Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Regarder Destroyer, c'est d'abord profiter de l'excellent jeu d'actrice de Nicole Kidman. Le reste n'est pas forcément au même niveau et le film possède son lot de défauts et de banalités.
S'inscrivant dans la même veine cynique et somme toute arrogante que The Big Short, Vice s'assume comme un biopic redoutable, féroce et jusqu'au-boutiste de l'un des plus grands hommes politiques de l'establishment US : Dicke Cheney. Une figure contestée et pourtant méconnue auquel Christian Bale apporte une gravité qui a vite fait de faire froid dans le dos, tant le bonhomme est en quelque sorte le créateur de la fake news et un rapace dénué de pitié.
Sexualité, ambiguïté, identité, autant de thèmes personnels et passionnants à l'écran, surtout quand c'est François Ozon qui s'en sert. Retour sur l’œuvre de l'un des plus grands réalisateurs français à l'heure de la sortie de Grâce à Dieu.
Soderbergh signe avec High Flying Bird une œuvre brillante sur l'oppression en étudiant la réappropriation culturelle et l'exploitation des minorités dans un fond brillamment associé à la forme. Il y pousse encore plus loin ses expérimentations techniques en élaborant les rouages d'une transaction à la manière d'un film de casse. Grisant.
En reprenant la célébrissime histoire du conflit qui opposa Wyatt Earp au clan Clanton à Tombstone, John Ford fait un film sublime et novateur, un western politique qui décrit la naissance de la république américaine.
C'est un film-somme. L'Homme à la caméra contient à peu près toutes les techniques cinématographiques connues en 1929. Avec un sens de l'image porté à incandescence, Dziga Vertov transporte le spectateur à Odessa, Kiev ou Moscou, y capture des scènes de la vie quotidienne, érige la ville en personnage à part entière et réalise l'une des plus remarquables mises en abîme de l'histoire du cinéma.
Voici sans doute le film le plus touchant de Chaplin, ou du moins celui avec la plus belle fin : Les lumières de la ville. Retour sur classique parmi les classiques, au carrefour du muet et du parlant, de la comédie et du drame.
Ralph 2.0 est une oeuvre schizophrène, qui alimente deux sentiments bien distincts. Il y a premièrement, un sentiment assez horrifié devant tant de publicités, devant tant de placements de produits, devant un film qui nous harcèle de marques comme si l’on rentrait dans un centre commercial Disney sous la contrainte. Ralph 2.0 est l’anti Ready Player One, qui lui aussi empilait les références mais en honorait la symbolique.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.