté par l'avenir, la mort. Trois héroïnes le peuplent dans un Kosovo hostile aux rêves d'émancipation des jeunes filles. Leur quête de liberté devient alors aussi enflammée que dangereuse.

The Northman de Robert Eggers

Force est de constater que Robert Eggers aime raconter des histoires. Dans sa nouvelle odyssée peuplée de vikings, le folklore n'a de cesse d'habiller ses récits et piétine graduellement les marches du tragique-obscur, avec une esthétique de plus en plus homérique.

Loin du périph mais trop près de la catastrophe

Loin du périph débarque sur Netflix et reprend l'idée première de De l'autre côté du périph : mêler les classes, les mondes, les opposer pour mieux les rassembler (sic!). Or, le film y va à coups de pied dans la tronche. Entre castagne infinie et blagues infâmes plus que soulignées, pas grand chose à se mettre sous la dent. Quelqu'un leur a dit que nous étions en 2022 ?

Limbo : l’enfer de l’immigration selon Ben Sharrock

Limbo, de l’Écossais Ben Sharrock, a choisi l’Absurdistan loufoque pour dénoncer une sombre réalité de nos contrées : l’immigration forcée de nombreux êtres humains, échoués en terre inconnue, si ce n’est hostile.

« Les Passagers de la nuit » : l’art de la norme

Après « Amanda », en 2018, Mikhaël Hers propose un nouvel univers, plus personnel, autobiographique sans jamais vraiment l'être. Si le film est agréable, il reste trop proche de ce qui est attendu que de ce qui est vraiment voulu.

La Ruse, de John Madden : cadavre exquis

Relatant un fameux succès de désinformation militaire des Britanniques lors de la Seconde Guerre mondiale, "La Ruse" restitue impeccablement les faits et l’époque, mais échoue à traduire le génie et la créativité des officiers du renseignement britannique qui mirent au point ce plan invraisemblable.

Doctor Strange in The Multiverse of Madness : l’art de la contrebande par Sam Raimi

Si on est loin de la révolution Sam Raimi scandée par ses fans purs et durs, reste que Doctor Strange In The Multiverse of Madness est suffisamment imprégné du style et des questionnements de son auteur pour se démarquer du reste des productions du MCU. A cela, on pourra ajouter un recours tout sauf déguisé à l'horreur et l'effroi, qui permet le temps d'un film d'investir un genre jusque ici jamais traité et donc d'y insuffler un côté inédit qui commençait à faire défaut. Bref, un spectacle des plus réjouissants en somme.

Algunas Bestias : lutte des classes générationnelle et contemporaine

Le cinéaste Jorge Riquelme Serrano nous livre une synthèse sombre et alarmiste d'une société chilienne inégalitaire et malade. Algunas Bestias est un film d'une grande maîtrise technique sur la décadence des élites.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.