Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.
Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…
En signant Sorry To Bother You, Boots Riley fait plus qu'affirmer à la face du monde, son arrivée au sein de la grande famille du cinéma. Il montre qu'on peut faire rimer engagement et âpreté, réalité et fiction, humour et (semi) horreur, dans la grande tradition des oeuvres brulots qui dénoncent par le rire. Bref, Sorry To Bother You, c'est imparfait par endroits, c'est touchant et dingue dans beaucoup d'autres et ça vient d'arriver en DVD près de chez toi donc fais pas l'andouille et va le voir.
Vingt ans après sa sortie en salles, Pathé nous permet de voir en DVD et Blu-ray une copie restaurée de Fin août début septembre, le très beau film d'Olivier Assayas, où un très beau casting nous livre une série de scènes prises sur le vif.
La sortie en DVD et Blu-ray chez Spectrum Films de Wrath of silence nous donne l'occasion de découvrir ce très beau film chinois qui mêle habilement polar âpre et violent, western et critique sociale de la Chine contemporaine. Un film sombre et intense.
Pour la troisième fois en moins d'un an, ESC Editions nous permet de voir ou revoir des films de Jean-Pierre Mocky. Au programme cette fois-ci : Le Témoin, Le Furet, et deux des classiques du cinéaste, La Cité de l'indicible peur et Y a-t-il un Français dans la salle ?
Troisième long métrage du réalisateur serbe Emir Kusturica, Le Temps des Gitans définit le style qui sera celui du cinéaste , mélange de description réaliste d'un univers sinistre, de drame, de comédie, de vision onirique et magique du monde et de musique.
Paris au mois d'août, le très beau film, sensible et doucement mélancolique de Pierre Granier-Deferre, adapté du roman de René Fallet, sort enfin en DVD et Blu-ray dans une très belle copie restaurée. L'occasion de redécouvrir ce film un peu oublié, avec un excellent Charles Aznavour en Français moyen bouleversé par la rencontre avec une jeune Anglaise.
Marlon Brando prend sa revanche sur Karl Malden en Blu-ray. À l'occasion de son come-back HD chez l'éditeur Carlotta Films, retour sur La Vengeance aux deux visages, oeuvre filmique polymorphe signée par son interprète principal, le monstre de cinéma Marlon Brando.
Complexité des situations, profondeur des personnages et mise en scène lumineuse, ce coffret Michael Cacoyannis n'a pas pour seul mérite de faire découvrir un réalisateur grec trop peu connu, il permet surtout de passer de très bons moments de cinéma en compagnie d'une actrice exceptionnelle : Ellie Lambeti.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.