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Song to Song, un film de Terrence Malick : Critique

Dans la lignée de son Knight of Cups, Malick signe une envolée lyrique touchante avec ce Song to Song qui se montre par moments fulgurant mais qui n’évite pas l’écueil de la répétition. Un exercice toujours aussi appliqué mais un peu vain.

Synopsis : Une histoire d’amour moderne, sur la scène musicale d’Austin au Texas. Deux couples – d’un côté Faye et le chanteur BV, et de l’autre un magnat de l’industrie musicale et une serveuse – voient leurs destins et leurs amours se mêler, alors que chacun cherche le succès dans cet univers rock’n’roll fait de séduction et de trahison.

Weightless

Alors qu’il avait déjà pas mal fait parlé de lui cette année avec son documentaire Voyage of Time, qui a suffisamment marché au point d’en multiplier les « séances uniques », Terrence Malick ne s’arrête pas là et propose déjà un nouveau film, plus proche de la tradition de son cinéma. Lui qui à une époque était le cinéaste le plus discret de tous les temps – l’écart entre son deuxième et troisième film était même de 20 ans – et en passe de devenir un des plus prolifiques de ces dernières années. Avec ce Song to Song, où il réunit encore un casting dantesque, il continue dans la lignée de son précédent film de « fiction », Knight of Cups. Mais au lieu de se concentrer sur la solitude de l’Homme moderne prisonnier de ses propres démons, il esquisse les déboires amoureux de 4 individus qui se mêlent et se démêlent dans l’espoir de trouver ce qui comblera le vide de leurs existences.

song-to-song-film-terrence-malick-Rooney-Mara-Ryan-GoslingEncore une fois chez Malick, la forme embrasse le fond. L’osmose est toujours aussi parfaite avec l’utilisation du grand angle qui permet de totalement s’ancrer dans cet univers de sensation et de poésie. La photographie d’Emmanuel Lubezki fait des merveilles avec ce très joli travail sur les cadres et le clair-obscur qui parvient souvent à créer des visions sans pareilles. Mais c’est aussi par le montage que Song to Song arrive à impressionner notamment dans cette manière si particulière que le film a de brouiller la linéarité mais de parvenir à être très clair dans sa temporalité. Un travail d’équilibriste qui jongle avec fluidité avec les différents points de vue des personnages mais aussi les barrières du temps. C’est avec cette recherche de l’expérience de vie que Malick touche au génie, car il arrive avec beaucoup d’humanité à retranscrire des moments pourtant indescriptibles et difficiles à capter. Surtout que le film évolue dans un univers moins élitiste que celui de Knight of Cups par exemple, et permet à Malick de reconnecter avec une certaine forme de concret et se rapprocher ainsi de son spectateur. Cependant, c’est dans l’utilisation de l’ambiance sonore que le cinéaste déçoit ici. L’utilisation de la musique est relativement quelconque, ce qui est dommage pour un film qui se passe dans ce monde-là, Malick aurait aisément pu pousser le délire plus loin. Il faut aussi reconnaître que sa mise en scène commence un peu à stagner, malgré de très bonnes idées durant la première heure de film notamment dans sa manière de mettre en image de façon très symbolique le triangle amoureux formé par son trio principal où ces derniers se désynchronisent petit à petit les uns des autres, il réutilise des partitions déjà vues dans ses précédentes œuvres. Il gagne un peu en émotion mais perd en pertinence.

Song-to-Song-Natalie-PortmanAvec Knight of Cups, il était arrivé au bout d’une logique où il laissait tomber toute forme de narration pour l’expérimentation pure, c’est ce qui rendait le film si percutant dans sa démarche. Il était évident qu’après ça, le cinéaste aurait besoin de se renouveler. Et même s’il apporte des choses intéressantes dans Song to Song, notamment avec un retour aux sources dans le dernier acte qui renverrait presque aux prémices de sa carrière, il manque cruellement de subtilité dans ce qu’il essaie de raconter. Rajoutant un peu de narration dans son processus créatif il tente de faire exister quatre portraits croisés mais aucun n’est aussi captivant ou novateur qu’il le pense. Le personnage de Ryan Gosling est le personnage malickéen typique dans son problème face à la figure paternelle et qui est en quête d’un idéal. L’acteur se montre toujours aussi formidable quand il s’agit de susciter l’émotion mais le parcours de son personnage n’est pas des plus surprenants. Celui de Michael Fassbender se montrera plus complexe et plus trouble servi en plus par l’excellent cabotinage et le charisme de son interprète. Le film arrive avec beaucoup de finesse à dépeindre le trouble qui régit son existence même si on regrettera que cela soit un peu délaissé lors du dernier acte. Mais ici le cinéaste s’intéresse plus à ses personnages féminins, surtout celui de Rooney Mara que Malick filme avec une attention non dissimulée. Elle excelle par sa justesse mais Malick en fait trop un moteur de son récit plus qu’un de ses occupants. Elle n’est pas aidée, par une voix-off toujours aussi appuyée et omniprésente. Elle incarne cette quête perpétuelle de vie, de la moindre expérience pour se sentir vivant et tombera dans une pose un peu trop froide, où l’on aura finalement du mal à s’investir en elle. La tragédie autour de Natalie Portman, ici poignante, aura des développements plus passionnants mais Malick ne cherche jamais à approfondir le drame. Elle est typiquement celle qui se voit consumer par la vie et elle souligne quelque chose de très nouveau dans le cinéma de Malick. Mais par crainte celui-ci semble ne jamais vraiment s’y investir et survole son portrait de manière très maladroite.

Song to Song s’apparente à une œuvre relativement mineure dans la filmographie de Terrence Malick. Le cinéaste à beaucoup plus de mal à se renouveler ici et fait même un pas en arrière plaçant son cinéma dans une position de stagnation. Il brasse les mêmes thématiques mais sans leur porter un regard nouveau. Le film finit même par être trop long et assez maladroit dans son manque de subtilité ou encore sa façon très détachée de gérer la tragédie. Malgré tout, Song to Song bénéficie de belles fulgurances lors de son premier et dernier acte. Que ce soit visuellement où le duo Malick-Lubezki démontre encore une fois toute la virtuosité de leur union mais aussi sur l’émotion où grâce à un casting étincelant, mieux servi et moins froid que d’ordinaire, il arrive à créer des moments particulièrement humains et touchants. Encore une fois le cinéaste signe une ballade poétique et sauvage qui fascine mais montre ses limites dans un spectacle toujours aussi beau mais finalement un peu vain.

Song to Song : Bande annonce

https://www.youtube.com/watch?v=CybRO7XZbkM

Song to Song : Fiche technique

Réalisation et scénario : Terrence Malick
Interprétation : Rooney Mara (Faye), Ryan Gosling (BV), Michael Fassbender (Cook), Natalie Portman (Rhonda), Cate Blanchett (Amanda), Bérénice Marlohe (Zoey),…
Image : Emmanuel Lubezki
Montage : Brian Berdan, A.J. Edwards et Keith Fraase
Décors : Jack Fisk
Costume : Jacqueline West
Producteur : Nicolas Gonda, Sarah Green et Ken Kao
Société de production : Buckeye Pictures et FilmNation Entertainment
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Durée : 129 minutes
Genre : Drame, expérimental, romance
Date de sortie : 12 juillet 2017

États-Unis – 2017

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Love Hunters, un film de Ben Young : critique

Love Hunters, le premier film de Ben Young, réalisateur australien, a tout d’un bon vieux film de genre, celui du thriller psychologique, mais peine parfois à convaincre à cause d’une certaine forme de naïveté et d’une ambiance pas toujours bien menée.

La prochaine fois je viserai le cœur

Dès le premier plan, un ralenti sur un groupe de jeunes basketteuses en fleurs, tout de suite contrasté par des regards malsains qui observent : on sent que Ben Young a voulu bien faire, bien construire son film, celui d’un enfermement psychologique total. Les plans rapprochés sur les visages ou au contraire en longue focale pour donner l’impression de voir les êtres en train d’agir, comme dans un documentaire, à distance, contribuent à l’ambiance pesante de Love Hunters. Le montage construit également un suspens constant, donnant à suivre des scènes très tendues, suivies de moments plus calmes. Alors que Vicky est enfermée, le réalisateur donne à plusieurs reprises l’impression qu’elle va sortir, s’échapper, mais ces espoirs sont chaque fois dépréciatifs pour le spectateur maintenu dans une pression permanente. Le rythme du montage s’accélère alors, et on finit par ne même plus savoir depuis combien de temps Vicky est enfermée et quel sera finalement son sort, même s’il semble prévisible.

