Les Médicis : Maîtres de Florence en DVD et VOD le 1er février !

Créée par Frank Spotnitz et Nicholas Meyer, Les Médicis : Maîtres de Florence est une série historique qui fait s’entremêler de multiples intrigues romanesques plus sulfureuses et scandaleuses les unes que les autres, le tout au beau milieu d’un cadre somptueux. Dans la lignée des Tudors et des Borgias, le show plaira sans doute aux amateurs du genre.

Florence, XVème siècle. Giovanni de Médicis, père fondateur de la dynastie, décède dans de mystérieuses circonstances… Sa colossale fortune et la banque familiale reviennent à son fils aîné Cosimo qui a, depuis toujours, dû mettre ses ambitions artistiques de côté pour reprendre un jour le flambeau de l’entreprise. Mais dans cette période troublée, il va devoir déjouer les conspirations des représentants des grands pouvoirs et mener une lutte acharnée.

Une fresque historique un peu cheap

Diffusée sur la Rai en Italie et disponible dans l’offre SFR Play en France, cette coproduction anglo-italienne dont Wild Bunch prend en charge la distribution internationale s’impose comme une fresque historique et épique en demi-teinte. Agréable et parfois captivant, le show n’est toutefois pas à la hauteur de ses ambitions et manque de cachet. Preuve en est avec l’épisode pilote particulièrement peu réussi, qui pose les jalons d’une fiction inégale oscillant entre médiocrité et qualité. D’un côté, on peut rapidement être dérouté voire rebuté par le kitsch ambiant, les décors en carton-pâte, les couleurs criardes et les flashbacks appuyés qui rendent le tout assez lourd. De l’autre, on ne peut s’empêcher d’être séduit par l’ambiance mystérieuse, les interprètes convaincants, les beaux costumes, l’aspect artistique et culturel indéniable de la série, et le prestige des Médicis. Par conséquent, on a tout de même envie d’en découvrir davantage sur la destinée hors du commun de cette famille de banquiers florentins, mécènes incontestés auprès de nombreux artistes de la Renaissance, mais clan ô combien trouble à la réputation ternie par de nombreux scandales. Tous les ingrédients d’un bon divertissement historique -à la fois glamour, instructif et sulfureux- sont ici réunis : les scénaristes ne sont pas avares de péripéties. Meurtres, empoisonnements, rivalité fraternelle, complots politiques, corruption, exil, manigances en tous genres, trahisons et amours illicites sont au programme de cette série mouvementée. Pourtant, on aurait aimé davantage de relief, des petits plus qui nous accrochent sur la longueur, de la malice, de la finesse, mais aussi de la grâce et de la magnificence. Les Médicis : Maîtres de Florence manque d’éclat et reste terne, sans jamais parvenir à se hisser au rang des Tudors, Vikings, Borgias et autres récits historiques du même acabit qui, en dépit d’un certain manque de budget, réussissent à nous surprendre et nous happer autrement (force et charisme des héros, transgression des tabous, stratégies politiques retorses, sexe à tous les étages et sombres secrets d’alcôve).

Un divertissement qui reste honnête

Les Médicis : Maîtres de Florence demeure un divertissement honnête qui arrive, sur la longueur, à faire oublier ses faiblesses. Les faux décors en arrière plan finissent par échapper à notre attention, tout comme la facilité scénaristique de la série parfois prévisible et paresseuse. Malgré tout, on se plait à évoluer dans une époque révolue dont le faste rejaillit sous nos yeux, et on se prend au jeu, comme lorsque la peste noire décime le peuple de Florence dans l’épisode 3, ou que Cosimo se fait empoisonner par son ennemi à la veille de son jugement dans l’épisode 4. Sans être innovants, ces segments narratifs ont le mérite de remplir le cahier des charges et nous apportent efficacement leur lot de suspense et de twists. On apprécie de voir des alliances et des mésalliances se former sur ce grand échiquier politique qu’était l’Italie du Quattrocento et du Cinquecento, les amours se lier et se délier en dépit des interdits et des conventions sociales, et ainsi de suite. Par ailleurs, on peut noter que la présence (un peu trop) furtive de Dustin Hoffman à l’écran se justifie par un « whodunnit » sympathique, aspect de l’intrigue à la fois ludique et haletant qui maintient notre curiosité : qui a tué Giovanni ? Cette question, fil rouge de toute la saison, ne trouvera de réponse qu’à la fin du dernier épisode, subterfuge qui permet aux scénaristes de s’assurer la fidélité des spectateurs jusqu’au bout. Pour résumer, les fans du genre ne pourront qu’adhérer à cette nouvelle série historique qui, sans être révolutionnaire ni excellente, nous fait passer un bon moment et a le mérite de lever le voile sur un des plus grands noms de la Renaissance florentine. Ce sous-Borgia, petit plaisir coupable que l’on regarde par automatisme mais qui n’est pas déplaisant, offre pour les curieux un bonus making-of qui nous fait plonger dans les arcanes du tournage.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 1.77, 16/9ème compatible 4/3

