Sorties Dvd-Blu-Ray

Le Grand Duel (1972), de Giancarlo Santi : pour quelques plans de Leone

Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.

A Prairie Home Companion (2006), de Robert Altman : adieu d’un maître, élégie du Midwest

Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.

Fureur apache (1972), de Robert Aldrich : le cimetière des mythes

Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…

Herbes Flottantes, le renouveau coloré de Yasujiro Ozu

Subtil condensé de poésie et d'émotions, Herbes Flottantes est le film parfait pour plonger dans le cinéma follement humaniste de Yasujiro Ozu.

China Gate, la guerre selon Samuel Fuller en Blu-ray chez Carlotta Films

À l'occasion de la récente sortie Blu-ray de China Gate chez Carlotta Films, retour sur l'expérience guerrière menée par le furieux cinéaste Samuel Fuller et sur son édition HD beaucoup trop sage.

« Chaînes conjugales » : entre satire sociale et étude de mœurs

Chez ESC paraît pour la première fois en Blu-ray "Chaînes conjugales", le chef-d'oeuvre de Joseph Mankiewicz mettant en scène une tripotée de comédiens de haut vol. Au programme : étude de moeurs, critique du consumérisme, radiographie du couple, analyse sociologique, le tout mis en images de manière élégante.

« Désirée » : la petite histoire derrière la grande

ESC commercialise pour la première fois en Blu-ray "Désirée". C'est l'aboutissement d'une passion familiale intergénérationnelle pour Napoléon Bonaparte. C'est surtout un film par lequel Henry Koster narre l'histoire d'amour contrariée entre l'empereur français et celle qui deviendra bientôt reine de Suède. Un biopic plaisant, mais ronronnant.

Marie Stuart, Reine d’Écosse : la bonne surprise signée Josie Rourke en DVD/Blu-Ray !

Sorti somme toute discrètement en début d'année, et ce malgré un casting de haute volée (Margot Robbie, Saoirse Ronan, Guy Pearce), Marie Stuart Reine d'Ecosse est pourtant l'un des incontournables de 2019, la chance à une réalisatrice, Josie Rourke, très inspirée et qui donne du poids, du cachet et de la tragédie à cette rivalité entre deux femmes, qui a changé la Grande-Bretagne. A voir absolument !

Donnie Darko, de Richard Kelly : down the rabbit hole

Donnie apprend d'un lapin géant monstrueux que la fin du monde est dans 28 jours, 6 heures, 42 minutes et 12 seconde précisément. Mais d'où sort ce lapin géant ? Et qu'en est-il de la fin du monde annoncée ? Un scenario mindfuck qui pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Bienvenue dans le terrier du lapin.

« Schlock » : à savourer comme une panade à la banane

Avec "Schlock", John Landis signe un premier long métrage parodique constamment arrimé à l'absurde et au grotesque. Il détourne le film de monstre pour façonner une oeuvre ivre de liberté, irriguée par les quiproquos et le non-sens, prenant pour héros un gorille meurtrier...

Un, deux, trois, tourbillon hilarant de Billy Wilder, en DVD et Blu-ray

Réalisé entre La Garçonnière et Irma la douce, Un, deux, trois n'est pas le film le plus célèbre de Billy Wilder. Sa sortie en DVD et Blu-ray aux éditions Rimini permet de réparer cette injustice et de faire découvrir un film hilarant au rythme impressionnant.

Newsletter

À ne pas manquer

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.