Une 70ème Palme d’Or verra le jour dimanche à l’issu de la 70ème édition du Festival de Cannes. Le point commun de tous les films primés jusqu’ici : un générique, qu’il soit d’ouverture ou de fin (ou les deux pour certains) et surtout une musique.
Souvent décriée par les spectateurs car trop jugée trop arty, intello voire élitiste, la palme d’or a quand même pour elle d’être la récompense des récompenses quand on parle de cinéma. Saint Graal des réalisateurs loin devant les Oscars et autres Césars ou Ours d’or, la récompense du festival de Cannes fait toujours rêver. Qu’en est-il alors des musiques des génériques des Palmes d’Or. Réponse en quelques titres phares choisis parmi les 69 films primés avant de connaître le nom de la 70ème palme d’or.
Taxi Driver (1976)
Mélancolique le générique jazzy de Bernard Hermann précède la désormais célèbre diatribe de De Niro dans la peau d’un homme à bout, en colère contre la crasse des rues, la noirceur des hommes et l’injustice. Un titre morose et sombre ou le saxo qui domine marque les esprits et continue de raisonner bien longtemps après le visionnage de ce chef d’œuvre de Martin Scorsese âpre, inégalé et incontournable.
Apocalypse Now (1979)
En plaçant The End du groupe mythique The Doors en début de film, Coppola prépare à l’apocalypse. La guerre dans toute sa rage et sa folie font mouche sur l’écran, de même qu’un Brando crépusculaire dans un final barré en diable. Arrivant après le bruit des rotors des hélicoptères, jamais la voix de Morrison ou les compositions de ces trois acolytes n’auront une meilleure place.
Paris Texas (1984)
Sous le soleil du désert texan, Wim Wenders ouvre son film par une guitare slide signée Ry Cooder. Désenchantée sans être déprimante, les accords glissent jusqu’au générique imprimée en capitales rouge sur les images d’un Harry Dean Stanton évoluant paumé dans les étendues arides. Une histoire d’amour triste et bizarre à la bande son bluesy.
Pulp fiction (1994)
Tarantino avait créé l’évènement avec Reservoir dogs en 1991, sortant de nulle part (où plutôt des salles obscures d’un vidéo-club de Los Angeles) et bousculant les codes du film noir sur fond de musique pop-rock. En 1994, il fait un doigt d’honneur en recevant la Palme d’Or des mains du géant Eastwood (alors président du jury) à une furie snobinarde énervée de voir le nouvel enfant terrible du ciné indépendant US recevoir le Saint Graal. Comme pour son précédent film, Pulp fiction rend hommage au film de gangsters en y injectant plus d’humour, le tout arrosé d’une bande son aux relents des 50’s et 60’s. Tarantino mixe son générique comme les vignettes pulps qui se croisent et s’entrecroisent sur l’écran dans un ballet sanglant, cinglé et surtout hilarant. Au double picking cinglé de Misirlou version Beach Boys (chanson populaire grecque dont l’auteur ou les auteurs originaux restent flous), vient se coller abruptement l’ultra cool et funky Jungle Boogie de Kool and the Gang. L’histoire allait propulser son réalisateur sur orbite.
In the mood for Love (2000)
Shigeru Umebayashi compose un thème d’une beauté et d’une morosité qui rend hommage à la densité du film de Wong Kar-Wai qu’il ouvre. Toutes les fragrances de l’amour sont contenues dans ce violon, tour à tour lent ou sautillant, qui ne se départit jamais de son intensité quand, en parallèle, le mouvement répétitif des autres instruments imite un cœur qui bât. La palme d’or du cœur en matière de musique originale.
Le pianiste (2002)
A l’heure où Roman Polanski est interdit de présidence du jury pour une sombre histoire, dont on ne resservira pas le couvert ici, revenons plutôt à sa palme d’or. La musique de Chopin ouvre et clôture ce film qui relate l’histoire d’un musicien juif (superbe Adrian Brody) caché par des résistants qui survivra à la guerre alors que sa famille sera déportée. Mêlé aux bruits des bombes, le piano, joué par l’acteur, ouvre un film puissant s’inscrivant dans la droite ligne des grandes œuvres telles que La liste de Schindler (Steven Spielberg).
Dheepan (2015)
Parfois le poids des images se suffit à lui-même. C’est sans musique que s’ouvre le film de Jacques Audiard. Pourquoi diable, le citer parmi les musiques de génériques des Palmes d’or ? Pour rappeler que la musique doit être utilisée à bon escient, qu’elle ne doit pas être là pour combler un vide mais pour appuyer une idée, un thème ou une atmosphère et aussi pour saluer le travail de Nicolas Jaar qui, s’il n’ouvre pas le meilleur film de son réalisateur, vient ponctuellement en renforcer la puissance.
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aspects. C’est formidable les histoires ! C’est la nourriture de l’âme et une vraie nécessité dans notre monde… Donc une priorité viscérale pour moi !





