Marie Stuart, Reine d’Écosse : la bonne surprise signée Josie Rourke en DVD/Blu-Ray !

Sorti en catimini en début d’année, Marie Stuart, Reine d’Écosse est l’occasion pour la fraichement élue Josie Rourke de coucher une page d’histoire méconnue de la monarchie britannique où, au milieu des règlements de comptes typiques de l’époque, a eu lieu une lutte intestine et fratricide entre deux têtes couronnées, ici deux femmes qui furent rivales et qui marquèrent durablement de leurs empreintes la société de l’époque. En résulte un film profond, puissant, et permettant à la paire Saoirse Ronan/Margot Robbie de littéralement vampiriser l’écran. 

Le destin tumultueux de la charismatique Marie Stuart. Épouse du Roi de France à 16 ans, elle se retrouve veuve à 18 ans et refuse de se remarier conformément à la tradition. Au lieu de cela elle repart dans son Écosse natale réclamer le trône qui lui revient de droit. Mais la poigne d’Élisabeth Iʳᵉ s’étend aussi bien sur l’Angleterre que l’Écosse. Les deux jeunes reines ne tardent pas à devenir de véritables sœurs ennemies et, entre peur et fascination réciproques, se battent pour la couronne d’Angleterre. Rivales aussi bien en pouvoir qu’en amour, toutes deux régnant sur un monde dirigé par des hommes, elles doivent impérativement statuer entre les liens du mariage ou leur indépendance. Mais Marie menace la souveraineté d’Elisabeth. Leurs deux cours sont minées par la trahison, la conspiration et la révolte qui mettent en péril leurs deux trônes et menacent de changer le cours de l’Histoire.

Deux femmes, deux destins…

Évoquer le nom de Josie Rourke en France, c’est prendre le risque de voir son interlocuteur lever les yeux au ciel à la recherche d’une bribe d’inspiration. Il faut dire que la britannique a peu eu l’occasion d’exporter à l’international ses talents qui, eux, sont pourtant nombreux. Puisque de l’autre coté de la Manche, la britannique incarne depuis 15 ans maintenant une des valeurs sûres de la scène théâtrale. Un background qu’elle a suffisamment développé pour finalement se lancer dans un premier film (ce qui est déjà loin d’être une sinécure) qui plus est d’époque, puisque pour sa première contribution au cinéma, Rourke a opté pour rien de moins qu’une histoire royale. Où ici la lutte pour le pouvoir qui naquit entre Elizabeth 1, reine d’Angleterre stricte, imbue de sa personne et déterminée, et sa cousine, Marie Stuart, digne écossaise qui voulut revendiquer son droit au trône. L’histoire est connue, et pourtant, à l’instar d’un Titanic qui arrivait à créer de la dramaturgie et du suspense autour, Marie Stuart Reine d’Écosse parvient à embrasser la même veine. Et nul doute que cet angle doit grandement à Rourke qui a eu l’occasion rêvée pour donner à son histoire de l’ampleur, de la profondeur et surtout un parallèle avec notre époque. Deux femmes, évoluant dans un monde d’hommes, obligées de se battre l’une contre l’autre à cause du sacro-saint pouvoir et qui subissent la division de la part des hommes : il faut dire que c’était tentant et Rourke, en artiste habile, n’a pas déçu. Ainsi, au milieu de cette lutte fratricide qui a durablement imprimé une scission entre l’Écosse et l’Angleterre, Rourke se permet d’en mettre plein la vue à de multiples reprises : décors somptueux, ambiance solennelle & austère, viviers de personnages torturés et psychologiquement riches, musique fabuleuse. C’est bien simple, malgré quelques scories propres à un premier film, le long-métrage respire l’efficacité et l’assurance, comme si Rourke, consciente de sa chance de débarquer dans le cinéma, avait tout donné pour que cette histoire puisse être à la fois tragique et captivante, dure mais puissante, etc. Un bien joli effort qui ne serait toutefois rien sans la présence d’un casting au diapason de cette envie de grandeur ; j’ai nommé la paire Saoirse Ronan/Margot Robbie. Quand l’une incarne Marie Stuart, jeune femme frêle mais déterminée ; l’autre incarne avec exubérance, poigne et insensibilité la reine Elizabeth 1. Une jolie dualité qui fait le sel de ce métrage convaincant et qu’on se le dise, vraiment grand.

