Dans la lignée de son Knight of Cups, Malick signe une envolée lyrique touchante avec ce Song to Song qui se montre par moments fulgurant mais qui n’évite pas l’écueil de la répétition. Un exercice toujours aussi appliqué mais un peu vain.
Synopsis : Une histoire d’amour moderne, sur la scène musicale d’Austin au Texas. Deux couples – d’un côté Faye et le chanteur BV, et de l’autre un magnat de l’industrie musicale et une serveuse – voient leurs destins et leurs amours se mêler, alors que chacun cherche le succès dans cet univers rock’n’roll fait de séduction et de trahison.
Weightless
Alors qu’il avait déjà pas mal fait parlé de lui cette année avec son documentaire Voyage of Time, qui a suffisamment marché au point d’en multiplier les « séances uniques », Terrence Malick ne s’arrête pas là et propose déjà un nouveau film, plus proche de la tradition de son cinéma. Lui qui à une époque était le cinéaste le plus discret de tous les temps – l’écart entre son deuxième et troisième film était même de 20 ans – et en passe de devenir un des plus prolifiques de ces dernières années. Avec ce Song to Song, où il réunit encore un casting dantesque, il continue dans la lignée de son précédent film de « fiction », Knight of Cups. Mais au lieu de se concentrer sur la solitude de l’Homme moderne prisonnier de ses propres démons, il esquisse les déboires amoureux de 4 individus qui se mêlent et se démêlent dans l’espoir de trouver ce qui comblera le vide de leurs existences.
Encore une fois chez Malick, la forme embrasse le fond. L’osmose est toujours aussi parfaite avec l’utilisation du grand angle qui permet de totalement s’ancrer dans cet univers de sensation et de poésie. La photographie d’Emmanuel Lubezki fait des merveilles avec ce très joli travail sur les cadres et le clair-obscur qui parvient souvent à créer des visions sans pareilles. Mais c’est aussi par le montage que Song to Song arrive à impressionner notamment dans cette manière si particulière que le film a de brouiller la linéarité mais de parvenir à être très clair dans sa temporalité. Un travail d’équilibriste qui jongle avec fluidité avec les différents points de vue des personnages mais aussi les barrières du temps. C’est avec cette recherche de l’expérience de vie que Malick touche au génie, car il arrive avec beaucoup d’humanité à retranscrire des moments pourtant indescriptibles et difficiles à capter. Surtout que le film évolue dans un univers moins élitiste que celui de Knight of Cups par exemple, et permet à Malick de reconnecter avec une certaine forme de concret et se rapprocher ainsi de son spectateur. Cependant, c’est dans l’utilisation de l’ambiance sonore que le cinéaste déçoit ici. L’utilisation de la musique est relativement quelconque, ce qui est dommage pour un film qui se passe dans ce monde-là, Malick aurait aisément pu pousser le délire plus loin. Il faut aussi reconnaître que sa mise en scène commence un peu à stagner, malgré de très bonnes idées durant la première heure de film notamment dans sa manière de mettre en image de façon très symbolique le triangle amoureux formé par son trio principal où ces derniers se désynchronisent petit à petit les uns des autres, il réutilise des partitions déjà vues dans ses précédentes œuvres. Il gagne un peu en émotion mais perd en pertinence.