Dans la tête d’un tueur

L’enjeu du film pour Ben Young est d’être dans la tête d’un tueur ou plutôt d’un couple de tueurs en série. Loin de la comédie romantique, cette histoire « d’amour », de dépendance et de destruction fait froid dans le dos. Ben Young a en effet choisi de suivre un couple de tueurs dont la femme agit pour assister son mari, espérant de lui des marques d’affection. Mais le cinéaste brouille aussi les pistes en multipliant les intrigues secondaires : le divorce des parents de la jeune Vicky séquestrée, le désir d’enfants d’Evelyne, la tueuse et la perversion de Bill, sujet central du film, passe au deuxième plan. Finalement, le film a du mal à s’assumer et se poser pour se focaliser sur Evelyne, qui semble pourtant, aux dires du réalisateur fasciné par les tueuses, être son sujet. La BO le suggère également, puisqu’elle vient souligner la détresse psychologique d’Evelyne, son incapacité à faire des choix par elle-même. A côté de ça, Vicky a moins d’importance, sauf dans sa capacité à faire vaciller Evelyne. Mais on regrettera le côté un peu naïf et trop innocent qui entoure la vie de Vicky. Comme si le réalisateur avait voulu à tout prix trouver un personnage avec lequel être en empathie, pour ne pas mettre le spectateur trop mal à l’aise. Alors que le type de film qu’il a choisi de réaliser est typiquement un opus qui est censé faire détourner les yeux de l’écran… Pourtant, Ben Young joue sur les hors champs pour suggérer la violence plus qu’il ne la montre et parvient ainsi à jouer avec nos nerfs et notre imagination. C’est là que réside la vraie réussite esthétique du film car, à côté de cela, la multiplication des ralentis est un peu maniériste et montre que Ben Young cherche encore sa pâte. Le film reste glauque mais sans véritable but et il a tendance à trop vouloir plaire au spectateur pour aller jusqu’au bout de son projet de suivre des tueurs en série violents et sans autre limite que leur amour autodestructeur.

Love Hunters : Bande annonce

Love Hunters : Fiche technique

Réalisateur: Ben Young
Scénario : Ben Young
Interprètes: Emma Booth, Ashleigh Cummings, Stephen Curry, Susie Porter
Photographie: Michael McDermott
Costumes: Terri Lamera
Musique: Dan Luscombe
Montage: Merlin Eden
Producteur: Melissa Kelly
Distribution: UFO Distribution
Genre : Thriller
Durée: 108 minutes
Date de sortie : 12 juillet 2017

Australie-2016

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We Are X, un documentaire de Stephen Kijak : Critique

Le rockumentaire genèse du plus célèbre groupe de hard-rock japonais. We Are X, documentaire assommant ou nouveau coup de maître de la part des producteurs de Sugar man : réponse.

Synopsis : Le groupe X Japan a déclenché une révolution musicale, avec leur métal mélodique, au Japon à la fin des années 80. 20 ans après leur tragique séparation, le leader de X Japan, Yoshiki, se bat contre des démons physiques et spirituels comme des préjugés de l’Occident afin de partager leur musique au monde entier.

 Si les X Japan sont des superstars au Japon, la barrière de la langue et le fait que l’anglais soit aujourd’hui encore considéré comme la langue internationale, mais aussi la langue du rock, font que le groupe n’a pas encore, loin s’en faut, la réputation qu’il mérite.

Formé par Yoshiki (le batteur / pianiste et surtout compositeur des chansons), le groupe séduit aussi chez les professionnels. Gene Simmons, bassiste de KISS, groupe ayant donné envie à Yoshiki de se tourner vers le rock (après avoir commencé par le piano classique), Marilyn Manson et David Lynch qui leur réalise un clip, chantent leurs louanges et déclarent que si le groupe avait été d’origine anglophone, il serait certainement devenu le plus grand groupe de rock du monde. Le documentaire se concentre non pas sur l’ascension phénomène du quintet, mais sur les drames ayant touché ses membres.

De la décision de Toshi le chanteur, tombé sous l’emprise d’une secte à cause de sa femme, de quitter le groupe s’ensuit les suicides successifs de Hide le guitariste juste après la séparation du groupe en 1997 et de Taiji le bassiste (qui se pendra en prison après une altercation dans un avion) en 2011.

C’est dans cette succession de drames, avec les interviews émues de Yoshiki et des membres survivants de X japan que le film se rapproche du célèbre Some kind of monster qui racontait les tumultes internes de Metallica.

Les images d’archives s’entremêlent aux extraits de concert, session studio et morceaux d’interview. Le personnage qui ressort est celui de Yoshiki, créateur et musicien de talent à la personnalité fragile.

Après la projection privée, Yoshiki récemment opéré du cou et souffrant, nous apprend que la suite de Art of life, l’album célèbre composé d’une seule et unique chanson de trente minutes, est déjà enregistrée et qu’elle constituera vraisemblablement la pièce maîtresse de l’album à venir. L’homme sympathique et timide, mais accessible, prolonge le sentiment que l’on ressent à la vision du film. Celle d’un homme passionné par son art qui tente de lutter contre ses démons et les souffrances passées en s’absorbant corps et âme dans sa création.

Si au final, We are X donne envie de découvrir l’œuvre d’un groupe à fleur de peau, il reste un peu trop académique pour surpasser les illustres Some kind of Monster et Sugar man qui faisaient bien plus que de narrer les déboires d’artistes en proie à leurs démons ou à une industrie broyeuse de talent. Reste un film intéressant sur un artiste fort et un groupe à (re)découvrir.<

We Are X : Bande-annonce

We Are X : Fiche Technique

Première sortie : janvier 2016 (États-Unis)
Réalisateur : Stephen Kijak
Avec Gene Simmons, Wes Borland, SUGIZO
Société de production : Passion Pictures
Directeurs musicaux : X Japan, Yoshiki
Nominations : Critics’ Choice Documentary Award Best Music Documentary
Durée : 93 mn
Genre : Comédie musicale
Sortie : 6 Décembre 2017
Nationalité : américano-japonais

Unbreakable Kimmy Schmidt saison 3 : Critique Série

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Alors que les récentes annulations de séries sur Netflix font débat (The Get Down, Girlboss ou encore Sense8 qui a réussi à obtenir un film en guise de finale), la série de Tina Fey continue son chemin et aura droit à une saison 4. En attendant de connaître la suite des aventures de Kimmy et de ses amis, que vaut donc Unbreakable Kimmy Schmidt saison 3 ?

Synopsis de la saison 3 :  Kimmy, toujours mariée au Révérend Wayne, compte étudier à l’Université même si elle ne sait pas encore quoi faire comme métier. Titus, toujours aussi jaloux et possessif, quitte Mikey et continue de croire en son rêve : devenir une star de la chanson. Jacqueline est égale à elle-même : tout faire pour monter dans la hiérarchie sociale. Enfin, Lilian est toujours très active dans la protection de son quartier. Surtout, elle va enfin rencontrer l’amour.

Comment raconter une histoire dramatique et glauque sur un ton léger, drôle et positif ? C’est le pari que relève Tina Fey (l’actrice et créatrice de la série culte 30 Rock) depuis trois années sur Netflix avec Unbreakable Kimmy Schmidt. La Kimmy du titre (toujours incarnée par la pétillante Ellie Kemper) est une jeune femme de la petite trentaine qui reprend sa vie en main après avoir été kidnappée et enfermée dans un bunker dans l’Indiana pendant quinze ans, en compagnie de trois autres femmes.

Attention critique avec spoilers !

Une saison toujours aussi pétillante sur la souffrance psychologique.

Kimmy Schmidt est certainement l’un des personnages féminins du paysage télévisuel les plus positifs que les spectateurs connaissent. Le féminisme étant décidément un sujet important, nécessaire et plus que jamais d’actualité, l’héroïne dévoile aux spectateurs l’un des visages de la femme forte d’aujourd’hui. Le ton est certes a priori léger, l’univers très coloré et l’humour omniprésent mais Kimmy reste une jeune femme profondément blessée et marquée par un passé douloureux (la deuxième saison avait déjà mis en avant cette part intime de Kimmy). Les cicatrices de Kimmy ne se sont pas encore refermées malgré le beau sourire qu’elle peut afficher en permanence.

Cette troisième saison interroge alors sur la gestion de cette souffrance notamment auprès des autres : nos expériences destructrices personnelles peuvent-elles les aider à ne pas tomber dans certains pièges ou à surmonter tout simplement leurs propres blessures ? Est-il sain de témoigner de certaines expériences traumatisantes à tout prix notamment dans des médias qui ne demandent que du sensationnel et qui ne s’intéressent pas réellement aux victimes ? Kimmy agit donc en fonction de ce qui doit être bon pour elle mais aussi pour les autres. Le début de cette saison donne le ton sur les actes que doit accomplir ou non Kimmy : elle qui tient à sa liberté et son indépendance est encore mariée à celui qui lui a volé quinze ans de sa vie. Mais si elle divorce, le Révérend (en prison) trouvera une nouvelle victime. Que doit-elle faire ? Il s’agit d’un exemple très représentatif de son état actuel.

