Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Les Etendues imaginaires de Yeo Siew Hua est un très beau film, film qui fait idéalement manœuvrer ses rêveries avec sa plongée documentaire dans un Singapour industrialisé à outrance, en perpétuelle transformation et qui se voit inondé par d’innombrables âmes en peine.
The Highwaymen est un divertissement efficace mais peu mémorable, où le charismatique duo d'acteurs principal et la réalisation impeccable ne cachent pas les longueurs et l'aspect trop classique du film.
Après 10 ans d'hégémonie et déjà 20 films, le Marvel Cinematic Universe a enfin pris à bras le corps la thématique du féminisme en proposant le premier rôle d'une de ses super-productions à une héroïne : Captain Marvel. Une démarche ô combien appréciable par les temps qui courent et heureusement pas amoindrie par le traditionnel festival d'explosions du MCU. Enjeux resserrés, dimension humaine accrue, c'est bien simple, Captain Marvel ressemble à tous les Marvel et également à aucun autre. Un élégant paradoxe au sein du MCU qui mérite le détour, au moins pour Brie Larson qui donne tout ce qu'elle a pour donner vie à cette super-héroine qui risque de bien poutrer la gueule à Thanos dans un mois.
Avec Gladiator, Ridley Scott a acté la renaissance du péplum. Symbole cinéphile ultime de la bravoure, devise d'une génération, ce film d'une rare puissance émotionnelle appartient encore aujourd'hui au panthéon des films historiques. Les acclamations sans fin et la musique magnifique de Hans Zimmer nous habitent encore. "Force et honneur" !
En 1959, « Les Quatre cents coups » fut acclamé à Cannes. Et pour cause : le premier film de François Truffaut, partiellement autobiographique, est un chef-d'oeuvre de la première heure de la Nouvelle vague française. Tout y est : l'expression néo-réaliste, l'antihéros jeune et indomptable, une ville de Paris érigée en personnage à part entière, une critique du monde adulte et de l'incommunicabilité, ainsi qu'une mise à nu d'une famille dysfonctionnelle. Avec en supplément quelques-unes des obsessions truffaldiennes les plus célèbres.
Pour ce deuxième rendez-vous de Bloody Sunday, cap sur Hong Kong et l'univers complètement allumé de la Cat 3. Découvrez un monde où cohabitent sexe et violence, et où la morale n'a pas sa place. Et pour représenter cela de la meilleure des manières, quoi de mieux que Ebola Syndrome de Herman Yau, dégoûtant cocktail des plus grandes déviances imaginables ?
Le nouveau film de la cinéaste Fabienne Godet traite de la reconstruction des malades toxicomanes d'un centre avec beaucoup d'humanité, et met en avant la solidarité et l'entraide
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.