Avec Knight of Cups, il était arrivé au bout d’une logique où il laissait tomber toute forme de narration pour l’expérimentation pure, c’est ce qui rendait le film si percutant dans sa démarche. Il était évident qu’après ça, le cinéaste aurait besoin de se renouveler. Et même s’il apporte des choses intéressantes dans Song to Song, notamment avec un retour aux sources dans le dernier acte qui renverrait presque aux prémices de sa carrière, il manque cruellement de subtilité dans ce qu’il essaie de raconter. Rajoutant un peu de narration dans son processus créatif il tente de faire exister quatre portraits croisés mais aucun n’est aussi captivant ou novateur qu’il le pense. Le personnage de Ryan Gosling est le personnage malickéen typique dans son problème face à la figure paternelle et qui est en quête d’un idéal. L’acteur se montre toujours aussi formidable quand il s’agit de susciter l’émotion mais le parcours de son personnage n’est pas des plus surprenants. Celui de Michael Fassbender se montrera plus complexe et plus trouble servi en plus par l’excellent cabotinage et le charisme de son interprète. Le film arrive avec beaucoup de finesse à dépeindre le trouble qui régit son existence même si on regrettera que cela soit un peu délaissé lors du dernier acte. Mais ici le cinéaste s’intéresse plus à ses personnages féminins, surtout celui de Rooney Mara que Malick filme avec une attention non dissimulée. Elle excelle par sa justesse mais Malick en fait trop un moteur de son récit plus qu’un de ses occupants. Elle n’est pas aidée, par une voix-off toujours aussi appuyée et omniprésente. Elle incarne cette quête perpétuelle de vie, de la moindre expérience pour se sentir vivant et tombera dans une pose un peu trop froide, où l’on aura finalement du mal à s’investir en elle. La tragédie autour de Natalie Portman, ici poignante, aura des développements plus passionnants mais Malick ne cherche jamais à approfondir le drame. Elle est typiquement celle qui se voit consumer par la vie et elle souligne quelque chose de très nouveau dans le cinéma de Malick. Mais par crainte celui-ci semble ne jamais vraiment s’y investir et survole son portrait de manière très maladroite.
Song to Song s’apparente à une œuvre relativement mineure dans la filmographie de Terrence Malick. Le cinéaste à beaucoup plus de mal à se renouveler ici et fait même un pas en arrière plaçant son cinéma dans une position de stagnation. Il brasse les mêmes thématiques mais sans leur porter un regard nouveau. Le film finit même par être trop long et assez maladroit dans son manque de subtilité ou encore sa façon très détachée de gérer la tragédie. Malgré tout, Song to Song bénéficie de belles fulgurances lors de son premier et dernier acte. Que ce soit visuellement où le duo Malick-Lubezki démontre encore une fois toute la virtuosité de leur union mais aussi sur l’émotion où grâce à un casting étincelant, mieux servi et moins froid que d’ordinaire, il arrive à créer des moments particulièrement humains et touchants. Encore une fois le cinéaste signe une ballade poétique et sauvage qui fascine mais montre ses limites dans un spectacle toujours aussi beau mais finalement un peu vain.
Song to Song : Bande annonce
https://www.youtube.com/watch?v=CybRO7XZbkM
Song to Song : Fiche technique
Réalisation et scénario : Terrence Malick
Interprétation : Rooney Mara (Faye), Ryan Gosling (BV), Michael Fassbender (Cook), Natalie Portman (Rhonda), Cate Blanchett (Amanda), Bérénice Marlohe (Zoey),…
Image : Emmanuel Lubezki
Montage : Brian Berdan, A.J. Edwards et Keith Fraase
Décors : Jack Fisk
Costume : Jacqueline West
Producteur : Nicolas Gonda, Sarah Green et Ken Kao
Société de production : Buckeye Pictures et FilmNation Entertainment
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Durée : 129 minutes
Genre : Drame, expérimental, romance
Date de sortie : 12 juillet 2017
États-Unis – 2017
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Dès le premier plan, un ralenti sur un groupe de jeunes basketteuses en fleurs, tout de suite contrasté par des regards malsains qui observent : on sent que Ben Young a voulu bien faire, bien construire son film, celui d’un enfermement psychologique total. Les plans rapprochés sur les visages ou au contraire en longue focale pour donner l’impression de voir les êtres en train d’agir, comme dans un documentaire, à distance, contribuent à l’ambiance pesante de Love Hunters. Le montage construit également un suspens constant, donnant à suivre des scènes très tendues, suivies de moments plus calmes. Alors que Vicky est enfermée, le réalisateur donne à plusieurs reprises l’impression qu’elle va sortir, s’échapper, mais ces espoirs sont chaque fois dépréciatifs pour le spectateur maintenu dans une pression permanente. Le rythme du montage s’accélère alors, et on finit par ne même plus savoir depuis combien de temps Vicky est enfermée et quel sera finalement son sort, même s’il semble prévisible.
