Cinéma

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

La ville au cinéma, un personnage à part entière ?

On la trouve en sous-texte dans n'importe quel bout de péloche : la ville est un lieu d'action, un cadre spatiotemporel, le révélateur d'un milieu ou d'une fonction, un élément qui amorce l'intrigue ou lui donne corps. De Fritz Lang à Hayao Miyazaki en passant par Martin Scorsese ou Woody Allen, nombreux sont les cinéastes à l'avoir exploitée et érigée en personnage à part entière. Elle est tour à tour chiche, grandiose, contemporaine, futuriste, délabrée, high-tech, surpeuplée ou vidée de ses forces vives.

Deux Fils : premier tir plutôt réussi pour le tout nouveau réalisateur Félix Moati

Bien que fictionnel et pas autobiographique, Deux Fils de l'acteur Félix Moati est un premier film qui repose sur des souvenirs de sa jeunesse. Tout en sensibilité, ce métrage sur une famille atypique composée d'hommes de plusieurs générations n'oublie pas d'être joyeux et drôle.

Long Way Home, la sensibilité d’un premier film

Les relations fraternelles sont aussi brutales que douces parfois et ce film l'illustre à la perfection. Long Way Home est un désir déchirant de vengeance où la figure maternelle est une ombre.

Nuestro Tiempo de Carlos Reygadas : tempête dans un couple

Paradoxale est la cohabitation entre la mise en scène de Carlos Reygadas, immense, ésotérique et remplie d’idées sensorielles parfois incongrues, avec l’intimité minuscule et humaine du sujet: celle du couple. Mais ce couple, qui semble si harmonieux au tout début, comme le montre son opulence sociale, matérialise parfaitement les qualités et stigmates de Nuestro Tiempo: l’égo de son cinéaste.

Le Chant du loup : quand le cinéma français parie sur ses acteurs

Avec Le Chant du loup, Antonin Baudry, au-delà des qualités cinématographiques de son projet, parvient à gagner le pari de réunir des acteurs à priori opposés : Omar Sy, Mathieu Kassovitz, Reda Kateb et François Civil. Un pari que d'autres ont fait ces dernières années. Le film sort en salles le 20 février 2019.

La dernière folie de Claire Darling / Une intime conviction : comment va le cinéma français ?

A l'heure de la sortie de deux bons films français au cinéma la même semaine, La dernière folie de Claire Darling et Une intime conviction, et juste avant celle du Chant du loup le 20 février prochain, retour sur un art vivant qui tente de se maintenir hors de l'eau : le cinéma français. 

Rendez-Vous, d’Ernst Lubitsch : sur la scène de l’humanité

Rendez-Vous est une œuvre de la maturité pour Ernst Lubitsch, le maître de la comédie légère et élégante, mais non moins travaillée et écrite avec une rare intelligence. James Stewart et Margaret Sullavan y sont réunis dans un quiproquo exquis, donnant lieu à une romance inoubliable.

Scarface : un peu des Borgia, beaucoup d’Al Capone, entièrement indispensable

Scarface n'est pas seulement un classique du film de gangsters ayant inspiré des générations entières de cinéastes. C'est plus qu'un relief dans l'immense carrière d'Howard Hawks. C'est un monument de la mise en scène, l'écrin idoine de personnages aux déviances multiples, le révélateur d'une puissance mafieuse en extension constante... Et sans doute, cela va sans dire, un des plus grands films de l'histoire du cinéma.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

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