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Un jour dans la vie de Billy Lynn, un film d’Ang Lee : Critique

Il semble bien que personne en France n’aura l’occasion de voir Un jour dans la vie de Billy Lynn dans le format 120 images/secondes, en plus du 4K et de la 3D, dans lequel Ang Lee a conçu son nouveau film. Il est d’autant plus dommage de constater que cette vaine révolution technologique se soit faite aux dépens d’une écriture qui aurait rendue pertinent ce drame intimiste.

Synopsis : En 2004, un jeune soldat américain dont l’action en Irak a été filmée et diffusée sur Youtube, est mandaté par le gouvernement pour parader en tant que héros national. C’est à ce titre qu’il est invité, avec son bataillon, à participer à un événement sportif dans son Texas natal. Mais, après ce spectacle, ils devront retourner au front. 

American heroes

Cette notion de héros militaire est depuis plusieurs années au cœur de la plupart des films de guerre américains (on peut considérer que Clint Eastwood lancé le mouvement avec son diptyque Mémoires de nos pères/ Lettres d’Iwo Jima), mais Ang Lee détourne la sempiternelle question des valeurs nécessaires à l’obtention de ce statut pour se concentrer sur celle du rapport que la société civile entretient avec ces vétérans. Pour cela, l’ancien réalisateur de Tigre et Dragon et du Secret de Brokeback Mountain adapte un roman de Ben Fountain, intitulé « Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn » et lui-même inspiré par un spectacle patriotard auquel a assisté l’auteur. Une pure fiction basée, non pas sur une histoire vraie, mais sur une anecdote vraie donc. Peut-être est-ce là le défaut dont vont découler tous ceux qui feront de cette adaptation un scénario bancal. Et pourtant, l’idée d’affronter des jeunes hommes brisés par un conflit aussi absurde que meurtrier à l’insouciance d’une société superficielle avait de quoi offrir une attaque brutale contre le militarisme américain, et en particulier celui qui animait le pays sous l’ère Bush. Toutefois, que le récit n’aille pas jusqu’au bout de sa démonstration mortifère, et que s’y voient greffées des sous-intrigues à unique fin pathos, ont le résultat paradoxal d’en saborder la portée dramatique.

Le film nous fait donc suivre une journée de Billy Lynn et des membres de son régiment d’infanterie alors qu’ils sont exploités comme de vulgaires produits publicitaires pro-militaristes dans le cadre de la mi-temps d’un match de football à Dallas. Parce que réduire la narration à ces quelques heures aurait été trop limité, Ang Lee n’hésite pas à multiplier les flashbacks renvoyant à l’entrainement et à la guerre. Des scènes de guerre qui d’ailleurs sont fort réussies grâce à leur mise en scène immersive, et qui semblent justifier à elles-seules l’énorme dispositif technologique mis à profit. Le but avoué de ces nombreux passages est en fait d’appuyer le drame vécu par Billy lors de la perte de son sergent dont il était très proche. Si proche qu’elle en vient à s’habiller d’une dimension crypto-gay loin d’être indispensable au propos. Que celui-ci soit de plus interprété par un acteur aussi peu attachant que Vin Diesel enterre définitivement la part tragique de cette relation prématurément brisée. Autre choix de casting qui n’aide en rien cette sensiblerie larmoyante : Kirsten Stewart en sœur handicapée. Loin d’être aussi insupportablement apathique que dans Personal Shopper, la jeune actrice participe pour beaucoup à la peinture surabondamment misérabiliste servant de background familial à ce pauvre Billy.

En plongeant un soldat traumatisé en plein cirque médiatique, Ang Lee dévoile les contradictions de cette société américaine qui préfère regarder des matchs de foot et des concerts de Beyoncé qu’ouvrir les yeux sur le calvaire des jeunes qu’elle envoie au casse-pipe. Un propos malheureusement sapé par une écriture qui s’égare maladroitement.

Fort heureusement, ces deux pistes de lecture malhabiles ne sont pas le cœur du récit. Ils ne font en fait, comme le flirt avec la pom-pom girl, que le parasiter. Les coulisses du show sont en revanche passionnantes. Parce qu’elles sont filmées avec le même procédé immersif que les scènes de guerre, elles servent parfaitement le propos en jouant sur le parallèle entre une surmédiatisation oppressante et le syndrome post-traumatique propre aux survivants de la guerre. De là surgit une question qui fait froid dans le dos : ces personnages ont-ils davantage perdu leur humanité lorsqu’ils se sont vus transformés en machines à tuer ou en icônes de la pop-culture ? Entre le cynisme que dégage le personnage de Steve Martin et la superficialité incarnée par celui de Chris Tucker (deux acteurs de talent trop rares soit dit en passant), Un jour dans la vie de Billy Lynn s’avère particulièrement belliqueux à l’égard de la relation d’une Amérique va-t’en-guerre et tape-à-l’œil à l’égard  de cette jeunesse qu’elle n’hésite pas à sacrifier sur l’autel d’un interventionnisme intéressé. Ce discours ouvertement antimilitariste est toutefois difficile à valider tant Ang Lee prend soin à sacraliser ces jeunes soldats et s’applique à filmer leurs interprètes en gros plans. Leur excellent jeu permet ainsi de rendre palpable leurs troubles et leurs doutes… qui convergeront vers une détermination enjouée de retourner sur le champ de bataille.

Le drame, aussi bien psychologique que politique, de voir des jeunes soldats retourner vers un massacre annoncé perdra donc, dans les dernières minutes, tout son mordant qui représentait pourtant ce que le film avait jusque-là de meilleur. C’est là qu’une histoire vraie, qui aurait permis de nous annoncer leur destin tragique, aurait pu permettre à Ang Lee de retomber sur ses pieds. Au lieu de cela, sa façon de jongler, dans un scénario bavard et maladroitement tire-larme, entre antimilitarisme primaire et patriotisme immature fait s’effondrer ses velléités de mettre en place un pamphlet contre le détournement de l’industrie du spectacle au profit d’une propagande militariste et gouvernementale. Un semi-échec vis-à-vis d’un sujet au fort potentiel, d’autant plus regrettable que les meilleures idées de la réalisation semblent avoir été uniquement pensées pour être mises au profit de ces fameux moyens techniques dont on ne profitera jamais.

