Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D, Saison 2 : Critique

En attendant Thanos

Après une première saison bien en dessous de ses promesses, Agents of S.H.I.E.L.D revient pour une saison 2, prête à remettre le paquet pour faire oublier le score d’audience décevant de l’année dernière. Fini la structure « alien of the week » qui avait rendu la série soporifique et ennuyeuse, place à des intrigues multiples qui s’étalent sur plusieurs épisodes, avec de nouvelles têtes qui viennent s’ajouter aux anciennes et de nouveaux enjeux. On retrouve donc Phil Coulson à la direction d’un nouveau S.H.I.E.L.D qui préfère se la jouer discret suite aux événements de Captain America : le soldat de l’hiver, toujours accompagné de ses petits copains casse-cous. Mais malgré toute sa bonne volonté, Agents of S.H.I.E.L.D n’atteint toujours pas le niveau d’excellence que Marvel nous promet depuis deux ans.

Le principal défaut est finalement le même que pour la saison 1, sa longueur. 21 épisodes, avec un final de deux heures, pour une série qui se veut « feuilletonnante » (déployant une intrigue complexe sur une saison), c’est beaucoup trop long. Ainsi, cette nouvelle fournée est clairement divisée en deux parties qui auraient pu être deux saisons différentes. La première décrit la guerre entre le S.H.I.E.L.D et leurs ennemis jurés de l’Hydra, la seconde sert de tremplin aux inhumains, de nouveaux super-héros qui auront leur propre film d’ici 2019 (et dont il sera probablement fait allusion dans les autres films de la franchise). Si les deux axes sont alléchants, ils sont malheureusement traités séparément pour se conforter aux plans à long terme du producteur tout puissant Kevin Feige. L’Hydra est présente pour 12 épisodes et est éliminée en cinq minutes avant le twist de mi-saison qui fait repartir l’équipe vers de nouvelles aventures. Et forcément il en ressort une impression de déséquilibre. L’organisation criminelle qui avait enfin retrouvé son panache et son identité menaçante face à Captain America est à nouveau réduite au rang d’antagoniste bouche-trou. La facilité avec laquelle les héros se débarrassent de leurs ennemis laisse douter de l’intelligence des pontes de l’organisation, ainsi que de la nécessité de remplir une moitié de saison avec, s’ils n’étaient finalement pas le sujet principal de l’intrigue.

Le pivot de cette saison, ce sont donc ces fameux inhumains, des individus génétiquement modifiés par une race extra-terrestre possédant chacun un pouvoir en particulier. Une intrusion un peu rapide d’un pan complexe de la mythologie Marvel qui cache à peine ses ambitions. Le studio n’a pas les droits des X-Men (détenus par la FOX), donc les scénaristes comblent le vide avec ce qu’ils trouvent. Ceux qui cherchaient l’explication à la présence de deux mutants au casting d’Avengers : l’ére d’Ultron sans aucune mention de leurs origines (ils sont les enfants de Magnéto dans les comics) ont leur réponse. Pas de X-men chez Marvel mais des Inhumains. Balancés un peu à la truelle dans cet univers cinématographique déjà bien bancal, ces derniers s’opposent au S.H.I.E.L.D qui souhaite recenser les sur-hommes pour pouvoir les surveiller tandis qu’ils souhaitent vivre en paix loin de la population, dans un temple en Chine où ils apprennent à contrôler leurs capacités exceptionnelles. Certains y voient déjà les prémices de l’adaptation de l’arc Civil Wars (prévu pour Captain America 3), mais il est fort probable que les décideurs de Marvel studio se projettent encore plus loin dans l’avenir et lorgnent déjà sur l’autre cross-over massif des comics : Avengers vs X-men. Mais tant que cette histoire de droits n’est pas réglée, ils assurent leurs arrières avec ce qu’ils peuvent, en changeant çà et là quelques termes techniques (le manoir devient un temple, les origines sont un peu différentes…). Si la situation ne se débloque pas, on aurait probablement une phase 4 culminant sur un film Avengers vs Inhumains. Et c’est tout le soucis de cet arc narratif bourrin, il suffit de gratter un peu le verni des effets spéciaux et des intrigues alambiquées pour révéler les velléités publicitaires d’une série qui restera à tout jamais le mouton noir de cette saga clinquante.

Au-delà de ces considérations générales, cette saison souffre également de sa générosité malsaine. Le dernier arc narratif de l’année dernière qui accumulait de multiples rebondissements avait fait bonne impression sur le public et ça, les producteurs l’ont bien compris. Ainsi la série multiplie les twists et les fausses pistes jusqu’à l’indigestion. Untel trahit untel, mais finalement, non en fait, c’était l’autre, avant que l’on nous révèle que personne n’a trahi personne et que les méchants sont toujours les mêmes. Au milieu de tout ça, le seul vrai traître de la bande, Grant Ward, continue son petit bonhomme de chemin, fonctionnant un peu comme un électron libre, réapparaissant occasionnellement pour rappeler son existence. D’ailleurs Brett Dalton, probablement choisi pour sa belle gueule, se révèle finalement être le meilleur acteur de la bande. En attendant, Agents of S.H.I.E.L.D multiplie les sous-intrigues qui ne mènent à rien et déploie une galerie d’invités prestigieuses pour attirer le sériephile moyen, dont la prestation va du correct (Edward James Olmos, Lucy Lawless) à l’insupportable (Kyle Maclachlan en roue libre totale). Tout cela pour maintenir l’attention du spectateur jusqu’à un final grandiloquent qui conclu tout ça avec une belle morale américaine et un nouveau clin d’œil obscur que ne comprendront que les fans de comics qui sont restés jusqu’au bout.

Malheureusement les personnages restent désespérément fades et les intrigues déçoivent par leurs résolutions convenues. Malgré ses ambitions de série d’espionnage cool et high-tech, la série a oublié un aspect important de ce genre de productions : Le charme. Si Le Prisonnier, Doctor Who et autres Chapeau Melon & Bottes de cuirs étaient des gentlemans, Agents of S.H.I.E.L.D serait le beauf bling-bling qui tente d’épater la galerie en étalant sa maille avec fort peu d’élégance.

Synopsis: Ayant perdu une majeure partie des ses moyens logistiques et de ses agents suite à la révélation de son infiltration par le réseau terroriste Hydra, l’organisation mondiale du maintien de l’ordre, le SHIELD, a été dissoute et est considérée par l’opinion mondiale comme organisation terroriste. Pourtant l’agent Phil Coulson s’est vu confié la tâche par l’ex-directeur Fury de rebâtir le SHIELD. À partir d’une ancienne base secrète  et avec l’aide des agents restés fidèles à l’organisation, il tente de reconstruire l’agence et de stopper Hydra, qui devient de plus en plus puissante, et ce, tout en opérant en totale clandestinité…

Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D : bande-annonce

Fiche technique : Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D

Scénario : Jed Whedon et Maurissa Tancharoen
Distribution : Clrak Gregg, Ming-Na Wen, Brett Dalton, Chloe Bennet, Ian de Caestecker, Elizabeth Henstridge, Nick Blood, Adrianne Palicki…
Musique : Bear McCreary
Chaîne d’origine: ABC
Sociétés de production : Marvel Studio
Genre : Science-fiction, espionnage

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Vincent B.
Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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