Présenté au Festival de Cannes, à la 61e Semaine de la Critique, le premier-long métrage de Cristèle Alves Meira – Alma Viva – est une ode drôle et sensible au folklore portugais, à travers l’évocation d’une famille endeuillée.
Un conte initiatique et fantastique
Alma Viva est œuvre profondément personnelle. La réalisatrice franco-portugaise Cristèle Alves Meira a choisi de situer son intrigue au cœur du village de son enfance. La cinéaste rend hommage au paysage montagneux du nord du Portugal. En mettant en avant les habitant.e.s d’une province reculée, elle donne à voir une autre facette du pays, loin des plages ensoleillées, et des clichés de cartes postales. Salomé (Lua Michel) est en vacances chez sa grand-mère Fatima (Ana Pedrao).
Priant régulièrement Saint Georges, en compagnie de Salomé, qu’elle a d’ailleurs initiée à des rituels magiques, cette dernière croit fermement au pouvoir de l’occulte. Lorsqu’elle décède brusquement, Salomé se retrouve chargée, malgré elle, de venger la mort de sa grand-mère. Car la jeune fille découvre bientôt qu’elle est la détentrice de mystérieux pouvoirs. De curieux évènements frappent soudainement le village, qui voit en Salomé une sorcière qu’il faut éliminer.
Cristèle Alves Meira aborde l’univers du folklore portugais avec tendresse et subtilité. Il ne s’agit pas de se moquer de celles et ceux qui croient. Alma Viva rend, au contraire, hommage à la croyance. Celle-ci constitue, dans le film, une force qui permet aux personnages d’exorciser le deuil en faisant de la perte, un (nouveau) moyen de communication (salutaire). Ce conte fantastique endeuillé prend, ainsi, des allures de roman initiatique. Salomé découvre ses pouvoirs en même temps qu’elle entre dans l’âge adulte. Celle-ci devient, ainsi, le témoin silencieux (et observateur) du monde qui l’entoure. Alma Viva est un film fait à hauteur d’enfant. Avec sa (fausse) candeur, le regard de Salomé dénonce les mensonges et autres petits arrangements des adultes.
Une affaire de famille
La mort de Fatima fait, en somme, basculer le film du côté de l’étude de caractère. L’arrivée de la mère de Salomé, qui vit en France, sort – pour un temps – l’intrigue de sa dimension fantastique pour donner lieu à une représentation caustique d’une famille (dysfonctionnelle) lambda. Tous les membres de la famille sont réunis (ou presque). Néanmoins, rien ne se passe(ra) comme prévu. Si la mère de Salomé, Aïda (Jacqueline Corado) est effondrée par la mort de sa mère, sa tristesse n’atteint pas le même degré chez ses autres frères et sœurs. Pressé.e.s d’en finir afin de toucher un héritage longtemps convoité, certain.e.s décident de réduire le budget de l’enterrement. Cette décision provoque la colère de Fatima. Le fantastique (re)fait, ainsi, son retour en la personne de Salomé, ange vengeur bien décidé à punir ces vautours assoiffés.e.s. A l’appât du gain s’ajoute les rivalités intra familiales. La veillée funèbre tourne à la comédie, se transformant, à l’occasion, en véritable règlement de comptes à OK Corral.
Cette dimension comique permet à la cinéaste d’entamer une réflexion sur le deuil. Qu’est-ce qu’on fait de la mort ? Comment faire son deuil lorsque celui-ci fait rejaillir d’anciennes jalousies enfouies ? L’œuvre évoque les liens que les vivants entretiennent avec leurs morts (et réciproquement). Alma Viva signifie littéralement « âme vivante ». L’irruption du fantastique à l’écran ne constitue pas seulement le moyen de mettre en images les croyances des personnages, il constitue également une métaphore du deuil. Il interroge la manière dont les vivants gèrent leur deuil.