Un jour dans la vie de Billy Lynn : Bande-annonce

Un jour dans la vie de Billy Lynn : Fiche technique

Titre orignal : Billy Lynn’s Long Halftime Walk
Réalisation : Ang Lee
Scénario : Jean-Christophe Castelli, d’après le roman « Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn » de Ben Fountain
Interprétation : Joe Alwyn (Billy Lynn), Kristen Stewart (Kathryn Lynn), Vin Diesel (Shroom),  Garrett Hedlund (Dime), Steve Martin (Norm Oglesby), Chris Tucker (Albert)…
Photographie : John Toll
Montage : Tim Squyres
Direction artistique : Mark Friedberg
Décors : Kim Jennings, Thomas Minton, Aziz Rafiq, Gregory S. Hooper
Musique : Jeff Danna, Mychael Danna
Producteurs : Marc Platt, Ang Lee, Rhodri Thomas et Stephen Cornwell
Productions : Studio 8, LStar Capital, Film4 Productions, Bona Film Group, The Ink Factory, Marc Platt Productions et TriStar Productions
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Durée : 113 minutes
Genre : Drame, guerre
Date de sortie : 1er février 2017

États-Unis/Grande-Bretagne/Chine – 2016

 

13 Reasons Why : La nouvelle série Netflix produite par Selena Gomez

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Une voix d’outre-tombe nous entraîne dans 13 Reasons Why, la nouvelle série-frisson de Netflix produite par Selena Gomez !

13 Reasons Why (Treize raisons en VF) de Jay Asher, c’est le best-seller pour jeunes adultes qui a inspiré Tom Carthy. Le réalisateur, qui avait eu un Oscar pour son long métrage Spotlight en 2016 dans la catégorie meilleur film, a décidé d’adapter ce roman dramatique en série sur Netflix. A la production, ce n’est autre que Selena Gomez en charge du projet, la jeune chanteuse et actrice l’a annoncé il y a quelque jours via son instagram en nous dévoilant une bande-annonce de la série.

Rappelons que la jeune femme est la personnalité la plus suivie sur instagram avec 108 millions d’abonnés et, qu’après sa longue absence sur les réseaux sociaux, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe auprès de ses «selenators», ravis de la voir faire son grand retour et d’annoncer un projet d’une telle envergure. Projet qu’on a, nous aussi, hâte de découvrir.

Il faut savoir que la jeune femme avait déjà été co-productrice de la série de Disney Les sorciers de Waverly Place, qui a lancé sa carrière. Le projet de 13 Reasons Why devait être au début un film, puis finalement, Selena Gomez a laissé Netflix s’en charger sous forme d’une série de 13 épisodes. Loin d’être seule à porter ce projet, la chanteuse est accompagnée par sa mère Mandy Teefey, par Kristel Laiblin et par la société Anonymous Content. Concernant le pilote, c’est à Brian Yorkey, également showruner sur 13 Reasons Why, que l’on doit le scénario.

D’après le trailer dévoilé ce 25 janvier, 13 Reasons Why raconte l’histoire d’une jeune lycéenne, Hannah Baker (joué par Katherine Landford) conduite à se suicider à cause de treize de ses camarades. Au travers d’enregistrements sur lesquels raisonnent la voix de la défunte, elle dénonce ceux qui l’ont poussée à mettre fin à ses jours. L’intrigue commence quand un lycéen découvre ces cassettes dans un carton à son nom, déposé au pied de sa porte. Le jeune homme (joué par Dylan Minnette vu dans Chair de Poule), ancien camarade de classe et amoureux d’Hannah, sera chargé de transmettre les enregistrements aux coupables.

C’est dans cet univers scolaire mais néanmoins obscur que la série prend place et nous révèle, au fil des épisodes, le passé et la personnalité de l’absente. Dans la bande-annonce, derrière une musique aux sonorités pop et mystérieuses à la fois, les voix de Selena Gomez (pour le thème musical) et des personnages s’entrecroisent tandis que la jeune Hannah nous invite : «Si vous voulez connaître la vérité, il suffit juste d’appuyer sur le bouton lecture». Affaire à suivre donc le 31 mars prochain sur Netflix.

Depuis l’annonce de la série par Selena Gomez – qui affirme avoir été beaucoup aidé par sa maman dans le projet après avoir découvert le roman en 2009 – une communauté d’internautes s’est engagée contre les suicides d’adolescents et le harcèlement scolaire qui est encore beaucoup trop présent de nos jours.

 

Denis Villeneuve va réaliser la prochaine adaptation de Dune

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Après Dune de David Lynch en 1984, Denis Villeneuve va réaliser la prochaine adaptation de la célèbre saga de science-fiction sur grand écran. 

Denis Villeneuve va réaliser Dune. Le cinéaste canadien, finaliste aux Oscars dans la catégorie meilleure réalisation a brillé en décembre 2016 avec le somptueux Premier Contact. Déjà attendu fin 2017 avec la suite de Blade Runner, Villeneuve s’attaque désormais à l’adaptation de la saga littéraire de Frank Herbert. Publié en 1965, Dune est aujourd’hui le roman de science-fiction le plus vendu au monde. Il est le premier pilier d’une œuvre de 6 romans, intitulé le Cycle de Dune. Le roman trace une fresque politique qui se déroule sur la planète d’Arrakis. L’intrigue se déroule autour de l’Épice, une mystérieuse substance convoitée dans tout l’univers. Dune est une œuvre riche et complexe. L’adapter sur grand écran représente un vrai défi.