Au-delà de son caractère croustillant et de son histoire de la naissance des tabloïds, le documentaire de Clara et Julia Kuperberg vient de nouveau apporter un éclairage bienvenu sur le cinéma comme industrie, sur la puissance des studios et l’éternelle machine à stars que le cinéma représente aussi. A l’heure où


end le contre-pied du genre hollywoodien. En revanche, les frissons et l’angoisse sont au rendez-vous puisque le spectateur finit par être au supplice, emmuré six pieds sous terre avec le personnage, et on suffoque, et on compte ce qu’il reste en sa possession pour se raccrocher au monde extérieur tandis que ses chances de s’en sortir s’amenuisent. Un fort suspense et une grande tension dramatique se dégagent du film, grâce à des éléments pourtant anodins : la jauge de batterie d’un téléphone, une radio, deux bouteilles d’eau, un morceau de gâteau et une poignée de croquettes pour chien. Ce minimalisme radical, qui évite aussi les effets d’emphase et les moments de tragédie larmoyante, rendent Tunnel assez implacable dans son mécanisme narratif. On notera à titre anecdotique la présence d’un carlin, hérité d’une autre victime de l’éboulement qui n’a pas survécu : l’idée d’appliquer les codes du survival à un chien fonctionne étonnement et fait naître en nous une certaine tendresse envers l’animal.
euses et révoltantes qui dressent un constat peu flatteur pour la Corée du Sud. Mais plutôt que d’adopter un ton grave, moralisateur ou engagé, le cinéaste désamorce l’importance de ce qu’il dénonce avec un humour permanent. A la fois très farcesque dans les situations qu’il dépeint et dans le jeu de ses acteurs, mais aussi très noir dans certaines de ses répliques, Tunnel mélange le drame à la satire sociale pour en réalité montrer comment les rouages politiques, administratifs et économiques de toute une nation peuvent s’avérer criminels. Cet aspect peu parfois s’avérer déroutant car on quitte la détresse du héros pour rire d’un gag idiot ou se moquer des personnages secondaires, oubliant presque le drame qui se joue sous terre, ce qui nous pousse à nous interroger sur notre degré de compassion et d’implication : comment peut-on s’amuser pendant qu’un homme agonise sous nos pieds ? C’est là tout le paradoxe et la complexité de la nature humaine et c’est ce que cherche à dévoiler le réalisateur, en nous mettant en face de nous-mêmes. Les choix et les décisions qui incombent à chacun deviennent alors cruciaux et s’imposent comme des miroirs qui reflètent toutes les sociétés, toutes les cultures et tous les gens. En prenant des héros ordinaires, en mettant en scène des messieurs et mesdames tout-le-monde, Tunnel nous pousse dans nos retranchements et nous pose en acteurs : et nous, qu’aurions-nous fait ?


1/ M Le Maudit (Fritz Lang, 1931) : Fritz Lang a certes réalisé plusieurs films qui ont su esquisser sa superbe carrière, il reste toutefois convaincu que son plus beau chef d’œuvre réside en M le maudit. Un film policier, criminel et noir qui vient se dresser parmi les incontournables classiques du cinéma et qui vient surtout dénoncer la nature et le comportement humain. Pourquoi tuer une jeune fille innocente ? Qui est le Mörder ? Qui pour lui rendre justice ? Quelle justice ? M le Maudit est le premier film parlant de Lang et ce dernier a fait de ses dialogues et de ses sons un usage méticuleux afin de créer une ambiance oppressante, angoissante et dérangeante. On note le multiple usage du célèbre ‘In the hall of the mountain king’ siffloté par le tueur. Un grand classique, pièce maitresse du cinéma, à consommer sans modération.
2/ Freaks (Tod Browning, 1932) :
3/ Les temps modernes (Charles Chaplin, 1936) : Pionniers du cinéma muet, les chefs d’œuvres de Charlie Chaplin resteront universels. Il est d’ailleurs évident que, des années après, nous ressentons encore vivement la critique et l’engagement de ses films, toujours valables aujourd’hui. Les temps modernes dénonce le modernisme et l’industrialisation du travail à la chaîne. Le personnage de Charlot enchaîne les gags et nous fait rire du début à la fin, grâce à un comique de situation toujours important dans le cinéma muet. C’est aussi le premier film dans lequel on entend la voix de l’acteur lorsqu’il chante. Chaplin est définitivement un des plus grands artistes que le cinéma ait connu : il sait mêler mélancolie, lyrisme, comique tout en critiquant clairement la société. Il a toujours aimé l’humain, et il faudrait être difficile pour ne pas admirer Chaplin.