Kimmy n’est pas la seule personne de la série à être confrontée à des dilemmes. Titus, toujours en quête de célébrité, peut enregistrer quelques chansons mais à quel prix ? Lilian doit-elle rester dans le passé ou penser enfin à l’avenir du quartier et surtout son avenir à elle en tant que femme ? Jacqueline doit-elle assumer ses origines indiennes ? Peut-elle monter dans la hiérarchie sociale en ignorant toute morale ?

Une philosophie de vie pour surmonter les échecs ?

Kimmy, qui a bien formulé son souhait d’étudier à la faculté, se retrouve dans l’une des plus prestigieuses universités du pays par hasard. Si elle ne sait pas quel métier exercer, elle a en revanche la possibilité de se cultiver (son manque de culture et son décalage par rapport à l’actualité est par ailleurs souvent à l’origine de nombreux gags depuis la saison 1). Comme toujours, la jeune femme fait preuve de persévérance, de courage, de travail, d’investissement et de toutes les qualités requises possibles pour réussir dans ses études et dans la vie tout simplement. Si Kimmy a pu intégrer la fac par une heureuse coïncidence, notre héroïne va pourtant être confrontée à des échecs. Et la fac va en faire partie. Kimmy apprend alors à accepter ces défaites : ce n’est pas parce qu’elle a le passé qu’elle connait (et que tout le monde connait également) qu’elle ne doit pas traverser certaines épreuves comme le commun des mortels. Elle ne peut pas avoir de passe-droits et elle n’en veut pas : cela ne serait pas lui rendre service, elle qui veut juste avoir la vie la plus normale possible après le passé le plus anormal qu’il soit. Les échecs sont même essentiels pour avancer dans la vie et même pour affronter les douleurs les plus profondes. Ils la confrontent à son évolution psychologique.

C’est la force de cette série : oui, nous pouvons réussir à nous en sortir dans la vie quand on se donne les moyens d’y parvenir. Mais même avec la meilleure motivation du monde, nous pouvons aussi être confrontés à des situations déplaisantes. Kimmy trouvera certainement le métier de ses rêves mais pas à l’université. Elle aurait pu réussir si on ne lui avait pas volé sa vie, si elle avait pu étudier normalement comme n’importe quelle personne occidentale. Peut-être n’est-elle juste pas faite pour étudier la philosophie. Titus a une voix en or mais il n’est pas la star de Broadway comme il le souhaiterait. Jacqueline n’est pas la New-Yorkaise qu’elle voudrait incarner même si elle cache bien son jeu. Tous sont confrontés à des barrières : cela ne doit pas empêcher les personnages d’avancer.

Une série remplie de trouvailles humoristiques.

Unbreakable Kimmy Schmidt possède un humour réellement à part comparé à toutes les sitcoms actuelles. Depuis la première saison, Tina Fey assume un univers proche du cartoon dans le sens où tout est extrêmement grossi et exagéré : c’est un moyen pour Kimmy de voir le positif en permanence mais c’est certainement aussi un moyen pour s’éloigner de la réalité. Ainsi, Kimmy sourit jusqu’aux oreilles les trois quart du temps, les décors et les costumes sont très colorés (les tons jaunes et violets dominent la plupart du temps), chaque réplique est une référence à quelque chose (et ce n’est pas évident de percevoir toutes ces références trop nombreuses). Mais justement, cet univers en question ne peut pas plaire à tout le monde, on pourra toujours se dire qu’il y en a trop, remarquer les différentes mécaniques mises en place. Au moins Tina Fey ne cherche pas à rendre son oeuvre lisse et standardisée (comme on le voit dans de nombreuses sitcoms américaines actuelles) pour plaire à tout prix à tout le monde. Elle crée sans cesse avec son équipe une oeuvre cohérente. On relèvera aussi au un rapide crossover avec une autre série Netflix, Orange is the New Black : la scène finale de l’épisode 5 Kimmy craint les fissures !  (Kimmy Steps on a Crack !) a lieu à Litchfield ! Espérons un de ces quatre la visite d’un des personnages de la série de Tina Fey chez les prisonnières les plus célèbres de la petite lucarne !

La série de Tina Fey a toujours su égratigner les méfaits de notre société. Dans cette troisième saison, la créatrice de 30 Rock s’en prend clairement aux médias et à Internet qui s’en prennent aux vies privées des individus et même pire : ils se servent des histoires misérables d’autrui pour faire pleurer (et évidemment pour vendre et/ou devenir célèbres). Sur Internet, la moindre information, qu’elle soit importante (l’histoire de Kimmy) ou complètement stupide (les problèmes gastriques de Xynthia durant un concours d’orthographe) circule à une vitesse folle : plus personne n’a le droit d’avoir de secrets. Cette troisième saison répond enfin à certaines questions que le spectateur pouvait se poser : depuis le début, tout le monde connait le passé de Kimmy Schmidt, elle qui tente pourtant de le dissimuler pour qu’on ne la prenne pas en pitié. Mais les autres connaissent-ils son histoire ? Se sont-ils intéressés à elle ?

Internet et les médias ne sont pas les seules cibles. Les intellectuels qui se permettent de glousser et de commenter sur une humanité qu’ils ne fréquentent pas, les étudiants qui ne grandissent pas et continuent à se comporter comme des adolescents, les pseudo féministes qui ne savent finalement pas ce qu’est le féminisme… toutes ces personnes en prennent aussi pour leur grade. Et évidemment, la classe huppée, sans cœur et hypocrite, est également extrêmement visée à travers Jacqueline dont l’interprète, Jane Krakowski, est excellente.

Cette série a beau être un condensé étonnant d’humour, elle sait aussi toucher le spectateur. Excentrique sur de nombreux points, elle n’est jamais larmoyante, les codes de l’humour étant toujours à proximité (l’optimisme et la joie étant les principaux mots-clés de l’œuvre). Le dernier épisode dans lequel Kimmy passe un test a priori plutôt simple pour devenir agent de la circulation est un mélange fabuleux entre l’absurde et l’émotion : absurde par ses ralentis comme si le spectateur assistait à un époustouflant film d’action (la parodie n’étant jamais bien loin) ; émouvante parce que l’acte de Kimmy durant la démonstration (la jeune femme étant prête à se sacrifier pour le bien des autres) prouve son extrême générosité.

Titus, le meilleur personnage… au détriment de Kimmy ?

Depuis les débuts de Unbreakable Kimmy Schmidt, on retient avant tout l’ami excentrique et terriblement drama queen de l’héroïne, Titus Andromedon, incarné par l’épatant Titus Burgess (qu’on avait découvert dans 30 Rock le temps de quelques épisodes). Son personnage a beau être une énorme caricature de l’ami gay noir roi de la punchline, il y a toujours derrière une bienveillance à son égard : on ne se moque pas ou on ne rigole pas à cause de son identité sociale, sexuelle et culturelle, on rit pour ses réactions disproportionnées par rapport à la réalité. Et ça, c’est un aspect que peu de séries et même films prennent en compte. D’autant que Tina Fey joue avec ces clichés autour des minorités pour en tirer un personnage plus profond qu’il en a l’air (et c’était déjà le cas dans 30 Rock). Titus a peur d’échouer aussi bien sur le plan amoureux que professionnel. Lui aussi est un personnage fort et c’est certainement ce qui explique sa connexion avec Kimmy.

La première saison avait été marquée par le tube Peeno Noir, « une ode aux pénis noirs » (ça ne s’invente pas). Pour Unbreakable Kimmy Schmidt saison 3, Titus se lâche comme jamais ! Comment ne pas rire devant sa longue parodie des titres de l’album Lemonade de Beyoncé ? Comment ne pas s’éclater devant Boobs in California, qui se moque ouvertement des clips américains faussement cool et surtout très sexistes ? Enfin, l’une des bonnes idées de cette saison est de faire interagir Titus avec Jacqueline (ils joueront même le faux couple pour sortir Jacqueline d’une situation improbable !), les deux personnages n’étant finalement pas aussi éloignés que l’on aurait pu le croire : ce sont deux comédiens, l’un veut l’être sur scène, l’autre l’est sans cesse dans sa vie pour parvenir à ses fins. Le mélange entre le rêve et la réalité pour créer des interactions entre Jacqueline et Titus est plutôt pertinent. Cela dit, il ne faudrait pas tomber dans le « Titus show », ce personnage étant en train de voler la vedette à Kimmy : Titus est à l’origine un personnage secondaire. Il ne faut pas oublier que la série s’intitule Unbreakable Kimmy Schmidt, elle doit rester le personnage pivot du récit. 

Unbreakable Kimmy Schmidt saison 3 poursuit merveilleusement son chemin grâce à son humour décapant et parfois déstabilisant, son féminisme et ses observations remarquables sur une société assez sinistre. Elle mérite tout simplement une quatrième saison : il y a encore tant de choses à raconter sur la reconstruction d’une femme certes blessée mais pas brisée.