Dune a connu une première adaptation au cinéma en 1984 par David Lynch. Le film a été un échec commercial et critique. Plus tard, l’œuvre d’Herbert a aussi été adaptée par deux séries télés en 2000 et en 2003. Alejandro Jodorowsky a tenté de l’adapter dans les années 70. Salvador Dali devait incarner la rôle de l’empereur et Pink Floyd devait composer la musique. Le projet n’a jamais abouti mais a mené au documentaire Jodorowsky’s Dune, qui retrace la production dantesque et chaotique du film.

Si c’est un projet pharaonique qui attend Denis Villeneuve, le réalisateur est soutenu par Brian Herbert, fils de l’auteur.

« C’est officiel : Legendary Pictures a confié au très talentueux Denis Villeneuve la réalisation d’une nouvelle saga Dune »

Brian Herbert a également a répondu sur Facebook à un fan inquiet de l’adaptation d’un de ses livres favoris « Je comprends vos craintes. Dans le cas présent, cependant, je suis convaincu que tout sera mis en œuvre pour rendre justice à l’héritage de Frank Herbert ».

Les premiers éléments d’information indiquent que l’adaptation devrait se décliner sous plusieurs films au cinéma, mais également à la télévision.

 

Splinter Cell : l’adaptation du jeu vidéo avec Tom Hardy avance bien…

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Après Assassin’s Creed, la firme Ubisoft continue sa politique d’adaptation au cinéma puisque Splinter Cell, l’un des jeux phares du groupe est en bonne voie de finalisation, qui plus est avec Tom Hardy en tête d’affiche. 

Interrogé par Collider, le producteur Basil Iwanyk a accepté de dévoiler quelques infos sur le projet qui sera une adaptation directe du jeu-vidéo, lui-même inspiré des écrits d’un maître de l’espionnage, Tom Clancy.

« Nous avons un scénario. Il est un peu long, mais c’est le meilleur que nous ayons eu. (…) Nous allons déterminer où réaliser les coupes, puis nous l’enverrons à Tom Hardy. Cette version tient compte de notes qu’il nous a soumises. Il recevra ce scénario dans quelques semaines, et on espère commencer avant la fin de l’année ».

Iwanyk a par ailleurs rappelé que Tom Hardy était le choix idéal : l’acteur britannique qu’on a pu voir dans Inception est en effet un vrai gamer dans l’âme, connaissant des gens du milieu, et mieux encore, des membres des forces spéciales (qui seront d’ailleurs sans doute impliqués sur le projet en tant que consultants). Un véritable atout dans cette production classifiée PG-13  qui aura pour objectif de brasser un large public afin de faire connaître davantage la licence à travers le monde ; un peu comme l’a fait tout récemment Assassin’s Creed (de Justin Kurzel) dont les faibles scores au box-office n’ont d’ailleurs pas entaché la motivation des studios à continuer l’aventure :

« Le succès financier d’Assassin’s Creed est encore en devenir car nous vivons dans un monde international; c’est toujours en cours… »

Des propos qui prouvent en substance que les têtes pensantes d’Ubisoft fondent de grands espoirs dans l’exploitation de leur dernier-né sur le territoire chinois, devenu depuis le succès surprise de Warcraft, un territoire majeur question rentabilité. A cela, Iwanyk, décidément intarissable ajoute :

« Le défi de rendre Splinter Cell intéressant était que nous n’avions pas ce background [des jeux Assassin’s Creed], et donc, pas à respecter une identité. Cela nous a permis de créer notre monde et de détailler les personnages. Il s’agira plus d’un film d’action badass avec Tom Hardy que d’une adaptation de jeu vidéo ».

A l’en croire, il semblerait ainsi que l’on s’oriente davantage vers un film d’espionnage punchy qu’une vraie adaptation telle que l’on pourrait l’espérer. Un choix audacieux que l’on espère voire couronné de succès, car en plus de Splinter Cell, Ubisoft entend aussi adapter son récent best-seller The Division, avec Jake Gyllenhaal et Jessica Chastain dans les rôles principaux. Autant dire donc que la firme de divertissement n’a pas le droit à l’erreur, tout comme Doug Liman, qui a été nommé réalisateur. Pour les néophytes, Splinter Cell est avec le plus récent Assassin’s Creed, l’un des jeux phares de la firme française Ubisoft. On y incarne Sam Fisher, un ex-membre des NAVY Seals qui officie pour le compte d’une entité ultra-secrète de la CIA, Echelon 3. Rompu à toutes les méthodes de camouflage et d’infiltration, l’agent est envoyé au gré de ses nombreuses itérations vidéoludiques aux quatre coins du monde afin de prévenir conflits et autres problèmes liant des nations étrangères. Autant dire un rôle tout indiqué pour Tom Hardy, qui avec sa condition physique et son charisme n’aura aucun mal à enfiler le treillis noir caractéristique de l’espion et son cynisme légendaire.

Affaire à suivre donc !

Festival de Cannes 2017 : Pedro Almodóvar, Président du Jury de la 70e édition

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Après George Miller, c’est un autre visionnaire du cinéma qui tiendra la Présidence du Festival de Cannes 2017, Pedro Almodóvar.

Après avoir présenté six films sur la Croisette, Pedro Almodóvar a été invité par Pierre Lescure, Président du Festival, et Thierry Frémaux, Délégué général, pour tenir la Présidence du Jury de la 70e édition du Festival de Cannes. Le réalisateur espagnol s’est dit « très heureux […] reconnaissant et honoré » de tenir cette responsabilité, un an après avoir présenté Julieta en compétition officielle, mais reparti bredouille de la Croisette.

« Pour sa 70e édition, le Festival de Cannes est heureux d’accueillir un artiste unique qui jouit d’une immense popularité. Son œuvre s’est déjà inscrite pour toujours dans l’histoire du cinéma. Une longue fidélité unit Pedro Almodóvar au Festival, dont il a été membre du Jury en 1992 sous la présidence de Gérard Depardieu », ont déclaré Pierre Lescure et Thierry Frémaux.