Alma Viva met en scène une famille faisant face à la mort. Cristèle Alves Meira choisit l’option du fantastique afin d’éloigner tout pathos. Le décès de Fatima provoque des retrouvailles mouvementées qui ouvrent la voie à la création de nouveaux liens. L’ancienne rivalité laisse alors place à la réconciliation. L’enterrement aura bien lieu. Même s’il faut, pour cela, s’exposer au danger des incendies qui ravagent la région. Le fantastique renaît encore (une dernière fois) sous la forme d’une pluie miraculeuse, venant laver la cupidité égoïste d’une famille sur le point de se (re)trouver.
Alma Viva de Cristèle Alves Meira : Bande-annonce
Le film, Alma Viva de Cristèle Alves Meira est présenté à la Semaine Internationale de la Critique au Festival de Cannes 2022 en compétition long-métrage.
Par Cristèle Alves Meira et Laurent Lunetta
Avec Lua Michel, Ana Padrão, Jacqueline Corado
Distributeur : Tandem
No Zombies : « Le Livre de Lila ». Ce troisième tome de la série
Monte-Cristo : « Le Prisonnier ». Dans un triptyque dont « Le Prisonnier » constitue le premier tome, Jordan Mechner et Mario Alberti prennent le parti de réinventer Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Pour ce faire, ils s’appuient sur le personnage de Sam Castillo, tout juste fiancé à la belle Abigail et promu dans sa société, mais injustement jeté en prison suite à des accusations de terrorisme. Le récit, échevelé, se déploie sur fond de conspiration et comporte une amitié initiatique avec un détenu. L’erreur de Sam a été d’apporter aux États-Unis des lettres en provenance d’Irak, d’être un peu trop menaçant quant aux relations étroites entre son collègue Dalgleish et l’entreprise Greendale, elle-même en cheville avec le général Northrup depuis des contrats d’assistance logistique conclus du temps du Vietnam. « Le Prisonnier » se conçoit dès lors comme la perdition extraordinaire d’un homme ordinaire, lequel fera les frais de la corruption militaro-politique mais aussi, dans une moindre mesure, de la jalousie amoureuse. Dans une Amérique encore caractérisée par la paranoïa post-11 septembre, et très bien restituée par Mario Alberti, Sam Castillo va voir son existence laissée en jachère durant quinze années, avant de reprendre pied. Mais pour quoi faire ?
Dino Park (T.02). Le Dino Park comprend une dizaine d’attractions et est dirigé par un homme d’affaires très soucieux de son portefeuille. Il n’hésite pas à renommer les dinosaures pour des raisons commerciales, à les transformer en animaux-sandwichs arborant des pancartes publicitaires, voire à faire passer leur santé après ses propres intérêts financiers. Ce dernier aspect est matérialisé à l’occasion d’un clin d’œil manifeste à Jurassic Park et à sa séquence du tricératops malade (avec cette désormais fameuse fouille fécale). Ce n’est d’ailleurs pas la seule allusion au chef-d’œuvre de Steven Spielberg. Ce second tome, d’Arnaud Plumeri et Bloz, comporte de nombreuses fiches signalétiques de dinosaures, mais aussi plusieurs dossiers pédagogiques, glissés entre des récits humoristiques à une ou deux planches. Destiné aux enfants, didactique, reposant pour partie sur le comique de répétition (notamment les gags impliquant un stagiaire martyr), l’album ravira les jeunes passionnés de dinosaures avec sa tonalité légère et ses informations distillées de manière ludique. Au programme : un élasmosaure ayant inspiré le monstre du Loch Ness, un microraptor ailé pesant à peine un kilo, un spinosaure capable de poursuivre ses proies de la terre à la mer ou encore un gasosaure au nom pas tout à fait innocent…
The Plot : 1674. « Tout ce qu’ils touchent se transforme en or. Tous ceux qu’ils touchent deviennent poussière. » Cette assertion issue du premier tome de