Unbreakable Kimmy Schmidt saison 3 – trailer :

https://www.youtube.com/watch?v=WwiVPkwY2ZE

Unbreakable Kimmy Schmidt saison 3 : Fiche Technique

Créée par Robert Carlock, Tina Fey
Casting : Ellie Kemper, Tituss Burgess, Jane Krakowski
Genre : Comédie
Format : 22 minutes
Premier épisode : 6 mars 2015
Nombre de saisons : 3
Chaîne d’origine : Netflix

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Jigsaw : L’affiche du grand retour de la franchise Saw pour Halloween enfin dévoilée !

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Après sept années d’absence, un nouvel opus de la saga Saw s’apprête à débarquer dans les salles obscures du monde entier cet automne, à l’occasion d’Halloween. La première affiche officielle du long-métrage, qui s’annonce gore à souhait, vient d’être dévoilée par de nombreux médias américains.

Les dernières pièces du puzzle vont donc bientôt être enfin réunies pour le plus grand bonheur des fans de la franchise Saw. Les ultimes zones d’ombre entourant le personnage du serial killer qui prenait un malin plaisir à poser des casse-têtes mortels à des citoyens ordinaires pourraient donc enfin être dissipées dans ce nouveau long-métrage. La rédaction de Arrow in the Head vient en effet de dévoiler la toute première affiche officielle du prochain opus de la saga Saw. L’affiche permet notamment de réaliser que le film a changé de titre. Longtemps baptisé Saw : Legacy, ce long-métrage est finalement intitulé Jigsaw. Cet indice important et la présence d’un masque à tête de porc, déjà vu dans le tout premier film signé James Wan, ne laisse plus de doute. Ce nouveau long-métrage va dissiper les mystères autour du tueur au puzzle, John Kramer.

La sortie du film est programmée pour le 27 octobre 2017 aux USA. La sortie française aurait été avancée d’une semaine. Jigsaw sera donc visible dans l’Hexagone dès le 1er novembre, et non le 08. Les teenagers américains et les mordus d’horreur pourront s’amuser à se faire peur durant la séance de Jigsaw à l’occasion de la célébration d’Halloween. Le long-métrage a obtenu une classification R. Jigsaw sera donc extrêmement violent et déconseillé aux âmes sensibles.

Le scénario va explorer de nouveaux aspects inédits sur la mythologie du serial killer de la franchise, John Kramer, le tueur au puzzle. Le comédien Tobin Bell pourrait refaire une apparition d’une manière ou d’une autre, à travers des flashbacks par exemple. La rédaction de Bloody-Disgusting avait dévoilé en exclusivité des éléments de l’intrigue il y a quelques mois :

Plusieurs corps sont découverts à travers la ville. Les victimes ont toutes connu un sort atroce. Les investigations menées et les preuves recueillies vont contraindre les enquêteurs à se rendre à l’évidence : tout porte à croire que John Kramer, Jigsaw, le tueur au puzzle, est derrière ces scénarios macabres. Pourtant, cette piste défie l’entendement humain et est totalement impossible. L’homme qui agissait sous l’identité de Jigsaw est mort depuis une dizaine d’années.  Est-ce que ces nouveaux crimes atroces et ces pièges inhumains sont l’œuvre d’un imitateur ou d’un apprenti de Kramer ? Et si l’auteur de ces actes barbares était malheureusement quelqu’un au cœur du dispositif de l’enquête qui aurait pu ainsi avoir accès aux tous premiers éléments et aux détails machiavéliques des scènes de crimes du tueur au puzzle ?

Le casting de Jigsaw réunit les comédiens Mandela Van Peebles, Laura Vandervoort, Brittany Allen, Callum Keith Rennie, Matt Passmore, Hannah Emily Anderson, Josiah Black, Shaquan Lewis, Michael Bolsvert et James Gomez. Le scénario a été confié à Josh Stolberg et Pete Goldfinger. Peter et Michael Spierig (Daybreakers, Prédestination) ont eu la lourde tâche de redonner du sang neuf à la saga. Le pari s’annonce risqué pour les deux frères Spierig à la réalisation.

La belle surprise au box-office américain de Get Out pourrait définitivement rebattre les cartes et faire réfléchir les studios à Hollywood en cas d’accident industriel au box-office pour la sortie de Jigsaw. La franchise Saw, de l’horreur brute et gratuite, qualifiée de torture porn, devra bel et bien compter de solides arguments et se réinventer à travers ce nouvel opus afin de ne pas laisser un goût amer aux fans du genre horrifique. Le Comic Con de San Diego, organisé dans quelques jours, pourrait être l’occasion de découvrir la toute première bande-annonce de Jigsaw.

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Les hommes du feu, un film de Pierre Jolivet : Critique

Avec Les hommes du feu, Pierre Jolivet entraîne le public entre action et émotion dans une caserne de pompiers du sud de la France. Sa sixième collaboration avec Roschdy Zem ne passe pas inaperçue puisqu’elle a toujours quelque chose à dire, un métier à décrire, une société à raconter. 

Synopsis : Philippe, 45 ans, dirige une caserne dans le Sud de la France. L’été est chaud. Les feux partent de partout, criminels ou pas. Arrive Bénédicte, adjudant-chef, même grade que Xavier, un quadra aguerri : tension sur le terrain, tensions aussi au sein de la brigade… Plongée dans la vie de ces grands héros : courageux face au feu, mais aussi en 1ère ligne de notre quotidien.

Adepte des films sociaux, Pierre Jolivet pose sa caméra au sein d’une brigade de pompiers cette fois. En montrant tous les clichés dont disposent ces casernes : misogynie, machisme, un peu d’homophobie et le culte de l’uniforme. Le réalisateur fait entrer une femme dans ce monde d’hommes et replace l’humanité là où elle est à travers des liens qui unissent les personnages, bien au-delà de ces préjugés. Si ceux sur les pompiers sont détournés habilement, ceux sur la banlieue qui caillasse, eux, ne disparaissent pas. La simplicité du scénario est efficace, l’histoire n’a rien de transcendant mais le film réussit à entraîner le spectateur dans le stress des interventions et l’esprit d’équipe qui surgit dans l’urgence de la vie. Les personnages deviennent alors très vite attachants et le public se sent rapidement impliqué avec eux dans leur envie d’être utile. Sauver les autres et se soutenir au sein de la caserne est l’une des plus belles choses que Jolivet montre dans son film : l’importante solidarité qui doit émaner de cette équipe, pourtant mise à mal lors d’une enquête interne.

De retour après Chez nous qui avait mitigé les avis, Emilie Dequenne est superbe et déterminée dans son rôle d’adjudant-chef bien décidée à se faire une place dans ce métier d’hommes. Touchante et admirable de force, elle redonnera envie à toutes les petites filles de ranimer leurs rêves et de devenir des héroïnes quotidiennes. Solide mais pas infaillible, ses fragilités et ses faiblesses ne font que la rendre plus humaine et frappante. Roschdy Zem, qui connaît bien le réalisateur, est aussi bon que sa collègue. À la fois compréhensif, doux et directif, son grade de capitaine lui colle à la peau. Les deux personnages principaux sont tous deux entourés d’une équipe masculine toute aussi juste.

Si les soldats du feu tentent de trouver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle, le réalisateur cherche, lui, à jongler entre documentaire et fiction, en frustrant parfois le public dans cette dernière catégorie qui ne s’attarde pas assez et ne creuse pas suffisamment l’histoire des personnages. À la manière d’une série, le film fait se succéder des chroniques qui donnent autant envie de le suivre que d’en apprendre davantage sur les protagonistes et sans doute pas que cela s’arrête et se réduise à 90 minutes de fiction. Réalisme et narration s’accordent pour faire de Les hommes du feu, un long métrage intimement psychologique. Le réalisateur parvient à entremêler les histoires brèves et privées des personnages avec celles qu’ils vivent dans la caserne, ainsi que les interventions avec des moments de lâcher-prise où les émotions priment. C’est là toute la réussite de Pierre Jolivet avec ce film qui, sans la moindre transition, donne du rythme à son récit et captive l’audience. Ajoutées au courage des hommes et des femmes, à l’humanité de l’ensemble, les images des incendies sont très belles et très réussies. La dernière scène achève d’ailleurs le tout de la meilleure des manières en rendant hommage à cette beauté dangereuse que représentent les feux : « C’est beau… de loin. »

Les hommes du feu : Bande-Annonce

Les hommes du feu : Fiche Technique

Réalisation : Pierre Jolivet
Scénario : Pierre Jolivet
Interprètes : Roschdy Zem, Emilie Dequenne, Michaël Abiteboul, Guillaume Labbé
Producteurs : Xavier Rigault, Marc-Antoine Robert
Société de production : 2.4.7 Films
Distributeur : Studio Canal
Durée : 90 minutes
Genre : drame
Date de sortie : 5 juillet 2017

France – 2017

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The 100 saison 4, une série de Jason Rothenberg : Critique

Pas de répit pour Skaikru, car à peine une menace éliminée qu’une autre survient. The 100 saison 4 continue dans une direction plus sombre et  ne va pas épargner ses personnages.