4/ King Kong (Ernest B. Schoedsack, Merian C. Cooper, 1933): Le film peut être rapproché avec Le monde perdu, film de 1925 réalisé par Harry O. Hoyt dont il est une continuation du travail sur les effets spéciaux. En effet, on retrouve sur les deux films la même équipe qui s’occupe des effets spéciaux avec à sa tête Willis O’Brien. Il va développer à travers ces films des techniques comme la transparence ou l’animation stop motion. Mais là où Le monde perdu est une adaptation du roman d’Arthur Conan Doyle, King Kong est une œuvre originale écrite pour le cinéma. C’est une version moderne du conte de La belle et la bête. Le film propose également une véritable mise en abîme du cinéma et surtout un personnage majeur pour l’Histoire du cinéma qui connaîtra énormément de succès et qui perdurera jusqu’à aujourd’hui.
5/ Frankenstein (James Whale, 1932): « Il est vivant ! Il est vivant ! » cette réplique de Frankenstein est désormais l’une des plus cultes de l’histoire du cinéma. Adapté de l’œuvre de Mary Shelley, le film de James Whale introduit le monstre le plus iconique du 7ème art. La créature déambule à travers le long-métrage comme une figure discrète et inadaptée au monde qui l’entoure. Le docteur Frankenstein est au courant de la terreur qu’il est en train de créer tout comme James Whale est conscient du monument culturel qu’il est en train d’enfanter. Le long-métrage manie avec anticipation la création du monstre pour ensuite maîtriser son suspense autour du potentiel ravage que le monstre pourrait causer. A le revoir aujourd’hui, on peut se demander en quoi le monstre a pu terrifier son audience à l’époque. Néanmoins, on ne peut que souligner l’atmosphère gothique et angoissante maîtrisée par James Whale, qui inspirera le cinéma pendant plus de 80 ans.
5/ ex-aequo/ Scarface (Howard Hawks, 1932) : Avec Le Petit César et Public Enemy, Scarface est l’un des films de gangster les plus emblématiques des années 30. L’oeuvre étant sortie avant que le code de censure ne soit mis en place, la violence y est montrée frontalement et l’érotisme est à peine voilé. Tony Camonte est bestial, pervers et impulsif, un Tommy DeVito (
Premier film de son réalisateur Jordan Peele, qui officie plutôt sur Comedy Central dans un duo hilarant Key & Peele, Get Out n’a pourtant rien de drôle, ou pas que. C’est l’histoire de Chris (Daniel Kaluuya), un jeune photographe noir qui part en week-end dans sa belle-famille Wasp pour la première fois. Après un préambule mystérieux et déjà inquiétant, le film démarre (un peu) comme tous ces teenage movies dont l’Amérique a le secret de fabrication. Chris et sa petite amie Rose (Allison Williams) sont riches et beaux, s’aiment d’amour tendre, traversent une forêt dans une nuit noire pour s’enfoncer dans ce qui aurait pu être un cliché de cabane dans les bois de film d’horreur.
Le réalisateur combine donc cette sorte d’étude du racisme ordinaire et larvé avec les codes d’un vrai film de genre qui instaure le malaise à tous les plans, un malaise glaçant à la Rosemary’s Baby (Roman Polanski – 1968), avec des personnages très inquiétants dans leur normalité même. Ainsi, Missy la mère, une psy qui n’hésite pas à faire une séance sauvage d’hypnose et très éprouvante sur Chris pour le faire arrêter de fumer, ainsi les domestiques au comportement étrange et robotique et qui semblent sortis d’un ancien temps, ou encore les amis de la famille qui scrutent le jeune homme devenant de plus en plus paranoïaque, de plus en plus persuadé qu’une énormité en rapport avec lui se cache derrière la façade lisse de son entourage de ce funeste week-end.
au contraire, et le personnage de Rod, un drôle d’employé de TSA (« TS – f*ing A ») en est l’étendard.

Car dans toute cette ode à la Nature, quelques points noirs récurrents de sa filmographie persistent. Si les films de Ron Fricke se démarquent par leur assumé silence, Terrence Malick laisse toujours une voix-off guider le spectateur dans cet océan de mysticisme. Ici, la narration est commentée par la voix angélique de Cate Blanchett, qui s’adresse vraisemblablement au divin, l’interrogeant sur la matière même de ce qui nous entoure. C’est d’ailleurs ce qui alourdit le plus cette succession d’images épiques où le texte lyrique se trouve à la frontière entre la poésie méditative et la lourdeur d’un discours pompeux pro-catholique. On restera également perplexe devant l’arrivée des humains dont l’aspect fiction (et kitsch) se fait malheureusement bien trop ressentir face à la subtilité réaliste de ce qui avait été capté jusque-là. Et si la séquence des dinosaures de The Tree of Life vous avait déconcertée, celles de Voyage of Time vous feront le même effet tant les reconstitutions en CGI donnent le sentiment d’un passage obligé mais mal abordé. Au fond, c’est aussi ça Terrence Malick, un jongleur entre l’inouï et l’ennui.