Les joyaux de la couronne…

Enchâssé dans un master Haute Définition de toute beauté (couleurs superbes, contrastes denses, définition irréprochable) et un solide dispositif sonore (la version originale est encodée en Dolby Atmos, dans un mixage littéralement tonitruant), force est d’admettre que Marie Stuart, Reine d’Écosse en impose techniquement parlant. Ainsi, les scènes de bataille sont naturellement riches en basses, en gros surrounds et effets multidirectionnels à gogo. Même rengaine pour la version française, puisqu’elle s’impose dans un mixage Dolby Digital+ 7.1 très spectaculaire et immersif. Cette richesse se retrouve également dans la section suppléments, qui offre quelques jolis contenus : d’abord un commentaire audio de la réalisatrice Josie Rourke et du compositeur Max Richter ; ensuite trois featurettes qui représenteront environ dix minutes de visite des coulisses et de découverte de l’envers du décor & enfin une featurette sur la notion de « féminisme » au cœur du film, sur les différentes incarnations de Mary Stuart au cinéma, ainsi que sur le face à face final.

Marie Stuart, Reine d’Écosse : Bande-annonce : 

Un film de Josie Rourkeavec Saoirse Ronan, Margot Robbie

Synopsis: Le destin tumultueux de la charismatique Marie Stuart. Épouse du Roi de France à 16 ans, elle se retrouve veuve à 18 ans et refuse de se remarier conformément à la tradition. Au lieu de cela, elle repart dans son Écosse natale réclamer le trône qui lui revient de droit. Mais la poigne d’Élisabeth Ières’étend aussi biensur l’Angleterre que l’Écosse. Les deux jeunes reines ne tardent pas à devenir de véritables sœurs ennemies et, entre peur et fascination réciproques, se battent pour la couronne d’Angleterre. Rivales aussi bien en pouvoir qu’en amour, toutes deux régnantsur un monde dirigé par des hommes, elles doivent impérativement statuer entre les liens du mariage ou leur indépendance. Mais Marie menace la souveraineté d’Elisabeth. Leurs deux cours sont minées par la trahison, la conspiration et la révolte qui mettent en péril leurs deux trônes et menacent de changer le cours de l’Histoire.

Sortie DVD, Blu-ray™ le 3 Juillet 2019 chez Universal

Caractéristiques techniques du DVD : Image : 16:9 2.39:1 Anamorphic Widescreen – Durée : 1h59. Audio : Anglais, Français, Espagnol, Italien et Allemand Dolby Digital 5.1Sous-titres : Français, Anglais, Arabe, Espagnol, Danois, Finnois, Allemand, Hindi, Islandais, Italien, Norvégien, Portugais, Suédois, Turc.

Caractéristiques techniques du Blu-ray™ : Image : 16:9 2.39:1 Widescreen – Durée : 2h04. Audio : Anglais Dolby Atmos, Français, Espagnol, Italien Dolby Digital Plus 7.1Sous-titres : Français, Anglais, Arabe, Espagnol, Danois, Finnois, Hindi, Islandais, Italien, Norvégien, Portugais, Suédois.

Bonus du DVD et du Blu-ray™ : Une confrontation épique ♦ Le féminisme des Tudor ♦ Quelque chose chez Marie. Commentaire audio de la réalisatrice Josie Rourke et du compositeur Max Richte.

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Antoine Delassus
Antoine Delassushttps://www.lemagducine.fr/
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