Synopsis : Alors que A.L.I.E est enfin détruite, des nouvelles tensions resurgissent entre les différents clans et notamment avec Azgeda cherchant à récupérer le pouvoir. Parallèlement à cela un nouveau danger apparaît avec la révélation de la présence de réacteurs nucléaires qui pourraient engendrer un nouveau Praimfaya.

The-100-saison-4-zach-mcgowan-bob-morley-henry-ian-cusickQuand on pensait que tout aller s’arranger avec la fin de A.L.I.E, les choses vont de plus en plus mal entre Skaikru et les autres clans qui les jugent responsables des dommages causés par l’intelligence artificielle. Cette saison 4 de The 100 va donc suivre un chemin semblable à la précédente. On va dans sa première partie se retrouver de nouveau à suivre ces guerres de clan, notamment entre Azgeda, mené par le charismatique Roan, et Skaikru. C’était déjà un peu le défaut de la saison précédente, ces conflits sans fin où chaque tentative de paix se retrouve compromise par un petit détail qui relance la machine. Cela permettait à la série de ménager un certain sens du rebondissement tout en meublant un peu les 16 épisodes de la saison. Ici, on a une saison plus courte de 3 épisodes, mais les travers des scénaristes resurgissent quand même, du moins dans la première partie de The 100 saison 4.

Heureusement, ces guerres politiques ne sont pas les seuls problèmes qui vont toucher les habitants d’Arkadia ou de Polis. En effet, Clarke a été informé par A.L.I.E de la présence de réacteurs nucléaires qui vont provoquer une nouvelle vague de radiation d’ici 6 mois et risquant d’annihiler toute vie humaine sur la Terre. Il s’agit d’un nouveau Praimfaya, cet événement qui avait déjà conduit l’humanité à s’exiler dans l’espace. C’est véritablement cet arc qui va donner à la saison 4 une véritable saveur. Bien évidemment, comme à son habitude, Clarke se retrouve malgré elle à tenir en quelque sorte la destinée de l’humanité entre ses mains. La série va donc continuer dans son ton plus mature et sombre en mettant Clarke dans des situations particulièrement difficiles. Par exemple, choisir les 100 élus parmi Skaikru qui auront la possibilité de s’abriter au sein d’Arkadia et survivre au Praimfaya.the-100-saison-4-eliza-taylor

Ce fardeau échoue sur les épaules de Clarke qui bénéficiera du soutien de Bellamy. Des tensions vont alors naître au sein même de Skaikru, une fois que cette liste établie par Clarke et qui lui donne le choix de vie ou de mort des membres de son clan sera découverte. Les deux grands adversaires au sein de Skaikru seront Jaha, qui va tout faire pour sauver son peuple même si cela est impossible, et Jasper. Le jeune homme, complètement désespéré et suicidaire depuis la mort de sa bien aimé, va être relativement énervant au cours de cette saison. Son très grand désespoir le rend particulièrement dangereux et ne va pas hésiter à mettre des bâtons dans les roues de ces camarades à plusieurs reprises.

Bien évidemment et comme on peut s’en douter, le premier plan de Clarke n’aboutira pas et, là encore, la saison va utiliser de nombreux rebondissements à base de plans impossible à concrétiser. Cependant, le point commun de ses plans est qu’ils ne sauveront jamais tout le monde. Résultats, les protagonistes et notamment Clarke et même Abby seront confrontés à des choix cornéliens. La découverte de la résistance des Nightblood aux radiations va donner l’idée à Abby d’effectuer des transfusions  afin de permettre aux personnes de survivre aux radiations. Mais avant de mettre à exécution ce plan, il faut faire un test et prendre le risque de sacrifier une personne. Abby se retrouve donc dans une position des plus inconfortables, encore plus lorsque sa fille est la cobaye. Prendre le risque de perdre sa fille pour trouver un moyen de sauver l’humanité entière ? C’est ce genre de choix qui va guider toute cette quatrième saison qui sera loin d’être tendre avec ses protagonistes.

the-100-saison-4-marie-avgeropoulosClarke ne sera pas la seule mise en avant, Octavia aura un rôle particulièrement important également. Devenue une véritable Grounder, Octavia s’impose dans cette saison comme une nouvelle Lexa, un personnage badass mais très juste dans ses choix. Le meilleur épisode de la saison mettra Octavia dans une situation des plus délicates elle aussi. L’épisode du conclave est une sorte de Hunger Games qui voit un représentant de chaque clan s’affronter afin d’offrir aux siens une place dans un bunker ne pouvant accueillir que 1000 personnes. C’est un épisode particulièrement brutal où la série n’hésitera pas une nouvelle fois à se séparer de ses personnages charismatiques. Un épisode à la tension constante et qui s’impose comme l’un des meilleurs de la série. La série continue au travers d’Octavia d’installer des personnages féminins forts et charismatiques.  Globalement ce sont les personnages féminins qui se démarquent cette saison, ce sont elles qui ont les responsabilités. Les garçons, Bellamy, Kane ou Monty sont plus dans la modération. À l’opposé, les filles en particulier le quatuor principal (Clarke, Abby, Octavia et Raven) sont à la recherche de solutions et se démènent pour arranger les choses.

Les différentes relations entre les protagonistes vont être toujours plus creusées. On a parlé de la relation entre Abby et Clarke précédemment, mais c’est du côté de Bellamy et Octavia que les choses vont être les plus intéressantes. La relation mis à mal entre les Blake lors de la saison 3 se voit grandement améliorer où les deux personnages prennent conscience de l’importance qu’ils ont l’un pour l’autre. C’est certainement la relation la plus touchante et la mieux traitée de la série. De leur côté, les amourettes entre Abby/Kane ou Monty/Harper sont un peu insignifiantes. On peut cependant mettre à part le couple d’opportunistes Murphy/Emori qui est lui plutôt bien géré et montre la place de marginaux des deux personnages dans cet univers, certainement l’une des places les plus difficiles.

Ne gâchons pas tous les événements importants de The 100 saison 4, qui, bien qu’inférieure aux précédentes et souffrant du manque de Lexa, reste haletante même si certains processus un peu rabâchés par la série depuis quelques temps feront grincer les dents. On peut toujours saluer la volonté de Rothenberg de malmener ses personnages comme, par exemple, Raven dont les visions vont peser énormément sur le mental de la jeune femme, et de poursuivre dans cette direction assez sombre. Rothenberg continue d’approfondir la mythologie de sa série en y ajoutant de nombreux éléments venant compléter des pistes déjà explorées dans les saisons précédentes. The 100 s’est donc clairement émancipés de son caractère de série adolescente et, même si quelques bribes du cahier des charges des séries de la CW se font encore ressentir (notamment au travers de quelques amourettes un peu trop « cucul »), le côté apocalyptique a pris une nouvelle dimension dans cette saison avec la menace totale du Praimfaya.

The 100 Saison 4 : Bande annonce

The 100 Saison 4 : Fiche Technique

Créateurs : Jason Rothenberg, Kass Morgan
Interprétation : Eliza Taylor-Cotter (Clarke), Bob Morley (Bellamy), Paige Turco (Abby), Marie Avgeropoulos (Octavia), Devon Bostick (Jasper), Christopher Larkin (Monty), Lindsey Morgan (Raven),Richard Harmon (Murphy), Isaiah Washington (Thelonius), Henry Ian Cusick (Marcus), Zach McGowan (Roan)
Producteurs : Matthew Miller, Jason Rothenberg, Bharat Nalluri, Leslie Morgenstein, Gina Girolamo
Société de production : Bonanza Productions Inc., Alloy Entertainment, Warner Bros. Television, CBS Television Studios
Format : 13 épisodes de 42 minutes
Genre : dramatique, science-fiction
Diffusion : The CW

États-Unis – 2014

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I Am Not Madame Bovary, un film de Feng Xiaogang : Critique

Adapté du roman Je ne suis pas une garce de Liu Zhenyun, I Am Not Madame Bovary de Feng Xiaogang se dessine comme un portrait satirique de la Chine d’aujourd’hui. C’est avec une pointe de militance que le réalisateur fait de ce film une œuvre de son temps.

Synopsis : Li et son mari Qin décident de simuler un divorce afin d’obtenir un second appartement. Six mois plus tard, Qin se marie à une autre femme. Trahie et abandonnée, Li se lance dans une quête de justice qui va durer dix ans.

Quand la littérature et le cinéma s’entremêlent

« Le passé pourrait s’effacer. » I Am Not Madame Bovary

Le suicide par désespoir, voici la thématique commune entre le célèbre roman de Gustave Flaubert et l’œuvre de Feng Xiaogang. Pourtant, I Am Not Madame Bovary n’est pas une adaptation de cette œuvre littéraire. Ce drame indépendant est inspiré du  mythe chinois de Pan Jianlian relatant l’histoire d’une femme débauchée qui aurait conspiré à l’assassinat de son époux.

