Marseille : la série de Netflix aura une saison 2

Marseille : la plus française des séries du géant américain Netflix  est reconduite pour une nouvelle saison

 

La série diffusée sur Netflix va faire son grand retour en 2017.  Le géant américain Netflix va ainsi donner une seconde chance à la série Marseille sur notre territoire. Les critiques n’avaient en effet pas épargné la série, voyant sans doute d’un mauvais œil l’implantation de Netflix en France, ogre américain dans le paysage culturel et dans la production, la réalisation de séries et de films en France, domaine qui était auparavant réservé aux chaînes de télévisions françaises et qui ont la particularité  de financer l’industrie cinématographique (France Télévisions, Arte, Canal +).

Avec un générique assez similaire à True Detective, des dialogues crus, les codes esthétiques et filmiques des séries internationales,  le travail d’Alexandre Desplat pour la bande-originale et un casting prestigieux,  la série Marseille a le mérite de se rapprocher des grosses productions françaises qui ont fait le bonheur de Canal +, comme Braquo, Section Zero ou bien encore Baron Noir, en présentant une image bien moins lisse de la cité phocéenne que dans la série phare de France 3,  Plus belle la vie.

Le casting de la série Marseille, de Dan Franck et Florent Siri,  réunissait dans la première saison Gérard Depardieu, Benoît Magimel, Géraldine Pailhas, Nadia Farès, Stéhpane Caillard, Hippolyte Girardot, Guillaume Arnault, Carolina Jurczak, Nassim Si Ahmed, Eric Savin, Hedi Bouchenafa et Daniel Njo Lobé.

Les deux acteurs principaux avaient déjà essuyé des critiques féroces dans deux films inclassables, appréciés par certains cinéphiles, dans lesquels ils livraient une belle performance d’acteur : Gérard Depardieu et sa scène  en pleine crise de tétanie dans le road trip mystique Valley of Love aux côtés d’Isabelle Huppert. Pour Benoît Magimel, il portait à bout de bras, de par son jeu et sa présence scénique, l’ovni culte houellebecquien, La possibilité d’une île.

TF1 avait fait le choix étonnant de diffuser seulement les deux premiers épisodes de la série Marseille, le jeudi 12 mai 2016. La soirée avait été couronnée de succès pour la première chaîne qui était arrivée en tête des audiences avec 4,9 millions de spectateurs (20,7% de part d’audience) ce soir-là pour  le premier épisode puis 3,9 millions de spectateurs pour le deuxième épisode. La diffusion de la totalité de la saison 1, cet été ou à la rentrée 2016, avait été évoquée par la chaîne. Cette annonce officielle de la confirmation d’une saison 2 poussera sans doute TF1 a bel et bien diffuser l’intégralité de la série sur son antenne.

La plupart des critiques s’attaquaient essentiellement aux deux acteurs principaux Gérard Depardieu et Benoît Magimel (victimes à leurs dépens d’un Depardieu et Magimel bashing sur la toile assez incompréhensible, sans doute alimenté par l’affaire du passeport russe de notre Gégé national et l’accident de la circulation de Benoît Magimel). Les principaux autres griefs évoqués dans les critiques les plus féroces à l’encontre de la série concernaient une polémique sur l’accent de Benoît Magimel qui change selon les scènes. Ce changement est justifié en réalité dans le scénario et l’intrigue. Cette modification d’accent est expliquée par le personnage de Gérard Depardieu lors d’une interview télévisée donnée par l’homme politique incarné par Benoît Magimel. Ce dernier accentue sciemment son accent pour tromper son monde, les électeurs et les citoyens pour donner l’impression d’être proche du peuple, des Marseillaises et des Marseillais.  Dans le collimateur des critiques également, les nombreuses scènes dénudées (tournées au ralenti) ou bien encore les blagues sexistes et la profusion d’allusions graveleuses (pourtant courantes en politique et dans la société française malheureusement).

