Cinéma

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Victor et Célia: rien que pour vos cheveux

Victor et Célia veulent leur propre salon de coiffure. Ok, mais pensent-ils à le faire dans un bon film?

Joie sur pellicule : Simon Phoenix, génie du mal

Je suis le loup dans cette bergerie géante qu’est le monde. Je suis le renard dont les poules guettent la silhouette d’un œil inquiet dans l’entrebâillement de leur poulailler. Je suis le croque-mitaine qui empêche les marmots de dormir et l’hypothèse probable d’une mort prématurée pour tous ceux qui croisent mon chemin. Putain, mais qu’est ce que c’est bon d’être moi. Simon Phoenix, pour vous desservir.

L’adieu à la nuit, virage radical pour André Téchiné

Un cinéma vif, en mouvement constant, qui explore l'intime dans la distance et la retenue, c'est ce qu'André Téchiné a fait de la radicalisation dans son dernier film, L'Adieu à la nuit.

« Le Testament du docteur Mabuse » : Allemagne, de fureur en Führer

"Le Testament du docteur Mabuse" est important à plusieurs égards. Il est le dernier film allemand de Fritz Lang, celui à cause duquel il prit la fuite en France. Il contient une charge assez explicite envers le régime hitlérien et ses slogans creux. Il continue d'explorer le son tout en radiographiant l'Allemagne des années 1930.

Valse avec Bachir : danse frénétique d’une mémoire

Valse avec Bachir emprunte le chemin du documentaire, du polar, du film de guerre et superpose des récits touchants pour raconter les aléas et l’arrière du décor d’une guerre aux contours plus troubles. Pour ce faire, Ari Folman compose un film d’animation au dessin magnifique et atypique, à la fois réaliste et onirique dont la créativité fait mouche dès les premiers instants. 

Le Tigre du Bengale et Le Tombeau Hindou, ultimes joyaux de Fritz Lang

Alors que le scénario date de 1921, ce n'est qu'en 1958 que Fritz Lang peut enfin réaliser son diptyque indien constitué du Tigre du Bengale et du Tombeau Hindou, un film unique coupé en deux parties, véritable joyau d'une beauté rare.

Avec Avengers : Endgame, Marvel réalise l’impossible

Ultime chapitre d'une saga étendue sur plus de dix ans et une vingtaine de films, Avengers : Endgame est tout à la fois. Une réussite spectaculaire, un sketch parfois risible, un rêve de gosse, le plaisir geek absolu. C'est du jamais vu, de l'incroyable, du grandiose. Mais aussi du ridicule, de l'énervant, de l'incohérent. Ce qu'a réussi à créer Marvel en onze ans est sans précédent. Et la probabilité qu'un Avengers : Endgame se reproduise une nouvelle fois tient de l'infime. Analyse. 

Monrovia, Indiana : sans relâche, Frederick Wiseman remet son ouvrage sur le métier

Monrovia, Indiana, du brillant documentariste Frederick Wiseman, une radioscopie de la vie ordinaire dans une petite commune rurale du Midwest américain, l’Amérique qui a fait confiance à Donald Trump.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.