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Li Xuelian est un personnage complexe, assimilé par son titre éponyme, à l’image d’Emma Bovary. Même si le lien entre ces héroïnes a été démenti, il existe pourtant une grande similitude entre ces deux femmes. Tout comme Emma, Li est un personnage aux qualités viriles. C’est une guerrière entièrement consacrée au combat de sa vie : celui de faire valoir ses droits. En parfaite contradiction avec ce trait de personnalité, Li est également une femme à l’esprit romantique. Continuellement dans le passé, elle s’autodétruit en alimentant son propre désespoir. Son apparence répond également au portrait établit par Gustave Flaubert : la sensualité du noir de ses yeux mêlée à celle de ses longs cheveux. Et enfin, tout comme Emma Bovary, Li est une femme prisonnière d’un monde qui ne lui semble pas le sien.

Li se définie autant par sa fragilité que par sa force de persévérance. Elle incarne une sorte d’anti-héroïne, perdue au milieu d’un monde qui se construit indépendamment d’elle. Ces nombreuses ressemblances sont la preuve incontestable qu’Emma Bovary et Li Xuelian sont deux personnages féminins intimement liés.

Un drame sur l’ironie du sort

« Elle ne pourrait pas continuer à vivre sans laver son honneur. » I Am Not Madame Bovary

I Am Not Madame Bovary est un drame actuel, engagé dans un processus militant à l’égard de l’administration chinoise. En effet, toutes les thématiques abordées dans ce film, font références à des lois promulguées par le gouvernement : la loi fiscale pénalisant les propriétaires de résidences secondaires ou encore la politique de l’enfant unique. 

Mais sans s’y attendre, I Am Not Madame Bovary se dévoile comme un drame faisant face à l’ironie du sort. En construisant son film autour d’un sujet vif et actuel, Feng Xiaogang aurait très bien pu sombrer dans le pathétique. Pourtant, l’autodérision de l’héroïne, présente à travers son comportement abusif, apporte une touche de finesse à l’intrigue. La dimension sarcastique se révèle être omniprésente, que ce soit tant dans le caractère des personnages que dans certaines mises en scène. Mêler une pointe d’humour à la tragédie de la situation, voici sans aucun doute la réussite de cette oeuvre.

Un esthétisme pictural

« Si quelqu’un veut mourir, personne n’y peut rien. » I Am Not Madame Bovary

Récompensé sept fois lors de divers festivals internationaux, I Am Not Madame Bovary est une surprise inimitable, d’un point de vue scénaristique mais également esthétique. Feng Xiaogang a choisi de raconter l’histoire de Li Xuelian de façon romanesque. Tel un véritable roman, une voix-off s’inscrit dans la narration i-am-not-madame-bovary-fan-bingbing-telescopedu film et permet d’apporter des précisions quant à la chronologie (qui s’étale sur dix ans). C’est une façon de pénétrer dans la conscience du personnage principal, d’y découvrir ses ressentis, ses sentiments et ses émotions vis-à-vis de la situation.

D’un point de vue esthétique, Feng Xiaogang a fait le choix, pour le moins audacieux, d’inscrire l’image dans un cadrage télescope. Influencé par certaines peintures de la dynastie Song, ce style visuel donne une dynamique poétique au film. Mais au-delà de cette référence artistique, ce choix permet également de s’identifier au personnage de Li Xuelian et de ressentir la sensation d’enfermement social dont elle est victime.  Nous pouvons retrouver dans le style de Feng Xiagang une pointe de ressemblance avec l’univers de Wes Anderson, entre esthétique et ironie du sort.

I Am Not Madame Bovary s’inscrit comme une œuvre lyrique saisissante, belle et bien dans l’air du temps.

I Am Not Madame Bovary : Bande-Annonce

I Am Not Madame Bovary : Fiche Technique

Réalisation – FENG XIAOGANG
Scénario – LIU ZHENYUN
Casting – Fan Bingbing, Guo Tao, Da Peng, Jiayi Zhang.

Image – LUO PAN
Décors – HAN ZHONG
Costumes – HAN ZHONG
Son – WU JIANG
Montage – CHANG SUK PING WILLIAM
Musique originale – DU WEI
Production – BEIJING SPARKLE ROLL MEDIA CORPORATION, HUAYI BROTHERS MEDIA CORPORATION, BEIJING SKYWHEEL ENTERTAINMENT CO., LTD., HUAYI BROTHERS PICTURES LTD., ZHEJIANG DONGYANG MAYLA MEDIA CO., LTD.

2017 – Chine

 

 

Festival du Film Franco-Arabe 2017 : La sélection officielle

La sélection officielle du 23ème édition du Festival du Film Franco-Arabe 

Affiche-FFAO-festivals-francoarabe2017 La 23ème édition du Festival du Film Franco-Arabe (FFFA 2017) a débuté mercredi 5 Juillet à Amman et durera une semaine.

Ce festival, créé en lien avec le Festival du Film Franco-Arabe de Noisy-le-Sec (FFFA) est dédié aux productions franco-arabes primées et aux court-métrages locaux.

Sept pays sont principalement représentés dans cette édition : l’Algérie, la France, la Jordanie, le Maroc, le Liban, le Qatar et la Tunisie.

Au programme du festival organisé par l’Institut français de Jordanie en collaboration avec la Royal Film Commission of Jordan, la projection de quinze films de production arabo-française traitant de la question de l’identité et de préoccupations politiques et culturelles.

Cette édition est notamment marquée par la présence de plusieurs réalisateurs et invités de renommée (Mrs. Annie Thomas, Mr. Laurent Rivoire, Mr. Farid Bentoumi, Mr. Férid Boughedir, Mr. Salim Saab … ), mais aussi par la mise en place de cours de réalisation et de comédie, dirigés par des professionnels.

FFFA 2017 – Toute la programmation :

Film d’ouverture : Zizou, de Férid Boughedir (France, Tunisie)

Film de clôture : Timgad, de Fabrice Benchaouche  (France, Algérie )

Sélection officielle :
– Zizou, de Férid Boughédir  (France, Tunisie)
– Tour de France, de Rachid Djaïdani (France)
– D’une pierre, deux coups, de Fejria Deliba (France )
– Adama, de Simon Rouby (France)
– Le ciel attendra, de Marie-Castille Mention-Schaar  (France)
– Good luck Algeria, de Farid bentoumi  (France, Belgique)
– The Challenge,  de Yuri Ancarani (France, Suisse)
Mimosas, d’ Olivier Laxe (France, Maroc, Qatar, Espagne)
– InSyriated, de Philippe Van Leeuw (Belgique, France, Liban)
Beirut Street : Hip-hop in Lebanon, de Salim Saab (France, Liban)
Tombé du Ciel, de Wissam Charaf (France, Liban)
Timgad, de Fabrice Benchaouche (France, Algérie)

Compétition Court-métrages Fictions   :
A new hole, de Laith et Gaith Al-Adwan
Catharsis, de Sondos Mustafa
Door 422, de Ahmad Al-Chanaoui
Linear,  de Anas Mubaideen
Mare Nostrum, de Anas Khalaf et Rana Kazkaz
Not on my Way, Mohammed Khabour
One moment, de Abada Al damour
The White Funeral, de Rama Sahuni

Compétition Court-métrages documentaires   :

Hide your metal, de Yasmine Mustafa
My name is Um Muhammad, de Jafar Atwa
Start Now, de Anwaar Al-Shawabkeh
The Shepherd of the City, de Aysar Abd Al-Hameed
The Story of the Wind Mills, de Bashar As-Salihat
The Urban Ship, de Zeina Quronfuleh

Le trailer officiel du festival du Film Franco-Arabe 

 

Bosch saison 3, une série d’Eric Overmyer : critique

L’inspecteur créé par Michael Connelly, Bosch revient pour une saison 3 qui est la meilleure depuis le début de la série.

Synopsis : William Meadows, un SDF vivant dans un camping-car, est abattu en pleine nuit. Le seul témoin, un jeune tagueur, s’enfuit.

Voilà donc la troisième saison de la série Bosch, inspirée des romans de Michael Connelly. Le principe reste le même que pour les saisons précédentes : adapter l’intrigue de plusieurs romans en une saison. Harry Bosch se trouve donc confronté à plusieurs affaires en même temps : le meurtre de William Meadows, un ancien soldat des Forces Spéciales qui a combattu en Irak et en Afghanistan ; le meurtre d’Edward Gunn, un homme qu’il surveillait illégalement car il le soupçonnait d’être un tueur en série ; un mystérieux tueur à vélo surnommé KTK (Korea Town Killer) ; et une affaire judiciaire au sujet d’un réalisateur, Andrew Holland, suspecté d’avoir tué une jeune femme.

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Toutes ces affaires en même temps créent un petit flottement lors du premier épisode. Le scénario est alors un peu embrouillé et le spectateur a du mal à s’y retrouver entre tous ces cas (plus les rappels de l’affaire de la saison 2). Mais cette difficulté à mettre les choses en place ne dure que le temps d’un épisode. Dès l’épisode 2, la série prend son rythme de croisière et retrouve les qualités qui sont les siennes depuis le début : suspense, ambiance nocturne, réalisme dans la description du fonctionnement du système policier et judiciaire californien, et personnages fouillés.