Il fallait de la modestie et de l’humilité pour accepter une telle fonction, surtout pour celui à qui la Palme d’Or a toujours échappé. Nombreux sont ceux qui se sont indignés que Tout sur ma mère, Volver ou La Piel que Habito ne soient repartis qu’avec des prix secondaires. Pedro Almodóvar se contentera d’avoir un prix de la mise en scène (Tout sur ma mère), un prix du scénario et de voir ses actrices -les femmes de sa vie, comme il aime à le répéter- être saluées par un prix collectif d’interprétation féminine pour Volver. Pour les critiques, ce n’est pas assez, tant le cinéaste espagnol s’est imposé comme une figure incontournable du cinéma européen. Pedro Almodóvar fut même l’icône de l’affiche de la soixantième édition du festival. Tenir la Présidence du Jury est la preuve que le cinéaste n’en tient finalement pas rigueur à l’organisation du Festival de Cannes.

Le Festival de Cannes se déroulera du mercredi 17 au dimanche 28 mai 2017. La Sélection officielle et la composition du Jury seront dévoilées à la mi-avril.

Le tournage du remake US du film Intouchables vient de commencer

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L’adaptation américaine du succès français Intouchables vient de débuter. Pour lancer le tournage, Kevin Hart a dévoilé une première photo sur Instagram.

Le tournage du remake US d’Intouchables vient enfin de commencer. Kevin Hart et Bryan Cranston, connu pour son rôle du personnage Heisenberg  dans la série télé culte Breaking Bad, reprendront respectivement les rôles d’Omar Sy et de François Cluzet. La pré-production aura été chaotique. Tom Shadyac (Professeur Foldingue) devait réaliser le film avant d’être remplacé par Paul Feig (Ghostbusters). Le remake est désormais entre les mains de Neil Burger le réalisateur de Limitless et Divergente. Colin Firth avait été également confirmé pour jouer le rôle de François Cluzet, avant d’être remplacé. Dans le premier rôle féminin on retrouve Nicole Kidman à l’affiche du film Lion réalisé par Garth Davis, qui sortira en France le 22 février prochain.

Jim Carrey avait été approché mais avait refusé et avait déclaré «  je n’ai pas envie de le souiller par ma présence. Intouchables mérite tout le succès qu’il a eu ». Kevin Hart, l’interprète du personnage d’Omar Sy a déclaré en 2014 « Revisiter Intouchables représenté un vrai défi. Son succès en salle, l’engouement qu’il a généré… Nous abordons donc ce remake très sérieusement. Je vais donc plonger au cœur du scénario et faire un appel à un coach pour me préparer pour le rôle afin d’offrir quelque chose de différent, de ce que j’ai pu offrir jusque là. » Il veut néanmoins rassurer les spectateurs français « On ne veut pas perdre ce qui fait le cœur du film. Même si c’est notre vision de l’histoire, on ne veut clairement pas trop la modifier.

L’acteur a posté une première photo de son personnage sur Instagram.

« 1er jour de tournage d’Intouchables. Je suis très excité à l’idée de jouer ce personnage. Il se sent prisonnier car il juge que le système, en plus de le retenir, ne lui donne pas sa vraie chance. Apprendre à se soucier des autres et de leurs besoins va le faire changer. J’ai hâte que vous fassiez connaissance avec ‘Dell Enorme big up à Omar Sy qui était absolument incroyable dans l’original. Je vais faire en sorte que tu sois fier, mec. Je suis un grand fan. »

L’adaptation américaine du film d’Olivier Nakache et Eric Toledano n’a pas encore de date de sortie précise, mais devrait arriver sur vos écrans fin 2017/début 2018.

Prix Lumières 2017 : Elle rafle les principaux trophées

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Tout juste nommé à onze reprises aux prochains César, Elle se voit plébiscité par la presse étrangère lors de la traditionnelle cérémonie des Lumières. La confirmation que le film est le grand favori des César et qu’Isabelle Huppert n’est plus qu’à une marche d’être honorée par les Oscars.

Depuis 1996, les Prix Lumières récompensent les meilleurs films français ou francophones de l’année écoulée selon un jury composé exclusivement de représentants de la presse étrangère (une centaine de membres pour vingt pays). La cérémonie est considérée comme un avant-goût des César. Et cette année, c’est Elle qui a fait la différence et a tout raflé puisqu’il a été sacré meilleur film, Paul Verhoeven a obtenu la distinction de meilleur réalisateur et Isabelle Huppert a à nouveau été saluée pour sa performance. Jean-Paul Léaud a été récompensé du prix du meilleur acteur pour son interprétation du Roi Soleil mourant dans La Mort de Louis XIV. Divines, l’autre outsider aux César, a également été distingué en recevant les statuettes de meilleure révélation féminine et meilleur premier film. Frantz de François Ozon, également nommé à onze reprises aux César, Victoria ou Ma Loute sont cependant repartis bredouille de la cérémonie. L’Académie des Lumières a rendu un hommage spécial à l’actrice Marion Cotillard et au délégué général du Festival de Cannes Thierry Frémaux pour leur contribution au rayonnement mondial du cinéma français.

L’an passé, Mustang était reparti avec les statuettes du meilleur film et du meilleur premier film.