Format son : Français DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0, Anglais Dolby Digital 5.1

Durée : 8 épisodes de 54 min. environ

 Prix public indicatif : 29,99 € le coffret 3 DVD

Compléments :

Les secrets de la série : making-of de la série (42’)

Les Médicis : Bande-Annonce (VF)

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Fjord : La Grande Fureur des bien-pensants

"Fjord", Palme d'or 2026 de Christian Mungiu, suit une famille roumano-norvégienne accusée par les services sociaux d'un pays scandinave, entre conservatisme religieux et progressisme libéral. Un film ambigu et intelligent, mais un peu trop scolaire et démonstratif, qui questionne nos préjugés.

« Insidious : l’invasion du Lointain » ne réveillera pas notre intérêt pour la saga…

Entre un scénario prévisible, des incohérences avec le canon établi et des excursions dans le Lointain sans ambition visuelle, ce sixième épisode déçoit malgré quelques bonnes idées.

Mutiny : castagne en haute mer

Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.

Sanjuro (1962), d’Akira Kurosawa : « Le meilleur sabre est celui qui reste dans son fourreau »

Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.

Wake in Fright : les sirènes de la Yabba

"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
Marushka Odabackian
Marushka Odabackianhttps://www.lemagducine.fr/
Cinéphile depuis ma naissance, j'ai vu mon premier film dans les salles obscures à 2 ans, puis je suis tombée en amour devant "Forrest Gump" à 4 ans, avant d'avoir le coup de foudre pour Leo dans "Titanic" à 8 ans... Depuis, plus rien ne m'arrête. Fan absolue des acteurs, je les place au-dessus de tout, mais j'aime aussi le Septième Art pour tout ce qu'il nous offre de sublime : les paysages, les musiques, les émotions, les histoires, les ambiances, le rythme. Admiratrice invétérée de Dolan, Nolan, Kurzel, Jarmusch et Refn, j'adore découvrir le cinéma de tous les pays, ça me fait voyager. Collectionneuse compulsive, je garde précieusement tous mes tickets de ciné, j'ai presque 650 DVD, je nourris une obsession pour les T-Shirts de geeks, j'engrange les posters à ne plus savoir qu'en faire et j'ai même des citations de films gravées dans la peau. Plus moderne que classique dans mes références, j'ai parfois des avis douteux voire totalement fumeux, mais j'assume complètement. Enfin, je suis une puriste de la VO uniquement.

A Prairie Home Companion (2006), de Robert Altman : adieu d’un maître, élégie du Midwest

Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.

Fureur apache (1972), de Robert Aldrich : le cimetière des mythes

Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…

La trilogie du « Docteur Mabuse » de Fritz Lang : quarante ans d’une saga criminelle allemande

Réunis dans un magnifique coffret, les trois films que l’immense Fritz Lang a consacrés au génie du crime permettent de réaliser à quel point ils furent le reflet de leurs époques troublées respectives. Car ces œuvres ne sont pas seulement des films noirs paranoïaques qui inspireront une multitude de cinéastes – jusqu’à aujourd’hui. Ils traduisent l’idée que le chaos génère le mal et que, s’il adopte bien des visages, le mal n’en demeure pas moins intemporel.