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Justement, l’une des principales qualités de cette saison est de laisser plus de place aux personnages secondaires. Bien entendu, Bosch est toujours là, avec son caractère irascible et son art de s’attirer les foudres de ses supérieurs. Il est toujours autant détesté, aussi bien par ses collègues que par le procureur Rick O’Shea, qui accuse l’inspecteur de lui avoir fait perdre les élections. La saison propose plusieurs face-à-face savoureux entre Bosch et ses adversaires (qui sont parfois ses collègues), et en particulier avec Rudy Tafero (interprété par un excellent Arnold Vosloo, l’acteur qui jouait dans La Momie face à Brendan Fraser en 1999), un ex-flic devenu chef de la sécurité du réalisateur Andrew Holland.

Le problème, c’est que la vie privée de l’inspecteur n’est pas très reposante non plus. Sa fille Maddie vit désormais avec lui, mais Bosch a du mal à communiquer avec l’adolescente. De plus en plus, on lui reproche de ne pas avoir de vie en dehors de son métier. « La plupart des mecs auraient déjà quitté le boulot. Toi, le jour où tu partiras, tu te flingueras. Tu n’as pas de vie. » « Trouvez-vous donc une vie ». Des accusations qui font mouche dans l’esprit de l’inspecteur qui est toujours sur la corde raide, cerné de près par les Affaires Internes.

A côté de Bosch, la saison développe surtout le personnage de son co-équipier, Jerry Edgar. On le voit de plus en plus enquêter seul, se défaire de l’influence de Bosch, voire se méfier de lui. Le personnage prend de l’épaisseur et ne sert plus uniquement de faire-valoir au célèbre policier.

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En règle générale, la saison parvient à mêler les séquences policières et les scènes plus intimes sur la vie privée des personnages principaux. Des scènes qui sont suffisamment bien écrites pour proposer des pauses sans trop ralentir le rythme.

Pour le reste, la série continue son travail exemplaire d’adaptation des romans de Connelly. Son mélange de réalisme et de suspense s’y retrouve avec plaisir. La saison essaie d’implanter l’action dans la réalité quotidienne de Los Angeles, depuis les beaux quartiers jusqu’aux bas-fonds, en passant par les aspects politiques, judiciaires, la guerres entre les services policiers, etc.

Cette saison se permet même une critique acerbe contre le fonctionnement de la justice, avec des procureurs soumis à des échéances électorales et qui agissent non pas forcément dans l’intérêt de la justice mais dans leur intérêt propre, pour leur image personnelle.

En bref, cette saison 3 paraît être la meilleure depuis le début de la série. Riche et aboutie, elle est constamment dans l’action et l’approfondissement de ses personnages. Une belle réussite.

Bosch saison 3 : Bande-Annonce

Bosch saison 3 : Fiche Technique

Créateur : Eric Overmyer
Réalisateurs : Alex Zakrzewski, Ernest R. Dickerson, Adam Davidson…
Scénaristes : Michael Connelly, Eric Overmyer
Interprètes : Titus Welliver (Harry Bosch), Jamie Hector (Jerry Edgar), Lance Reddick (Chef Irving), Madison Lintz (Maddie), Arnold Vosloo (Rudy Tafero)
Musique : Jesse Voccia
Photographie : Patrick Cady, Michael McDonough
Montage : Steven Cohen, Kevin Casey, Lawrence Curtis
Producteurs : Michael Connelly, Titus Welliver, Eric Overmyer
Sociétés de production : Hieronymus Pictures, Fabrik Entertainment, Amazon Studios
Société de distribution : Amazon Instant Video
Genre : policier
Durée : 10 X 45 minutes

États-Unis- 2017

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Baby Driver, un film de Edgar Wright : Critique

Edgar Wright revient en grande forme avec ce Baby Driver survitaminé, pop et irrévérencieusement cool qui assoit définitivement la maestria visuelle de son auteur. On tient probablement le divertissement de l’été.

Synopsis : Passionné de musique, le jeune Baby officie comme chauffeur pour plusieurs braqueurs de banques. Un jour, il rencontre la fille de ses rêves, Debora. Il se dit alors qu’il peut changer de vie et quitter la criminalité. Mais son employeur n’apprécie pas ce changement.

Drive

Après sa déconvenue avec Marvel Studios suite au film Ant-Man, qu’il devait initialement réaliser avant de s’être vu obligé de prendre la porte, Edgar Wright décide de revenir en grande pompe avec son Baby Driver. Seul au scénario, fait assez rare dans la filmographie du bonhomme, il affiche clairement la volonté de se venger de son expérience avec les gros studios dans un long-métrage qui se veut original et inventif dans une industrie plus encline à produire des suites et remakes à tour de bras. Comme à son habitude, le cinéaste part d’un genre éculé du cinéma pour totalement se l’accaparer en se jouant des clichés et des attentes pour offrir une oeuvre unique en son genre, accessible à tous et faisant preuve d’une maîtrise du langage cinématographique qui force le respect. Baby Driver avait tout d’un pari risqué pour un réalisateur qui est attendu au tournant suite à la fin de sa trilogie Cornetto qui n’a pas convaincu tout le monde, et Wright évite les coups avec habileté et va là où on ne l’attendait pas.

Baby-Driver-Baby-movie-Ansel-Elgort-Sunglasses-at-TableUne chose est sûre à la vue de ce Baby Driver, c’est qu’Edgar Wright n’est pas un scénariste particulièrement fin. Étant souvent accompagné d’autres plumes en plus de la sienne, ici il tente de faire ses preuves seul dans le domaine, et signe un scénario globalement calibré et pas très subtil. On retrouve la sincérité qui caractérise ses œuvres, ses thèmes les plus chers et ce respect du genre qu’il adapte pour mieux le faire sien, mais les choses s’imbriquent un peu moins bien que par le passé. Le style y est plus mature, plus tenu et donc moins enclin aux fulgurances, on sent le film par moments trop carré dans sa narration et dans ses dialogues. Ils sont toujours aussi bons, Wright a clairement le talent pour les écrire, mais ils sont peu mémorables par rapport aux standards de ses anciens films. Wright garde une certaine naïveté adolescente sur son récit mais a paradoxalement grandi et ne parvient pas totalement à nous faire croire à cette histoire d’amour qui sera le cœur du film. Elle est certes mignonne mais ne sonne pas suffisamment vrai pour qu’on s’y investisse totalement. Comme lorsque Baby Driver prend un tournant un peu plus sérieux dans son dernier acte, mais que celui-ci n’est pas assez fort pour vraiment transcender son audience. A trop se disperser Wright donne l’impression de retenir ses coups, du moins dans son scénario qui finit par manquer d’impact.

Ansel-Elgort-Lily-James-baby-drive-film-critique-cinemaEn revanche, le cinéaste est toujours aussi doué quand il s’agit de prendre un genre et de le sortir des sentiers battus dans lequel il s’est enfermé. Prenant globalement la forme d’un film de casse, il est rythmé comme un car chase movie et traité comme une comédie musicale. Baby Driver est le fruit d’influences diverses et conjugue l’amour de son cinéaste pour les images et la musique. L’ensemble déborde de passion et d’énergie qui donnent une pêche d’enfer, effaçant d’un revers de main les rares choses qu’on pourrait reprocher et nous happent totalement dans l’univers sensoriel qui est déployé. La capacité du film à dévier des chemins attendus s’étend aussi à la caractérisation des personnages, qui à l’exception de celui très caricatural de Jamie Foxx, vont pouvoir révéler des facettes beaucoup plus complexes de leur personnalité et éviter un manichéisme redondant. C’est dans cette capacité à surprendre que Baby Driver démontre toute l’intelligence de sa construction qui se révèle être pensée à tous les niveaux. Même dans le choix des acteurs, où le jeune Ansel Elgort semble manquer de charisme de prime abord, mais tient en bride un casting de ténors dont font partie Jon Hamm et Kevin Spacey. Ils sont cependant tous très bons mais Elgort vole la vedette par sa subtilité mais aussi par une performance physique absolument hallucinante lors des scènes d’action. Lily James apporte quant à elle un peu plus de nuances dans un casting très viril, et en impose par la fraîcheur de son jeu.

