Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Au regard des manifestations qui sévissent en France, des affaires d’Etat, des allusions complotistes qui pleuvent et lorsqu’on voit le fossé qui se creuse entre les différentes couches sociales de notre époque, on se dit que Cosmopolis de David Cronenberg, qui n’est autre que l’adaptation du roman éponyme de Don Delillo, est une douce mais inéluctable prémonition d’un chaos économique vertigineux.
Est-ce que Thomas Szabo et Hélène Giraud parviennent avec Minuscule 2 : Les Mandibules du bout du monde à reproduire la magie et le charme du premier opus ?
Avec La Favorite, Yorgos Lanthimos signe son film le plus savoureux en dialogues et situations cocasses, mais peut-être le moins audacieux de sa carrière. Petite autopsie de l'audace au cinéma à l'heure des dérangeurs à la Haneke portés en vainqueurs jusqu'à Cannes, mais aussi au moment où François Ozon signe avec Grâce à Dieu, un film compliqué à financer de par son sujet (Canal Plus l'ayant lâché), dans la France de 2019... Alors c'est quoi l'audace au cinéma ? Réponse dans cet article, et au cinéma à partir du 6 février 2019.
La position d’apôtre de sa sainteté défendue par Rodriguez, la même au fond que celle adoptée vis-à-vis de Franck Miller à l’époque de Sin City, semble ignorer sciemment la nature médiumnique du cinéma. Ce n’est pas parce que ça ressemble à du Cameron que ça a le goût du Cameron : pour Rodriguez, retranscrire le point de vue de quelqu’un signifie manifestement effacer le sien.
Ce n’est un secret pour personne: Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu est une suite qui poursuit la logique humoristique et faussement populaire du premier volet. Mais cette fois-ci, en allant encore plus loin dans sa démarche d’écriture, et dans la grossièreté de ses vannes qui fusent comme le brouhaha d’un marteau piqueur dans nos oreilles, le film de Philippe de Chauveron atteint la paroxysme d’une fainéantise mais aussi, et surtout, la limite d’un système fermé sur lui même.
C'est le dernier acte d'une trilogie entamée il y a dix ans. Dragons 3 questionne à nouveau l'amitié et la place de l'homme dans la nature, mais affranchit cette fois ses deux principaux protagonistes, le jeune viking Harold et sa Furie nocturne, dans une trajectoire personnelle et familiale aux mimétismes troublants. Grâce à la technologie baptisée MoonRay, un écrin visuellement bluffant, aux détails saisissants, vient porter des enjeux pluriels tels que l'amour, l'identité et la quête de sécurité.
Critique du film My Beautiful Boy de Felix Van Groeningen. Après Alabama Monroe, le réalisateur belge livre une histoire sensible sur les dangers de la drogue en mettant en scène un duo Carell/Chalamet sublime.
Tarkovski expose les thématiques de son cinéma dans son second long métrage Andréi Roublev, oeuvre classique incontournable pour saisir toutes les obsessions du cinéaste.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.