Le palmarès des Prix Lumières 2017 :

Meilleur film : Elle de Paul Verhoeven

Meilleur réalisateur : Paul Verhoeven pour Elle

Meilleure actrice : Isabelle Huppert dans Elle

Meilleur acteur : Jean-Pierre Léaud dans La Mort de Louis XIV

Meilleur scénario : Céline Sciamma pour Ma vie de Courgette

Meilleure image : Jonathan Ricquebourg pour La Mort de Louis XIV

Meilleure révélation masculine : Damien Bonnard dans Rester Vertical

Meilleure révélation féminine : Oulaya Amamra et Déborah Lukumuena dans Divines

Meilleur premier film : Divines de Houda Benyamina

Meilleur film francophone : Hedi, un vent de liberté de Mohammed Ben Attia

Meilleur film d’animation : Ma vie de Courgette de Claude Barras

Meilleur documentaire : Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

Meilleure musique : Ibrahim Maalouf pour Dans les forêts de Sibérie

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Six, une série de William Broyles Jr et David Broyles : Critique

La Navy Seal débarque sur History Channel avec Six, une série qui dépeint le danger constant et oppressant des opérations secrètes…

Synopsis : Afghanistan, en 2014. L’équipe « Six » de la Navy Seal cherche à éliminer un chef taliban, mais la mission tourne court lorsqu’ils découvrent qu’un citoyen américain travaille avec les terroristes.

History Channel a qui l’on doit déjà la géniale Vikings vient de dévoiler les premiers épisodes de sa nouvelle série, Six, créée par William Broyles Jr. (déjà scénaristes sur les films Apollo 13 et Mémoires de nos pères ) et son fils, Davis Broyles.

Inspirée d’une histoire vraie, Six suit l’aventure des membres d’un commando d’élite de la Navy Seal qui nous sont présentés lors d’une mission périlleuse en Afghanistan en 2014, alors que ceux-ci sont à la recherche d’un terroriste taliban nommé Muttaqi. Mené par Richard « Rip » Taggart (interprété par Walton Goggins), ces hommes sont forcés de prendre des décisions peu éthiques et traumatisantes afin de remplir leur mission à bien.

La série qui joue beaucoup sur les flashbacks pour expliquer la voie prise par certains membres après cette mission en Afghanistan, apporte peu à peu des informations indispensables à la compréhension de ces personnages et une raison pour les spectateurs d’éventuellement s’attacher à eux. C’est ainsi que l’on apprend les raisons pour lesquelles le capitaine de l’équipe, Rip, a quitté la Navy Seal et est devenu un agent expert en sécurité pour une compagnie pétrolière au Nigeria. Devenu alcoolique, celui-ci est capturé par Boko Haram avec un groupe d’écolières et une professeures nigérianes. Toutefois, il peut compter sur ses anciens camarades qui se lancent dans une mission sauvetage qui va couvrir l’intrigue principale de cette première saison de huit épisodes.

Centrée aussi sur les autres membres de l’équipe, Six explore par ailleurs les différentes crises familiales que chacun de ces hommes rencontrent dans leur foyer respectif, à Virginia Beach. Le loyal et coriace Joe « Bear » Graves (Barry Sloane Revenge, 2011-2015 ; The Whispers, 2015) n’arrive pas à concevoir d’enfant avec sa femme ; le surfeur et rebelle Alex Caulder (Kyle SchmidBeing Human, 2012-204 ; Lost Girl, 2014) est en plein divorce et Ricky « Buddha » Ortiz (Juan-Pablo Raba – Narcos, 2015-2016 ; Agents of Shield, 2015) au bord de la retraite anticipée (forcée par sa femme Jackie, jouée par Nadine Velazquez) se dispute régulièrement avec Jackie de sa préférence pour ses frères d’armes plutôt que sa propre famille. Quant à la nouvelle recrue de l’équipe, Robert Chase (Edwin Hodge – American Nightmare), il est traité comme un bleu et est gentiment bizuté par ses collègues.

Cette partie humaine et sentimentale de nos héros est sans aucun doute l’élément le plus intéressant de la série. Toutefois, la série souffre de superficialité. Six n’est pas Frères d’Armes (Band of Brothers de Steven Spielberg et Tom Hanks, 2001), ni Homeland (de Gideon Raff, Howard Gordon et Alex Gansa, depuis 2011), ni même 24 heures chrono (de Joel Surnow et Robert Cochran, 2001-2010) dont elle s’inspire très gauchement dans sa façon d’aborder le terrorisme islamique radical. Néanmoins, et c’est là que le bât blesse, Six est une autre production lambda axée sur la guerre et ses répercussions. Elle est remplie de clichés qui donnent au téléspectateur un sentiment de déjà vu. Les charismes et jeux d’acteurs de Walton Goggins (qui a déjà merveilleusement œuvré dans The Shield, Justified et même dans Sons of Anarchy) et ses collègues Barry Sloane et Kyle Schmid ne réussissent pas à rehausser le niveau de cette peinture recyclée de militaires transformés par des événements vécus en mission à l’étranger et qui doivent faire face aux grands méchants loups d’extrémistes musulmans, malgré une crise éthique existentielle et des problèmes familiaux de poids.

Six – Bande-annonce

Six – Fiche Technique

Créateurs du programme : David Broyles, Harvey Weinstein, William Broyles Jr.
Casting : Juan Pablo Raba (Narcos), Dominic Adams (Devious Maids), Barry Sloane (Revenge), Edwin Hodge (Chicago Fire), Kyle Schmid (Copper), Nadine Velazquez (Major Crimes) et Brianne Davis (If Loving You is Wrong).
Chaîne d’origine : History
Genre : Drame, Guerre
Nationalité : Américaine
Nombre de saisons : 1
Format : 42 minutes

Premier épisode : 18 janvier 2017

Ocean’s Eight : La première photo des braqueuses

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Ocean’s Eight : Le gang de Georges Clooney est remplacé par une nouvelle équipe entièrement féminine dans cette première photo du remake de la saga Ocean’s.

