Après This is Orson Welles, Et Hollywood créa la femme, les sœurs Kuperberg reviennent nous compter une petite histoire du cinéma Hollywoodien avec leur dernier documentaire diffusé sur OCS Géants, Hollywood Gossip, les commères d’Hollywood.
Quand on les avait rencontrées en 2015 à Cannes, les sœurs Kuperberg (Clara et Julia) y présentaient un documentaire sur Orson Welles.Dans leur dernier documentaire, le réalisateur réapparaît, mais aurait pu ne jamais entrer dans la légende si l’entreprise de lynchage de son film, Citizen Kane, par Louella Parsons avait abouti à l’oubli du chef d’œuvre. Le documentaire ne s’intéresse pas de nouveau à Wells, mais justement à Louella Parsons, l’une des deux « commères » d’Hollywood présenté dans le film Hollywood Gossip. Les commères d’Hollywood. La seconde commère, plus vindicative et politisée, est Hedda Hopper (actrice à l’origine, qui d’ailleurs apparaît dans son propre rôle dans le célèbre Sunset Boulevard). Les deux opposées écrivaient tout ce qui a pu se raconter de potins entre 1930 et 1960 avant d’être supplantées par le magazine Confidential, lui même très vite dépassé par la presse à scandale telle qu’on la connaît aujourd’hui et qui dépasse très clairement le petit monde du cinéma et de ses stars internationales (qui ne sont d’ailleurs plus seulement fabriquées par les studios).
Véritables monstres du silence (qui pouvait faire plus de mal que le commérage) et du commérage, les deux femmes, dont l’une fut créée de toutes pièces pour surpasser l’autre avant d’échapper à son créateur même, avaient le pouvoir d’encenser ou de détruire une carrière cinématographique. Au temps de la bonne morale et du désir du public d’en savoir plus sur des acteurs autrefois peu mis en avant (on apprend en effet qu’au début du 20e siècle, les noms des acteurs n’apparaissent pas au générique), Louella et Hedda furent à la tête d’un empire, qui se compte en millions, fait de petits secrets et de révélations en tout genre. Hedda allait plus loin que Louella (notamment au moment de la lutte contre le communisme avec McCarthy), qui faisait figure de « tante » ou de « grand-mère » tout en effrayant tout le gratin du cinéma hollywoodien.
Au-delà de son caractère croustillant et de son histoire de la naissance des tabloïds, le documentaire de Clara et Julia Kuperberg vient de nouveau apporter un éclairage bienvenu sur le cinéma comme industrie, sur la puissance des studios et l’éternelle machine à stars que le cinéma représente aussi. A l’heure où les salles se battent contre Netflix pour redonner du pouvoir à la diffusion des films dans les cinéma et non pas seulement en VOD, le documentaire nous rappelle aussi que le cinéma est une immense machine à rêves et à scandales et que les plus beaux films comme ceux de Chaplin ou comme Citizen Kane sont capables de traverser le temps, plus longtemps qu’une photo en Une de « Closer » ou sur « TMZ », où une rumeur en balaie une autre. Ils captent quelque chose de plus profond, de plus beau et de plus intense, que nul petit potin ne serait éclabousser. Bien documenté et toujours agréablement illustré, le film des sœurs Kuperberg met de nouveau en lumière deux femmes, peut-être sous un jour moins flatteur que dans leurs précédents opus, mais pour mieux éclairer notre cinéma actuel et le monde dans lequel nous vivons. A voir sur OCS Géants le 7 mai à 1945 (et rediffusé par la suite le 20 mai à1 6h45 et le 30 mai à 13h00).
Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !
"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz.
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.
Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.
Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.
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