Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.
Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…
Sorti très discrètement en début d'année, Bienvenue à Marwen du vétéran Robert Zemeckis a souffert de son manque de notoriété. Résultat, le public n'est pas venu et le film a vite été oublié. Une injustice des plus honteuses quand on y pense, tant, en s'attardant sur la vie d'un quidam qui s'est reconstruit par la force de l'imaginaire, Zemeckis livre un film magnifique mais surtout parle de lui, un cinéaste qui continue de vivre pour faire rêver. Une jolie démarche qui est désormais disponible en Blu-Ray et qu'on ne saurait que trop vous conseiller de vous procurer dès maintenant.
Retour sur Zombie/Dawn of the Dead à l'occasion de la sortie du coffret cult'edition d'ESC. Au programme : un objet collector pour une œuvre pop aux multiples facettes et au mordant ravivé en haute définition.
Pathé a l'excellente idée de rééditer "125, rue Montmartre". On y découvre Lino Ventura dans l'un de ses premiers grands rôles. On y observe la mise en scène élégante de Gilles Grangier. On se perd dans une machination à tiroirs dévoilant des pans entiers du Paris populaire.
Agent X 27, Shanghai Express, L'Impératrice Rouge et La Femme et le pantin : ce sont quatre très beaux films que nous proposent les éditions Elephant Films, tous réalisés par Josef von Sternberg et interprétés par Marlene Dietrich. Quatre mélos subtils et élégants, esthétiquement très travaillés, où l'amour est synonyme de rédemption... ou de perte !
La Montagne Jaune, qui sort en DVD et Blu-ray chez ESC Editions, possède toutes les limites mais aussi tous les charmes des western de série B des années 50.
Parmi les sept westerns que Boetticher tourna avec Randolph Scott, L'Aventurier du Texas est assurément le plus détonnant à défaut d'être le plus détonant. Humour et rebondissements à Agry Town.
Non pas un justicier solitaire face aux hors-la-loi qui terrorisent la bourgade de Warlock mais trois pour le prix d'un : un marshall impitoyable flanqué de son fidèle homme de main et un shérif bien décidé à appliquer la loi. Qui s'imposera ?
Un héros épicurien passant de femme en femme. Une élection présidentielle appelée à se solder par un scandale retentissant. Des manèges amoureux aussi hilarants qu'hypocrites. Le "Shampoo" d'Hal Ashby, commercialisé par Carlotta en version restaurée 4K, fait partie des comédies quelque peu oubliées qu'il est urgent de redécouvrir.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.