L’enjeu du film pour Ben Young est d’être dans la tête d’un tueur ou plutôt d’un couple de tueurs en série. Loin de la comédie romantique, cette histoire « d’amour », de dépendance et de destruction fait froid dans le dos. Ben Young a en effet choisi de suivre un couple de tueurs dont la femme agit pour assister son mari, espérant de lui des marques d’affection. Mais le cinéaste brouille aussi les pistes en multipliant les intrigues secondaires : le divorce des parents de la jeune Vicky séquestrée, le désir d’enfants d’Evelyne, la tueuse et la perversion de Bill, sujet central du film, passe au deuxième plan. Finalement, le film a du mal à s’assumer et se poser pour se focaliser sur Evelyne, qui semble pourtant, aux dires du réalisateur fasciné par les tueuses, être son sujet. La BO le suggère également, puisqu’elle vient souligner la détresse psychologique d’Evelyne, son incapacité à faire des choix par elle-même. A côté de ça, Vicky a moins d’importance, sauf dans sa capacité à faire vaciller Evelyne. Mais on regrettera le côté un peu naïf et trop innocent qui entoure la vie de Vicky. Comme si le réalisateur avait voulu à tout prix trouver un personnage avec lequel être en empathie, pour ne pas mettre le spectateur trop mal à l’aise. Alors que le type de film qu’il a choisi de réaliser est typiquement un opus qui est censé faire détourner les yeux de l’écran… Pourtant, Ben Young joue sur les hors champs pour suggérer la violence plus qu’il ne la montre et parvient ainsi à jouer avec nos nerfs et notre imagination. C’est là que réside la vraie réussite esthétique du film car, à côté de cela, la multiplication des ralentis est un peu maniériste et montre que Ben Young cherche encore sa pâte. Le film reste glauque mais sans véritable but et il a tendance à trop vouloir plaire au spectateur pour aller jusqu’au bout de son projet de suivre des tueurs en série violents et sans autre limite que leur amour autodestructeur.


Depuis les débuts de Unbreakable Kimmy Schmidt, on retient avant tout l’ami excentrique et terriblement drama queen de l’héroïne, Titus Andromedon, incarné par l’épatant Titus Burgess (qu’on avait découvert dans 30 Rock le temps de quelques épisodes). Son personnage a beau être une énorme caricature de l’ami gay noir roi de la punchline, il y a toujours derrière une bienveillance à son égard : on ne se moque pas ou on ne rigole pas à cause de son identité sociale, sexuelle et culturelle, on rit pour ses réactions disproportionnées par rapport à la réalité. Et ça, c’est un aspect que peu de séries et même films prennent en compte. D’autant que Tina Fey joue avec ces clichés autour des minorités pour en tirer un personnage plus profond qu’il en a l’air (et c’était déjà le cas dans 30 Rock). Titus a peur d’échouer aussi bien sur le plan amoureux que professionnel. Lui aussi est un personnage fort et c’est certainement ce qui explique sa connexion avec Kimmy.

Roschdy Zem, qui connaît bien le réalisateur, est aussi bon que sa collègue. À la fois compréhensif, doux et directif, son grade de capitaine lui colle à la peau. Les deux personnages principaux sont tous deux entourés d’une équipe masculine toute aussi juste.
Quand on pensait que tout aller s’arranger avec la fin de A.L.I.E, les choses vont de plus en plus mal entre Skaikru et les autres clans qui les jugent responsables des dommages causés par l’intelligence artificielle. Cette saison 4 de The 100 va donc suivre un chemin semblable à la précédente. On va dans sa première partie se retrouver de nouveau à suivre ces guerres de clan, notamment entre Azgeda, mené par le charismatique Roan, et Skaikru. C’était déjà un peu le défaut de la saison précédente, ces conflits sans fin où chaque tentative de paix se retrouve compromise par un petit détail qui relance la machine. Cela permettait à la série de ménager un certain sens du rebondissement tout en meublant un peu les 16 épisodes de la saison. Ici, on a une saison plus courte de 3 épisodes, mais les travers des scénaristes resurgissent quand même, du moins dans la première partie de The 100 saison 4.
Clarke ne sera pas la seule mise en avant, Octavia aura un rôle particulièrement important également. Devenue une véritable Grounder, Octavia s’impose dans cette saison comme une nouvelle Lexa, un personnage badass mais très juste dans ses choix. Le meilleur épisode de la saison mettra Octavia dans une situation des plus délicates elle aussi. L’épisode du conclave est une sorte de

du film et permet d’apporter des précisions quant à la chronologie (qui s’étale sur dix ans). C’est une façon de pénétrer dans la conscience du personnage principal, d’y découvrir ses ressentis, ses sentiments et ses émotions vis-à-vis de la situation.







