Cinéma

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

El Reino : un survival politique asphyxiant

El Reino de Rodrigo Sorogoyen, oeuvre qui roule à pleine vitesse sans jamais regarder dans le rétroviseur, place ses pions avec vertige et écrit les ressorts d’une partie d’échec politicienne qui n’a pas fini de nous clouer au siège. El Reino est donc un coup de force, un labyrinthe parfois difficile à suivre mais qui se sert du genre pour tacher de sang le mur d’une politique espagnole viciée et aux abois. 

Peur sur pellicule : Godzilla ou le traumatisme nucléaire

Alors que Godzilla s'apprête à piétiner le box-office avec le nouvel opus Godzilla King of Monsters, il est aujourd'hui à l'honneur dans notre thématique sur les personnages mythique du cinéma. Né dans les années 1950 à travers le film de Ishiro Honda, Godzilla est, avant d'être le roi du cinéma de divertissement, l'occasion pour les Japonais de communiquer sur le trauma causé par les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki. Une peur toujours présente dans les esprits et qui va être ici personnifiée au travers du monstrueux lézard.

Tanguy, le Retour… que personne n’attendait

Si l'on retrouve avec délectation le couple Sabine Azéma/André Dussollier, le réalisateur Étienne Chatillez s'est, lui, entièrement perdu dans les méandres de la comédie française avec cette suite gentillette, paresseuse et littéralement sans fin.

Peur sur pellicule : Alien, la créature d’une génération

Le xénomorphe est le monstre mythique du film Alien de Ridley Scott et de toute la franchise qui va en découler : monstre dont la figure mythologique provient du plasticien Hans Ruedi Giger. Avec sa taille gigantesque et son enveloppe humanoïde, son squelette imposant et androgyne, son immense boîte crânienne, sa mâchoire à la forme phallique, et sa rapidité dans la mise à mort, cette créature a été le centre des cauchemars de toute une génération. 

Peur au cinéma : Pourquoi regardons-nous des films d’horreur ?

Pourquoi s'infliger consciemment le pire pour le plaisir ? Du Manoir du diable à Conjuring, les frissons font la sève du cinéma d'épouvante. Les films d'horreur fouillent dans nos émotions les plus profondes, décortiquant nos cauchemars et nos angoisses. Le Mag du Ciné interroge notre rapport fasciné aux œuvres horrifiques et surtout à notre besoin insatiable de se faire peur. L'époque où nous étions terrifiés de ce qui pouvait se cacher sous notre lit n'est jamais si loin.

Tokyo Fist : une souffrance libératrice

Shinya Tsukamoto poursuit les mêmes pulsions que le diptyque Tetsuo. Tokyo Fist est une avalanche de fureur, un magma de souffrance qui s’extériorise : souffrance nihiliste qui fait de nous les humains que nous sommes. Dans une société formatée où les humains ressemblent à des fourmis qui porteraient inlassablement leur fardeau, Tsukamoto continue sa plongée dans la frustration qui émane de cette dite société de consommation.

A l’Est d’Eden, d’Elia Kazan : drame de la filiation

Adapter le gigantesque roman de John Steinbeck était une gageure. Elia Kazan l'a fait au prix de choix judicieux : se focaliser sur la dernière partie du roman, garder la réflexion magnifique sur la parentalité, et miser sur une interprétation exceptionnelle.

Blanche comme neige : Lou de Laâge en oie pas si blanche

Pour son nouveau film Blanche comme neige, une adaptation du conte des frères Grimm, et malgré une orchestration impeccable, Anne Fontaine souffre d’un scénario un peu trop léger qui aboutit sur un film pas suffisamment solide où les exploits érotiques de sa protagoniste tiennent lieu de point d’orgue.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

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« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.