Cinéma

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Wim Wenders, le voyage et l’art pour s’approprier le monde

A travers une filmographie mêlant fictions et documentaires, Wim Wenders développe les thèmes centraux pour lui du voyage et de l'art, qui permettent, tous les deux, de nous questionner sur notre rapport au monde. Comment être dans le monde ? Comment rendre compte de la réalité ?

Joie sur Pellicule : Guido, le jeu comme anti-douleur dans La vie est belle

Cycle Emotions et Personnages sur Pellicule : Retour sur l'un des plus drôles et bouleversants italiens qu'est ce Guido dans La Vie est belle. Le tragi-comique du film bouleverse un peu les mœurs pour offrir un grand moment de cinéma et un personnage marquant.

Joie sur pellicule : Simon Jérémi, le rire pur dans La Cité de la peur

En attendant sa prochaine redistribution en salle le 5 juin, retour sur La Cité de la peur et son personnage phare, Simon Jérémi, à qui l'on doit 25 ans de joie au cinéma.

Ne Coupez Pas ! : une comédie en trois actes, mais dont seul le troisième est drôle

Ne Coupez pas est une comédie bicéphale, voir même tricéphale. Mais les changements radicaux de genre ne permettent pas forcément de faire rire, au point de rendre l’ensemble terriblement disharmonieux.

Joie sur pellicule : la folle insolence de Ferris Bueller, ou la jeunesse insouciante

John Hughes signe avec La Folle journée de Ferris Bueller un hymne à la joie et à la liberté à travers les pérégrinations aussi réjouissantes que saugrenues d'un adolescent et ses deux amis, et parvient à nous livrer un récit d'apprentissage intelligent et entraînant, au ton feel-good rarement égalé. Résultat : une œuvre réjouissante et vintage qui fleure bon les années 80, pour un message fort, aussi universel qu'intemporel.

Que cache le triomphe des Mexicains à Hollywood ?

Quand on évoque la consécration des cinéastes mexicains à Hollywood, on pense forcément à Alfonso Cuarón, Alejandro González Iñárritu ou Guillermo del Toro. Et c'est tout à fait logique : ils amassent les statuettes et possèdent une audience remarquable. Ce que l'on tait en revanche dans toutes les langues, c'est la manière dont Hollywood s'est approprié la Mexican Touch. Jusqu'à la travestir ?

Joie sur pellicule : le bonheur triste des Ogres de Léa Fehner

Dans son deuxième film, Léa Fehner filme un collectif. A la « qu’un seul tienne les autres suivront », elle permet à ses personnages de construire une utopie où le bonheur semble toujours teinté de tristesse. Pourtant, c’est la rage de vivre de ces acteurs ambulants que l’on retient, grâce à une très belle scène finale. Petite analyse de la joie « triste » au cinéma dans le cadre de notre cycle d'avril.

Tristesse sur pellicule : Alex, le tueur à gages dépressif

Alex est joué par William H Macy. Un charisme fou de Droopy, qui fascine d'autant plus qu'il est le genre d'acteur dont on se souvient, tout en cherchant à se rappeler de son nom en se maudissant de ne pas le retenir.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.