Netflix cherche de plus en plus à s’installer de manière durable dans de nombreux pays et a l’intention de conquérir le marché très concurrentiel et féroce de la VOD à l’international à l’ère du peer-to-peer et du téléchargement illégal. Marseille sert ainsi de cheval de Troie pour la politique commerciale du géant américain. La campagne publicitaire pour la série sur Internet et dans les transports en commun de la capitale était assez impressionnante et agressive.

Le succès de la série à l’étranger en Russie et au Japon serait l’une des principales raisons du retour de Marseille dans une saison 2. Le calendrier de l’année prochaine n’est pas anodin en France avec l’élection du chef de l’Etat. Une nouvelle saison de cette série politique pourrait connaître un beau succès sur Netflix en 2017. Les français pourraient à nouveau se passionner pour la politique à travers le prisme de la fiction. Reste à savoir si les scénaristes de la saison 2 de Marseille décideront de s’attaquer à l’élection présidentielle.

 

 

Festival

FFCP 2026 : The Journey to Gyeong-Ju, une famille à recoudre

"The Journey to Gyeong-ju", c’est une vengeance en famille, maladroite et douloureuse. Une mère et ses trois filles kidnappent le meurtrier de la cadette et filent vers Gyeongju. Kim Mi-jo mêle rires, larmes et suspense, avec un beau quatuor d’actrices, mais sans toujours trancher.

FFCP 2026 : Ideal and Weird Family, l’art de se séparer ensemble

Deux mères au bord du divorce, deux adolescentes sommées de choisir, un mariage en ligne de mire. Avec "Ideal and Weird Family", Kim Ji-hyun signe un premier film queer tendre et drôle sur une famille que la Corée refuse de reconnaître. Un road movie attachant, inégal, tourné avec les moyens du bord.

Programme de la 30ème édition du Festival du film francophone « Les Œillades » d’Albi

Du 17 au 22 novembre, le Festival du film francophone « Les Œillades » d'Albi soufflera ses trente bougies, en présence de trois invités d’honneur : le réalisateur marseillais Robert Guédiguian, le cinéaste franco-grec Costa-Gavras et l'actrice belge Natacha Régnier. Au programme de cet anniversaire marquant : 30 avant-premières prestigieuses réparties dans les trois salles albigeoises Arcé, Lapérouse et Cordeliers, dont 10 longs-métrages en compétition pour le Prix du Public, 10 séances « Reprises » pour redécouvrir les films coups de cœur de l'année, mais aussi la traditionnelle compétition de courts-métrages, une soirée consacrée à Jacques Tati, génie du burlesque moderne, une "petite nuit du cinéma" reconduite et un ciné-concert de clôture. Aperçu des festivités d'une 30ème édition qui s'annonce d'ores et déjà comme le rendez-vous incontournable de l'automne cinématographique tarnais.

FFCP 2026 : 7 Days 7 People, la ballade du troubadour fauché

Sept jours, sept rencontres. Dans "7 Days 7 People", un musicien indé criblé de dettes interroge ses proches avant de choisir entre la musique et son couple. Jung Da-won signe un drame musical coréen drôle et mélancolique, sur ce que coûtent les rêves quand la stabilité frappe à la porte.

Newsletter

À ne pas manquer

Sanguine : époques sanguines

Avec son premier long métrage féroce "Sanguine", Marion Le Corroller, évadée du monde la finance, injecte une dose de body horror survitaminé dans le cinéma français. Scènes choc, plastique ensanglantée, geste carnassier, "Sanguine" saigne fort l'époque et tous ses symptômes violents, quitte à s’essouffler sous le trop-plein d’idées dans sa dernière demi-heure.

Ulya, le très beau film de Viesturs Kairišs : quand on cherche du côté de chez soi

Dans la Lettonie soviétique, une adolescente issue d’une famille russe de Vieux-Croyants découvre le basket comme une sortie possible hors de son isolement. Avec Ulya, Viesturs Kairišs imagine le chemin intérieur qui mène Ouliana Semionova vers elle-même.

Hope : Korean Rollercoaster!

Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.