Ocean’s Eight se dévoile enfin à travers une première photo. Le film sera à la fois un spin-off et un reboot de la trilogie Ocean porté par Brad Pitt, Georges Clooney ou encore Matt Damon. D’ailleurs, on le verra dans ce remake dans le rôle du personnage de Linus Coldwell, qu’il a interprété dans les trois Ocean, sortis entre 2001 et 2007. L’équipe de braqueuses sera entièrement composée de femmes. Sandra Bullock jouera le rôle de la sœur de Danny Ocean, faisant ainsi un lien avec la trilogie originale. Dans l’équipe de malfaiteurs, on retrouvera également Cate Blanchett (Lou), Rihanna (Nine Ball), Mindy Kaling (Amita), Awkwafina (Constance) Helena-Bonham Carter (Rose), Anne Hathaway (Daphne Kluger), et Sarah Paulson (Tammy). Richard Armitage et James Corden seront aussi au casting de ce reboot. Ocean’s Eleven était déjà une adaptation du film L’inconnu de Las Vegas avec Frank Sinatra, sorti en 1960.

Le film réalisé par Gary Ross (Free State of Jones) devrait centrer son intrigue autour du vol d’un collier très précieux. Dans le rôle du méchant, on retrouvera Damian Lewis, connu pour avoir interprété l’ancien Marines Nicholas Brody dans Homeland. Kim Kardashian, Kate Holmes, Anna Wintour, Zayn Malik ou encore Zac Pozen sont confirmés pour des caméos dans Ocean’s Eight. Ancré dans l’univers de la mode, le film sera produit par Georges Clooney et Steven Soderbergh (Effets Secondaires). La sortie est prévue aux États-Unis le 8 juin 2018. Ocean’s Eight fera face aux Indestructibles 2 et Jurassic World 2.

Première photo officielle 

Pour la première fois, Warner Bros, producteur et distributeur du long métrage, a dévoilé le cliché lundi 30 janvier 2017 sur son compte Instagram. Rihanna, membre du casting, a aussi posté cette photo sur son compte Twitter.

Sandra Bullock, Cate Blanchett, Rihanna, Mindy Kaling, Awkwafina, Helena Bonham Carter, Anne Hathaway et Sarah Paulson.

 

La sortie en salle est prévue pour l’été 2018.

Les Médicis : Maîtres de Florence en DVD et VOD le 1er février !

Créée par Frank Spotnitz et Nicholas Meyer, Les Médicis : Maîtres de Florence est une série historique qui fait s’entremêler de multiples intrigues romanesques plus sulfureuses et scandaleuses les unes que les autres, le tout au beau milieu d’un cadre somptueux. Dans la lignée des Tudors et des Borgias, le show plaira sans doute aux amateurs du genre.

Florence, XVème siècle. Giovanni de Médicis, père fondateur de la dynastie, décède dans de mystérieuses circonstances… Sa colossale fortune et la banque familiale reviennent à son fils aîné Cosimo qui a, depuis toujours, dû mettre ses ambitions artistiques de côté pour reprendre un jour le flambeau de l’entreprise. Mais dans cette période troublée, il va devoir déjouer les conspirations des représentants des grands pouvoirs et mener une lutte acharnée.

Une fresque historique un peu cheap

Diffusée sur la Rai en Italie et disponible dans l’offre SFR Play en France, cette coproduction anglo-italienne dont Wild Bunch prend en charge la distribution internationale s’impose comme une fresque historique et épique en demi-teinte. Agréable et parfois captivant, le show n’est toutefois pas à la hauteur de ses ambitions et manque de cachet. Preuve en est avec l’épisode pilote particulièrement peu réussi, qui pose les jalons d’une fiction inégale oscillant entre médiocrité et qualité. D’un côté, on peut rapidement être dérouté voire rebuté par le kitsch ambiant, les décors en carton-pâte, les couleurs criardes et les flashbacks appuyés qui rendent le tout assez lourd. De l’autre, on ne peut s’empêcher d’être séduit par l’ambiance mystérieuse, les interprètes convaincants, les beaux costumes, l’aspect artistique et culturel indéniable de la série, et le prestige des Médicis. Par conséquent, on a tout de même envie d’en découvrir davantage sur la destinée hors du commun de cette famille de banquiers florentins, mécènes incontestés auprès de nombreux artistes de la Renaissance, mais clan ô combien trouble à la réputation ternie par de nombreux scandales. Tous les ingrédients d’un bon divertissement historique -à la fois glamour, instructif et sulfureux- sont ici réunis : les scénaristes ne sont pas avares de péripéties. Meurtres, empoisonnements, rivalité fraternelle, complots politiques, corruption, exil, manigances en tous genres, trahisons et amours illicites sont au programme de cette série mouvementée. Pourtant, on aurait aimé davantage de relief, des petits plus qui nous accrochent sur la longueur, de la malice, de la finesse, mais aussi de la grâce et de la magnificence. Les Médicis : Maîtres de Florence manque d’éclat et reste terne, sans jamais parvenir à se hisser au rang des Tudors, Vikings, Borgias et autres récits historiques du même acabit qui, en dépit d’un certain manque de budget, réussissent à nous surprendre et nous happer autrement (force et charisme des héros, transgression des tabous, stratégies politiques retorses, sexe à tous les étages et sombres secrets d’alcôve).

Un divertissement qui reste honnête

Les Médicis : Maîtres de Florence demeure un divertissement honnête qui arrive, sur la longueur, à faire oublier ses faiblesses. Les faux décors en arrière plan finissent par échapper à notre attention, tout comme la facilité scénaristique de la série parfois prévisible et paresseuse. Malgré tout, on se plait à évoluer dans une époque révolue dont le faste rejaillit sous nos yeux, et on se prend au jeu, comme lorsque la peste noire décime le peuple de Florence dans l’épisode 3, ou que Cosimo se fait empoisonner par son ennemi à la veille de son jugement dans l’épisode 4. Sans être innovants, ces segments narratifs ont le mérite de remplir le cahier des charges et nous apportent efficacement leur lot de suspense et de twists. On apprécie de voir des alliances et des mésalliances se former sur ce grand échiquier politique qu’était l’Italie du Quattrocento et du Cinquecento, les amours se lier et se délier en dépit des interdits et des conventions sociales, et ainsi de suite. Par ailleurs, on peut noter que la présence (un peu trop) furtive de Dustin Hoffman à l’écran se justifie par un « whodunnit » sympathique, aspect de l’intrigue à la fois ludique et haletant qui maintient notre curiosité : qui a tué Giovanni ? Cette question, fil rouge de toute la saison, ne trouvera de réponse qu’à la fin du dernier épisode, subterfuge qui permet aux scénaristes de s’assurer la fidélité des spectateurs jusqu’au bout. Pour résumer, les fans du genre ne pourront qu’adhérer à cette nouvelle série historique qui, sans être révolutionnaire ni excellente, nous fait passer un bon moment et a le mérite de lever le voile sur un des plus grands noms de la Renaissance florentine. Ce sous-Borgia, petit plaisir coupable que l’on regarde par automatisme mais qui n’est pas déplaisant, offre pour les curieux un bonus making-of qui nous fait plonger dans les arcanes du tournage.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 1.77, 16/9ème compatible 4/3