Mais là où Edgar Wright impressionne totalement c’est dans la création visuelle même de son film. Sa mise en scène sert tout autant à l’action qu’à la caractérisation de son personnage principal. Baby est avant tout un personnage qui est mis en scène, plus qu’il n’est écrit. Il est construit à travers le montage, le mouvement et l’utilisation de musiques intradiégétiques qui viennent correspondre à son état d’esprit et son évolution. Chose relativement rare dans une œuvre de cinéma car c’est un procédé très dur à mettre en image. Mais avec une maîtrise qui laisse pantois, Wright parvient vraiment à nous immerger dans l’espace mental de son personnage. La technique est folle, que ce soit dans des longs plans séquences millimétrés à la perfection, des scènes de courses poursuites énergiques et rythmées par la musique et le travail très esthétisé sur les éclairages. Tout cela doit être en coordination parfaite avec la musique qui compose la scène et jamais Wright ne déraille dans sa démarche. Baby Driver est chorégraphié avec une virtuosité telle qu’il en devient étourdissant. On en ressort épuisé face à la générosité constante de l’œuvre mais aussi de son inventivité presque émouvante. Une leçon de montage et de mise en scène.

Baby Driver déborde d’amour en ce qu’il adapte et assoit définitivement Edgar Wright comme un créatif hors norme. Son long métrage est un mix survitaminé et une vraie déclaration aux films de genre, à la musique mais plus précisément au cinéma et à la créativité en général. Une oeuvre faite par un passionné pour des passionnés mais qui ne laisse jamais son audience en dehors de son délire. Par la force du montage et de la mise en scène, on s’immerge dans un spectacle sensitif sans pareil, qui s’impose à la fois comme un grand divertissement mais également un film tout aussi original qu’inventif. Et cela fait du bien de voir quelque chose qui n’est ni une suite, ni un remake ou le maillon d’un univers étendu. Même si on peut lui reprocher quelques toussotements dans son scénario très calibré qui retient ses coups sur son dernier acte et se clôture de manière un brin téléphonée ; ou encore qu’il est peut être un peu éreintant tant il n’a aucune mesure dans sa générosité, ce Baby Driver pourrait bien s’avérer être le film de l’été.

Baby Driver : Bande-annonce

Baby Driver : Fiche technique

Réalisation et scénario : Edgar Wright
Interprétation : Ansel Elgort (Baby), Lily James (Debora), Kevin Spacey (Doc), Jon Hamm (Buddy), Jamie Foxx (Bats), Eiza González (Darling), Jon Bernthal (Griff),…
Image : Bill Pope
Montage : Paul Machliss et Jonathan Amos
Musique : Steven Price
Décors : Lance Totten
Costume : Courtney Hoffman
Producteur : Tim Bevan, Eric Fellner et Nira Park
Société de production : Media Rights Capital, Big Talk Productions et Working Title Films
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Durée : 113 minutes
Genre : Action, comédie
Date de sortie : 19 juillet 2017

États-Unis – 2017

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Moi, moche et méchant 3, un film de Kyle Balda et Pierre Coffin : Critique

Moi, moche et méchant 3 confirme le fait que le studio Illumination Entertainment se repose sur ses lauriers, livrant pour le coup un nouvel opus certes sympathique mais incroyablement anecdotique.

Synopsis : Alors qu’il est renvoyé de l’Agence pour ne pas avoir réussi à arrêter le vilain du moment, Balthazar Bratt, et ayant dû faire face à la démission de ses fidèles Minions, Gru va faire la connaissance de son frère jumeau, Dru, dont il ignorait l’existence. Mais ce qui devait être une simple rencontre va très vite devenir une demande à Gru de retomber du côté des vilains. Se battant contre la tentation, il va cependant utiliser cela à son avantage afin de préparer sa vengeance envers Bratt et de récupérer son poste d’agent secret…

L’opus de trop pour un studio d’animation s’appuyant sur ses acquis

Il a beau être l’un des plus grands succès commerciaux de tous les temps, Les Minions n’avaient pas spécialement emballé la critique. Et pour cause, cette dernière jugeait le long-métrage paresseux, révélant à quel point le studio d’animation Illumination s’était reposé sur ses lauriers. Un fait qui se confirme malheureusement avec les futurs projets de la firme (des suites à Comme des bêtes et Tous en scène) et surtout ce tant attendu Moi, moche et méchant 3. Pourtant, à la vue de la bande-annonce, ce nouvel opus avait de quoi susciter bien des attentions ! Notamment un nouvel antagoniste ultra charismatique, qui envoyait du pâté rien que dans la promotion du film. Au final, si l’ensemble se montre suffisamment sympathique pour amuser, la déception pointe tout de même le bout de son nez une fois arrivé au générique de fin.

Passé une séquence d’introduction juste démentielle – mais malheureusement trop vue dans la bande-annonce –, Moi, moche et méchant 3 ne parviendra jamais à décoller comme ses prédécesseurs. La rencontre entre Gru et son frère jumeau ? Un simple prétexte pour justifier une nouvelle aventure. Le méchant si charismatique ? Loin d’être aussi délirant que prévu, se montrant par moment un peu fade et pas si menaçant que cela. Les Minions ? Contrairement au second volet, ils sont totalement inutiles à l’intrigue et servent plutôt à amuser la galerie et – surtout – à meubler le scénario. Il n’est pas nécessaire de continuer ce jeu des questions/réponses pour dire que l’équipe du film ne s’est vraiment pas foulée sur ce long-métrage. Préférant tout miser sur le panache et l’aura de la franchise, elle n’a pas cherché à apporter quoique ce soit à celle-ci. Même pas une once d’évolution, l’ensemble se perdant avec des intrigues secondaires qui n’ont pas lieu d’être (Agnès partant à la recherche d’une vraie licorne, Margot faisant face à un prétendant un peu trop collant…). Seule celle où l’on voit Lucy tenter de gagner ses galons de mère ajoute un petit quelque chose au personnage, la rendant encore plus appréciable. Hormis cela, vous n’aurez rien d’autre à vous mettre sous la dent. Même les graphismes font du surplace depuis Les Minions, c’est pour dire !

Et c’est vraiment navrant car, derrière ce sérieux manque d’implication, se cachent d’excellentes idées qui ne seront jamais exploitées. Des exemples ? Les motivations de l’antagoniste : une star déchue tentant de se venger du système hollywoodien. Rien qu’avec ce postulat, nous aurions pu avoir une critique plutôt salée des gros studios, de la célébrité en générale. Mais non, cela n’ira pas au-delà… Autre fait : Dru, le frère jumeau de Gru. Là, il pouvait y avoir bon nombre de thématiques à explorer comme un jeu du miroir entre les deux personnages, le frère diabolique, la jalousie, les retrouvailles… ou même une sorte d’adaptation pour nous, Français, du sketch du blond de Gad Elmaleh. Que nenni ! Leur relation se résumera à celui qui parlera le plus fort, ni plus ni moins. Et ce jusqu’à une fin pour le moins brutale, qui vous fera exprimer un « Ah, c’est déjà fini ? » de déception, renforçant le côté anecdotique de ce film d’animation.

En ne se contentant que du minimum syndical, ce troisième opus parvient néanmoins, tout comme Les Minions, à assurer le spectacle. Se garantissant la sympathie du public en réutilisant l’efficacité comique des gélules jaunes. En présentant des moments touchants via le personnage d’Agnès. En usant une nouvelle fois du charme de ses protagonistes. Bref, tout ce qu’il faut pour vous arracher quelques rires ou bien vous émouvoir un laps de temps. Sans oublier le fait que, malgré une ambition au ras des pâquerettes, le long-métrage n’ennuie pas une seule seconde car se montrant énergique au possible. Moi, moche et méchant 3 a suffisamment de panache via son enchaînement de séquences virevoltantes, ses situations comiques, sa bande originale entraînante et sa petite durée (1h30) pour être le divertissement idéal à voir en famille, sans prise de tête. C’est déjà ça de gagné !

Mais n’est-ce pas là une preuve que la franchise n’a plus rien à nous raconter ? Qu’il serait temps de passer à autre chose ? Bien que ce Moi, moche et méchant 3 soit l’opus de trop, il est certain qu’Illumination Entertainment continuera à exploiter le filon jusqu’à épuisement total. Cela sera peut-être le cas avec Les Minions 2, attendu pour 2020. Une chose est sûre : cela sera un nouveau succès commercial pour la firme. Et cela sera déjà le cas avec ce troisième opus de la franchise, qui risque fort de dominer les salles lors de la période estivale.

Moi, moche et méchant 3 : Bande-annonce

Moi, moche et méchant 3 : Fiche technique

Titre original : Despicable Me 3
Réalisation : Kyle Balda et Pierre Coffin
Scénario : Cinco Paul et Ken Daurio
Doublage : Steve Carell (Gru / Dru), Kristen Wiig (Lucy), Trey Parker (Balthazar Bratt), Miranda Cosgrove (Margo), Dana Gaier (Edith), Nev Scharrel (Agnes), Pierre Coffin (les Minions / le directeur du musée / voix additionnelles), Steve Coogan (Fritz / Silas De Lamolefès)…
Genre : Animation
Budget : 80 M$
Montage : Claire Dodgson
Musique : Heitor Pereira et Pharrell Williams
Producteurs : Janet Healy et Chris Meledandri
Productions : Illumination Entertainment et Universal Pictures
Distributeur : Universal Pictures
Date de sortie : 5 juillet 2017
Durée : 90 minutes

États-Unis – 2017

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