Format son : Français DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0, Anglais Dolby Digital 5.1

Durée : 8 épisodes de 54 min. environ

 Prix public indicatif : 29,99 € le coffret 3 DVD

Compléments :

Les secrets de la série : making-of de la série (42’)

Les Médicis : Bande-Annonce (VF)

Tempête de sable, un film d’Elite Zexer : Critique

Le vent se lève sur le village bédouin du film d’Elite Zexer, mais la Tempête de sable aura beau gronder, le village ne tombera pas.

Synopsis : Les festivités battent leur plein dans un petit village bédouin en Israël, à la frontière de la Jordanie : Suliman, déjà marié à Jalila, épouse sa deuxième femme. Alors que Jalila tente de ravaler l’humiliation, elle découvre que leur fille aînée, Layla, a une relation avec un jeune homme de l’université où elle étudie. Un amour interdit qui pourrait jeter l’opprobre sur toute la famille et contre lequel elle va se battre. Mais Layla est prête à bouleverser les traditions ancestrales qui régissent le village, et à mettre à l’épreuve les convictions de chacun.

La domination masculine

Pierre Bourdieu a étudié les rapports de pouvoir entre les sexes dans toute son œuvre, et c’est sous le titre volontairement accrocheur de La domination masculine qu’il a synthétisé l’ensemble de sa pensée. Il expose dans ce livre le poids des codes sociaux auxquels chaque entité « femme » ou « homme » est amenée à se conformer, par la reproduction insidieuse de comportements qui maintiennent un statu quo inégalitaire au service d’une société patriarcale hégémonique. Tempête de sable d’Elite Zexer offre une démonstration parfaite de situations décrites par le sociologue. Nous sommes introduits in medias res au sein des festivités organisées pour le second mariage du père de la famille (la raison n’est pas explicitement donnée, mais on peut facilement soupçonner que l’absence d’héritier mâle parmi sa descendance soit une motivation suffisante). Cette scène initiale est assez chaotique. Le choix de la réalisatrice de laisser son public tâtonner pendant quelques minutes en ne délivrant les informations qu’au compte-goutte et en brouillant les pistes, (le père est présenté comme un parent aimant et complice avec ses filles) est judicieux. En effet, en ménageant ses révélations, elle rend leur impact plus violent lorsque nous comprenons vers quoi nous allons. Passée cette première scène et une fois l’élément perturbateur annoncé (très tôt dans l’intrigue), Tempête de sable adopte les traits du documentaire pour se pencher sur le quotidien des femmes dans cette société et sur le rôle qu’elles y tiennent.

C’est un portrait choral au féminin que dresse Zexer. La cinéaste montre habilement les différentes phases de la vie de fille à celle de femme. Tandis que les plus jeunes bénéficient d’une certaine liberté, indifférence habituelle de l’adulte vis à vis de l’enfant, dès que la petite fille devient jeune fille, elle devra se soumettre au pouvoir régalien des hommes. La femme mariée quant à elle fait preuve de résilience et de résignation. La cinéaste filme le travail domestique, la vie astreignante des femmes, condamnées à la maison. Les filles vont à l’école, on le voit, mais au-delà d’un certain âge, cela semble incongru : « Pourquoi elle étudie ? » demande un homme étonné au père de Layla, la fille aînée de la famille. Les femmes mariées ne travaillent pas, pourquoi donc faire des études puisque c’est leur mari qui les entretiendra ? Assignées par leur naissance à une caste subalterne, les femmes évoluent sans cesse sous le joug masculin, qu’il soit paternel ou marital. Elles ne sont pas maîtresses de leur propre existence et s’assimilent à une forme de sous-humanité qu’elles participent à reproduire. La réaction de Jalila, la mère est à ce sens symptomatique : elle agit de manière coercitive à l’encontre de sa fille afin de maintenir un ordre social qui n’est en aucun cas profitable aux femmes. La puissance du corps social broie toute velléité individuelle. Dans ce tableau désespérant, y-a-t-il la possibilité d’une résistance ?

Jalila est l’héroïne de Tempête de sable, le personnage le plus intéressant et complexe. Si Layla est celle par qui le scandale arrive, elle semble n’avoir aucune idée de la portée de ses actes. Elle s’aveugle complètement et n’envisage son salut que par l’entremise d’un homme qui lui donnera l’autorisation d’agir. Le père admiré fait apparaître la mère bien insignifiante, et c’est pourtant d’elle seulement que pourra venir l’émancipation. Jalila est le protagoniste qui évolue le plus au cours du film, et c’est elle qui ébranle l’édifice patriarcal. On croit un moment que cet élan féministe l’emportera, mais la suite de l’intrigue foule cet espoir au pied ; c’est encore une fois la femme sacrifiée qui gagne, l’émancipée attendra.

Si Tempête de sable est incontestablement une critique virulente d’une société gangrenée par des siècles de patriarcat, modèle de société dominant partout dans le monde, la cinéaste propose une vision très noire de la condition féminine. Sans tomber dans l’angélisme et le happy end consensuel, présenter des personnages féminins forts, dont la préoccupation principale ne serait pas l’hyménée est un acte tout autant essentiel que la condamnation corrosive opérée par Elite Zexer. C’est la plus grande faiblesse de Layla qui,  en tant que jeune femme éduquée, aurait pu présenter des motivations autrement plus complexes et radicales que se limiter à cette opposition amoureuse rancie ; la liberté pour elle-même plutôt que le passage d’une tutelle masculine à une autre.   C’est un geste crucial pour le cinéma de créer des personnages de femmes libres parce que c’est encore trop souvent une initiative subversive.

Tempête de sable : Bande annonce

Tempête de sable : fiche technique

Titre original : Sufat Chol
Réalisatrice : Elite Zexer
Scénario : Elite Zexer
Interprétation : Lamis Ammar (Layla), Ruba Blal (Jalila), Hitham Omari (Suliman), Khadija Al Akel (Tasnim), Jalal Masrwa (Anwar)…
Musique: Ran Bagno
Image : Shai Peleg
Montage : Ronit Porat
Producteurs : Haim Mecklberg, Estee Yacov-Mecklberg
Producteurs exécutifs : Leon Edery, Moshe Edery, Ygal Mograbi, Rami Yehoshua
Distribution : Pyramide Distribution
Récompenses : European Film Awards – Prix du Cinéma Européen 2016
Durée : 87 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 25 janvier 2017
Israël – 2017
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Gérardmer 2017 : Clap de fin avec les films Keeper of Darkness et Grave

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Après cinq jours de festival, il est temps de dire au revoir à la belle ville de Gérardmer pour cette année 2017. Mais avant de partir, encore deux films ont pu être visionnés, la sensation Grave et un film d’exorciste hongkongais.

[Compétition] Grave de Julia Ducournau (France, Belgique, 2016)

On ne dira jamais assez tout le bien que l’on peut penser de Grave, le premier film de Julia Ducournau. Véritable phénomène ayant déjà tout dévasté sur son passage au FEFFS et au PIFFF entre autres, le film se pose réellement comme le renouveau du film de genre en France. Prenant un thème plutôt commun aux teen movies, qui est l’éveil de soi et une découverte de son corps, Grave décide de traiter tout cela d’une façon originale et frontale avec l’angle du cannibalisme. La jeune Justine, archétype de la fille ingénue et encore innocente, se voit donc confronter à ses instincts les plus primaires après avoir ingurgité un rein de lapin lors d’un bizutage. Grave aura secoué les audiences, par son aspect particulièrement cru. Le traitement viscéral et charnel de la métamorphose de Justine est d’une forte intensité, et contraste avec l’atmosphère un peu plus légère que peut proposer le long-métrage à certains moments (notamment lors des interventions de Adrien, le colocataire). Grave est un film à la fois malin et possédant un caractère très borderline, sans jamais tomber dans le grotesque, le tout couplé à une certaine portée féministe. Garance Marillier et Ella Rumpf n’auraient pas pu être à la fois aussi semblables et aussi différentes, et leur alchimie fonctionne à la perfection. Il n’est donc pas étonnant de voir Grave, repartir des Vosges avec le Grand Prix (ainsi que le Prix de la Critique), tellement il a réussi à apporter une fraîcheur qui manquait cruellement au cinéma de genre français.

Réalisé par Julia Ducournau avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Naït Oufella Rabah, Laurent Lucas, Joanna Preiss. Sortie en salles le 15 mars 2017.

[Hors compétition] Keeper of Darkness de Nick Cheung (Hong-Kong, 2015)

Après de nombreuses productions anglophones, il est temps de finir le festival sur une œuvre asiatique et plus précisément venue de Hong-Kong. Keeper of Darkness est le deuxième film de Nick Cheung, qui campe également le personnage principal. Le synopsis peut très vite faire penser à la série américaine Ghost Whisperer, en effet Fatt est un exorciste particulier qui entre en contact avec les esprits et essaie de leurs faire oublier leurs douleurs et rancœurs. Bien évidemment, les esprits sont ici beaucoup plus colérique que dans la série de Jennifer Love Hewitt. Fatt va être confronter au fantôme d’un homme dont la famille a été brûlée vive et qui se met à assassiner tout les exorcistes du coin. Keeper of Darkness est un film qui porte la marque de fabrique du cinéma hong-kongais à bien des égards, que cela soit au niveau de ses effets spéciaux, de ce traitement du mysticisme ou encore dans sa direction d’acteurs. Cocktail d’action, d’humour et de romance, flirtant à de nombreux moments avec le kitsch, Keeper of Darkness est une petite sucrerie. Le film possède de nombreux défauts, mais cette imperfection lui apporte un certain charme. On a bien évidemment ces CGI pas tellement au point et qui témoigne du manque de moyen, et on aurait pu éviter cette avalanche de niaiserie dans ces dernières minutes. Le long-métrage de Nick Cheung reste tout de même une belle façon de terminer cette 24ème édition du Festival de Gérardmer.

Réalisé par Nick Cheung avec Nick Cheung, Amber Kuo, Louis Cheung, Sisley Choi. Date de sortie inconnue.

C’est donc sur ces deux films que la présence de Cineseries-mag au festival de Gérardmer touche à sa fin. Pour cette 24ème édition, la programmation a été globalement de bon niveau avec des films de genre très différents allant du film d’infectés, au film d’horreur oppressant en passant par une science-fiction intelligente. Le palmarès reflète plutôt bien les avis de la rédaction, entre Grave, vainqueur mérité du Grand Prix ou The Girl with all the gifts qui a réussi à obtenir le plébiscite du public. Gérardmer reste donc une très belle occasion de découverte avec des œuvres de tous horizons dont certaines n’obtiendront malheureusement pas la distribution méritée, mais c’est un peu ça la beauté de festivals comme celui-ci, cet aperçu de petites pépites inconnues.